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40 ans de Tiger Woods! Morceaux choisis!

40 ans de Tiger Woods! Morceaux choisis!

Le 30 décembre, le golfeur américain Tiger Woods a fêté ses 40 ans ! L’occasion pour nous de lui rendre un hommage, et de revenir sur quelques-uns des moments qui ont contribué à faire de lui le sportif le plus photographié au monde, et sûrement le meilleur golfeur de tous les temps…mais pas seulement ! Morceaux choisis d'une carrière au plus haut niveau depuis déjà 20 ans...

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La construction d’une légende des temps modernes…

La légende Gary Player déclarait encore assez récemment que le golf avait besoin d’un champion noir ! Aucun être humain n’avait jusqu’à présent réussi à accomplir, ce que Woods a réalisé en plus de vingt ans de carrière professionnelle : populariser le golf, loisir considéré comme blanc et élitiste en un sport d’athlètes qui passionne le monde entier de l’est à l’ouest.

Jamais avant Woods, on aurait pu imaginer des populations d’Afrique ou d’Asie s’intéresser au golf pour ce que c’est... un sport difficile, techniquement, mentalement, physiquement, et tactiquement parlant.

Des années 90 à 2010, Woods a repoussé les frontières du golf à un niveau jamais vu auparavant.

Ces quelques dernières années marquées par la crise économique dans le monde, nous avons constaté un recul du nombre de golfeurs dans le monde, et imaginé qu’il s’agissait d’une désaffection.

Beaucoup a déjà été écrit à ce sujet, mais souvent on oublie de corréler l’explosion de la pratique golfique avec l’avènement de Woods, comme un événement particulier dans l’histoire du golf, un phénomène accélérateur comme il y en a très peu par siècles.

La légère érosion de la pratique golfique aux Etats-Unis et en Europe tient de nombreux facteurs, mais c’est surtout un effet correctif après une très forte croissance Woodsienne.

A la fin des années 90, quand Woods gagnait majeurs sur majeurs, l’impact était tel sur l’économie et la société américaine, que le niveau de la bourse progressait le lendemain d’une victoire de l’homme à la chemisette rouge !

Comme souvent dans l’histoire d’une ascension, le public a réellement découvert Woods au moment de ses premiers exploits au Masters ou à l’US Open (il a remporté son premier Masters en 1997 à 22 ans), mais son destin golfique s’est écrit dès son plus jeune âge, tant et si bien que pour évoquer Woods, il faut bien parler des 40 premières années de sa vie dont les 25 dernières ont été extrêmement médiatisées.

A la télévision, à seulement 2 ans

Comment évoquer Woods sans parler de ce premier passage télé, le 6 octobre 1978 dans le Mike Douglas Show ?

Vous avez sans doute déjà vu ces images du petit Woods accompagné par son père Earl dans un show national pour taper des balles.

Plus tard, Mike Douglas déclara qu’il avait beau avoir interviewé 40 000 personnes sur plus de 6000 émissions, dont 7 présidents des Etats-Unis ou des personnalités en passe de le devenir, l’histoire a retenu le passage de Woods dans son émission !

A seulement 2 ans, Woods était déjà un phénomène qui dépassait le cadre de l’entendement.

Sautons de quelques-années pour le retrouver sur l’US Amateur, tournoi de golf pour jeunes parmi les plus importants au monde, et que le phénomène va remporter trois fois d’affilées !

Avant de dominer le golf professionnel, Woods a déjà commencé par être intraitable chez les juniors, tant et si bien qu’il a commencé à attirer l’intérêt des médias bien avant son passage chez les pros en 1996.

En 1993, alors qu’il jouait à Portland dans l’Oregon pour tenter une incroyable passe de 3 sur l’US Amateur, sur le trou 16, il manqua un petit putt pour PAR pour se retrouver décroché de 2 coups à 2 trous de la fin.

Son incroyable légende aurait pu en rester là, mais au contraire, bien des années plus tard, il admit avoir joué les deux meilleurs trous de sa vie pour signer birdie-birdie, et réussir l’exploit de revenir pour ensuite battre Ryan Armour au premier trou de play-off.

Ce premier événement est très significatif de la carrière que Woods va réaliser par la suite.

Sortir des prestations exceptionnelles même quand les circonstances sont contre lui !

Déjà à l’époque, il avait quelque chose en plus par rapport à tous ses jeunes rivaux.

Contre Armour, il était capable de l’overdriver de 35 mètres pour enchaîner par des coups de fers longs et chirurgicaux.

Ce dernier déclara à l’attention du tigre « J’avais presque gagné le tournoi, j’avais mes mains sur le trophée. Mais lui, c’était comme s’il suivait un plan…Je ne crois pas que les gens réalisent ce que Woods était réellement capable de produire, professionnel ou amateur. Il était le meilleur. »

Le Michael Jordan du golf !

A l’époque, les chroniqueurs de golf américains manquaient de superlatifs pour décrire les prestations de Woods, parlant de prodige ou même de Michael Jordan du golf.

A ce jour, Eldrick Tiger Woods est le seul golfeur de l’histoire à avoir remporté trois US Amateur d’affilées.

Un seul autre golfeur a réussi à l’emporter deux fois….Jordan Spieth, vainqueur en 2009 et 2011, et probablement la prochaine légende de notre sport.

Passé pro en 1996, Woods était donc déjà une star avant même d’avoir joué son premier tournoi chez les pros.

Pour la petite histoire, il faut savoir que le quartier général de la firme Nike était situé à une petite dizaine de kilomètres du parcours de Portland où Woods a remporté son 3ème US Amateur. Quand les journalistes ont commencé à comparer Woods à Michael Jordan, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

Phil Knight alors patron de Nike n’a pas mis longtemps à mettre la main sur le prodige en devenir.

24 heures après la victoire, Woods était dans le jet privé de Knight pour se rendre sur un tournoi de golf (Milwaukee Open) et coché la case, golfeur professionnel, avec son premier contrat pro en poche, pour un montant de 40 millions de dollars sur 5 ans !

Habillé de la tête aux pieds en Nike dans un premier temps, il ajouta des balles et des clubs Nike à sa panoplie quelques années plus tard.

Ce premier gros contrat ne lui a pas valu que de bons sentiments de la part des autres golfeurs pros !

Alors qu’il n’avait pas encore disputé le moindre tournoi pro, il gagnait déjà plus que le numéro un mondial se souvient Steve Stricker !

Mais d’autres ont commencé à sentir le vent tourné, comme notamment l’américain Curtis Strange « Il n’aurait pas pu arriver à un meilleur moment. Le golf commençait à être populaire, et ce type était un des rares à pouvoir pousser le golf bien plus loin. »

Et le succès chez les pros ne s’est pas fait attendre très longtemps !

Dominateur sur le tour dès ses débuts en 1996…

60ème sur son premier tournoi pro, le Milwaukee Open, dans les deux mois suivants, il va remporter deux tournois, ce qui va lui permettre de se qualifier dès sa première saison pour le Tour Championship, le tournoi final du Pga Tour, dont il sera nommé rookie de l’année 1996.

Quelques mois plus tard, en avril 1997, il remporte le Masters d’Augusta en battant un très grand nombre de records, dont le plus grand écart avec le deuxième (12 coups) et le score le plus bas en majeur (-18).

C’est un trait caractéristique de la carrière de Woods. Il n’a pas seulement beaucoup gagné…il a aussi et surtout écrasé la concurrence.

A l’âge de 12 ans, il scorait déjà moins de 70 sur des parcours de 18 trous !

En 1997, après seulement 42 semaines, il devient le plus jeune golfeur numéro un mondial, et donc le plus rapide de l’histoire à occuper cette position.

Il fait toutes les couvertures de magazine, golf ou pas !

A cette époque, il n’était pas rare qu’il fasse 10 couvertures sur 12 du mensuel Golf Digest dans la même année.

C’est aussi une période où il travaille avec le coach Butch Harmon, et d’ailleurs en 1998, il procède à un premier changement dans son swing, ce qui va affecter ses résultats à court terme.

Dès la fin des années 90, Woods était déjà le golfeur le plus scruté et le plus surveillé par les médias du monde entier. Golf rimait systématiquement avec Woods, y compris en France, où des hebdomadaires commençaient à titrer sur le phénomène noir-américain qui a conquis le cœur de l’Oncle Sam.

L’ère du tigre…

Sa domination hégémonique sur le golf mondial a réellement commencé en 1999 pour durer plus de dix ans, un record pour un sport individuel.

Sans écrire ici le récit de toutes ses victoires (106 chez les pros dont 14 majeurs), ci-dessous quelques moments marquants comme son succès au Championnat du monde de golf NEC invitational en 2000, tournoi qui s’est terminé dans la pénombre.

A Akron dans l’Ohio, Woods était dans la dernière partie avec Hal Sutton et leur partie avait du retard du fait de conditions météos mauvaises en ce mois d’août 2000.

A près de 150 mètres du dernier green du dernier tour du tournoi, les spectateurs arrivaient à peine à le distinguer. Il s’est passé quelques instants entre le moment où il tapa son fer 8 en direction du green, et le moment où la balle est apparue à quelques centimètres du trou, arrachant un rugissement à la foule massée autour du green avec des briquets comme pour un concert de rock.

Pendant que Woods avançait en direction du green, il reçut des tonnerres d’applaudissements.

Assurément un des moments qui nous a le plus marqué dans l’incroyable carrière de Woods, d’autant que c’est peut-être le plus beau coup tapé par Woods qu’il n’ait en fait pas vu !

Avec ce dernier birdie, il remporta le championnat du monde avec 11 coups d’avances sur son plus proche poursuivant.

Et dire que pendant ce tournoi, il avait souffert d’une vilaine grippe…

Le Masters 2002

Autre grand moment dans la carrière de Woods, son doublé au Masters (2001 et 2002).

A seulement 26 ans, il allait entrer un peu plus dans la légende du golf en accomplissant ce que seulement deux autres légendes avant lui avaient pu faire : gagner le Masters deux années de suite…à savoir Jack Nicklaus en 65/66 et Nick Faldo en 89/90.

Et pourtant le parcours avait été préparé contre lui ! Neuf trous avaient été allongés, et des arbres ajoutés pour limiter sa domination, et sa puissance sur le terrain.

Au soir du troisième tour, il était en tête avec Retief Goosen à -11 devant Vijay Singh, Ernie Els, Sergio Garcia, et Phil Mickelson, les meilleurs golfeurs du monde.

Le lendemain, à la différence de tous ses rivaux, il ne commit aucune erreur pour s’imposer de trois coups devant Goosen. Sur le premier trou du jour, le sud-africain trembla d’entrée avec un trois putt quand Woods commençait par birdie-birdie !

A partir du trou numéro 6, tous les compétiteurs savaient qu’ils ne jouaient plus que pour la deuxième place de ce Masters.

Même Mickelson ne semblait pas savoir comment Woods pouvait faire pour être insensible à ce point à la pression.

Le British Open 2006

Encore un peu plus loin dans l’histoire du tigre, on retrouve un autre grand moment avec son doublé au British Open 2005-2006.

Déjà à ce stade de sa carrière, il n’était plus tout à fait le robot du début des années 2000. Il commençait à remettre en cause son swing de plus en plus fréquemment. Après avoir arrêté de travailler avec Butch Harmon, son coach des débuts, il a travaillé avec Hank Haney, surtout dans le but de limiter les contraintes posées à son genou gauche par son swing surpuissant.

Sur le Old Course de Saint-Andrews , il n’a jamais joué plus de 71 après avoir commencé par deux cartes de 66 ! Si Monty termina second, ce dernier déclara qu’il était juste humain. Comprenez que seul Woods ne l’était pas.

Si son swing donnait des signes d’inquiétudes, cela ne s’était pas vu ! Jouant presqu’exclusivement des longs fers, Woods a atteint de score exceptionnel de 92% de fairways pris en régulation pendant la semaine. Ce tournoi restera dans les annales pour sa démonstration d’intelligence tactique, de gestion du parcours, et de putting.

L’histoire retiendra que ce fut aussi le dernier Open de Jack Nicklaus venu faire ses adieux au Swilcan Bridge, et quelque part transmettre le flambeau à son jeune disciple.

Si nous devions retenir seulement trois faits marquants dans la carrière de Woods, il y aurait ce coup joué dans la pénombre à Akron, et la remontée du 18 à Saint-Andrews, où il finit par fondre en larmes dans les bras de son cadet, Steve Williams.


C’était en fait sa première victoire depuis le décès de son père, intervenu quelques semaines plus tôt.

L’US Open 2008

Et le troisième grand moment de la carrière de Woods parmi tous ses exploits pourrait être sa dernière victoire en majeur, au cours de l’US Open 2008 !


La très longue et magnifique carrière de Woods a aussi été jalonnée de très fréquentes blessures. A la fin de sa carrière, c’est sans doute ce qui pourra être avancé pour expliquer pourquoi il n’a pas gagné davantage.

Son dernier majeur capturé à Torrey Pines en 2008 a été symptomatique de sa capacité à repousser parfois trop loin ses limites physiques.

Très peu de gens ont su ce qui s’était réellement passé lors du play-off contre Rocco Mediate, à savoir que Woods avait joué malgré une double fracture de fatigue au niveau de son son tibia gauche, et contractée deux semaines avant l’US Open !

Information révélée deux jours après sa victoire, ce qui fit dire à Kenny Perry « Ce gars peut battre n’importe qui sur une seule jambe ! »

Après cette victoire, et alors que Woods n’avait pas écouté ses médecins, il dut se résoudre à être opéré. Il reviendra seulement 9 mois plus tard à la compétition, et depuis ce jour, il n’a plus jamais remporté le moindre majeur…

Le moment où il a rejoint Jack Nicklaus

Pour poursuivre ce sujet hommage à Tiger Woods sans énumérer la longue liste de toutes ses victoires, pour simplement s’intéresser aux moments les plus marquants, nous vous proposons un autre saut dans le temps pour arriver en 2012, et au moment où Woods a battu un record qui signifie beaucoup pour lui, et peut-être plus que celui d’égaler le record de Nicklaus en majeur.

Si Nicklaus en a remporté 18, et aussi terminé 19 majeurs à la deuxième place, ce qui est considérable, il a aussi remporté 73 tournois du PGA Tour pour asseoir sa réputation de légende du golf.

Total que Woods a dépassé en 2012 au cours du AT&T National Event pour atteindre 74, soit une victoire de plus que Nicklaus, et 8 de moins que Sam Snead.

Pour l’anecdote, il a égalé le score de Nicklaus un mois plus tôt sur le Memorial Tournament, un tournoi organisé par…Jack Nicklaus !

Deux succès qui sont intervenus après une disette longue de deux ans, et faisant suite à l’incident de la voiture qui a conduit aux révélations de ses aventures extra-conjugales.

A ce stade de sa carrière, Woods n’était plus le même homme, ni le même golfeur. Il se souvient que les gens ne croyaient plus en lui, et sa capacité à revenir.

Il venait de commencer sa collaboration avec Sean Foley, son troisième coach, et les commentateurs se montraient de plus en plus dubitatifs sur Woods.

Un parcours émaillé de succès et de retours…

En 2013, il fera mentir tous ses détracteurs en redevenant le tigre féroce qu’il était au plus haut de sa carrière, remportant 5 victoires magistrales dont le Players Championship pour la deuxième fois de sa carrière, ou le Arnold Palmer Invitational pour la huitième fois, sans oublier les championnats du monde Cadillac et Bridgestone pour arriver à un total de 79 victoires sur le PGA Tour, à trois victoires du record de Sam Snead, et s’installer une nouvelle fois dans le fauteuil de numéro un mondial.

Premier milliardaire de l’histoire du sport, Tiger Woods n’a peut-être pas encore terminé sa carrière sportive, et certainement pas son impact sur le golf et bien au-delà.

Son père, Earl avait prédit que son fils aurait un impact bien au-delà des frontières du golf. Fils d’un vétéran du Vietnam afro-américain marié avec Kutilda, une Thaïlandaise, Tiger Woods devait être selon son père, une sorte de messie qui pourrait apporter la bonne parole à tous les défavorisés.

C’est d’ailleurs pour cette raison que Tiger et Earl ont lancé en 1996 la fondation Tiger Woods pour permettre à des milliers d’enfants d’avoir accès à l’instruction à travers le monde.

Cette fondation sponsorise notamment un tournoi du PGA Tour, le Hero World Challenge et un concert de rock à Las Vegas, le Tiger Jam.

Woods n’est pas un homme parfait, pas plus qu’il n’est un messie, mais ce qu’il a accompli à l’aube de ses 40 ans est déjà extraordinaire, et son histoire avec le monde est loin d’être terminée, même si à cette heure, son avenir sportif semble compromis.

Bon anniversaire, Mister Woods !

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