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Coût d’une saison de golf pour un jeune qui veut jouer à haut niveau

Coût d’une saison de golf pour un jeune qui veut jouer à haut niveau

Les parents de jeunes golfeurs talentueux qui parcourent chaque année plusieurs milliers de kilomètres pour permettre aux espoirs d’assouvir leur passion commencent à sérieusement tirer la langue financièrement. Dernier motif de grincement, le déroulement du championnat de France jeune 2016 dans un golf excentré d’un point de vue géographique ! Enquête avec chiffres à l’appui sur ce que coûte réellement une saison de golf pour un jeune qui rêve de passer pro…

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La vision de la fédération et la vision d’un papa de jeune golfeur

En décembre dernier, nous avions interviewé en exclusivité, Renaud Gris, l’entraÏneur national français.

Au détour d’une question, nous avions abordé le sujet des moyens à mettre en œuvre pour un très jeune amateur désireux de jouer sa carte à fond, en vue d’une éventuelle carrière professionnelle.

Désireux de donner la parole à tous sur jeudegolf.org, nous avons recueilli récemment l’expérience d’un papa.

Chacun a sans doute sa vérité. Sur un tel sujet, il ne peut pas y avoir de pensée unique.

Il nous est apparu que d’avoir l’avis d’une personne qui est derrière la barrière pouvait avoir du sens…et apporter à tous un éclairage sur ce qui se passe réellement sur le terrain. Chacun pourra se faire son opinion.

Extrait de l’interview de Renaud Gris en préambule de ce nouveau sujet :

Est-ce que ne peuvent réussir que les enfants qui ont des parents aisés ?

Le gros avantage du système français et des fédérations, quel que soit le sport, c’est que les meilleurs jeunes dès le plus jeune âge sont pris en charges quasi intégralement.

Les meilleurs depuis tout jeune vivent des expériences à l’étranger, sont encadrés par des entraîneurs, ont des préparateurs physiques, et tout cela principalement aux frais de la fédération.

Il n’y a pas franchement de freins par rapport au niveau social du joueur.

Maintenant, il est vrai que la fédération ne peut pas tout couvrir, et prendre en charge tous les joueurs.

On s’occupe des meilleurs, donc le problème peut se poser pour les joueurs qui sont dans un entre-deux.

Ceci dit, les ligues et les clubs soutiennent aussi, et des fois même les conseils généraux donnent des petites bourses.

A mon sens, il n’y a pas réellement de freins, si ce n’est si on vient de loin, que l’on n’est pas repéré.

Là, il faut se débrouiller tout seul, et cela peut être plus compliqué.

Aujourd’hui, je connais pas mal de joueurs qui ont des aides y compris de membres de leurs clubs, des chefs d’entreprises qui ont envie d’investir sur un jeune…

Sur le plan moral, il faut aussi un environnement très équilibré, et qui aide le joueur à aller vers ses objectifs.

Avant d’intégrer un pôle Espoir, que doit réaliser seul un très jeune golfeur ?

Les premiers rentrent à 13 ans.

Avant cela, ce sont des joueurs qui sont repérés dans leurs équipes de ligues, qui jouent dans leurs équipes de clubs.

Il y a pas mal de compétitions internationales pour les moins de 14 ans. Les clubs actifs incitent à ces programmes de formations par le jeu.

Avant de rentrer dans un pôle, il faut surtout valider toutes les aptitudes et habilités physiques à développer.

C’est pourquoi, j’encourage les jeunes à pratiquer plusieurs sports différents.

Un jeune comme Jordan Spieth a pratiqué trois sports différents tout au long de sa formation.

Cela lui a donné beaucoup de qualité, beaucoup de coordination, de relation à la cible, de feeling, de motricité fine, et de puissance pure…

Les sports collectifs sont excellents.

Le tennis est excellent de par les déplacements, la relation à la cible, la balle…Tous les sports à connotations énergétiques avec beaucoup de variations d’intensités sont excellents. Le ski est excellent…Beaucoup de sport peuvent être intéressants.

Les sports d’endurances sont intéressants pour le foncier et le niveau physique général, et moins pour la motricité fine et la création de vitesse. Ce ne sont pas les sports que je préconiserais le plus en complément du golf.

Je privilégie vraiment tous les sports où il y a de la création de vitesse, des variations d’appuis, du lancer de balle, du lancer d’objet, etc.

L’avis d’un papa qui parcoure plusieurs milliers de kilomètres par an pour soutenir son enfant dans sa démarche de jouer amateur

Pascal Bardou, anciennement directeur du Golf Parc Hersant pendant plusieurs années, est un professionnel dont personne ne peut douter de l’expérience, et de la vision sur l’évolution du golf depuis plus de trente ans.

Il se trouve qu’il est aussi le papa d’un jeune benjamin de 13 ans, qui rêve d’embrasser la carrière de golfeur professionnel.

Comme lui, ils sont des dizaines, peut-être des centaines en France à se rêver un tel destin, conscient que la tâche qui les attend peut se révéler très ardue d’un point de vue sportif, mais peut-être pas conscient de la difficulté financière qui les attend, et c’est bien normal !

Quand on a 13 ans, la notion d’argent et de travail est encore assez subjective.

En tant que parents, nous avons le désir le plus profond de donner les meilleures chances à nos enfants pour qu’ils accomplissent leurs rêves.

Et c’est sans doute ce qui anime ce papa comme les autres a donné toutes les chances à son fils, de plus encouragé par ses excellents résultats au niveau ligue, et grands prix.

Les clichés véhiculent l’image du golf comme un sport de riche. Et qui dit sport de riche, dit forcément parents riches. C’est bien sûr très loin de la réalité que nous connaissons.

Depuis 2012, je suis régulièrement contacté par des parents qui font la promotion de leurs enfants.

A chaque fois, je constate le même point commun, le même rêve de ces parents au courage sans égal, qui sont prêts à sacrifier beaucoup, pas parce qu’ils s’imaginent devenir agent du prochain Tiger Woods, mais parce qu’ils voient quelque chose dans les yeux de leurs enfants qui font que du matin au soir, quelles que puissent être les difficultés, ils feront tout et plus encore, pour les surmonter.

Parents riches certainement pas sinon, ils ne « s’embêteraient » pas à chercher des financements, du matériel, et des solutions parfois alambiquées pour que les enfants jouent dans les meilleures conditions.

Premier argument mis en avant : les déplacements !

La première chose que l’on dit à un enfant qui rêve d’intégrer un pôle espoir est « Joue des compétitions fédérales ».

Ces compétitions ont lieu sur tout le territoire national.

Début juin, Pascal Bardou a emmené son garçon à plusieurs centaines de kilomètres de chez lui, payé l’essence, le péage, et l’hébergement classique d’un week-end de compétition comme il peut y en avoir beaucoup dans l’année.

Pour un week-end de ce type, et sans faire d’excès, Pascal Bardou avance la somme de 500 euros de budget.

Budget qui doit aussi englober les droits de compétitions qui se montent souvent à une vingtaine d’euros.

A priori, pas de quoi monter dans les tours ! Sauf qu’à force d’empiler des vingt euros par vingt euros, vous arrivez bel et bien à des budgets de 500 euros le week-end.

Et si vous faites dix week-ends de compétition type grand prix, compétitions fédérales ou compétitions de ligues dans l’année, vous êtes vite arrivé à 5000 euros par an.

Or, à ce budget, je peux vous affirmer que j’ai des exemples de parents qui ont jeté l’éponge.

Pascal Bardou nous fournit ci-dessous le détail de deux compétitions avec un accompagnateur

Exemples de frais pour disputer des Grand-Prix

Pour le Grand Prix Jeunes d’Aubazine sur trois jours, il a réalisé un déplacement de 608 km aller-retour, soit 6 heures de routes pour un cumul essence et péage de 108 €. Pour le logement, en vue de réduire les frais, camping dans un mobile-home pour un budget de 106 €.

Sur place, les frais d’inscriptions et balles de practice, comptez 30 euros.

Enfin, pour les repas, 60 € pour couvrir petit-déjeuner, repas du midi et dîner pour un budget total de 304 €.

Autre exemple, pour le Grand Prix de Perigueux, un déplacement de 430 km, le budget s’est monté à 416 €.

Au travers, ces deux exemples, on comprend bien qu’un budget de 300 à 500 euros est un minimum pour disputer ce type d’épreuves.

Ceci étant, golf, équitation, tennis, dans le même cas de figure, c’est bien des frais de déplacements, d’hébergements et de repas qui sont les plus coûteux.

Toujours selon le témoignage de notre « papa », un jeune doit faire en plus de la filière nationale, un championnat départemental, un inter-départemental, des épreuves régionales, des inter-régionales, et le championnat de France quand il est qualifié, soit un total d’au moins dix grand prix par an.

Les dix épreuves n’étant pas regroupées géographiquement, il traverse la France en long et en large pour un budget minimum avoisinant les 5,000 à 6,000 euros hors équipement, et autres besoins indispensables.

Et dans les besoins, en plus des coûts de fonctionnements, vous rajoutez les leçons avec le pro, l’ostéopathe ou kiné, ce qui est « obligatoire » pour la santé du jeune, 4 à 5 douzaine de balles, 6 paires de gants minimum, 2 paires de chaussures…soit au bas mot, un budget annuel de 8,000 euros.

Faire le choix des jeunes ?

La crise que nous traversons et que nous vivons toujours est un grand facteur d’explications du fait que beaucoup de parents toussent au regard du budget nécessaire pour financer une saison amateur d’un junior, et dans le lot, ils sont nombreux à jeter l’éponge.

Je pense au petit Rémi Simtaine, un golfeur passionné qui a renoncé à jouer au golf pour se mettre au rugby, un sport beaucoup moins coûteux, et aussi moins sa passion d’origine.

C’est un cas. Il en y a beaucoup d’autres.

Au-delà de ceux qui rêvent de devenir professionnel, c’est aussi une partie de la jeunesse qui finit par se détourner du golf, et donc à limiter le potentiel futur des licenciés.

Pour aller toujours plus loin sur ce sujet, il n’y a pas que les frais de déplacements qui grèvent le budget des parents.

Contrairement à ce qui est expliqué, la fédération, les ligues et les mécènes se font très rares pour financer les très jeunes joueurs.

En réalité, pour son fils, Pascal Bardou comme 95% des autres parents ne reçoit aucune aide, et doit payer pour les balles de practice ainsi que la cotisation annuelle dans son club.

Pas de cadeau nulle part, et c’est peut-être, et même certainement, une erreur de stratégie de notre filière que de ne pas mieux aider une petite partie de l'avenir, les jeunes passionnés.

Jeunes passionnés qui dans dix ans ne deviendront pas tous des joueurs d’élites, mais une majorité pourrait déjà composer la locomotive des golfeurs de clubs qui manquent, la génération des 20-40 ans.

Aujourd’hui, nous parlons peut-être d’une centaine de jeunes sur quatre cent mille licenciés.

En tant que filière, il faudrait peut-être investir sur les jeunes pour en faire les futurs consommateurs leaders.

En attendant cette perspective, au quotidien, les parents de jeunes golfeurs cherchent par maintes manières comment financer un bout de la saison par des aides extérieures.

Est-ce que les meilleurs jeunes golfeurs réussissent comme semble le penser Renaud Gris ?

C’est possible, mais pour le papa cité dans cet article, ce sont surtout les enfants des parents fortunés qui réussissent.

Autour de lui, et sans citer de nom, ils voient passer des jeunes en pôle qui n’ont pas le niveau d’autres enfants moins fortunés.

Quand on est partie prenante, on n’est pas toujours objectif, mais réalistement, comment ne pas se poser légitimement la question quand une saison pour un jeune coûte plus de 5000 euros par an ?

Le championnat de France des jeunes a eu lieu cette année au golf de Bondues. Pour nos amis du nord de la France, ce sera un rendez-vous exceptionnel.

Pour les parents originaires de Biarritz, la note de déplacement s’annonce salée, et j’ai bien peur de ne pas avoir de solution miracle à proposer.

Simplement, le fait de relayer l’exaspération de parents qui dépensent beaucoup, n’ont pas le sentiment d’être entendu dans les ligues, et à la fédération, ce qui est de ce point de vue dommage, car ils sont les moteurs de notre économie.

Entre la vision de Monsieur Gris, et la vision de Monsieur Bardou, je vous laisserai vous faire votre opinion.

Plutôt que de s’offusquer du fait que les pros français ne gagnent pas assez sur le tour professionnel, ou le fait d’organiser la Ryder Cup, nous devrions revenir à plus de pragmatisme sur ce qui fait réellement le développement de la pratique du golf en France...

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