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Walker Cup 2015: Les américains n’y arrivent plus !

Le team GB&Irlande est venu à bout de l'équipe américaine de Walker Cup. L'USGA sous le feu des critiques

Ryder Cup, Solheim Cup, et maintenant Walker Cup, l’équipe de golf des USA n’arrivent plus à remporter les grandes compétitions de golf par équipes qui se disputent contre les européens. Retour sur la dernière Walker Cup 2015 remportée par l’équipe de Grande-Bretagne & Irlande sur le parcours du Royal Lytham & St Annes.

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Les britanniques ont triomphé des américains sur le score sans appel de 16½-9½ pour remporter la 45ème édition de la Walker Cup, un match qui oppose traditionnellement les meilleurs amateurs américains aux meilleurs amateurs de Grande-Bretagne et d’Irlande.

Sommaire de l'article consacré à la Walker Cup 2015

  1. Le film du match
  2. L’analyse du nouvel échec américain
  3. Le processus de sélection trop opaque
  4. La place de mid-amateurs en question
  5. Le rôle du capitaine

L’échec des américains est retentissant dans la mesure où c’est le plus gros écart jamais enregistré dans l’épreuve depuis sa création en 1922.

Pour mémoire, la Walker Cup qui a vu en son temps des golfeurs comme Rickie Fowler et Rory McIlroy s’affronter, a toujours été largement dominée par les américains.

Au global, ils mènent 35 victoires à 8 défaites…et maintenant 9 défaites et un nul.

Jusqu’à présent, non seulement, ils ne perdaient pas, mais encore moins sur un tel score !

Le film du match

Bien que les choses se soient mal engagées dès le premier jour, rien ne laissait supposer que lors de la dernière journée, et pendant les simples, les américains allaient autant s’effondrer, et ce collectivement.

Menés 7 à 5 avant le dernier jour, ils pouvaient largement refaire leur retard.

La première partie de la journée, consacrée aux foursomes n’a pas inversé la tendance, et au contraire, battu 3 à 1, ils ont vu la Grande-Bretagne & Irlande accroître leurs avances à quatre points avant les derniers matchs décisifs de l’après-midi.

Les simples n’ont pas permis aux américains de faire la différence. Leurs rivaux ont au contraire marqué encore 6 ½ points.

Le capitaine vainqueur, Nigel Edwards pouvait savourer son deuxième succès en trois matchs depuis 2011, et son premier succès acquis en terre écossaise, au Royal Aberdeen.

Pour s’imposer, il a pu particulièrement compter sur l’anglais Jimmy Mullen, le leader et l’âme de son équipe, vainqueur de tous ses matchs, ce qui lui a permis d’amener quatre points.

Mullen s’est ainsi fait un nom dans la compétition puisqu’il rejoint les anglais Paul Casey et Luke Donald, au rang des rares joueurs anglais à avoir réussi à gagner quatre matchs pour aucune défaite !

Sans doute un golfeur à suivre pour la suite de sa carrière quand il passera chez les professionnels.

L’anglais Ashley Chesters, le plus âgé des joueurs britanniques (26 ans) a apporté 3 ½ points alors que l’Irlandais Cormac Sharvin en a rapporté 3.

Dans les derniers simples, les USA n’ont en fait remporté que deux victoires et trois nuls pour cinq défaites.

Les seuls américains à avoir surnagé dans ce marasme furent Bryson DeChambeau, vainqueur de l’US Amateur 2015, et Beau Hossler, qui ont tous deux remporté leurs matchs en simples.

Depuis 1989, en quatorze éditions, les Britanniques tiennent tête aux américains avec sept victoires contre sept défaites. Ils n’ont plus perdu sur leurs sols depuis 2007.

Ce qui fit admettre au capitaine américain John Spider Miller, un brin fataliste qu’ils ont été tout simplement plus fort. « Nous ne leur avons pas fait de cadeaux. Ils ont très bien joué et ils ont gagné. Je me sentirai mal si nous leur avions donné des points sur des trois-putts. Nos joueurs ont bien joué. Ils ont tout simplement été meilleurs. »

La prochaine édition aura lieu du 9 au 10 septembre 2017 à Los Angeles.

L'équipe victorieuse

L’analyse du nouvel échec américain

Alors que nous sommes à quelques heures du démarrage de la Solheim Cup, cette nouvelle défaite n’inspire pas l’optimisme du côté de l’Oncle Sam qui commence à sérieusement se remettre en question dans son approche des matchs par équipes.

Et l’image de Spider Miller, le capitaine américain en larmes, consolé par son joueur Bryson DeChambeau restera sans doute l’une des images fortes de cette Walker Cup.

La compétition terminée, tout le monde est reparti chacun de son côté avec ceux qui s’apprêtent à passer pro, et ceux qui retournent à l’université…

Cependant, les critiques n’ont pas tardé à s’abattre.

Côté américain, au contraire de la Ryder Cup, on n’estime pas qu’il faille mettre en place une task force pour analyser les raisons de la défaite. Les mots sont plus durs !

« Il faut seulement remettre du bon sens ! »

Le processus de sélection trop opaque

Tout d’abord au niveau du processus de sélection qui est rendu volontairement opaque par l’USGA.

Le processus actuel prévoit que cinq joueurs sur dix soient nommés avant l’US Amateur.

Personne ne comprend pourtant comment l’USGA arrive à sélectionner ces cinq noms.

Il se murmure que l’USGA aurait mis au point un système de points en interne, mais aucun résultat n’est rendu public, tant et si bien que cela reste une hypothèse.

Conséquence, les cinq golfeurs suivants ne savent pas comment faire partie de l’équipe, et le nombre de points qu’ils leurs manqueraient pour en faire partie.

Autre problématique posée, les joueurs qui sont sur le point de passer professionnels, ne savent pas à quel saint se vouer. Doivent-ils attendre une hypothétique qualification en Walker Cup ou doivent-ils directement passer sur le tour ?

Pour les médias américains, ce système de sélection jette le discrédit sur l’USGA !

D’autant que l’USGA n’a jamais à se justifier pour ses choix de joueurs, et ne s’est pas donné la peine d’organiser une conférence de presse pour annoncer la sélection ou en débattre avec la presse spécialisée.

Autre grand fait noté par les experts et aussi remis en cause, le fait que le capitaine n’ait pas voix au chapitre concernant aucun joueur de son équipe. Pourtant, c’est sans doute l’homme le plus important de l’équipe.

En 2015, Spider Miller a voyagé à travers tous les Etats-Unis pour suivre toutes les compétitions amateurs, parler avec tous les joueurs, étudier leurs jeux, voir comment ils pourraient s’intégrer à l’équipe…et il n’a pas la moindre voix au chapitre ? Etonnant ?

Le bon sens voudrait que l’USGA installe un système de points similaires à ceux qui existent en Ryder Cup, Presidents Cup ou Solheim Cup.

D’autant que l’USGA court le risque de ne pas intéresser les jeunes amateurs américains à la perspective de la prochaine Walker Cup 2017, justement à cause de ce manque de lisibilité.

Résultat, les meilleurs amateurs pourraient tout simplement passer professionnel sans tenir compte d’une éventuelle sélection pour défendre l’équipe nationale.

La place de mid-amateurs en question

L’équipe américaine de Walker Cup a la particularité de qualifier deux golfeurs considérés comme mid-amateurs, à savoir des amateurs ayant 25 ans et plus.

Sur le papier, cette idée a été mise en place pour favoriser la sportivité, et encadrer les jeunes par des joueurs plus expérimentés.

Dans les faits, cela ne fonctionne pas, d’autant que l’équipe adverse ne s’est pas astreinte à la même règle. C’est pratiquement se tirer une balle dans le pied. D’autant que les deux joueurs concernés n’ont absolument pas pesés dans le résultat final.

Le golfeur le plus âgé dans l’équipe Britannique était Ashley Chesters (26 ans), vainqueur de trois matchs pour une défaite, qui dès la fin des matchs de Walker Cup est passé professionnel, alors que côté américain, Scott Harvey (37 ans), et Mike McCoy (52 ans) sont retournés à leurs vies professionnelles, l’un comme agent immobilier, et l’autre comme cadre dans une entreprise d’assurance…

Spider Miller les défend pourtant avec force ! Considérant que les deux hommes ont apporté autant que les autres, et ont fait office de relais auprès des jeunes.

Un autre membre de l’équipe en off déclarait « Il est plus important de donner des places à des joueurs amateurs de longues dates que de penser à augmenter nos chances de victoires. »

Un vœu louable mais qui ne permet pas aux américains de monter la meilleure équipe possible.

D’autant qu’il se dit que la sélection de McCoy tient plus à la récompense de sa longue carrière amateur qu’à ses performances récentes.

La question sur le rôle du capitaine

Naturellement quand l’équipe gagne, une grande partie du crédit est portée sur le compte du capitaine, et à l’inverse, quand elle perd, il est le premier à être remis en cause.

Pour l’instant, le capitaine américain ne sait pas si on lui donnera une seconde chance pour animer l’équipe de 2017.

A l’inverse, Nigel Edwards, capitaine de GB&I a démontré que le fait d’en être à sa troisième participation consécutive, lui avait permis d’avoir un plan bien rôdé.

Surtout qu’Edwards est bien l’homme qui décide de tout dans son équipe, ce qui n’est pas le cas de Miller pour les américains.

Le capitaine américain ayant choisi une approche plus « démocratie participative », laissant la possibilité à ses joueurs de choisir leurs partenaires, et l’ordre des matchs qu’ils avaient envie de jouer.

Ce management pourrait paraître faible à première vue. Miller s’en défend, en expliquant qu’il gère sa propre entreprise de la même manière, à savoir comptant sur l’esprit de responsabilité de ses cadres pour participer aux décisions importantes.

Miller estime que les gens répondent mieux à ce type de management responsabilisant, et ne compte pas en changer.

Conclusion, les USA viennent de subir la plus lourde défaite de leur histoire dans cette Walker Cup, et les pistes d’explications sont multiples.

Toute la question va être de savoir comment l’USGA va voir ou revoir sa copie pour la prochaine édition, alors que nous sommes loin de l’époque où les Etats-Unis n’étaient pas mis en danger par les équipes européennes.

Et si l’Europe redevenait le centre de gravité du golf mondial, au moins pour la qualité de ses joueurs ?

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