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Dubuisson finalement forfait pour les JO laisse sa place à Julien Quesne

Dubuisson finalement forfait pour les JO laisse sa place à Julien Quesne

Ce serait très facile de faire un sujet pour vilipender le forfait de Victor Dubuisson pour les Jeux Olympiques de Rio, alors que quelques jours auparavant, devant nous, en conférence de presse, il affirmait qu’il irait défendre les couleurs de son pays. Sauf que son retrait n’est semble-t-il pas motivé par le problème posé par le virus Zika, mais bien pour une évidente méforme golfique. C’est donc grand seigneur qu’il laisse sa place à Julien Quesne…L’occasion de faire le point sur les Jeux, et les adversaires de l’équipe de France.

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Dubuisson…In…Dubuisson…out ? Est-ce vraiment le plus important ?

La décision de Victor Dubuisson peut surprendre, car leader naturel du golf tricolore, il était légitime comme porte-drapeau de notre sport à Rio.

Surprendre aussi car sa décision de sortir des Jeux n’a été révélée qu’au moment de la liste officielle des qualifiés diffusés lundi 11 juillet, soit au tout dernier moment.

Cependant, ce n’est pas une réelle surprise quand on connaît le personnage qui s’évertue à ne jamais être là où on l’attend. En ce sens, ce n’est plus une surprise quand vous ne faites jamais comme les autres.

Réalistement, Dubuisson exprime un choix logique, et même altruiste en se désistant en faveur d’un golfeur au moins plus en forme que lui sur ces dernières semaines.

Avant l’Open de France, Dubuisson estimait peut-être pouvoir encore se rattraper, et sortir de la cote d’alerte, qui le voit même en danger pour la Ryder Cup 2018.

Après l’Open de France, la déception de sa contre-performance lui a sans doute montré que le chemin vers un retour au premier plan allait être plus long que prévu.

Pour cette saison, sur seulement dix tournois disputés, mis à part la quatrième place au Nedbank Golf Challenge en décembre 2015, Victor n’a pas signé la moindre performance notable.

Aucun top-10, aucun top-20, aucun top-30 !

Oui Dubuisson est hors de forme golfique depuis plusieurs mois.

Oui, il s’est entouré d’un préparateur physique pour affiner sa silhouette et retrouver un semblant de condition physique, mais de son propre aveu, la tâche est difficile surtout pour lutter contre son addiction à la nourriture.

Ceci étant, il est le premier à ne pas être extrêmement inquiet par son niveau actuel. En conférence de presse, il admettait ne pas dramatiser sur une éventuelle mauvaise saison, considérant qu’il en a encore pleins d’autres à jouer derrière.

Argument imparable…mais qui dénote un formidable manque d’ambition d’un sportif de haut niveau face à des enjeux majeurs.

Sans être pessimiste, une carrière de golfeur peut paraître longue, mais des opportunités réelles de gagner des grands tournois ne sont pas si légions.

Demandez à Raphael Jacquelin, un temps le meilleur golfeur français qu’elle pourrait être son envie de participer à un majeur ? Seulement participer alors que lui aussi a été un des meilleurs français, et pas si longtemps en arrière.

Tant pis pour Dubuisson qui a le grand mérite de laisser sa place à un golfeur qui a envie, et qui semble à l’instant T, plus en mesure de faire une performance à Rio.

Et c’est ce qui compte le plus : l’intérêt du pays représenté !

Pour Victor, attention de ne pas trop laisser passer d’occasions, sinon, à force, c’est tout le train qui va passer.

(Lire : l’interview exclusif de Julien Quesne au sujet des jeux…)

Les jeux sans Dubuisson et d’autre seront-ils pour autant moins intéressants ?

Bubba Watson, Rickie Fowler, Danny Willet, Justin Rose, Patrick Reed, Matt Kuchar, Martin Kaymer, Sergio Garcia, Francesco Molinari, Padraig Harrington, et Thongchai Jaidee seront les principales têtes d’affiches étrangères des jeux de Rio, avant de parler de Gregory Bourdy et Julien Quesne, les représentants de l’équipe de France.

Un plateau qui aura fière allure ! Certains tournois de golf qui se disputent tous les ans n’ont pas nécessairement la même qualité, et la même diversité de talents réunis.

Ils seront donc 60 au départ du tournoi masculin et le même nombre pour le tournoi féminin.

En dehors des américains en nombre (Watson, Fowler, Reed, Kuchar) qui sont les plus représentés avec quatre golfeurs (on se demande bien pour quel motif…), l’équipe de Belgique paraît la plus redoutable avec Nicolas Colsaerts et Thomas Pieters, le duo a de quoi faire partie des favoris.

Dans les pays traditionnels du golf, l’Afrique du Sud pourra compter sur un Jaco Van Zyl ultra-motivé qui a même annoncé faire l’impasse sur les deux derniers majeurs de la saison pour se concentrer principalement sur l’objectif des jeux, une belle preuve d’esprit olympique.

Sur sa route jusqu’au podium, il trouvera la redoutable équipe espagnole composée de Sergio Garcia, et Rafa Cabrera-Bello qui avec les USA, et l’Angleterre de Justin Rose, et Danny Willett présente une des meilleures formations possibles.

En revanche, McIlroy et McDowell tous deux forfaits ont définitivement plombés les chances de l’Irlande du Nord qui n’avait pas d’autres golfeurs éligibles à présenter !

A l’inverse, la France qui compte plusieurs golfeurs dans le top-200 mondial pouvait faire sans Dubuisson et Levy, sans pour autant être éliminée.

Si le plateau ne représente pas exactement les 60 meilleurs du monde, il a le mérite de présenter de très beaux champions potentiels, et de faire la part à des pays moins « traditionnels » comme notamment le pays hôte, à savoir le Brésil qui présentera au moins un représentant.

De l’Amérique du Sud à l’Asie, en passant bien entendu par l’Europe, le golf pourra toucher des pays très développés au sujet du golf comme l’Angleterre, l’Afrique du Sud, les Etats-Unis, ou le Japon, mais aussi des pays où le golf a encore tout à faire comme la France, la Colombie, le Portugal, le Chili, l’Argentine, la Chine ou l’Italie.

Bien que nous golfeurs connaissions Francesco Molinari, pas sûr que les italiens le connaissent autant que Gigi Buffon.

Si par bonheur, la médaille d’or pouvait revenir à un golfeur d’un pays en développement d’un point de vue du golf, cela pourrait créer un engouement magnifique, au moins dans le pays concerné.

Un lien à recréer entre golfeurs et jeux olympiques après cent ans de séparation

Il ne se passe pas une semaine sans que l’on apprenne le désistement d’untel ou d’untel pour les jeux !

Le dernier en date, Jordan Spieth a lui aussi attendu le dernier moment pour se retirer, et c’est une surprise pour personne.

Spieth, mais aussi Jason Day, Rory McIlroy ou encore Dustin Johnson, les jeux seront privés des quatre meilleurs joueurs du monde, qui plus ou moins, ont mis en avant l’argument du virus zika.

McIlroy, présent à Paris, n’a pas démontré une passion réelle pour les jeux, préférant se concentrer sur les majeurs.

Quelque part, c’est le résultat de l’éducation de plusieurs générations de golfeurs qui se sont construits sans les jeux !

N’étant pas un sport olympique depuis un siècle, le golf a passé sa vie à côté de l’olympisme sans jamais être invité à y participer. Pas étonnant que pour des jeunes golfeurs de 20 à 25 ans, ils n’aient pas développé de goût pour ce type d’épreuve.

Et contrairement à ce que pourraient avancer certains mauvais esprits, je ne crois pas que ce soit seulement pour une question liée à l’argent.

Je crois McIlroy sincère quand il affirme disputer chaque année quatre tournois olympiques avec les majeurs. Ajoutant qu’il marquera plus l’histoire de son sport dans ce type de rendez-vous plutôt que par rapport aux jeux.

Le golf doit encore faire beaucoup pour séduire le CIO, mais ce serait réducteur et une terrible erreur de jugement que de ne pas penser que l’inverse est aussi vrai.

Il faut désormais rattraper le temps perdu. L’Olympisme a aussi beaucoup de travail (en particulier le temps) pour créer une nouvelle attente de la part des générations futures.

Après Rio, et le premier golfeur médaillé olympique depuis un siècle, un jeune garçon ou une jeune fille regardera cet événement avec les yeux pleins de lumières, voulant imiter son idole, comme McIlroy cherche aujourd’hui à marcher dans les pas de Tiger Woods, son modèle.

Il faudra quelques champions olympiques pour que les jeunes golfeurs de demain considèrent une participation aux JO comme un rendez-vous incontournable dans une vie.

D’autre part, le fait qu’autant de golfeurs se soient désistés démontrent aussi que les golfeurs ne sortent pas assez de « leur sport » pour aller voir ailleurs d’autres activités.

En contre-exemple, Julien Quesne nous a témoigné de sa très grande envie de faires les jeux, car il a quelques souvenirs qui l’ont marqué. Des performances réalisées forcément dans d’autres sports, et qui ont forgé son esprit sportif.

Tous les désistements viennent probablement de golfeurs qui n’ont jamais pensé que golfs, et qui n’ont que des références d’exploits golfiques en mémoires. Attention à ne pas trop fonctionner en vase clos…

A-t-on choisi la bonne formule pour les JO ?

Curieusement, la question peut se poser. Compte tenu du format particulier des jeux, était-il pertinent de favoriser une compétition avec sélection nationale, mais toutefois sous un format individuel ?

A l’occasion de l’Open de France, pour avoir recueilli les propos des joueurs, ces derniers émettaient des réserves, considérant que justement il aurait été plus palpitant de choisir une formule de jeu en équipe ou au moins un système plus lisible comme le match-play, surtout pour le grand public qui peut trouver les règles de golf trop complexes.

Un match ! Cela a le mérite d’être facile à suivre et à comprendre !

D’autre part, un match par équipe aurait pu favoriser l’esprit olympique des golfeurs engagés. Ces derniers auraient réellement eu le sentiment de défendre un drapeau.

Effectivement, sur le podium, c’est l’hymne national qui retentit en même temps que l’on hisse le drapeau respectif des médaillés.

Certes, en athlétisme, vous avez des individualités, mais le tennis présente bien un tournoi de double !

Pour ce type d’événement qui doit ouvrir le golf a un plus grand nombre de spectateurs, et peut-être de futurs pratiquants, d’autres choix auraient pu être plus lisibles…

La présence du golf comme sport Olympique est-elle menacée ?

Dans l’absolu, il est encore trop tôt pour considérer que la présence du golf pour les prochaines olympiades puisse être remise en cause. Cependant, le risque existe.

La situation créée par les abstentionnistes a créé un certain émoi chez des membres du CIO.

Pour Barry Maister, membre du CIO, médaillé olympique en 76 avec l’équipe de Nouvelle-2élande de hockey « Si le golf n’est pas capable d’amener les meilleurs joueurs du monde aux Jeux, il n’a pas sa place aux jeux ! »

Le jugement est un peu sévère dans la mesure où il y a certes des absents dont on parle beaucoup, mais la liste des présents n’est pas non plus ridicule.

D’autres parts, il oublie le réel problème posé par l’implantation du parcours dans une zone à moustiques (d’où le problème Zika), et le fait que d’autres sports ne font pas systématiquement la promotion du professionnalisme.

D’ailleurs, si les valeurs de l’olympisme sont si pures, pourquoi ne pas avoir plébiscité les amateurs ?

Le golf amateur présente des golfeurs d’un très haut niveau comme c’était encore le cas récemment avec Jon Rahm, Bryson Dechambeau ou Romain Langasque.

Le football, discipline dont la présence aux Jeux n’a jamais été remise en question n’emmène que trois professionnels dans une liste de 22 appelés par pays.

Il serait incompréhensible de la part du CIO qu’après seulement une épreuve olympique, le golf ressorte des jeux, surtout en considérant la réalité du problème Zika.

Certes les golfeurs ne sont pas exempts de reproches, mais il apparaît que le chemin sera encore long pour rapprocher golf et olympisme, les deux partis devant faire des efforts.

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