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L'organisation des JO de golf au Brésil en danger

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Alors que le golf s'apprête à faire son grand retour dans le cercle des sports olympiques lors des prochains jeux de Rio en 2016, une procédure juridique vient remettre en cause la construction du nouveau parcours prévu pour servir de théâtre aux meilleurs golfeurs et golfeuses du monde.

En plein débat sur le barrage de Sivens en France, découvrez comment à des milliers de kilomètres du Tarn, se retrouvent les mêmes oppositions entre nécessité de développement, et nécessite de préservation de l'environnement.
 
Le golf a beau être un sport de plein air, et même un sport qui se pratique dans un milieu naturel, ce n'est pas pour autant que l'activité jouit d'une bonne image dans l'opinion publique en termes d'écologie, et de préservation de la faune, et la flore.
 
En France, comme au Brésil, la construction de nouveaux terrains de golf est soumise à des procédures très strictes, et la gestion de l'eau fait partie des thématiques les plus surveillés, d'autant que c'est justement dans ce domaine que l'activité est la plus souvent décriée, et souvent à tort, comme a tenté de le démontrer a plusieurs reprises la fédération française de golf, et sous différents gouvernements.
 
Pour l'Olympic Golf Course de Rio, ce n'est pas l'eau qui fait débat mais le tracé même du parcours retenu pour l'organisation du plus grand événement possible pour le monde de la petite balle blanche avec la Ryder Cup, une compétition elle-aussi centenaire qui a certainement vu le jour du fait de la disparition du golf aux JO. 

Tout comme le barrage de Sivens qui agite l'actualité française, on retrouve la même problématique à Rio 

Sauf que dans ce cas, il ne s'agit pas d'un projet vital pour amener de l'eau à des agriculteurs dont le métier est de nous nourrir, mais de permettre la tenue d'une compétition sportive qui va être regardée dans le monde entier, et qui va participer au développement économique du pays hôte, et au développement économique de la filière golf par rapport à toutes les vocations que la médiatisation pourrait apporter.
 
Ce n'est donc pas vital, mais fortement générateur de valeur ajoutée directe  et indirecte. 
 
Autrement dit, il y a nécessité, ne serait-ce que pour parler de création d'emplois à une époque où l'Europe connaît un chômage de masse ou que le Brésil souffre d'une fracture sociale de plus en plus forte, syndrome fortement exprimé lors de la dernière coupe du monde de Football.
 
Evénement qui aurait du constituer la plus belle fête populaire d'un pays féru de ce sport, et qui au contraire a été le réceptacle de revendications d'une population qui s'estime laissée pour compte du développement économique.
 
A moins de deux ans des JO, la population ne s'est pas encore manifestée de manière hostile aux JO, surtout en pleine phase de réélection de la présidente Dilma Roussef, un choix qui semble être marqué par le dépit plutôt que par un fort enthousiasme, dans un contexte où l'économie brésilienne qui aurait pourtant pu sembler florissante, subit en fait un ralentissement de son activité économique, contrecoup de la crise en Europe, et la faiblesse des voisins sud-américains, en particulier l'Argentine qui ne s'est jamais vraiment remise de sa crise de solvabilité.
 
Septième puissance mondiale pour son PIB, le Brésil n'a pas tiré profit de l'organisation de la dernière coupe du monde de football et au contraire, son économie a ralentit de 2% à 1,6%, un score trop bas pour un pays émergent, et qui ne suffit pas à atténuer les déséquilibres sociaux d'un pays où l'inflation ne cesse de croître (+6%).
 
Dans ce contexte, ce sont surtout les investissements qui sont en berne et à un niveau préoccupant pour tirer l'économie, ce qui explique pourquoi le projet olympique est vécu comme une seconde chance de remettre le pays sur les rails. 

Une procédure judiciaire difficile à arbitrer 

A l'image de procédure judiciaire qui ont lieu tous les jours dans les tribunaux sur des projets immobiliers qui opposent promoteurs et riverains ou associations, le parcours de Rio est dans l'attente d'une médiation entre d'une part la ville de Rio et le promoteur du parcours, et d'autre part, les associations de protection de l'environnement sur le sujet d'un changement de dessin de plusieurs trous.
 
Le coeur du litige est en fait la préservation d'une zone jugée fragile par les écologistes et qui serait mise à mal par l'élaboration des trous 12, 14 et 15. 
 
Ces derniers demandent purement et simplement que ces trous ne soient pas construits dans la zone initialement prévue, mais déplacés. Le problème est que bien qu'un parcours de golf soit assez vaste, chaque parcelle de terrain est étudiée pour que justement, il y ait peu d'espaces de perdus, et en l'occurence, les architectes n'ont pas vraiment prévu de plan bis, surtout dans le cadre d'un parcours aussi proche de la ville, ce qui laisse encore moins d'options.
  
Bien que la situation semble inextricable tant les arguments de chacun sont censés, le juge en charge du dossier a formalisé un ultimatum de 5 jours pour forcer un accord entre les deux parties, et notamment contraindre le promoteur du parcours a revoir ses plans.
 
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Cet ultimatum a autant pour objectif de mettre la pression sur l'organisateur que de préserver les chances d'organisation des jeux en temps et en heures, car ce conflit dure depuis plusieurs mois, et met réellement en péril la date de fin de chantier.
Le juge veut ainsi forcer l'accord pour déplacer les 3 trous et préserver un corridor de protection pour la vie sauvage établie dans cette zone, à l'origine une réserve naturelle.
 
Cette procédure met en lumière le fait que plusieurs règles environnementales n'ont pas été respectées par la ville de Rio, qui souhaite faire du golf, un des moments clés des prochains JO d'été.
 
En fixant un délai maximum pour arriver à un deal consensuel, le juge Klausner ne souhaite pas donner plus de temps à des négociations qui ont déjà trop duré. Rappelons que pour le barrage de Sivens, ce dernier a été mis en projet à la fin des années 90, et qu'il existe sur ce point une grande différence de délai de procédure entre la France et le Brésil sur des ouvrages aussi importants.
 
En admettant qu'un barrage est une construction plus complexe, les brésiliens ont au moins la sagesse de déterminer des limites raisonnables pour le débat.
 
A l'inverse, si le projet français a obtenu tous les agréments légaux, une chose est certaine, le parcours de Rio a nettement enfreint les lois, et s'est monté de manière illégale sur une réserve naturelle.
 
Si en France, le barrage du Tarn suscite des réactions violentes de la part d'écologistes et d'alter-mondialistes, les associations brésiliennes défendent des positions moins radicales dans des conditions qui leurs sont d'un point de vue légal plus favorables.
 
En substance, elles ne s'opposent pas au principe d'existence du parcours, mais exigent à minima, un changement du dessin.
Du point de vue des promoteurs, ces changement sont impossibles à réaliser, d'où la procédure judiciaire qui peut au terme de l'ultimatum décidé par le juge, décider de l'arrêt total des travaux sur le parcours.
 
Souvenez-vous des conditions dantesques dans lesquelles les stades de la coupe du monde de football ont à peine été terminés en juillet 2014.
 
A ce stade du chantier, la position des promoteurs semble difficilement tenable, surtout du fait que la majeure partie de la construction est en fait illégale.  

Les raisons du blocage

Le blocage pourrait tenir dans le fait qu'en plus du parcours, un projet immobilier d'envergure est planifié à proximité du parcours, et c'est ce projet qui est en fait la partie la plus lucrative ou rentable de l'ensemble.
 
En tant que tel, un parcours de golf n'est pas à lui seul générateur de revenus suffisant pour équilibrer les travaux engagés. Or le changement des plans toucherait directement ce second projet, et donc l'équilibre financier de tout l'édifice.
 
De la même manière qu'en France, les politiques ont été saisis du dossier, et le maire de Rio, Eduado Paes s'est publiquement prononcé contre tout changement de dessin sur le parcours dessiné par l'architecte américain Gil Hanse, et déjà achevé à auteur de 60%.
 
Rio comme la plupart des mégalopoles brésiliennes souffre de surpopulation et de manque de logements.
 
Les favelas étant en train de passer de mode au Brésil avec l'émergence d'une classe moyenne de plus en plus nombreuse, le Maire se sait attendu au tournant sur cet épineux dossier, où finalement l'écologie est trop considérée comme une variable d'ajustement.
 
Dans ce dossier, finalement la position la plus raisonnable est celle défendue par la justice qui une fois saisie se fait forte de fixer un délai court pour arriver à un accord négocié sous peine de prendre ses responsabilités, autant pour protéger l'environnement que pour ne pas rater l'enjeu du retour du golf aux JO.
 
A cette heure, et sans prendre partie (notre métier est d'informer pas de faire de la propagande dans un sens ou un autre, et de vous laisser votre libre-arbitre), le moins que l'on puisse affirmer, c'est que la tenue des JO à Rio, 112 ans après la dernière épreuve olympique de golf, est pour le moins menacée, et risque d'être un échec dont la filière se passerait bien, à une époque où le golf se cherche un nouveau souffle de croissance et d'attraction vers de nouveaux pratiquants.
 
Le golf aux JO ayant de fortes chances d'être médiatisé sur des chaînes non-payantes et devant des millions de téléspectateurs, l'enjeu est de taille pour la filière, mais quel est le coût environnemental qui est acceptable pour atteindre un tel objectif ? 

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