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Défections des golfeurs pour les JO de Rio 2016 : une honte ?

Si Tiger Woods devrait logiquement être absent des Jeux Olympiques de Rio, l'absence de Singh parait moins justifiée...

Quelques semaines après l’Euro de Football, et le tour de France cycliste, les JO seront le grand rendez-vous de l’été 2016, et pour un sport en particulier, ce devrait être un moment historique : le golf ! Plus d’un siècle après avoir perdu son statut de sport olympique, le golf va faire son grand retour, et pourtant, parmi les premiers concernés, l’élite du golf professionnel commence à faire défection.

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Les raisons de ces défections, les causes cachées et le risque d’image négative pour notre sport…

Le retour du golf aux JO : un moment attendu diversement

Sport olympique en 1900 et 1904, le golf a été le grand absent de la grande fête du sport pendant plus d’un siècle, seulement réintégré en 2009, en prévision des Jeux de Rio 2016.

Cette situation de mise à l’écart a sans aucun doute grandement pénalisé le développement du golf dans le monde, et participé à marginaliser cette activité physique, la ranger au rang de loisirs plus que de véritable sport.

Ballesteros, Nicklaus, Palmer, Faldo, Player, Palmer, Olazabal, Norman, et toutes les légendes de notre sport auraient sans doute pu se « damner » pour avoir ne serait-ce qu’une petite chance de représenter leur pays et leur sport au cours de l’événement sportif le plus médiatisé au monde.

La génération actuelle, incarnée par Adam Scott, Vijay Singh ou encore Louis Oosthuizen, des golfeurs parmi les meilleurs du monde, et numéro un dans leurs pays (Australie, Fidji et Afrique du Sud), en position d’être éligible à une qualification, a pourtant l’intention de renoncer.

Est-ce une honte ? Peut-être pas, mais une insulte à l’histoire, sans aucun doute !

Chaque année, notre sport décerne quatre lauréats en majeur. Qui se souvient du vainqueur du British Open 2012 ? Qui se souviendra du vainqueur du PGA Championship 2016 ?

Surtout qui ne se souviendra pas de la première médaille d’or aux Jeux Olympiques de Rio dans la discipline sportive golf ?

Plus que tout autre événement, les JO vont servir au développement de l’image du golf dans le monde.

Pour l’Australie, Fidji ou l’Afrique du Sud, les absences des joueurs cités plus haut est tout à fait regrettable.

Pour l’ensemble de la planète golf, c’est aussi regrettable, car, c’est un mauvais message qui va être envoyé.

A tel point que le 21 avril 2016, la fédération International de golf s’est sentie, par l’intermédiaire de son président, Peter Dawson, dans l’obligation d’émettre un communiqué pour regretter cette suite de renonciation qui en appelle peut-être d’autres.

« L’IGF comprend que les golfeurs professionnels soient confrontés à des défis d’organisations et de calendrier cet été, et regrette que quelques-uns des meilleurs golfeurs déclarent forfait pour les jeux. »

Une déclaration qui manque de poids et surtout d’autorité, démontrant une nouvelle fois, une forme d’impuissance des institutions à fixer un cadre, et le faire respecter dans un sport éminemment individuel, et…individualiste.

Peter Dawson se contentant de rappeler « Cette année, l’histoire va s’écrire durant les JO, et nous sommes persuadés que les athlètes vont vivre une expérience unique et dont ils se souviendront toute leur vie. »

Et c’est bien là le sujet ! Jouer au golf en compétition aux JO est assurément un moment pour la vie.

La défection en cascade des golfeurs éligibles est un très mauvais signal envoyé au CIO qui pourrait revenir sur sa décision devant tant de désinvolture.

Un scénario sans doute extrême à cette heure, mais qui a sans doute milité pour que Dawson rappelle l’incroyable opportunité que représente une victoire aux JO.

Le cas Adam Scott

La décision récente de l’australien de zapper les JO n’est en rien une surprise. Il n’a jamais fait mystère de son peu de foi pour cette épreuve.

Adam Scott pas très populaire en Australie !

Une décision qui n’a pas manqué de choquer dans son propre pays.

Ainsi, Dawn Fraser, huit fois médaillés olympiques en natation, dont trois médailles d’or d’affilées au 100 mètres nage libre de 1956, 1960 et 1964 n’a pas manqué de réagir et d’exprimer sa déception par rapport à la décision de son compatriote.

Et ce qui est le plus embarrassant pour toute notre communauté golfique, c’est le message qu’il a adressé à Scott :

« Bien joué Adam ! Tu mets ton pays en difficulté pour tes propres intérêts personnels. Combien d’argent veux-tu gagner dans ta vie ? En tout cas, tu ne démontres pas un grand intérêt pour ton pays. »

Exactement le type de propos qui contribue à desservir notre cause, et celle de ceux qui essaient depuis des années de changer l’image du golf.

Pour cela, honte à Scott !

A ce titre, l’australien a déjà gagné 42.8 millions de dollars en carrière depuis ses débuts sur le PGA Tour selon Forbes. Alors qu’il n’a jamais remporté qu’un seul majeur, et 12 victoires sur le tour, il est déjà le septième golfeur de l’histoire à avoir tant gagné d’argent.

La réaction de Fraser ne va pas manquer de faire des émules, d’autant que Scott est en réalité indéfendable.

Le numéro 7 mondial argumente d’un calendrier beaucoup trop chargé, et des engagements personnels et professionnels non compatibles.

Et là, imparable, Fraser surenchérit « J’imagine que d’avoir occupé trois boulots pour assurer ma présence aux JO comme nageur olympique a renforcé ce que j’appelle mon esprit sportif.»

Poursuivant « Bien joué Adam, j’espère que tu vas apprécier ton sport et ton argent. Pour ma part, j’essaie toujours de survivre à 78 ans, mais je suis fier d’être australien. »

Que voulez-vous répondre à cela ?

Et quelle image du golf, et des golfeurs jugés individualistes, intéressés et n’incarnant pas des valeurs d’éthiques sportives !

Les raisons de Louis Oosthuizen sont comparables à celles de Scott, à savoir flou sur les réelles raisons de cette démotivation.

En revanche, le cas Singh est révélateur d’un autre problème pour l’instant passé sous silence par les organisateurs des jeux.

Et si la peur du virus Zika était réellement à l’origine du problème ?

Le fidjien a récemment prévenu sa fédération olympique de son forfait pour les jeux qui auront lieu au Brésil du 11 au 14 août.

« Le timing n’est pas bon pour moi, et j’ai besoin de rester concentré sur le PGA Tour. J’aurai aimé joué les jeux, mais le virus Zika et tout ce que cela suppose…Vous savez, cela me gêne. »

C’est sans doute la réponse la plus honnête et la plus problématique pour les organisateurs.

Le virus Zika a fait beaucoup parlé de lui depuis plusieurs mois. A tel point qu’il menace réellement l’organisation sereine des jeux.

Selon les dernières données communiquées par le ministère brésilien de la Santé en février 2016, le pays a enregistré entre octobre et février 462 cas de microcéphalie confirmée, contre une moyenne annuelle de 150, tandis que 3.852 autres cas sont considérés comme suspects.

Le virus est aussi associé au syndrome de Guillain-Barré, maladie neurologique qui peut entrainer une paralysie irréversible ou la mort.

Des informations qui pourraient refroidir les aspirations d’athlètes et pas seulement des golfeurs. La délégation américaine ayant par exemple déconseillé aux sportifs inquiets pour leur santé de se rendre aux jeux.

Si Le président du Comité international olympique Thomas Bach s'est dit confiant. « Nous saluons la décision de l'OMS, car elle va permettre d'accroître encore plus l'attention (sur ce virus) et de fournir davantage de ressources pour le combattre. Nous sommes en relations étroites avec l'OMS, nous sommes en contact avec tous les comités olympiques nationaux qui sont de leur côté en contact avec les autorités sanitaires de leur pays. Aucune interdiction de voyager n'a été lancée, il faut aussi voir que les JO auront lieu en hiver (au Brésil), ce qui n'est pas la période privilégiée de reproduction pour les moustiques ». Il ne peut pas minimiser le problème pour autant.

Pour les iles Fidji, le forfait de Singh, signe d’emblée la fin des JO.

Si le joueur a fait remarquer que son absence était due à son niveau de jeu du moment, il semble que Zika ait joué un rôle bien plus important qu’il ne le laisse transpirer.

Dans ce cas, d’autres défections sont à prévoir.

Mauvaise nouvelle pour Singh et les autres, le virus Zika pourrait arriver en Europe et aux USA à l’été. Pour les scientifiques, l’expansion de ce type de virus porté par des moustiques devrait encore s’accélérer avec le réchauffement du climat.

Pour son retour aux Jeux, il est certain que le golf aurait préféré un meilleur contexte.

A chaque époque ses défis, il n’est pas certain qu’au début du siècle, la vie ait été plus douce qu’aujourd’hui. Les menaces étaient différentes. Les opportunités aussi !

Espérons que les golfeurs présents à Rio seront en bonne santé, et donneront une bonne image du golf.

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