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Pourquoi Arnold Palmer, king of golf, va laisser une trace dans l’histoire ?

Arnold Palmer est décédé à l'âge de 87 ans. Il symbolisait parfaitement le rêve américain. - Crédit photo : Mark Newcombe

Le golfeur américain Arnold Palmer, décédé à l’âge de 87 ans, a mené une vie de pionnier à bien des niveaux, et pas seulement dans le domaine du golf. En pleine campagne électorale aux USA, et de tensions raciales, la vie du King rappelle ce que l’Amérique peut écrire de mieux en termes d’exemple, et même de légende.

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Le rêve américain ?

Personne n’incarnait mieux ce fameux concept qu’Arnold Palmer, et au-delà du golfeur, c’est un peu à ce rêve que les américains veulent s’attacher au moment de penser à « Arnie ».

La légende du golf, celui qui pour beaucoup a démocratisé ce sport, a remporté son dernier majeur en 1964, et son dernier tournoi professionnel en 1973.

Pourtant, au cours des 40 dernières années, son statut d’icône n’a cessé de grandir !

Son exemple mérite d’être compté, car il incarnait une joie de vivre, et une réelle accessibilité pour les fans.

A l’heure du sport business, concept qu’il a contribué à inventer, où les jeunes pros s’enferment dans des bulles d’isolements pour « protéger » leur concentration, et objectif ultime : Devenir des champions !

Il a démontré ce qu’était justement un sportif aimé et admiré : un homme accessible !

Trop de professionnels n’ont retenu de l’histoire de Palmer les seules victoires, passant à côté du plus important : Marquer les esprits et les cœurs.

Il y a beaucoup de raisons pour expliquer la popularité du golf suite à l’éclosion médiatique de celui qui est affectueusement surnommé le King. La plus importante tient dans le fait qu’il a réussi à rester suffisamment ouvert aux autres pour partager avec les anonymes la lumière qui le touchait.

Lors du dernier Masters d’Augusta en avril dernier, il semblait bien que ce serait justement son dernier tant il était apparu affaibli.

Pour la traditionnelle cérémonie du premier tee shot, le géant était resté assis alors que ses camarades de 10 ans plus jeunes, Jack Nicklaus et Gary Player, les deux autres membres du Big-3 se préparaient à porter sans lui l’image d’une époque sur le point de décliner.

En réalité, cela faisait plusieurs semaines que le monde du golf s’apprêtait à vivre sans la présence bienveillante du grand-père préféré des américains.

En France, c’est sans doute difficile d’imaginer l’impact de sa disparition sur l’ensemble de la société américaine.

Il ne serait pas étonnant que ce soir, lors du premier débat télévisé entre Hillary Clinton, et Donald Trump (un golfeur), l’un des candidats ou les deux fassent référence à ce témoin privilégié de l’histoire du pays, un homme qui a rencontré plusieurs présidents à la Maison-Blanche, et notamment Eisenhower dont il était proche.

A la fin des années 50, ses victoires et ses défaites tout autant spectaculaires ont directement sorti le golf de l’anonymat, pour en faire un sport de télévision, et donc d’ouverture sur le plus grand nombre, ce qu’en France, nous n’avons jamais pu faire.

Vainqueur la même année du Masters et de l’US Open, Palmer est devenu le premier golfeur héros issu de la classe laborieuse.

Cet homme est directement à l’origine d’une communauté de 25 millions de golfeurs aux USA, et sans doute beaucoup plus en dehors des frontières américaines.

Si vous jouez au golf, quelque part, il y est un peu pour quelque chose.

Il y avait du John Wayne en Arnold Palmer !

La comparaison n’est pas hasardeuse ! La disparition de Palmer pourrait et devrait avoir le même impact que celle du cowboy, sauf que l’époque est aujourd’hui plus violente, et plus troublée.

Bien entendu, Palmer était un fan de golf. Il ne pouvait pas passer une journée sans taper des balles.

Il y avait du John Wayne en Arnold Palmer !

Sa première femme, Winnie Walzer Palmer décrivait le fait qu’il ne pourrait pas se passer de deux choses « voler aux commandes de son avion, et taper des balles de golf ! »

Palmer a renoncé à sa licence de pilote en 2014 à grands regrets, et non sans freiner des quatre fers (à 85 ans tout de même), mais encore récemment, il tapait des balles…

Palmer a écrit l’une des plus belles pages du sport américain, à l’instar de Mohammed Ali, lui-aussi disparu en 2016, mais sans jamais se départir de son sens de l’humour, sans doute un trait de caractère qui a contribué à le rendre aussi populaire.

Toutefois, gardons-nous d’en faire un saint tandis que les sportifs d’aujourd’hui seraient des diables.

Dans les années 60, Palmer fumait, était un buveur de vodka, et sortait en boîte de nuit, sauf qu’à cette époque, la presse était « protectrice », et ne relayait pas ces informations.

Lui-même n’a jamais prétendu être quelqu’un d’autre ou cherché à se prendre pour une légende du bon dieu.

Ancien garde-côte, puis vendeur de peintures sans réellement savoir quoi faire de sa vie, c’est à l’âge de 25 ans que son destin a basculé quand il a remporté l’US Amateur.

Quelques mois plus tard, il rencontrait Winnie dont le père n’admettait pas qu’elle puisse épouser simplement un pro de golf !

Ils furent mariés de 1954 à 1999, date du décès de Winnie avec laquelle Arnold Palmer a eu deux enfants, très largement protégés des spotlights médiatiques.

Au cours de sa carrière de « seulement pro », Palmer a remporté 62 victoires, soit le cinquième plus gros palmarès du PGA Tour.

Il a encore gagné 10 autres victoires sur le Senior Tour.

Sa meilleure période s’est étalée de 1958, date de sa première victoire à Augusta jusqu’à 1964, sa dernière veste verte.

Entre ces deux dates, il a remporté quatre Masters, deux British Open, et un US Open, mais aucun PGA Championship.

De son glorieux palmarès, il faut aussi et surtout retenir son opposition légendaire avec Jack Nicklaus de dix ans son cadet.

Dans la rivalité est née une belle amitié qui a contribué à bonifier l’image du golf dans le monde.

Le golf lui a tout donné, il a voulu beaucoup donné en retour

De Palmer, il ne faudra pas se souvenir que du golfeur et du champion, mais aussi de l’homme d’affaires, et de celui qu’il a été après avoir rangé les clubs.

Au milieu des années 90, il a co-fondé GolfChannel mais ne s’est pas limité seulement au golf dans ses choix d’investissements. Il a notamment investi dans des hôtels, et des revendeurs automobiles.

Toujours après sa carrière, au crédit de son image d’homme intègre, il a continué à apporter sa notoriété au service des marques dans des spots publicitaires.

Penzoil, EA Sports (jeux vidéo), Hertz, quelques-unes des marques qui ont bénéficié de son image de « King of golf ».

Néanmoins, il a toujours gardé un pied dans sa passion, en écrivant de nombreux livres, et en dessinant autant de parcours que les plus célèbres des architectes.

Il a su transformer ses succès sportifs en cash machine, et même servi d’exemple pour d’autres grands sportifs, comme par exemple, Jean-Claude Killy, Michael Jordan ou plus récemment Tiger Woods.

Au sujet de ce dernier, Palmer et Woods n’ont jamais été réellement proches. Simplement, le grand Arnold avait admis avoir été impressionné par la relation entre Earl Woods et le fils, lui rappelant sa propre relation avec son père.

Il a joué de nombreuses fois avec Woods, et bien entendu, il était admiratif de sa discipline et de son entraînement.

C’est son propre agent, Alastair Johnson qui a recruté le jeune Woods chez IMG, une agence qui a explosé du temps du trio Palmer-Nicklaus-Player où chacun jouait un rôle.

Nicklaus était l’ours blond, un garçon de country-club. Player était le « Black Knight », une sorte de globetrotter au look de star de cinéma, et Palmer, tout simplement, le King !

Dans les années 60, Palmer avait donné une image positive et cool du fumeur de cigarettes.

A la fin des années 70, alors survivant d’un cancer de la prostate, il s’était engagé dans des campagnes contre le tabagisme.

Né en 1929, Arnie représentait parfaitement la génération post-crise de 29 et classe moyenne aux Etats-Unis. Il faisait partie de ces hommes pour lesquels une poignée de mains voulait dire beaucoup.

Interrogé au sujet de sa réussite, il répondait toujours « un grip ferme » comme lui avait appris son père. Il n’en a jamais changé. Pas plus qu’il n’a jamais changé son swing, et n’a jamais changé sa personnalité.

Désormais au panthéon des sportifs américain, Palmer a été le premier à prouver qu’un golfeur pouvait être considéré comme un sportif de haut niveau.

Pour en juger, il faut se souvenir de la couverture du numéro spécial de Sports Illustrated en 1960, le consacrant sportif de l’année !

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