Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Pros, Enseignants et Coachs de golf

L’intérêt d’une plaque de force pour optimiser vos appuis

L’intérêt d’une plaque de force pour optimiser vos appuis et le swing par Guillaume Sauzet

Il s’agit d’évaluer en quoi une plaque de force peut aider à améliorer l’adresse, l’équilibre et le touché d’un swing de golf. Pour élaborer ce sujet, nous sommes allés à la rencontre d’un spécialiste, Guillaume Sauzet, enseignant de golf, utilisateur de ce type d’appareils depuis une dizaine années et fondateur de addongolf. Ce sujet a été réalisé avec le concours de Franck Collet au centre indoor IGS de Lyon.

Découvrez nos formules d'abonnements

Ne soyons pas intimidé par la technologie mais au contraire curieux de progresser !

Au cours de notre passage à Orlando, lors du PGA Merchandise Show, nous avons pu constater à quel point l’enseignement du golf évolue à grand pas outre-Atlantique avec l’appui des nouvelles technologies.

Ne restons pas au bord de la route ! Les USA mais aussi les pays du nord de l’Europe, Allemagne en tête, avancent à grand pas.

Launch monitor, caméras hautes fréquences, plaques de forces, capteurs…ces outils ne sont pas des gadgets futiles.

Ils peuvent au contraire apporter une aide précieuse, notamment dans la perception de ce qu’il convient de faire pour optimiser les conditions de lancements d’une balle de golf.

Entre le swing idéal, et le swing que nous produisons, il y a la plupart du temps un certain écart. Plus ou moins grand selon notre degré de perception de notre corps, et de son fonctionnement.

A bien d’égard, nous pouvons comprendre que certains considèrent que l’usage de ce type d’outils peut paraître exagérée. Après tout, dix, vingt ou trente ans en arrière, on formait déjà de très bons joueurs…

Oui mais non ! Quel serait le destin du golf si les amateurs jouaient tout simplement mieux ou plus facilement ?

Oui, Nicklaus, Ballesteros, Palmer, et d’autres ont été de très grands joueurs avec de très grands swings sans recourir à la technologie.

Cependant, combien d’amateurs pour combien de Ballesteros ? Combien de bons amateurs pour un super joueur ? Combien d’amateurs ont appris à bien jouer sans y passer des années ?

La clé du développement de l’activité, et la clé du plaisir est une meilleure compréhension et une compréhension plus rapide de l’écart entre ce qu’il faut produire, et ce que nous produisons.

La question n’est pas de savoir si des golfeurs ont trouvé tout de suite le « truc » par le passé, mais si avec les bons outils, la filière pourrait former de meilleurs amateurs pour qu’ils prennent plus de plaisir.

Concernant spécifiquement les plateaux ou plaques de forces, que peut-on justement en retirer au niveau de l’adresse (set-up) ?

Pour Guillaume Sauzet « Tout part des appuis ! » C’est bien l’élément le plus important dans le construction d’un swing de golf.

La mesure des appuis avec une plaque de force

La plaque de force permet de voir en priorité si le joueur est bien équilibré au moment du set-up.

A savoir, tenir en équilibre avec une pression également répartie sur chaque jambe. Ne pas être trop en avant ou trop en arrière, ce qui peut entraîner des pertes d’équilibres.

Pendant le mouvement du swing, et même au set-up, le centre de gravité est placé au centre.

Il peut être matérialisé au niveau de la balle de golf placé sous les yeux au milieu des pieds.

Dans 90% des cas, le club va toucher le sol au centre des pieds.

Si un joueur produit un mauvais déplacement, trop appuyé à droite pendant la descente, il va toucher le sol avant.

Un swing de golf idéal doit obéir à un angle descendant. Il doit rentrer dans le sol ! D’ailleurs, on parle souvent « d’angle d’attaque » vers le sol.

Il ne faut pas perdre de vue que l’objectif de performance consiste à compresser la balle pour lui transmettre un maximum d’énergie.

« 7 golfeurs sur 10 ne sont pas dans cette organisation. Au contraire, ils ont tendance à cueillir la balle en agissant avec les poignets dans une forme de compensation par rapport à un manque de rotation. »

Chez tous les golfeurs, il y a cette volonté de lever la balle. Sauf qu’un défaut de rotation entraîne le golfeur à être en appui à droite.

Si au set-up, l’idéal concernant les appuis est une répartition du poids du corps sur chaque jambe.

Comprenez 50/50 !

Dans la zone d’impact, l’appui idéal doit être de 70% sur la jambe gauche (pour un droitier).

« Au set-up, ce qui compte majoritairement, c’est d’être bien équilibré ! »

Répartition du poids à 50/50 au setup

Toutefois, certains pros peuvent recommander à leurs élèves de mettre du poids bien à gauche dès le départ, surtout quand ces derniers ont du mal à transférer ce poids vers la gauche au cours du swing.

En les plaçant ainsi, ils peuvent obtenir un meilleur résultat.

« Quoi qu’il en soit, pour obtenir un meilleur impact, il faut être à gauche à 70% au moment de l’impact. »

En revanche, le phénomène peut s’inverser avec une balle sur le tee.

Dans ce cas, et notamment au driver, l’angle d’attaque est plus en remontant pour propulser la balle le plus haut et le plus loin possible.

Certains joueurs du tour ont néanmoins un angle d’attaque négatif au drive.

Cependant, balistiquement parlant, la meilleure option pour faire le plus de distance possible consiste à générer un angle remontant, et c’est ce pourquoi le driver a été conçu.

Les plus gros frappeurs comme Bubba Watson sont enregistrés avec des angles remontants, et ce qui se traduit avec des appuis sur le côté droit.

A l’impact au drive, un tel joueur est en appui sur l’arrière pour catapulter sa balle le plus loin possible.

Driver de Bubba Watson

Tous les golfeurs ne seront pas nécessairement à l’aise avec ce type de swing.

Schématiquement, il sera difficile de prendre la balle en remontant si le joueur est appuyé sur son côté gauche.

Pour aider les amateurs avec une petite astuce, Guillaume Sauzet se sert d’un feutre pour marquer la balle.

Quand il souhaite que le joueur cherche un angle descendant, il dessine une flèche sur la balle pour marquer la trajectoire, et dessine un point d’impact sur son arrière, la partie droite pour que le joueur cherche instinctivement à la compresser, et sans même inciter le joueur à gérer ses appuis consciemment.

Inversement pour inciter le joueur à créer un angle remontant, il fait pointer la flèche dessinée sur la balle vers le ciel…

Enseignement, pédagogie, et technologie

L’enseignant a recourt à tous les outils technologiques pour justement créer un panel complet d’informations sur le swing du joueur.

En plus du plateau, il utilise des caméras hautes fréquences, et un launch monitor. C’est ce qui lui permet de mettre en perspective les appuis avec le résultat produit.

En fonction des données qu’il recueille, il peut être amené à corriger le golfeur pour qu’il se rapproche des fondamentaux nécessaires pour produire un bon coup.

Comment peut-on améliorer l’équilibre pendant le swing ?

Si un golfeur porte trop de poids vers l’arrière, il peut effectivement se retrouver déséquilibrer au moment d’amener son club au sommet du swing.

Le simple fait de se rééquilibrer à 50/50 peut améliorer l’équilibre, et à tel point que l’amateur qui n’est pas dans cette habitude, va avoir une première réaction d’étonnement. « C’est ça la bonne position. »

C’est en cela que le plateau de force va pouvoir guider le joueur. Notamment pour détecter les écarts entre la perception et le véritable équilibre.

Au sommet du backswing, les appuis à droite

A l’inverse, un golfeur qui porte ses appuis trop sur l’avant pourra générer un angle trop descendant, et dans ce cas, planter le club dans le sol au point de créer de trop gros divots, et avant l’impact avec la balle.

Pour Guillaume Sauzet, l’intérêt des outils technologiques est aussi de démontrer facilement aux amateurs les causes et les conséquences d’une mauvaise répartition du poids.

Bien que l’enseignant puisse formuler l’observation et l’analyse, parfois le joueur peut être tenté de faire abstraction. En visualisant le problème concrètement et de manière pas seulement verbale, il comprend tout de suite.

C’est un des avantages des outils technologiques « faire passer le message ! »

Pour un golfeur qui serait bien équilibré au départ mais qui malgré tout perdrait son équilibre pendant la phase de backswing, il est possible qu’il cherche à trop « écraser » sur la partie droite, et altérer son plan de swing.

« Il faut comprendre que schématiquement la face du club tourne autour de la colonne vertébrale. »

Si le joueur est trop à droite, la face peut se fermer plus rapidement, alors qu’à l’inverse, si le joueur ne vient pas assez à droite sur sa recherche d’appuis au backswing, quand il repart, la face du club peut se refermer trop tard, ce qui ajouté à un défaut de rotation, créé les conditions d’un slice.

« La perte d’équilibre a une influence directe sur le chemin de la face de club ! »

Bien qu’un golfeur en situation de déséquilibre va toujours chercher à se récupérer par le biais d’un bricolage avec les poignets, si on prend la mécanique simple d’un swing de golf, les bras tournent autour de la colonne. Trop à droite, la face va avoir tendance à se fermer. De même que si le joueur glisse (sway) au niveau des hanches plutôt que de transférer latéralement son poids, cela va agir négativement sur la face du club.

Comment peut-on améliorer le toucher ?

Après avoir améliorer le set-up à l’adresse, et l’équilibre pendant le swing, ce qui est important en finalité, c’est bien d’améliorer le contact.

Si le golfeur arrive dans la zone d’impact avec son poids réparti à 70% sur l’avant, la balle va partir 1.40 à 1.45 fois plus vite, ce qui se matérialise par le smash factor du club à la balle.

Dans ce cas, le contact est parfait, et c’est justement ce que peut mesurer un radar.

Si le poids du corps est trop à droite, et que par une action des poignets, l’angle d’attaque est remontant avec un fer, il y a peu de chances de générer un smash factor important, car la balle va tout simplement glisser sur la face du club, au lieu d’être compressée.

La balle glisse sur la face

C’est ce phénomène qui fait diminuer le smash factor.

« Avec un fer 7, il faut viser un smash factor de 1.40, et même plus vite quand le joueur arrive des mains très en avant par rapport à la tête de club. »

Une face fermée comprime la balle à l'impact

Sachant que ce qui est intéressant et utile, c’est de garder une certaine régularité entre chaque club.

Plus la face du club va être ouverte, et plus le smash factor va diminuer. Ainsi, le driver est le club qui va présenter le smash factor le plus élevé, et le lobwedge, à l’inverse, le smash factor le plus bas.

Schématiquement, pour un club très ouvert, la balle va glisser sur la face au lieu d’être compressée contre une face fermée.

« Quand le smash factor n’est pas cohérent par rapport au club utilisé, effectivement, il se peut que cela puisse venir des pieds ! »

Le joueur cherche à cueillir la balle pour la lever en utilisant davantage ses bras et ses poignets que la bonne rotation et le bon équilibre de son corps.

« Tout ce qui ouvre la face…diminue le smash factor ! La balle ne part pas ! »

Pour un amateur, comment obtenir des résultats concrets et rapides ?

C’est la question que nous avons voulu poser au pro, car finalement, ce qui intéresse les golfeurs, ce n’est pas seulement un meilleur moyen de comprendre l’écart qu’il produit avec l’idéal, mais surtout le moyen de réduire cet écart.

70% des appuis à gauche à l'impact

En plus de constater la bonne ou mauvaise répartition du poids à l’adresse et pendant le swing, Guillaume Sauzet peut « sortir de la technologie » pour reprendre sa casquette d’enseignants en proposant son « catalogue » d’exercices, et d’astuces.

« L’idée générale consiste à donner des repères. »

Par exemple, pour un golfeur qui aurait tendance à générer un déplacement trop important, il peut légèrement rentrer le genou gauche à l’intérieur (toutefois en plaçant les pieds en canards pour éviter les torsions sur les genoux).

Pour gagner en rotation autour de l’axe, il peut aussi travailler à partir de l’exercice des pieds joints.

C’est une bonne astuce pour un golfeur qui se déplace énormément et perd l’équilibre avec un déplacement de droite à gauche trop prononcé.

Dans ce cas, l’exercice des pieds joints au practice permet de mieux sentir la rotation plutôt que le glissement des hanches.

Conclusion

Comme écrit en préambule, nous sommes convaincus par l’aide substantielle de la technologie pour appréhender le corps, et ce qu’il faut produire pour générer un bon swing de golf.

Ceci dit, la technologie ne remplace pas le pro, elle le complète...

Ce sujet a été réalisé avec le concours de Guillaume Sauzet et Franck Collet au centre Indoor IGS boulevard de la Croix-Rousse à Lyon.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.