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Charley Hoffman: L’âge de raison

Charley Hoffman: L’âge de raison

A 40 ans, le golfeur américain Charley Hoffman semble être enfin devenu raisonnable au moins d’un point de vue du look capillaire. Fini le look footballeur des années 80 avec les longues mèches blondes qui lui tombaient sur la nuque. Pourtant, c’est ce look atypique qui a fait de lui un joueur un peu à part dans le grand barnum du PGA Tour. Autour de la 70eme place mondiale à l’ordre du mérite, Hoffman n’est bien sûr pas seulement connu pour sa tignasse blonde, il a déjà remporté 3 tournois, et récemment terminé 4eme du Genesis Open, tournoi que j’ai suivi en début d’année. J’ai pu voir de près ce phénomène bien décidé à être reconnu pour son golf.

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Charley Hoffman a coupé ses cheveux pas son talent

Pro depuis l’an 2000, Charley Hoffman a traîné son physique de bon vivant américain sur les greens du PGA Tour depuis un moment, se moquant d’être dans les standards du golfeur professionnel moderne au look d’athlète de haut niveau.

Longs cheveux blonds au vent à une époque où les stars du moment ne s’amusent plus à verser dans l’originalité capillaire.

Dustin Johnson, l’actuel numéro un mondial concède à porter une barbe bien taillée…sinon la plupart des joueurs pos font dans le grand classique à l’image de Justin Rose, Jason Day ou Rory McIlroy, qui a lui aussi coupé ses cheveux d’adolescents pour être pris au sérieux dans la peau d’un des meilleurs golfeurs du monde.

Hoffman a coupé ses cheveux à la quarantaine sonnante, mais pas son ambition d’être un membre important de l’équipe américaine de Ryder Cup, soit l’un des 12 meilleurs golfeurs américains.

En 2016, c’était même son principal objectif après sa victoire au Texas sur le Valero Open. Pendant un temps, il s’est trouvé en douzième position devant des membres expérimentés de l’équipe 2014 comme Matt Kuchar, Jimmy Walker ou Webb Simpson.

Aux termes de la saison, son coup d’éclat texan n’aura pas suffi à lui assurer une place dans la meilleure équipe de ces dernières années.

Davis Love III, le capitaine américain lui préféra Ryan Moore, Rickie Fowler, JB Holmes et Matt Kuchar, sachant qu’avant Hoffman, Davis Love III avait déjà choisi de se passer de Bubba Watson.

C’est dire à quel point il peut être difficile de se faire une place au soleil de l’autre côté de l’Atlantique.

Woods, Mickelson et même Furyk ont longtemps masqué le fait qu’il y a beaucoup de très bons golfeurs américains.

Leader du Arnold Palmer Invitational 2017 au soir du second tour, Charley Hoffman est plus un joueur de coup que d’une très grande régularité sur toute une saison.

On dirait chez nous qu’il est plus un joueur de coupe qu’un joueur de championnat !

Aux Etats-Unis, pas seulement son look, mais aussi son talent clubs en mains en ont fait l’un des joueurs les plus suivis et les plus appréciés par le public.

Quand je l’ai suivi sur quelques trous au Genesis Open, j’ai pu constater sa cote d’amour auprès du public.

Sans doute parce qu’il ressemble plus à Monsieur Tout le Monde, et que par conséquence, il parait plus abordable, et plus cool.

Je l’avais déjà remarqué sur des tournois en Europe… il me semble que la nouvelle génération est beaucoup plus fermée et austère sur et en-dehors du parcours.

Les quarantenaires comme Hoffman mais aussi David Howell, peut-être plus détendus, avec plus d’expériences, et de recul semblent vivre les tournois avec plus de plaisir.

Hoffman ne ressemble pas à un athlète qui passe 3 à 4 heures par jour en salle de sport. C’est simplement un très bon manieur de balles. Un golfeur instinctif sur le terrain comme dans la vie, lui qui organise un tournoi de charité près de chez lui à San Diego alors que rien ne l’y oblige.

Pour Liz Hoffman, sa mère, à l'âge de 13 ans, il était plus doué que n'importe lequel des autres golfeurs de sa classe d'âge.

"Charley, tu as un don !"

En plus d'avoir un don, Hoffman est doué de générosité.

Cela tient à son éducation. "Nous lui avons enseigné à ne pas prendre les choses pour acquises." En quelques années, Hoffman a levé près de 2 millions de dollars en donations pour supporter le développement du golf auprès des jeunes dans sa ville de San Diego.

"J'ai grandi à San Diego. J'aime cette ville. C'est un peu une mission que de pouvoir rendre un peu de ce que j'ai gagné grâce à cette ville." (propos recueillis par le San Diego Tribune)

Un golfeur pro très suivi sur les tournois pour son caractère proche des gens

La californien est apprécié et appréciable parce qu’il nous ressemble tout simplement. Il a un peu trop de ventre, ne joue pas comme une machine, et sourit sur le parcours.

Sa démarche est même presque trop décontractée.

Dans le négatif, on ne sent pas chez ce type l’instinct du tueur. Sans doute ce qui lui manque pour être plus régulièrement dans le top-30 mondial.

Il est arrivé sur le tard sur le PGA Tour. Pro depuis 2000, il a obtenu sa carte en 2006 à 29 ans quand des joueurs comme Fowler ou Spieth sont arrivés avant leur vingt-cinquième anniversaire.

Ce n’est pas le même parcours, et la même attitude.

Cela ne l’empêche pas d’être aujourd’hui considéré comme une tête d’affiche du circuit, et un réel potentiel vainqueur respecté par ses pairs.

Avec déjà plus de 300 tournois joués, 21 millions de dollars de gains, et 42 top-10, Hoffman fait partie des « murs » alors que pourtant quand on regarde ses statistiques, il ne se distingue pas vraiment dans aucune catégorie, sauf peut-être le nombre d’eagle, déjà 6 cette année.

Non, franchement, ce n’est ni un long frappeur, ni un golfeur plus précis, ni le meilleur putter…. Tout juste, il est 3 eme pour la précision des approches à 225 mètres !

Ses statistiques de jeu sont celles d’un 70 eme mondial avec plutôt des coups gagnés du tee au green, et des coups perdus autour du green, et sur les greens.

Le putting étant son vrai point noir. Il est seulement classé 188 eme sur le PGA Tour pour le nombre de points gagnés au putting.

Pourtant, cela ne l’a pas empêché de finir 4eme du Genesis Open à Pacific Palissades ou d’être en tête du Arnold Palmer Invitational après deux tours.

Son talent : Etre capable d’élever son jeu pendant le temps d’un week-end, et trouver le fighting-spirit quand il faut lutter un dimanche en tête.

Tournoi qu’il n’avait pas prévu de jouer.

C’était sans compter sur son cut manqué à Tampa Bay qui l’a privé d’être dans la liste des qualifiés pour le prochain championnat du monde de Match-play.

Du coup, il a ajouté le tournoi d’Orlando à son calendrier, et bien lui en a pris.

D’ailleurs, il a fait de mauvaise fortune… bon cœur, considérant qu’il valait mieux jouer ce tournoi plutôt que de disputer une semaine de match-play avec parfois des longues parties interminables, surtout quand vous passez plusieurs tours.

C’est typiquement Charley Hoffman ! Il ne joue pas ! Il ne pense pas ! Comme tous les prétendants champions sur le circuit.

Sans doute qu’il ne s’estime pas béni des dieux, et déjà très heureux de jouer à ce niveau pour se créer de temps en temps des opportunités de briller.

A quelques jours du Masters d’Augusta, il n’en est pas moins un potentiel vainqueur. Il n’est pas le genre à mettre trois balles dans l’eau un dimanche en passe de gagner la veste verte.

Tout simplement parce qu’il ne se met pas la même pression, pour être absolument le meilleur tout le temps.

Néanmoins, c’est un joueur à suivre sur le parcours parce que le spectacle est souvent au rendez-vous avec cet esthète du geste… plus que de la mode capillaire, bien que désormais, il soit revenu à quelque chose de moins surfeur, et plus conventionnel avec l’univers du golf.

Hoffman pas seulement un atypique... Son grip aussi est atypique

Une dernière chose que vous ne savez peut-être pas à propos de cet ex-golfeur atypique désormais rangé : Son grip est très particulier, et va rester comme étant sa spécificité !

Comme beaucoup de grip moderne, sa main gauche est très forte. En bon pro, il tourne tellement sur sa droite que l’arrière de son avant-bras se trouve en fait vers l’avant à l’adresse !

Il utilise la technique d’Harry Vardon qui consiste à poser son auriculaire droit sur les doigts de la main gauche au lieu d’adopter un grip interlocking comme beaucoup d’autres joueurs.

Quand il amène sa main droite, cette dernière forme un V en direction de son épaule droite.

Définitivement, un grip très particulier qui le caractérise. Sa main droite n’est pas pour autant faible en comparaison de sa main gauche. Disons qu’elle est plus neutre !

Hoffman n’est pas le seul pro à adopter un grip mélange de plusieurs techniques. Ben Crane et Angel Cabrera sont aussi connus pour procéder ainsi.

Quoi qu’il en soit, Charley Hoffman est plutôt bon du tee au green. A la limite, sa méthode et son grip de putting sont plus discutables d’un strict point de vue de ses performances irrégulières sur le green.

Pour le moins, avec Hoffman dans le champ des joueurs, il se passe quelque chose, et vous prenez plaisir à le voir jouer.

Malheureusement, les golfeurs de la nouvelle génération ne sont pas toujours aussi intéressants qu’un tel joueur, qui par sa personnalité et son attitude sur et en-dehors des fairways, vous donne envie de s’intéresser à lui… et pas seulement pour ses cheveux.

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