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Comment les amateurs vont bénéficier de la biomécanique au golf?

Comment les amateurs vont bénéficier de la biomécanique au golf?

Troisième volet de notre entretien avec Jean-Jacques Rivet, qui après nous avoir expliqué ses débuts dans le golf, ce qu’est concrètement la biomécanique, les recherches effectuées auprès des professionnels, nous démontre l’application de tout ce savoir pour les golfeurs amateurs, juniors ou seniors.

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Le besoin d’un protocole pour les golfeurs amateurs

Au début des années 2000, David Leadbetter qui était très satisfait de nos travaux m’a demandé de concevoir un protocole, de le « timer », et le mettre à disposition des amateurs.

C’est vraiment lui qui m’a poussé à proposer une solution pour les golfeurs amateurs. Il m’a fallu un certain temps pour préparer ce protocole.

Quand je travaillais avec les pros, j’avais du temps pour recueillir pleins de paramètres et de données. Ce n’était pas limité dans le temps.

En 2003, j’ai pu conceptualiser les premières clés biomécaniques à l’aide de plaques de forces, d’accéléromètres, et d’analyses cinématiques 3D.

J’ai pu évaluer les systèmes ostéo-musculaires qui pourraient poser des limites dans le swing de golf.

Et à partir de là, concevoir des exercices qui pourraient mettre les joueurs dans les bonnes directions.

Soit la base du concept Biomecaswing !

La biomécanique aide dans beaucoup de sports, et pas seulement le golf. La problématique entre un amateur et un professionnel est assez identique, à savoir la recherche de performance.

Ce qui est important pour moi, c’est surtout que la personne vienne avec une question !

Je suis aussi intéressé par une personne qui a un handicap, qu’une gamin qui a 6 ans et qui est fou de golf, ou que la personne qui a 70 ans qui a envie de se faire plaisir au golf, d’avoir un bon contact, un bon son.

Mais quel que soit la question, notre plaisir, pour moi et mon équipe, c’est de trouver la réponse.

Les rencontres font les opportunités

A cette même époque, j’ai eu l’opportunité de rencontrer Dietmar Hopp, le fondateur de la société SAP, sponsor majeur de beaucoup de sports, qui voulait installer un centre de performance à Terre-Blanche.

Quand il me l’a proposé, j’ai immédiatement accepté.

Nous avons des conditions de travail optimums en plus de bénéficier d’une vision de Monsieur Hopp pour le sport de haut niveau, ce qui dépasse le cadre du golf.

Le resort accueillera notamment l’équipe d’Allemagne avant l’Euro 2016 avec un stade de 5000 places, une piste d’athlétisme, et globalement des structures qui me permettent d’intervenir aussi auprès des joueurs de rugby du Stade Toulousain, du Stade Français ou de Toulon.

Monsieur Hopp a une véritable vision pour placer l’athlète dans les meilleures conditions possibles afin de pouvoir affronter les plus grands défis possibles.

Rien n’est impossible !

Quelle est la question la plus fréquemment posée par un senior ?

La plupart du temps, c’est un problème de longévité dans la performance. Cela peut être une distance qui leur convient et qui lâche…

En fin de compte, c’est le maintien de la performance, et de la répétabilité.

Dans un premier temps, c’est toujours d’obtenir un résultat consistant, pour se faire plaisir, et ne pas se faire mal.

La deuxième chose consiste à voir s’ils sont capables d’optimiser cette performance.

Pour aller chercher de la performance, nous recherchons la « signature » spécifique du joueur.

Chaque personne a une signature qui lui est propre en plus d’avoir une envie de trajectoire propre !

A partir du moment où nous l’avons identifié, nous cherchons à voir si cette signature va permettre à l’impact de générer un vol de balle cohérent avec ce qui est recherché par la personne.

Si une personne n’a pas de problèmes neuro-moteurs ou de maladies, on peut aller dans une direction qui est propre à la personne.

En revanche, si nous avons une personne qui a envie de faire du pull fade, mais que sa signature est tournée vers le push draw, on va essayer de lui montrer pourquoi il sera plus efficace au plus près de sa signature naturelle.

Dans le cas contraire, c’est pour cette raison que nous avons plusieurs salles avec différents ateliers pour travailler par exemple sur l’élasticité musculaire, etc.

En somme, on essaie de montrer à la personne le type de coups qui est le plus adapté à sa signature naturelle.

Le corps a une capacité incroyable.

Il sait s’adapter à une gestuelle.

Si on est capable de lire les directions d’adaptations, c’est bien que la personne en soit consciente, et qu’elle reconsidère ce qu’elle peut faire naturellement.

Au lieu de rentrer dans un processus inverse, de s’enfermer dedans, et alors que sur le parcours, c’est difficile de maintenir la performance dans une organisation corporelle qui n’est pas naturelle ou adaptée à la personne.

Cette approche est très différente de ce qui se fait aux Etats-Unis où on essaie de faire rentrer la personne dans un cadre identique.

En Europe, au contraire, il faut que chaque personne puisse être optimisée, surtout quand on connait la complexité neuro-motrice de chaque individu.

Nous avons tous nos habitudes, nos manières de bouger, de courir, de se soulever, de faire des gestes classiques d’enroulement à notre manière.

Une personne qui vient nous voir, c’est pour savoir ce que son corps est capable de faire.

Quelle est la problématique la plus importante pour un junior ?

La croissance !

On ne peut pas parler ou enseigner un swing d’adulte à un junior.

C’est complètement différent.

C’est encore plus un organe, car celui-ci grandit, se développe avec des pics de croissances, des déséquilibres entre la taille des pieds et des membres inférieurs…

On va voir des grandes jambes, des petits bustes…des tendances vers des scolioses idiopathiques qui vont se recaler pendant la croissance.

Cela m’est déjà arrivé de devoir dire stop à des jeunes joueurs.

Avec l’aide des parents, il faut parfois convaincre un joueur de faire un break avec le golf pour faire de la natation ou d’autres activités, et ce malgré le fait que bien que très jeune, il joue déjà à très haut niveau, pour justement gérer un pic de croissance.

De mon point de vue de physiologiste, il y a des choses qui ne peuvent pas échapper à une logique mécanique et organique.

Quand on regarde le ranking des jeunes amateurs français, on voit bien qu’il y a une très forte progression. C’est bien parce que l’on est vigilant à ces problématiques de croissance au cours de la formation du jeune golfeur.

Encore récemment, j’avais Mike Weir qui me déclarait être stupéfait par le nombre de beaux swings qu’il pouvait voir chez les jeunes français, notamment au niveau de la coordination !

Même David Leadbetter reconnaît que le modèle de formation à la française interpelle beaucoup de nations.

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