Comment la pratique du golf a changé en 20 ans, et vers plus de facilité ?

Si vous jouez au golf depuis quatre ou cinq ans, peut-être, cela ne vous a pas sauté aux yeux, mais la pratique du golf est aujourd’hui par certains aspects plus abordable techniquement parlant, et plus amusante. Si vous étiez déjà golfeur, 20 ans plus tôt, et notamment au moment du boom de la démocratisation du jeu en France, au début des années 2000, vous avez sans doute noté à quel point la pratique du golf en amateur a changé, et peut-être plus vite que d’autres sports comme le tennis, le foot ou le rugby. Le golf : Un sport de plus en plus moderne, et ce n’est qu'un début...

Le golf, c’est toujours un joueur ou une joueuse, une balle, des clubs, et un parcours. Sur ce principe, le golf n’a pas changé.

Avec ses règles nombreuses et parfois complexes pour les non-pratiquants, le golf parait faussement un sport difficilement accessible, et peut-être même pas amusant.

Les idées reçues ont parfois souvent la dent dure, et une certaine durée dans le temps.

Pourtant, entre notre golfeur ou golfeuse, la balle, les clubs, et le parcours, en 20 ans, il y a eu incontestablement beaucoup de changements en faveur d’une pratique plus ludique, et en particulier, pour les amateurs.

Dans beaucoup d’autres sports, la finalité de la pratique est souvent la compétition. On joue au foot avec l’idée de rapidement faire un match. Au tennis, la finalité est très souvent l’opposition, et par essence, la compétition.

A l’opposé, et c’est trop flagrant pour être passé sous silence, le golf est bien plus pratiqué en loisir qu’en compétition par approximativement 80% des 400 000 licenciés de la FFG.

Loisir dans le sens où beaucoup de golfeurs et de golfeuses ambitionnent déjà de jouer sur le parcours, de terminer 18 trous, et de réaliser le meilleur score possible, avant d’imaginer disputer des grands prix, et se confronter à d’autres golfeurs.

Peut-être que cette nature un peu plus loisirs, et par rapport à notre propre culture française de ce jeu anglo-saxon, cette nature plus tournée vers le loisir a favorisé une « culture » d’investissement pour apporter plus de plaisir à travers des évolutions du matériel, des accessoires et des parcours, en fait, tout ce qui compose l’environnement du golfeur ou de la golfeuse en amateur.

Ce n’est pas vraiment un phénomène seulement français dans un sport dominé par les Etats-Unis, et ses 25-30 millions de pratiquants.

Pour expliquer que notre sport a beaucoup évolué, et plus que d’autres depuis 20 ans, il faut prendre en compte deux paramètres clés : L’âge moyen, et le pouvoir d’achat.

Avec une moyenne d’âge de 50 ans, la possibilité de jouer tard dans la vie, le golf n’est pas comparable au tennis, au foot, au judo ou au rugby.

Marcher 6,7,8 kilomètres avec 20 kilos de matériel sur le dos, ce n’est pas non plus le même « sport », et aussi pour cette raison, le matériel a une part importante dans le confort du golfeur/de la golfeuse.

Parce que le golf se pratique plus tard, et poser des contraintes physiques, la technologie des équipements pouvait et devait progresser.

Parce que le pouvoir d’achat moyen est sans doute plus important à 50 ans qu’à 20 ans, les golfeurs et golfeuses représentaient intrinsèquement une population plus encline à investir sur l’amélioration de sa pratique.

Pour ces raisons particulières, on peut imaginer que des entreprises ont détecté plus facilement des opportunités de recherche et développement à amortir sur un marché captif.

En d’autres termes, le marché du golf paraissait sans doute plus « bankable » pour financer de nouvelles technologies.

Pour étayer cet argument, je vais prendre un seul exemple. Il y a près de 10 ans, je participais à une journée presse organisée par Babolat à Roland-Garros pour présenter ses premiers travaux sur la raquette connectée.

Depuis 2015, cette innovation super intéressante sur le papier ne semble pourtant toujours pas avoir trouvé son public, et s’être généralisée, alors que le coût n’est pas ostensiblement inaccessible.

La révolution technologique n’a pas encore prise, car les consommateurs n'en expriment pas encore le besoin. Le joueur de tennis n'y voit peut-être pas encore son intérêt pour l'amélioration de son jeu ?

Dans le domaine du golf, la technologie est partout, de la réservation du green-fee en ligne, aux distances données par un GPS sur la voiturette.

Avant de développer, le golfeur, la balle, et ses clubs, le parcours est déjà un paramètre qui a changé en 20 ans.

Pour beaucoup de parcours de l’hexagone, dont certains sont centenaires, ce n’est pas tant le tracé qui a changé, que les moyens d’entretenir ou d’augmenter les temps d’accès au terrain.

La qualité de l’entretien a globalement progressé, même s’il existe toujours de grandes disparités selon les moyens des clubs.

Les golfeurs ne le voient pas forcément, mais un fabricant de machines comme John Deere a développé en 20 ans de nouvelles tondeuses pour faciliter le travail des équipes terrains.

Une tondeuse, comme la Triplex 2700, permet de réaliser plusieurs opérations simultanées contre une seule avec des tondeuses du début des années 2000.

La seule chose qui ne progresse pas vraiment, c’est que cela reste des machines diesel…

Un des arguments de John Deere : « Notre tondeuse Triplex peut aider un équipier débutant à travailler comme un vétéran des greens ! »

Le résultat est sans doute difficilement perceptible pour tous les pratiquants, mais il ne serait pas juste de parler des bonds en avant technologiques réalisés dans le golf depuis 20 ans, en omettant la question du parcours, et de son entretien.

Comme dit plus haut, attention, certains golfs restent en retrait sur cette question de l'entretien, et se placent ainsi en deuxième division, tout en gardant parfois des politiques de prix élevés.

La question du rapport qualité/entretien sur prix pourrait être encore plus visible, par rapport à des golfs qui au contraire progressent sur cette question.

Plus clairement, oui, les golfs ont progressé de manière générale, mais dans le détail, on peut trouver dans l'hexagone des parcours qui n'ont pas bougé depuis 20 ans. 

L’évolution la plus flagrante dont vous attendiez certainement que je l’évoque, c’est bien entendu le matériel.

Sur les 3 ou 4 dernières années, j’ai ou vous aurez peut-être aussi du mal à considérer qu’un driver, une série de fers, un putter ou des wedges ont franchement changé la donne…

Mais sur 20 ans, oui, le progrès pour plus de facilité est irréfutable.

Les manches en graphite ont considérablement progressé, et pour certains jusqu’à proposer les mêmes propriétés que l’acier stiff !

Par conséquence, les distances ont légèrement augmenté.

En particulier pour les seniors, des nouvelles marques basées sur la légèreté ont apporté un bénéfice de maniabilité.

Les composants ne sont pas seulement plus légers, mais aussi plus résistants, comme l’affirme Mizuno avec son Boron, 30% plus « strong » que l’acier utilisé pour ses fers.

Au niveau du poids global d’un driver, tête, manche et grip inclus, on peut imaginer une baisse d’environ 50 grammes entre un driver de 1999 et un driver de 2019.

Dans ce laps du temps, il y a eu néanmoins des erreurs de « parcours ».  Qui se souvient des drivers à têtes carrées, censées produire plus de moment d’inertie ?

L’évolution passe parfois par des échecs.

Sur les 4 à 5 dernières années, la courbe d’innovation a légèrement fléchi, sans doute, parce qu’elle a atteint un palier ou peut-être les limites possibles et acceptables d’un point de vue des règles du jeu.

Sur 20 ans, le matériel a progressé comme dans très peu d’autres sports.

Si parfois, on critique le fait de mettre 800 euros dans une série de 6 clubs, le revers de cette médaille est un budget recherche et développement assez conséquent chez les fabricants.

Je n’occulte pas le fait qu’une bonne partie des 800 euros est en fait réparti en sponsoring sur le PGA Tour ou en marketing…

Aujourd’hui, le fitting est pratiquement devenu la norme au moment d’acheter un nouveau club, driver, fers ou putter. Il y a encore dix ans, j’écrivais des articles pour commenter le fait que cela allait se développer mais ne concernait en France, encore moins de 30 à 40% des achats de matériel.

Adapter son matériel à son niveau de golf est aujourd’hui dans les mœurs. 20 ans en arrière, les conseils pour bien choisir son matériel étaient sommaires, et les risques d’erreurs grossières avérés.

Un élément capital du jeu et du matériel a considérablement évolué : La balle.

Au début des années 2000, la Titleist Pro V1 marquait un tournant majeur dans l’industrie. Aux Etats-Unis, une terminologie est très souvent galvaudée : « Game changer ».

Toute nouveauté est toujours un « Game Changer » !

La Pro V1 a réellement été ce « game changer ».

Cette nouvelle balle n’est pas à elle-seule ce qui a le plus changé. L’offre s’est développée et diversifiée de sorte qu’il existe des balles selon votre vitesse de swing propre, et pas seulement pour celle des pros.

Un, deux, trois, quatre, et même cinq couches, les balles ont considérablement évolué depuis la Pro V1.

Si les performances des balles pour le tour n’évoluent plus que marginalement depuis 10 ans, au point que tous les fabricants ont des balles d’un niveau parfois semblable, Titleist a perdu son avance technologique, en revanche, on parle plus souvent désormais de fitting de balle, car même, pour un amateur cela peut faire une différence sensible.

C’est surtout dans le domaine du jeu à moins de 100 mètres qu’une qualité de balle va faire la différence pour le score d’un amateur ou d’une amatrice.

Le niveau de spin donné à la balle peut varier du simple au triple. Le choix d’une balle ne devrait plus être dicté par celle que l’on trouve au bord d’un fairway.

Toujours concernant le matériel, et notamment les clubs, plus haut, j’évoquais la Babolat Connect. Si cette technologie n’a pas encore trouvé son public au tennis, dans le golf, les objets connecté se sont frayés un chemin plus tangible.

GPS, montre GPS, télémètre laser, système de tracking des coups, la distance est une dominante clé dans une partie de golf.

Au-delà de la simple distance, le golf est un sport de stratégie. Pour prendre les meilleures décisions, il faut les meilleures informations.

En 20 ans, c’est sans doute le changement le plus spectaculaire, et dire, que certains développent des applications pour lire les pentes sur les greens.

Dans ce domaine, la recherche va se confronter à la législation encore plus vite que la limite du coefficient de restitution sur les clubs.

Un débat va d’ailleurs se poser pour contrôler réellement qui utilise quoi en compétition de classement ou de club.

Comment les clubs vont contrôler que les participants désactivent les fonctions qui contrôlent le sens et la force du vent sur le parcours ? Les nouvelles technologies apportent de nouveaux débats sur le respect du jeu.

Ce ne sera pas aussi simple que de contrôler 14 clubs dans un sac…

Quoi qu’il en soit, les objets connectés ont un réel rôle à jouer dans l’amélioration de l’index moyen des amateurs, et bien plus qu’un driver ou une série de fers.

Cobra l’a sans doute compris en épousant en premier la cause d’Arccos, et ses capteurs couplés au grip, suivi par Ping, et sans doute les autres marques à un horizon proche.

D’ici à 10 ans, il serait difficile de ne pas imaginer que les clubs connectés soient définitivement la norme. Le golf qui est parfois décrit comme un sport vieux ou ringard est pourtant un sport de plus en plus moderne !

Le golf se pratique majoritairement en loisir, c’est un fait ! Les amateurs s’intéressent relativement peu aux compétitions internationales pour les professionnels, et mis à part le Masters ou la Ryder Cup.

Au foot, sur les terrains du dimanche, plus aucun joueur ne porte pas la tunique de son club professionnel préféré, signe du lien qui existe plus directement entre amateur et pro.

Le joueur de tennis suit plus assidûment les matchs de Nadal ou Federer. Au golf, le lien est plus distendu entre les 400 000 licenciés et les Levy, Dubuisson ou Langasque.

Pourtant, tout au golf est développé dans le sens de plus de performance. Tout le monde veut mieux jouer.

Si le niveau des pros parait trop lointain, un peu extraterrestre pour le golfeur 28 d’index, même une simple chaussure de golf est devenue un artifice de la performance.

20 ans plus tôt, elles étaient lourdes, souvent peu confortables, peu esthétiques, et pas toujours waterproof pour de vrai…

Aujourd’hui, les marques en sont presque à nous expliquer comment elles vont nous faire gagner des coups sur le parcours !

Les clous ont disparu au profit des crampons en plastique. Elles sont plus légères, plus confortables, et même les lacets sont ajustables avec une petite roue (système BOA).

Même les gants de golf ont évolué dans la bonne direction !

FootJoy avec le gant GTExtrem a réalisé un gant qui supporte parfaitement le fait de jouer par temps de pluie.

Plus globalement, les vêtements de pluies sont certainement un des éléments qui a le plus progressé. Pour avoir en mémoire des parties jouées sous la pluie au début des années 2000, aujourd’hui, c’est une partie de plaisir en comparaison !

Les vestes sont plus légères, et libèrent plus facilement les mouvements. Les pantalons sont plus légers. C’est le jour et la nuit !

Pour conclure, sur non pas les 20 dernières années, mais peut-être les 5 prochaines, alors qu’à plusieurs reprises, j’ai émis l’idée que les évolutions ont tout de même ralenti au cours des 5 dernières, notamment pour les clubs, il y a un domaine qui pourrait alimenter le changement : L’analyse de swing à distance, et par vidéo.

Si on se réfère aux 20 dernières années, et au golf professionnel, il y a un petit détail qui est frappant quand vous vous baladez dans les travées d’un tournoi et croisez les pros. Ils ont désormais tous une petite valise souple orange et noir transportant un Trackman !

Plus qu’un accessoire de mode, cet outil de travail a aussi changé le golf. En développant une connaissance plus pointue du swing, le niveau de jeu global sur le Tour a considérablement augmenté, tuant peut-être au passage le véritable instinct, le véritable talent.

C’est un autre débat, et il faudra peut-être militer pour un retour en arrière, pour retrouver la différence entre un golfeur talentueux, instinctif et créatif et les autres, un peu comme si en Formule 1, on enlevait les aides au pilotage.

S’agissant des amateurs, ce n’est qu’une question de temps avant que ne se généralise des systèmes d’aides autonomes qui permettent de progresser en allant plus profond dans la compréhension de son geste.

On parle même d’intelligence artificielle dans ce processus. Des applications comme Swing Index (que je n’ai pas encore testé) propose justement d’approfondir cette connaissance du swing.

Sans aller jusqu'à ce degré d'intelligence artificielle ou de coaching sans enseignant, des clubs investissent dans des outils pédagogiques de pointes tel que le GEARS (notamment au PGA Catalunya) pour tracker tous les mouvements du corps, et analyser finement le swing du joueur.

Justement avec l'aide du coach (en l'occurence Enric Lopez), le golfeur est mieux et complètement informé sur sa biomécanique corporelle. Les mouvements des poignets, des hanches, du buste, l'interaction avec le club, jusqu'à une reproduction d'un avatar 3D, tout est fait pour que la haute technologie se mette au service du perfectionnement.

La pratique du golf implique une volonté inhérente de toujours vouloir faire mieux.

Tant que ce désir sera vivace chez la majorité des amateurs, compétitions ou loisirs, que le pouvoir d’achat sera substantiel en plus de la curiosité, il y aura des entreprises pour innover et apporter des solutions de plus en plus pragmatiques.

Le golf a beaucoup évolué en 20 ans. Il va encore beaucoup changé, car ce n’est qu’un début.

Reste à savoir, si ces changements se marieront avec les règles, et l’application/contrôle de ces mêmes règles.

Reste à savoir, si ces changements vont contribuer à changer l’image du golf en sport moderne qu’il est déjà, aux yeux de ceux qui considèrent que c’est un sport vieillissant, et pas forcément « fun ».

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