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L’importance de la reprise d’appui pour un swing de golf

L’importance de la reprise d’appui pour un swing de golf

Dans la suite de notre sujet sur la force verticale, notamment démontrée par la golfeuse Lexi Thompson qui saute littéralement à l’impact au moment de driver, nous sommes allés voir Guillaume Sauzet, coach de golf à Lyon, dirigeant de la société Addon Golf et expert des outils technologiques de mesures liées au swing de golf, comme le Flightscope ou le Bodytrack (mesure la force au sol en temps réel), afin de l’interroger sur les notions de reprises d’appui au moment du downswing, et comment optimiser ce mécanisme chez un amateur.

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En matière de technique appliquée au golf, en particulier s’agissant du plein swing pour les bois ou les fers, on s’intéresse très souvent à la « mise en charge ».

C’est-à-dire ce moment précis où à la fin du backswing, la majeure partie du poids a été transférée côté droit (pour un golfeur ou une golfeuse droitier).

Avec ce sujet, c’est surtout la reprise d’appui, et le déclenchement du downswing par une action du bas du corps pour déplacer ce poids soudainement vers la gauche, qui a retenu notre attention, pour vous proposer de rentrer dans une phase du swing qui pourrait paraître un détail, mais qui est pourtant diablement importante.

Guillaume Sauzet ayant à sa disposition des outils de mesures spécifiques, il va pouvoir nous illustrer la théorie avec des illustrations concrètes.

Commençons par la pédagogie sur les reprises d’appuis

Guillaume Sauzet : Je constate qu’il y a généralement deux types d’enseignements, notamment au niveau du jeu de fers.

En préambule, avant de les détailler, pour avoir une régularité importante avec un fer, il faut proposer un angle d’attaque à la balle qui soit descendant.

Concrètement, cela veut dire que le fer va d’abord contacter la balle, puis dans un second temps toucher le sol, et non pas l’inverse.

C’est ainsi que cela doit se produire, et c’est ainsi que vous aurez le meilleur contact possible.

D’où l’importance des appuis, car trop souvent, beaucoup de joueurs amateurs restent en arrière (sur la droite pour un droitier) au moment du contact de la balle.

Ils risquent de toucher le sol violemment avant la balle ou alors le club va attaquer sa phase remontante beaucoup trop tôt.

Finalement, peu importe la technique utilisée, j’estime que le poids du corps doit être au moins à 70% côté gauche à l’impact, pour avoir ce club qui arrive en pinçant la balle.

Il y a donc deux techniques principalement enseignées s’agissant de la reprise d’appui.

La première consiste à transférer le poids sur la droite puis sur la gauche.

Soit 70% d’abord à droite, puis reprise d’appui dès l’entame de la descente, puis 70% à gauche.

La deuxième méthode est plus simple pour les amateurs puisqu’il s’agit de rester sur la jambe gauche au départ.

J’insiste sur le fait qu’ici, on parle des fers, et non pas du driver !

D’une position où le poids est placé à gauche au démarrage, au sommet du backswing, le poids est alors de 50%/50% sur les deux pieds (même 60% à gauche si vous arrivez à le ressentir), et pour finir 70% à gauche à l’impact.

C’est la méthode la plus simple pour comprendre cette volonté que les golfeurs doivent développer pour aller du côté gauche, pour justement bien « pincer » la balle.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

Je reviens sur la première technique qui consiste à déplacer 70% du poids de la droite vers la gauche.

Attention, je précise bien qu’il ne s’agit pas d’un « déplacement » ou glissement latéral. Il s’agit bien d’une « rotation ».

Et au retour, il ne faut pas s’amuser à complètement se décaler sur la gauche, justement en laissant glisser.

Sinon, on risque d’avoir une face très ouverte dans la zone d’impact.

Je préconise bien un déplacement restreint comme si vous vous trouviez dans une cabine téléphonique… une cabine anglaise !

La finalité

Quoi qu’il arrive, et peu importe la méthode enseignée, ce qui compte, c’est de retrouver 70% du poids à gauche à l’impact, pour générer cet angle d’attaque descendant (ou négatif quand il est exprimé en degrés et mesuré par un radar type FlightScope ou Trackman).

C’est ce qu’il faut mettre en place pour obtenir cette régularité recherchée pour toutes les balles tapées au sol.

A l’inverse, dans le domaine du driving, il faut s’organiser sur un angle d’attaque de la balle remontant.

C’est d’ailleurs pour cela que l’on fait aligner les joueurs avec la balle en face du pied gauche.

Dans ce cas, on peut favoriser l’appui à droite dès le départ, et même rester à droite jusqu’à l’impact pour générer cet angle d’attaque remontant, et ce, afin de faire voler la balle sur un maximum de distance.

Clairement, c’est un système complètement différent par rapport aux balles au sol.

Il est vrai que certains enseignants pourront dire que fers ou drive, c’est le même swing.

Ce n’est pas faux.

La balle positionnée pied gauche à l’adresse permet de générer cet angle d’attaque remontant au moment du contact de balle.

Cependant, ma mise en garde est la suivante : Il suffit que l’amateur s’avance dans la balle au drive pour faire plonger l’angle d’attaque de remontant à descendant. Dès lors, la balle ne va pas voler assez…

J’en ai déjà parlé dans un précédent sujet.

C’est pour cette raison que des amateurs se plaignent parfois d’aller plus loin avec le bois 3 par rapport au driver.

Dans ce cas, la balle va être complètement écrasée plutôt que lancée.

Pour ma part, je préconise plutôt d’être à 60% à droite à l’adresse, et garder cette position à droite pendant le swing, pour avoir toutes les chances de générer cet angle d’attaque remontant.

La bonne reprise d’appui… c’est quoi ?

L’erreur à éviter, c’est que ce ne soit pas seulement le haut du corps qui vienne s’installer sur la gauche.

Autre possibilité, les hanches glissent vers la gauche, de sorte que le haut du corps, cette fois, reste à droite.

Dans ce cas, le club va taper le sol bien avant ou alors le club peut remonter bien avant la balle, et donc le risque c’est de toper.

La bonne reprise d’appui consiste à venir installer le haut du corps et le bas du corps à gauche sans glisser.

Si on arrive déjà à faire cela… ce n’est pas mal !

Effectivement, pour aller encore plus loin, les pros se servent de la force verticale, ce qui revient à dire qu’au moment de la reprise d’appui, il y a en plus une extension sur la hauteur qui va terriblement accélérer la vitesse de swing.

C’est ce qui va nous permettre de faire un maximum de distance.

Un amateur peut s’y essayer, mais c’est tout de même une mécanique qui peut générer de l’irrégularité dans le point de contact, et de la dispersion.

C’est clairement une technique qui va faire passer le club très vite, et faire gagner jusqu’à 15 mètres avec facilité pour celui ou celle qui maîtrisera cette coordination, rotation-extension.

J’insiste ! C’est compliqué !

On peut voir ce phénomène chez Jordan Spieth ou Bubba Watson. Ils sont carrément sur la pointe des pieds à l’impact.

Ils exercent pleinement cette force verticale à l’impact. Force qui est d’ailleurs mesurable avec le Bodytrack.

A l’aide de cet outil, on peut voir quand le joueur se sert de ses appuis et comment.

Il faut savoir se servir de ses appuis au bon moment, pas avant ou après, sinon, cela entraîne des déperditions d’énergies.

C’est une mécanique très comparable à celle d’un lancer de javelot.

Il coure, coure, coure, puis exerce sa reprise d’appui et son extension sur la hauteur côté gauche pour lancer son javelot. Dans le cas où il est droitier.

Cette mécanique ressemble terriblement à ce que l’on peut vouloir produire avec un swing de golf.

Le lancer de poids est aussi dans ce même mode de fonctionnement.

C’est d’ailleurs aussi le cas du bûcheron qui ne se sert pas uniquement de ses bras, mais bien de tout son corps pour appliquer de la vitesse à sa hache.

Physiquement, c’est bien une poussée de la jambe gauche !

Pour les hommes qui ont déjà eu à taper dans des sacs de sables par exemple, la notion de force verticale peut venir assez vite.

Pour les dames, c’est déjà un peu plus compliqué. Elles présentent des swings beaucoup plus fluides, moins en force, qui restent sur le même axe.

Cela se fait assez naturellement chez les enfants. Quand ils commencent à chercher de la puissance, on les voit tous sur la pointe des pieds.

Différence entre pro et amateur

Les pros ont une dissociation très importante entre le bas du corps et le haut du corps.

Le pro a travaillé cette mécanique de dissociation alors que l’amateur va avoir beaucoup plus de mal à la sentir.

A minima, il faut que la ligne des hanches, et des épaules, tournent en même temps.

De mon point de vue, se concentrer sur les hanches peut créer une faute. Pour beaucoup d’amateurs, c’est quand même une notion compliquée à activer.

C’est effectivement beaucoup plus compréhensible et accessible de déclencher la reprise d’appui par un mouvement du genou gauche vers l’avant (toujours pour un droitier) que par une action de la hanche gauche.

En tout cas, c’est plus facile à comprendre par un joueur amateur. Le fait d’aller à gauche avec le genou peut faire tourner le reste du corps assez naturellement.

S’agissant de la dissociation, cela dépasse la technique d’un swing de golf. C’est déjà plus un travail physique.

C’est compliqué de faire comprendre à un golfeur amateur que la ligne des hanches doit partir vers la cible pendant que la ligne des épaules doit rester face à la position d’origine de la balle (dissociation).

Cela peut rapidement donner un peu n’importe quoi. C’est au pro d’adapter son discours par rapport au joueur qu’il a en face de lui.

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