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Labo Golf: Plutôt lame ou fer à cavité ?

Labo Golf: Plutôt lames ou fers à cavité ?

Pour les golfeurs qui commencent à avoir l’habitude de lire cette chronique, il s’agit essentiellement de mener des investigations ou des recherches en se mettant dans la peau d’un golfeur de tous les jours, tout en se posant la question de comment améliorer son jeu de golf. Aujourd’hui, et à force de tester des clubs de golf dans toutes les marques, je me suis reposé une question : fers forgés (lames) ou fers à cavité ?

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Au tout début de ma vie de golfeur, le fait de jouer avec des lames était quelque part un objectif, un rêve, peut-être même un fantasme qui signifierait que quelque part j’atteindrais le nirvana golfique : la maîtrise suprême du swing de golf.

J’ai tapé des balles de practices pendant des heures dans mon golf d’origine, à Saint-Marc dans les Yvelines, puis joué de très nombreuses parties de golf sur ce même parcours, et dans les environs, notamment au Golf National, sur le terrible parcours de l’Albatros ou son voisin plus conciliant, l’Aigle.

Des mois à chercher la progression, en prenant bien sûr des heures et des heures de cours pour peaufiner mon geste.

Et puis un jour, au bout de cinq ans, je me suis décidé à passer le pas, et pourtant, mon jeu n’était peut-être pas encore suffisamment mature pour tenter cette expérience…oserais-je dire sans retour.

Sur les premières parties, j’ai eu l’impression de rêver…Sans outils de mesures, il m’a d’abord semblé que mes nouvelles lames forgées (Nike Forged) parmi les clubs les plus fins qu’on pouvait trouver au début des années 2000, me permettaient des coups beaucoup plus précis, par rapport à mes anciens Callaway X-14.

Il m’a fallu du temps avant de me rendre compte qu’en réalité je perdais plus d’une canne de longueur entre ma nouvelle série exigeante, et mon ancienne série plus tolérante.

Au bout de quelques mois, je suis arrivé au constat qu’il me faudrait encore progresser techniquement pour obtenir la quintessence de mes clubs…

Plusieurs années ont passé depuis ce passage du côté obscur de la force, et désormais, avec tous les outils technologiques à ma disposition, et tous les interviews d’acteurs professionnels du marché du matériel de golf, mes innombrables tests de clubs, je me suis forgé une expérience, pour ne pas dire une conviction.

Jouer du forgé ne présente aucun intérêt du point de vue purement performance !

Oui, esthétiquement, pour les puristes, et j’en fais partie, rien n’égale la beauté d’une lame.

Ligne pure, sobre, élégante, top line fine, semelle racée, dos brillant…tous les superlatifs peuvent y passer pour décrire une lame.

Mais s’agissant de performance, et en particulier de distance à parcourir, je n’ai jamais comblé l’écart entre fers forgés et fers à cavités.

Et je ne dirai même que certains nouveaux clubs dans certaines marques dont je ne ferai pas ici la publicité, accroissent encore quelque peu cet écart en défaveur des lames.

Comprenez que certains clubs à cavité sont de plus en plus performants.

Dans ce sujet, je n’ai pas envie de passer la plume à un clubmaker pour qu’il argumente sur la technologie du club, mais je veux rester au niveau de ce que peut percevoir un simple amateur.

Ces dernières années, j’ai amélioré mon swing. Comment puis-je l’affirmer et le quantifier ?

Par la vitesse de swing qui est passée de 75-79 mph à 85-89 mph en moyenne en trois ans, ce qui implique que j’ai gagné en consistance, en distance, et même en contrôle.

Pour obtenir cette progression, j’ai travaillé sur le physique et la technique, et bien entendu, en m’appliquant les conseils prodigués par les coachs et consultants, qui travaillent sur jeudegolf.org comme Loïc Gambardella, Michel Delbos, ou Stéphane Grenier pour ne citer qu’eux…

Entre le moment où j’ai commencé à jouer des lames, et aujourd’hui, j’ai une meilleure maîtrise de ces outils.

Sauf que j’en écris cela, j’ai aussi une meilleure maîtrise des clubs à cavité. La progression est évidemment équivalente entre les deux types de clubs.

Pour étayer mon argumentation, je me suis donc livré à une expérimentation entre trois clubs :

  • Une lame (le tout dernier Mizuno MP-5 en fer 6 sur shaft acier True Temper Dynamic Gold)
  • Un club à cavité (le tout dernier Mizuno JPX-EZ sur shaft acier True Temper XP 95)
  • Un club hybride à mi-chemin entre lame et cavité (le Srixon Z545 sur shaft acier Project X 6.0)

Objectif : Taper des balles (une Titleist pro V1) et mesurer avec un radar portable (type ES14) les écarts de performances avec une vitesse de swing (énergie) identique, soit un swing d’une vitesse de 85 mph avec un fer 6.

A titre de comparaison, un golfeur professionnel sur le tour peut swinguer un fer similaire à une vitesse proche de98 mph.

85 mph n’est donc clairement pas une vitesse exceptionnelle, ni même celle d’un golfeur d’index inférieur à 5…tout du moins, une vitesse qui permet d’envoyer une balle tapée au fer 6 à 150 mètres au carry, soit à peu près 158, 160 mètres au total, si centrée dans la face.

Ci-dessous les résultats de l’essai comparatif sur la base de la meilleure balle tapée :

Précaution : Les données issues d’un radar portable comme l’ES14 ne sont pas aussi indiscutables que celles trouvées avec un radar de type Trackman. Par rapport aux données affichées, ci-dessous, il s’agit surtout de constater les ordres de grandeurs.


Si vous avez-vous-même fait le test, les résultats ci-dessus ne devraient pas trop vous surprendre.

Je dois ajouter un élément concernant l’usage de lames : le niveau d’exigence au niveau du centrage de la balle dans la face est plus élevé.

Autrement dit, si vous ne centrez pas très bien la balle, vous perdez immédiatement de la capacité à générer une grande vitesse de balle à l’impact, élément important pour générer de la distance.

En théorie, un fer à cavité offre légèrement plus de tolérance sur les coups moins bien centrés.

Dans le test ci-dessus, et c’est ce qui est intéressant à vitesse de swing identique, le smash factor décroit à mesure que la semelle du club rétrécit.

Ceci dit, le tableau ne démontre pas un écart phénoménal !

Ce qui ne transpire pas de cet exercice, c’est le fait que pour taper une balle parfaite, pour un golfeur amateur lambda comme moi, il faut plus de coups tapés qu’avec un fer tolérant.

En soi, entre une lame et une cavité, la différence est légère (ce qui valide une différence), mais c’est surtout la répétabilité de la performance qui va être plus difficile.

Concrètement, à vitesse identique, dans ce test, la balle a été projetée à un mètre de moins entre une lame et un fer à cavité.

Quel intérêt de choisir un type de club qui sera de toute façon plus exigeant ou légèrement moins performant ?

Moins performant ? Parce que je tiens compte du fait que pour taper un coup à une vitesse de swing de 85 mph avec une lame, cela m’a demandé nettement plus de concentration, et d’effort qu’avec un fer à cavité.

Après m’être posé cette question pendant des années, il me semble aujourd’hui que la réponse est plus évidente.

Réponse qui de toute façon est de plus en plus partagée par les consommateurs puisque les lames restent minoritaires dans les ventes de clubs (Moins d’une 1 série sur 5 en moyenne aux Etats-Unis).

Cela ouvre néanmoins une deuxième question.

Pourquoi un golfeur classé 5 d’index qui va frapper (admettons à 95 mph) pourrait choisir une lame plutôt qu’un fer à cavité, étant entendu et j’ai fait le test que quand bien même, vous variez les vitesses de swings, vous trouvez toujours un écart défavorable à la lame !

Un golfeur Grenoblois d’index 2 qui a une frappe parfaite m’a répondu qu’il jouait essentiellement des lames parce qu’il veut toujours jouer une forme de tête extrêmement compacte.

A savoir une petite tête comme une lame pour une question de ressenti et de centrage de son coup…

Conclusion, dix ou quinze ans en arrière, avant de disposer de moyens de contrôles, je vivais dans la croyance qu’une lame pourrait m’apporter un quelque chose de « je ne sais quoi » qui serait meilleur pour mon jeu.

Aujourd’hui, avec l’offre actuelle des fers à cavités sur le marché, je ne me pose plus ce débat, préférant la facilité de répétition de la performance, ayant compris depuis qu’au golf, l’enjeu, ce n’est pas de taper un coup pure et parfait ou chercher l’esthétisme, mais d’arriver à répéter à peu près régulièrement des coups efficaces…

Dernière remarque : Pour les besoins du test, j’ai aussi tapé un coup à 86 mph avec la lame, soit 1 mph de plus que pour les autres essais, et là, la balle a été projetée à seulement 111 mph (smash factor de seulement 1.29) pour un taux de spin de 5575 rpm, et une distance au carry de 144 mètres !

Soit 4 mètres de moins que le même coup tapé à seulement 85 mph…ce qui veut bien dire que les difficultés sont de deux ordres avec une lame : taper à une vitesse soutenue malgré une tête plus fine (moins de masse qu’un fer à cavité ou une semelle plus large), et centrer la balle parfaitement dans la face pour tirer le meilleur parti de l’énergie déployée.

Dans les faits, si vous prenez une moyenne de coups tapés entre une lame et un fer à cavité, l’écart ne sera pas seulement de 1 mètres entre les meilleures balles respectives, mais plus vraisemblablement autour de 5 mètres.

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