Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Les clubs qui ont forgé l’histoire de Nike dans le golf (1984-2016)

Le saviez-vous ? Nike n’a pas démarré dans le golf avec l’avènement deTiger Woods, mais bien en 1984 à l’occasion de la production de sa première chaussure pour le golf. Son premier athlète iconique n’a pas non plus été Tiger, mais le regretté et génial Severiano Ballesteros. Au travers de ce sujet, nous allons retracer l’histoire de Nike dans le golf, mais surtout revenir sur les clubs qui ont marqué l’histoire, reconnus par le public ou alors totalement passés à côté du succès. Il se trouve que nous avons justement dans notre stock, quelques-uns de ses clubs…

Le véritable début de l’histoire de Nike avec le golf

Nike a tenté sa première incursion dans le golf au milieu des années 80. Severiano Ballesteros et Curtis Strange ont été les premiers à porter la marque à la virgule sur leurs visières.

L’américain Curtis Strange a même été le premier golfeur Nike à remporter un majeur en 1988, puis en 1989. C’était l’US Open.

Bien entendu, l’histoire la plus connue a réellement commencé avec Tiger en 1996, quand ce dernier a signé un premier contrat de 40 millions de dollars, ce qui n’avait jamais été vu auparavant dans le monde du golf.

Nike a alors initié sa stratégie de publicitaire ébouriffant avec des spots tous les plus ingénieux les uns que les autres, pour vanter l’athlète, la star, le concept, et en résumé une seule idée : Just Do it !

En 1997, Tiger Woods écrase le Masters avec douze coups d’avances. Il porte déjà sa célèbre chemise rouge, son pantalon noir, et sa casquette Nike. En revanche, il joue ses fers Titleist et un driver Cobra.

L’année suivante, Nike va un peu plus loin et commence par faire fabriquer ses premières balles de golf, ce qui donnera un spot de publicité mémorable avec Tiger en train de jongler avec la balle.

En 2000, Nike Golf est réellement lancée comme une marque de golf, et présente même son propre site Internet.

Tiger passe officiellement de Titleist à Nike au moins pour les balles. Il va d’ailleurs remporter quatre majeurs dans la foulée.

La marque est alors prête à sauter le pas, et rachète le studio de design de Tom Stites pour en faire officiellement la division golf de Nike.

David Duval devient le premier golfeur à remporter un majeur avec des lames Nike (les Forged Blade) à l’occasion du British Open 2001. Pendant ce temps, Woods signe un contrat de 100 millions de dollars.

Quelques mois plus tard, à l’occasion du PGA Merchandise Show 2002, Nike présente sa première ligne complète de clubs et de bois pour la distribution.

Cependant, la marque peine à convaincre les puristes. Mickelson alors chez Callaway se déclare même surpris que Woods arrive à aussi bien jouer avec des clubs « inférieurs ». Quelque part, cette affirmation, sans doute injuste, ne quittera jamais Nike.

Pourtant en 2004, Nike lance le driver le plus marquant de son histoire : le driver Nike Ignite.

Expérience personnelle des clubs Nike

En 2004, à l’occasion d’un demo day organisé au Paris Country Club sur l’hippodrome de Saint-Cloud, je me souviens avoir participé en tant que golfeur amateur anonyme à une démonstration faite par Nike.

A l’époque, détenteur d’un driver Callaway Hawkeye, je me rendais sur cette démo, les yeux ébahis devant tant de clubs et de marques de golf, sans idées préconçues, ni même un but précis.

J’ai testé tous les bois y compris dans des marques aujourd’hui moins connues comme Slazenger ou Ben Hogan.

Sur le stand TaylorMade, je me souviens avoir testé le R7 avec un shaft sans doute trop rigide pour mon swing à l’époque…

Puis, sur le stand Nike, j’ai découvert le Nike Ignite. Et dès la première balle tapée, j’ai ressenti un impact comme je crois n’en avoir jamais plus ressenti depuis !

J’ai eu littéralement l’impression d’exploser la balle à l’impact.

Deux jours plus tard, je me rendais au proshop du Golf National pour acheter ce driver 450 cc en 10.5 avec un shaft regular.

Sur le practice du golf de Saint-Marc ou celui de Saint-Aubin (Essonne), le bruit du driver à l’impact se distinguait de tous les autres.

A l’époque, je n’avais pas de trackman pour analyser les performances du club. Le bruit et l’impact ressenti dans les mains étaient mes seuls repères.

Toujours est-il que ce driver a sans doute contribué à la législation que nous connaissons actuellement sur la limitation du coefficient de restitution (COR).

Le driver Ignite les plus méconnu des meilleurs drivers des années 2000 !

Le Nike Ignite a marqué son époque, car ce club avait réellement réussi à se rendre maniable, et justement très tolérant, même sur les coups décentrés.

Le point clé technique de ce club était sa face en NexTi, un titane spécialement développé par Nike, qui justement créait les conditions d’un effet rebond hors des limites fixées à posteriori par l’USGA, et le Royal & Ancient.

Par rapport au précédent titane utilisé sur des faces de drivers, le NexTi était réellement plus fin, plus léger et plus résistant, une combinaison fatale. Une innovation qu’un golfeur anonyme pouvait réellement ressentir dans les mains !

De mon point de vue, Nike n’a plus jamais réussi à reproduire un tel club.

Du fait de l’interdiction de l’Ignite en compétition, Nike a réagi rapidement, et sorti la ligne SasQuatch.

Un autre driver de légende, mais un club qui finalement n’aura jamais le même impact que l’Ignite au niveau performance, alors que paradoxalement, il marquera beaucoup plus l’histoire commerciale de la marque.

Autant l’Ignite avait été beaucoup critiqué pour son look quelconque, autant le driver jaune et noir, a détonné dans le milieu très aseptisé du golf de l’époque, et où mis à part TaylorMade, les drivers étaient encore très classiques au niveau du look.

Combien de photos de Tiger ont été prises avec un SasQuatch dans les mains ? Sans doute des milliers !

L'apogée de la marque au milieu des années 2000...

En 2006, c’est bel et bien Nike qui peut afficher des chiffres de dominations en termes de drivers, bois de parcours, et fers sur le PGA Tour. Woods a fait des émules. Anthony Kim, jeune prodige depuis disparu des écrans radars, ou encore la jeune Michelle Wie, 16 ans, se font remarquer avec des clubs à la virgule.

C’est peut-être une époque où Nike s’égare un peu, et cherche à innover à tout prix, même en cassant les codes. C’est la fameuse époque des drivers à tête carrés dont le Sumo SQ qui restera un gros bide commercial dans l’histoire de notre sport !

Le driver SUMO était effectivement très tolérant avec un niveau élevé de MOI, mais en contrepartie, le taux de spin donné à la balle était telle qu’il ne pouvait pas se battre dans le domaine de la distance.

De toute façon, d’un point de vue esthétique, c’était beaucoup trop anticonformiste. Ceci dit, seul Nike pouvait tenter de tels paris.

En dehors des bois, entre 2001 et 2006, Nike a aussi lancé des fers qui sont sans doute toujours à ce jour des références inégalées.

Les Slingshot et les forged Blades !

Lancés en 2003, les fers Slingshot ont été les meilleures ventes historiques de la marque, et sans doute les meilleurs fers de la catégorie Improvment de leur époque.

Le design était très original, le nom bien inspiré, et la performance au rendez-vous. Sans doute l’apogée de la carrière de Tom Stites, l’ingénieur en chef de Nike !

Succès aux Etats-Unis, mais en France, ce produit est encore passé quasi inaperçu. Plus qu’outre-Atlantique, la distribution française est restée assez sourde à la marque Nike.

Concernant les lames de Tiger Woods, il n’y a peut-être eu qu’un seul golfeur français assez fou pour se les acheter...par correspondance via un site en ligne du type The Golf Warehouse ou Edwin Watts, les références de l’époque ! Je vous laisse deviner qui.

Ceci dit, de l’avis général, au moins aux USA, les lames Forged Blade de Nike resteront dans l’histoire comme les plus belles, et les plus pures jamais produites.

Un club juste immaculé d’une virgule ! Qui peut dire mieux ?

Par contre, d’un point de vue jouabilité, vous repasserez…Monté sur des shafts stiff, j’ai sans doute perdu dix ans de ma vie de golfeur à jouer des clubs injouables même pour un bon amateur.

En 2005, le fitting n’était pas encore très répandu, bien que m’étant rendu compte du caractère injouable de mes clubs, j’avais tenté de les faire ajuster par un clubfitter. Cela a un peu amélioré les choses…

Avec le départ de Bob Wood en 2008 : le début de la fin ?

En 2008, Bob Wood, patron de Nike quitte la société, remplacé par Cindy Davis. C’est l’occasion de vous en dire un peu plus sur ce nom que vous ne connaissez sans doute pas.

Bob Wood est le « géniteur » de Nike Golf. C’est lui qui a imaginé la marque, et recruté Tiger Woods. Considéré comme un fou, même par ceux qui travaillaient chez Nike au début des années 80, on peut aujourd’hui considérer qu’il a surtout été un visionnaire. Il a inventé Tiger Woods !

Son départ coïncide avec la fin de la grande époque de Nike dans le golf.

Sa remplaçante devait réussir à réellement développer les ventes, et enfin rentabiliser les énormes investissements réalisés par Wood.

Ce dernier avait particulièrement beaucoup dépensé pour créer une image « Just Do It » particulièrement impactante, et donner une forte visibilité, mais pas totalement converti cette visibilité en rentabilité, comme expliqué dans le précédent sujet consacré à l’arrêt de Nike.

Cindy Davis n’arrivera finalement jamais à porter Nike au même niveau d’inventivité et de communication que son prédécesseur.

Parti en 2014, elle aura eu le mérite de poursuivre le modèle en signant Rory McIlroy sur des bases très similaires à celles de Tiger Woods.

De 2008 à nos jours, très peu de produits Nike ont réellement été aussi marquants que ceux de la période précédente.

On retiendra les balles RZN, et dernièrement le driver Nike Vapor Flex, encore une grande incompréhension entre le fabricant et la distribution !

Pour l’avoir testé au même titre que les deux autres drivers de la gamme Nike en 2016 (les Vapor Fly et Vapor Fly Pro), le Vapor Flex était réellement sans conteste le meilleur driver Nike de ses dernières années.

Mesuré au flighscope, son niveau de spin et son smash factor étaient déjà beaucoup plus près des meilleurs drivers du marché, voir dans les meilleurs.

Pourtant, les distributeurs ont plutôt opté et stockés pour les versions les plus simples et les moins onéreuses (Vapor Fly et Vapor Fly Pro) pensant que les consommateurs n’accorderaient pas plus de crédit à Nike sur un produit plus cher, et plus élaboré.

Sans doute, pas la bonne inspiration, car le Flex dégageait réellement quelque chose que les autres drivers Nike n’avaient pas !

Les rumeurs laissent penser qu’en 2017, Nike préparait une nouvelle série de clubs plus dans la continuité de ce driver à base de RZN. Les ingénieurs n’auront finalement pas le temps de convaincre…Parfois, le destin tient à peu de choses.

L’histoire de Nike Golf retiendra aussi le pari manqué des drivers à cavité (la série Nike Covert). Un pari qui a sans doute contribué à l’arrêt de la marque en 2016.

Le commentaire de Phil Mickelson sur la moindre qualité des clubs Nike restera sans doute comme une injustice sévère. Les distributeurs, et notamment européen ont profondément sous-estimé cette marque, et sa portée, notamment dans les années 2000.

Depuis, si les choses ont changé, nous les golfeurs, sommes parfois passés à côté de très bons produits comme les Slingshots ou le driver Ignite, nous n’avons pas toujours suivi la marque dans ses paris les plus fous (driver à tête carrée), mais que l’histoire du golf aurait été moins palpitante si Nike n’avait pas existé.


La marque à la virgule a apporté beaucoup au golf. Ne serait-ce que par la qualité de ses spots de publicités, dont certains resteront dans la mémoire collective.

Peut-être…n’est-ce qu’un au revoir, et jusqu’au prochain Tiger Woods ?

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.