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Quelle sera la prochaine révolution dans le domaine des drivers ?

En matière de clubs de golf, le driver reste le club le plus fantasmatique du sac d’un golfeur. Après avoir exploré les matériaux, le déplacement du centre de gravité de la tête, l’allègement de la couronne supérieure, l’ajustabilité du hosel, les formes carrés ou triangulaires, la gestion des flux d’airs, et ce, avec plus ou moins de succès, qu’est-ce qui pourrait être le prochain saut en avant technique ? Une marque travaille actuellement sur un tout nouveau concept jamais vu auparavant…

Une question de poids ?

Si vous prêtez attention aux communiqués des marques concernant les derniers drivers mis sur le marché, vous retrouvez souvent l’affirmation suivante « Avec notre dernière technologie innovante, nous avons économisé du poids pour le déplacer bas et en arrière de la tête afin de générer un certain niveau de variation pour plus de distance, et de tolérance… »

Les technologies diffèrent par leurs noms et par leurs concepts, mais l’idée pivot reste bien toujours la même, réduire le spin, augmenter la vitesse de balle à l’impact, et donc la distance en particulier sur les coups décentrés.

Jusque-là, rien de bien nouveau…surtout que la plupart du temps toutes ces innovations n’ont qu’un seul but, réduire le poids total de la tête, et le déplacer.

Il ne s’agit pas de minimiser ce travail des marques. En réalité, manipuler les masses est l’essentiel du travail de conception d’un club de golf.

Trouver le bon équilibre entre poids de la tête, et poids du shaft est une des composantes clés d’un bon fitting, sachant qu’à ces paramètres s’ajoutent le propre poids de chaque joueur, et sa capacité à mettre du poids dans la balle selon sa propre vitesse de swing.

Il n’est donc pas étonnant que les marques parlent en permanence…de poids.

Surtout que si vous considérez qu’un club de golf, et en particulier un driver obéit à des contraintes géométriques très particulières.

La tête d’un driver mesure le plus souvent entre 440 centimètres cubes jusqu’à un maximum de 460. Admettez que l’écart est ténu, et relativement contraignant.

Du coup, le poids statique d’une tête ne peut pas franchement excéder les 205 grammes. Plus lourd, et la tête entrave le swing. Plus léger, et vous n’avez plus réellement assez de mouvement d’inertie.

En gros, à plus ou moins dix grammes, le poids d’une tête de driver ne peut pas réellement varier.

Alors pour justement économiser ou déplacer du poids, les marques font preuves d’une très grande ingéniosité, tout en tenant compte de ces contraintes.

Le plus souvent, les ingénieurs ciblent la couronne, cette partie supérieure de la tête qui peut être allégée tout en renforçant sa structure sans perdre en cohérence.

Ping parle de Dragonfly avec le driver G. Cobra parle de Cell Technology et dernièrement Callaway a misé sur le carbone Triaxial…

Ceci étant, les marques touchent à la limite du possible, et surtout, ce n’est pas la partie de la tête qui est la plus stratégique.

Quelle est la partie la plus stratégique d’un driver pour faire de la distance ?

Vous connaissez sans doute la réponse, car c’est invariablement la face comme pour n’importe quel autre club du sac !

La face est la partie clé. Celle où tout se concrétise !

Or, modifier le poids d’une face est quelque chose de bien plus compliqué surtout que les législateurs veillent à ce qu’elles respectent un niveau maximum de coefficient de restitution.

Modifier le poids d’une face de driver revient à redistribuer du poids là où il y a le plus de tension (point d’impact), tout en équilibrant cette modification avec une structure suffisamment résistante pour accepter cette tension.

Une marque semble vouloir s’attaquer plus particulièrement à cette équation : PING.

Ping aurait déposé un nouveau brevet assez abscons à première vue, et qui consisterait à diviser la face d’un driver en une multitude de « cellules » en forme de treillis comme un nid d’abeilles qui s’empileraient les unes sur les autres.

Un arbre est constitué de 90% d’air ! Avec ce principe, la face de votre driver pourrait être constituée de la même dose d’air, car entre chaque cellule, le poids pourrait être de zéro.

Ce brevet suggère qu’une grande variété de matériaux pourraient être utilisés de manière indépendante ou interconnectée dans une face de driver multi-couches, et multi-cellulaires.

Les couches les plus solides seraient placées à l’extérieur au plus près de l’impact, tandis que les couches les plus fines pourraient être placées plus à l’intérieur du club, comme une sorte de sandwich…

Au cours de la dernière conférence de presse à laquelle nous avons assisté pour le lancement d’un nouveau produit, le wedge RTX-3 de Cleveland, nous avions interrogé notre interlocuteur pour lui demander pourquoi sa marque présentait selon lui une innovation aussi importante, sous-jacent pourquoi pas avant ?

Sur le moment, il fut désarçonné, mais se reprit et donna une réponse intéressante : A cause des imprimantes 3D !

En réalité, ce qui vient de changer depuis trois à quatre ans dans la conception de clubs de golf, c’est justement l’usage des imprimantes 3D pour gagner du temps entre l’idée, le test de cette idée (le rôle de l’imprimante 3D) et sa réalisation plus rapide, et plus innovante.

Concernant le brevet révolutionnaire sur lequel Ping plancherait, il est tout à fait envisageable que la marque utilise une imprimante 3D pour construire les couches internes de la face !

Clairement, les imprimantes 3D représentent l’avenir de la production de clubs de golf.

Ping travaille déjà à la réalisation de putters avec ce type d’outils. Il ne serait pas étonnant qu’ils expérimentent plus loin cette technologie, et dans diverses applications.

Pour la face d’un driver, il faut considérer que l’idée de Ping pourrait être de produire des cellules de tailles et d’épaisseur variables, ce qui est justement rendu possible par une imprimante 3D.

Restera la question de la fixation des cellules entre elles, ce qui pourrait être fait par un traitement à chaud, de l’adhésif, des clips ou d’autres possibilités encore à définir.

Quel serait le plus grand intérêt de ces cellules en forme de nid d'abeilles?

A l’évidence, économiser du poids sur la face entre 8 à 25% par rapport à une face actuelle.

8%, ce serait déjà significatif alors que 25% est certainement du domaine du rêve d’ingénieur !

Pour la majeure partie des industriels du secteur, et PING en particulier, il s’agit surtout de pousser le centre de gravité d’un driver vers l’arrière, et vers la semelle, bien qu’il faille admettre que ce même centre de gravité doit rester connecté avec un axe relativement neutre.

Autrement dit, les cellules en forme de nid d'abeilles auraient pour objet de favoriser un angle de lancement plus haut avec moins de spin sans perdre en vitesse de balle, ce qui permettrait d’augmenter significativement smash factor et distance.

Le tout sans chercher une forme de tête de driver particulièrement originale comme avec une tête carrée ou triangulaire…

Toutefois, cette technologie pourrait impacter la flexibilité globale de la face.

Toute la difficulté qui reste devant Ping avec cette nouvelle idée consiste à résoudre l’équation pour toujours proposer une vitesse de balle importante depuis une majeure partie de la face, et pas seulement le sweet spot.

Source de cet article : Certification d'un brevet déposé par PING auprès de l'USGA le 15 septembre 2016.

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