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Posté par le dans Circuits PRO de golf

Alex Noren dans le top-10 des meilleurs golfeurs du monde

Alex Noren au cours du premier tour du Omega European Masters 2016

C’est l’autre grand suédois du circuit européen de golf avec Henrik Stenson ! Alex Noren aligne les victoires sur le circuit avec une régularité rarement vue à ce niveau. Jusqu’à présent parmi les bons joueurs de l’élite, en 2016, il s’est tout simplement imposé comme l’un des meilleurs avec 4 victoires significatives. A quelques jours de la fin de la Race to Dubaï, découvrez le phénomène Alex Noren, et pourquoi cela ne doit rien au hasard !

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Alexander Noren, histoire d’une ascension fulgurante…

34 ans, 1m80, sur son site Internet, Alexander Noren se décrit lui-même comme un golfeur « on the move ! ».

En mouvement ! Effectivement, Noren l’est !

Désormais, 9eme au classement de l’ordre du mérite mondial, le suédois est apparu dans le radar pour la première fois en 2005 au moment de son passage pro, et après une expérience en université américaine à Oklahoma State.

En moins d’un an, il intègre alors le top-400 mondial. C’est réellement fin 2006 qu’il approche le classement des 200 meilleurs golfeurs mondiaux après avoir remporté le Rolex Trophy à Genève, une épreuve du Challenge Tour, sa première grande victoire notable.

De 2006 à 2010, il va continuer sa progression de manière linéaire jusqu’à se classer une première fois dans le top-50 mondial en novembre 2009, quelques semaines après sa première grande victoire sur cette fois le grand tour européen : l’Omega European Masters disputé en Suisse.

Un succès qui lui permettra de revêtir la célèbre veste rouge, déjà porté avant lui par des légendes de notre sport, et notamment Sergio Garcia, Seve Ballesteros ou encore Sir Nick Faldo.

A compter de 2009/2010, Noren va s’installer solidement dans l’élite des meilleurs européens, mais toutefois, sans totalement « casser la baraque » ou se faire complètement remarqué.

Le circuit européen est peuplé de bons joueurs qui ont gagné un tournoi sans finalement émergé de la masse.

Jusqu’en 2014, Noren va faire partie de cette catégorie de joueurs solides capables de quelques coups d’éclats. Il emmagasine de l’expérience, et prouve quelque part que devenir un top player est aussi une lente maturation.

Cependant, il va démontrer qu’il n’est pas seulement un golfeur qui gagne un tournoi sur un coup de dé. Au contraire, il va compléter son palmarès avec l’Open du Pays-de-Galles en 2011 devant Bourdy, et un mois plus tard, il soulève une nouvelle fois le trophée du vainqueur sur un tournoi qui lui tient à cœur : l’Open de Suède.

A la maison, il maîtrise le vent et Richard Finch pour s’imposer avec 7 coups d’avances. C’est la première fois qu’il remporte deux tournois au cours de la même saison, un trait caractéristique des grands joueurs.

Pourtant, il va connaître une longue période de disette suite à ce premier coup d’éclat, et pire, une blessure aux deux poignets (tendinite) va l’éloigner des terrains une grande partie de l’année 2014.

Premier sérieux accroc dans sa jeune carrière, en janvier 2015, il n’est plus que 654eme mondial !

Près de dix ans d’efforts pour se hisser au sommet qui partent en fumée.

A partir de février 2015, la fusée Noren démarre cependant sa remontée implacable vers le top-10 mondial, un classement qu’il n’avait jusqu’à présent jamais effleuré !

Ce retour au sommet se traduit par une nouvelle victoire chez lui en Suède en juin 2015, mais c’est plus récemment, qu’il va littéralement exploser les compteurs.

Sur la deuxième partie de la saison 2016, Noren remporte pas moins de quatre victoires sur onze départs !

Non seulement, il n’est plus un golfeur qui remporte un tournoi de temps en temps, mais il s’inscrit de plus en plus souvent dans la catégorie des multiples vainqueurs la même année.

Ils sont réellement très peu à rentrer dans cette catégorie qui compte en 2016 Rory McIlroy, Danny Willett, Henrik Stenson, Jeunghun Wang, Jason Day, et donc Alex Noren !

De juillet à novembre, Noren va remporter le Scottish Open, de nouveau l’Omega European Masters, le British Masters, et enfin, le Nedbank Golf Challenge qu’il disputait pour la première fois, notamment dans le cadre de l’avant-dernier tournoi des play-offs de l’European Tour.

Nous avions pu le suivre à l’occasion de l’Open de France, et de l’Omega European Masters, et très franchement, Noren ne suscite pas encore une excitation particulière autour de lui. Il faut sans doute aller en Suède pour retrouver plus de spectateurs autour de sa partie.


En toute humilité, au practice comme sur le parcours, il est difficile de juger un golfeur pro, et de dire « Celui-là est vraiment plus fort que les autres », d’autant que Noren n’est pas un monstre de charisme, ni une « tête de cochon ».

Cette série de victoires aussi importante dans un laps de temps aussi court méritait d’être relevé.

Après avoir été longtemps classé entre la centième et la cinquantième place mondiale, Noren a fait un véritable bond au classement, et en très peu de temps.

Désormais, la Suède compte deux joueurs dans le top-10 avec Henrik Stenson, déjà quatrième meilleur joueur de la planète.

Noren vu par Alex…

Retour en arrière, et à la première victoire de Noren sur un grand tournoi, l’Omega European Masters 2009 au cours duquel, sur le 18, le suédois a deux coups d’avances sur Bradley Dredge, et un trou à jouer, le fameux 18 avec son arrivée disputée devant les gradins.

Alex Noren au practice de l'Open de France 2016

« Le coup de golf idéal sur le dernier trou était un draw ! Il se trouve que c’est mon coup de golf naturel, un coup que je connais si bien que je pourrais le taper dans mon sommeil. Pourtant, là, je ne dormais pas, et je ne rêvais même pas. J’ai tellement rêvé de gagner. Il fallait maintenant le faire tout éveillé ! Personne n’allait pouvoir m’arrêter ! »

Du rêve à la réalité, il aura fallu 23 ans au petit Alexander pour devenir un golfeur professionnel accompli.

Noren a commencé à jouer sur le parcours d’Haninge en Suède. Le putting green servait essentiellement de jardin d’enfants. Le green était étroit, et donnait l’occasion de concours de chipping les plus fous les uns que les autres.

Le pari consistait à gagner une glace ! Pour cela, Noren et ses copains pouvaient jouer toute la journée. A tel point que les parents devaient apporter à manger sur le parcours, tant les gamins n’étaient pas intéressés par le fait de souper, mais plutôt de baisser l’index.

De cette époque, Noren conserve l’idée qu’il était préférable de ne pas avoir d’instructeur ou plutôt d’adulte, pour qu’au contraire, la passion du jeu se transmette d’enfants à enfants, plus intéressés par la notion de concours que celle de commencer à perfectionner le geste.

Noren a d’abord été un passionné de JEU.

Au moment de vouloir devenir un meilleur joueur, le jeune adolescent a profité du fait que ses parents avaient déjà connu l’expérience d’emmener le grand frère disputer des tournois un peu partout en Suède.

Il reconnaît qu’ils l’ont toujours soutenu sans jamais interférer ou lui dire comment jouer.

Il admet aussi avoir senti assez rapidement qu’il pourrait faire partie des meilleurs joueurs de sa génération.

Recruté par l’une des meilleures écoles de golf de son pays, il a pleinement profité de cette structure pour étudier et progresser. « J’ai appris à m’entraîner énormément. Rien ne peut remplacer un entraînement difficile et intense. »

Par la suite, il a effectivement traversé l’Atlantique pour étudier à Oklahoma State, mais de son propre aveu, surtout pour jouer dans le cadre du « College golf ».

Dans ce type de structure où le golf est poussé à son paroxysme, Noren a aussi privilégié la réputation du coach.

Avec du recul, il estime aujourd’hui que ce furent les années les plus difficiles de sa vie, surtout au regard de la pression mise par son entraîneur : Un atout pour la suite de sa carrière, et notamment le renforcement du mental.

Curieusement, au moment de prendre son envol par ses propres ailes, c’est-à-dire au moment de débuter sa carrière pro, sans coach, sans coéquipiers comme au collège, Noren s’est senti plus relax de n’avoir plus qu’à penser à lui. « Je jouais seulement pour moi. »

Au cours de son passage sur le Challenge tour, Noren déclare qu’entre le début de son année, et la fin, son jeu a radicalement changé. Il s’est bonifié vantant le bénéfice de cette année dans l’antichambre de la première division comme un excellent cours préparatoire.

Une fois arrivée sur l’European Tour, Noren bien préparé a tout de même dû apprendre la difficulté du haut niveau à vitesse grand V.

Ses six premiers tournois se sont soldés par six cuts manqués. Il décida alors de retourner dans son club d’enfance, de travailler, de se ressourcer, et d’aborder la deuxième partie de la saison avec une nouvelle fraîcheur.

Vous connaissez la suite de l’histoire…

Passé le constat, comment expliquer cette éclosion soudaine ?

Interrogez après sa victoire au British Masters, Noren mis sa victoire sur le compte de ne pas s’acharner à passer six heures par jour au practice, ou de chercher à taper un coup de golf en particulier, en répétant des gammes de manière incessante.

Alex Noren vue à Paris pour l'Open de France 2016

Au contraire, Noren a voulu focaliser sur le long terme. Donner du temps au temps…pour surtout prendre du plaisir à jouer au golf.

Ne pas chercher à se mettre trop de pression. Trouver quelque chose qui fonctionne, et jouer avec le jour J.

Paradoxalement, c’est en étant moins obsédé par la victoire qu’il s’est mis à gagner plus.

« Ne pas mettre un enjeu de vie ou de mort sur chaque putt… »

Traduit de manière mathématique, Noren n’est pas l’un des meilleurs golfeurs en Europe par hasard.

Cinquième meilleur scoreur sur le tour avec une moyenne de 70,03 par parties, à bien y regarder, les statistiques du pro suédois n’ont pas franchement beaucoup évolué au cours des cinq dernières années, sauf le putting !

En l’espace de cinq ans, il a fait baisser sa moyenne de putts de 30 par parties à 29, et ce, de manière constante chaque année, tandis que son driving ou son jeu de fers sont restés constants.

Pour améliorer son putting, Noren a recours à un putter raccourci, ce qui lui permet de se pencher au maximum pour se rapprocher le plus possible de la balle.

Considérant que penché, il a une meilleure visibilité, il se penche de sorte que son dos restant droit forme avec le bas du corps une sorte de L.

Deuxième point important pour lui, il veille à maintenir ses coudes les plus relax possibles, sans tensions, tout en alignant les pouces sur le grip en direction vers le sol.

Son objectif consiste à maintenir le « butt » du manche en avant par rapport à la tête du putter.

En fait, Noren cherche à accroître l’inflexion du haut du shaft vers le sol pour fermer le loft.

Tout au long du putt, il cherche à conserver les angles formés par ses poignets avec le manche constant. Ainsi, il maintient la tête du putter la plus basse possible, et le plus près possible du sol pendant tout le mouvement.

En résumé, selon lui, les amateurs commettent trop souvent l’erreur d’être trop grandi derrière un putt, jouant des putters trop longs, créant trop de loft avec des shafts « ouverts », et pour finir des mouvements pendulaires qui laissent trop de place à des gestes parasitaires amenés par des poignets trop libres.

Lui, au contraire, joue beaucoup avec son côté gauche, finalement très « directeur », ce qui lui procure beaucoup de consistance.

Avec cette technique très mécanique qui laisse peu de places à l’a peu près, Noren a donc fait baisser son nombre de putts par tours, et en particulier dans les moments critiques, à savoir, les derniers tours joués « sous pressions ».

Lors de sa dernière victoire en Afrique du Sud, il a joué 63 le quatrième jour, et remonté un retard de six coups pour s’imposer.

Au moment d’analyser son jeu sur ce tournoi, on retient qu’il n’a pas drivé au-dessus de la moyenne, ni en distance, ni en précision, mais en revanche, il a pris 75% de greens en régulation, soit le meilleur total des quatre tours par rapport à ses rivaux, et son nombre de putts (1,68) fut le quatrième meilleur score du tournoi.

Noren résume assez bien ce qu’il faut faire pour scorer bas durablement : Prendre tous les greens, et rentrer beaucoup de putts !

Remerciements Callaway pour les photos d'Alex Noren en train de putter.

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