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TaylorMade Golf: Concevoir des clubs et des balles pour donner plus de plaisir aux golfeurs

Mardi 14 février 2017, TaylorMade Golf nous a ouvert les portes de son headquarter basé à Fermi Court (Carlsbad) pour rencontrer les ingénieurs de chaque département produit, et visiter les installations, et notamment celles en lien avec la recherche et le développement. Cette visite s’est achevée par la découverte du « kingdom », le saint des saints, pour tester l’ensemble des produits de la marque, et bénéficier d’une expérience complète de fitting, comme pour un pro.

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A la rencontre des équipes R&D TaylorMade, avec le concours précieux de Benoit Vincent

Depuis plusieurs années, nous entretenons une correspondance régulière avec Benoit Vincent, Chief Technical Officer français chez TaylorMade. Un poste éminemment important, et surtout très rare pour un français, ce dernier étant sans doute trop humble pour en faire la publicité.

D’ailleurs, c’est un autre français de chez TaylorMade, Remy Arnaud, un jeune ingénieur, qui le décrit le mieux : « Benoit est une légende ici. »

Au détour d’une conversation, ces mots lâchés à propos de Benoit Vincent ne pouvaient être que spontanés.

Grâce à son concours, nous avions pu déjà produire des articles passionnants sur la conception des drivers, et la balistique.

Après 27 ans passés chez TaylorMade, l’ingénieur formé à l’institut national des sciences appliquées de Lyon, et diplômé en 1983, va en fait quitter la marque pour reprendre ses études. C’était donc sans doute la dernière occasion de lui rendre visite à Carlsbad.

A l’origine, il n’a pas démarré directement sa carrière dans le golf, mais d’abord collaboré à la recherche sur les turbines d’avions, pour finalement rejoindre TaylorMade en 1989. Encore un exemple de passerelle entre l’industrie aéronautique et le golf…

Pendant 27 ans, il a contribué aux plus grands succès de la marque comme l’invention de la technologie des poids ajustables vue sur les gammes R7, R9, R11, et toutes les séries de bois R1.

Il a aussi directement contribué au driver R11, toujours considéré par la marque comme un de ses produits « iconiques », au lancement de la gamme Rocketballz, et en particulier la technologie Speed Pocket encore présente sur les dernières gammes M1 et M2.

En plus des clubs, il a directement participé à la création de la division balles chez TaylorMade, et à la conception de la première balle 5 couches.

Avant de quitter TaylorMade, il aura supervisé l’ensemble de la production, la R&D et le sourcing, de ce géant des équipements golfiques, managé des équipes techniques sur quatre continents, et gagné un immense respect de toute la profession.

Au-delà de l’opinion de Remy Arnaud, jeune ingénieur, présent depuis un an à Carlsbad, il est admis que Benoit Vincent a largement contribué au succès de la marque, surtout pour sa passion, et son engagement. Passionné de psychologie et de santé mentale, il va justement reprendre des études dans ce domaine.

Avant de démarrer ce reportage, nous voulions lui rendre un vibrant hommage pour l’ensemble de sa carrière, et sa personnalité.

Pour autant, notre expérience chez TaylorMade n’a pas démarré cette semaine avec Benoit, mais avec Bret Wahl, vice-président de la recherche et développement pour les catégories produits, fers, putters et wedges. Nous terminerons notre semaine avec Benoit.

Bret Wahl, les équipes R&D, the Vault et Sanjay

Bret est un ingénieur qui comme Benoit Vincent présente un solide curriculum vitae, avec plus de 20 ans dans le domaine de la conception de clubs de golf chez TaylorMade.

C’est d’ailleurs un élément à relever. La plupart des ingénieurs du niveau supérieur chez TaylorMade sont des collaborateurs de longue date, extrêmement expérimentés et reconnus dans la profession.

Ceci étant, c’est aussi un métier de « jeunes ».

Au sein du headquarter de TaylorMade qui accueille 800 collaborateurs sur place et sur plusieurs buildings, les principaux services sont la R&D, le marketing, les ventes, et la finance.

Pendant ce voyage, nous nous sommes focalisés sur la R&D. La moyenne d’âge des équipes rencontrées tourne autour de la trentaine, exclusivement des garçons absolument passionnés de golf.

L’index n’est pas un critère d’embauche. Nos interlocuteurs peuvent être d’anciens joueurs du Web.com tour (+5) ou des golfeurs moyens avec un index de 20, mais absolument tous des passionnés de golf, et des clubs de golf.

Ce n’est pas galvaudé d’écrire cela, ni de sortir la brosse à reluire pour faire briller la marque.

La passion brille dans les yeux de chaque ingénieur rencontré. Certains sont timides, d’autres beaucoup plus volubiles, comme par exemple Michael Fox, category director pour les balles et les accessoires.

Il nous a fait un véritable show à l’américaine autour des nouvelles balles TP5.

Très bien reçu par tous nos interlocuteurs, à l’aise avec nos questions, repoussant habilement celles sur d’éventuels secrets pour 2018, curieux de discuter avec un journaliste français, d’ailleurs souvent admiratif de la France, de ses paysages, et de sa qualité de vie…

Sur ce point, ils reconnaissent tous ne pas connaître la France comme une destination golfique, mais bien comme une destination touristique classique.

Nous avons encore beaucoup de travail sur ce point, alors que nous disposons sans doute des plus beaux golfs d’Europe, au moins pour la variété des paysages entre le nord et le sud de notre pays.

Josh Dipert, ingénieur expert pour le département R&D sur les fers, directement impliqué sur la conception des M1, M2 et les nouveaux P770 et P750, est un grand admirateur du Tour de France cycliste. Il connait parfaitement l’étape de l’Alpe d’Huez !

Echanger sur notre pays a été très plaisant, en revanche, les américains sont bien plus au fait de notre actualité économique et politique que nous ne pourrions l’imaginer.

Beaucoup des personnes qui passent leurs temps à se plaindre, manifester ou casser dans les rues de Paris devraient se rendre à l’étranger pour voir l’image déplorable que cela donne de notre pays, c'est dommage...

De 9h du matin à 17h, les rendez-vous avec chaque département se sont enchaînés avec énormément d'implication de la part de nos interlocuteurs.

Sous l’égide de Bret Wahl, nous avons démarré par le département « Metalwoods » animé par le duo Chandler Carr et Justin Kleinert. Un duo complémentaire formé par un chef de produit plus « client orienté » et marketing, et un ingénieur senior, et qui ensemble ont argumenté sur les avancées proposées par les nouvelles gammes M1 et M2.

Par la suite, Josh Dipert et Scott Taylor ont présenté les nouveaux fers, les nouveaux résultats, et aussi comment ils ont résolu les nouvelles contraintes posées par les faces de clubs plus flexibles.

D’ailleurs, tous ces ingénieurs mettent en lumière que la conception des clubs de golf peut s’apparenter à la résolution d’équations mathématiques, avec des variables qui peuvent changer en permanence.

Nous avons ensuite visité le CNC Lab avec Dan Barelmann et Jeff Reiswitz, respectivement patrons de la production et des outils.

Le CNC lab est un service extraordinaire qui permet à TaylorMade de produire tous ces échantillons, et rendre ainsi concret les dessins de chaque ingénieur en un temps record.

Les clubs ne sont pas produits sur place à Carlsbad mais en Chine et au Vietnam.

En revanche, toute la conception est bien réalisée aux Etats-Unis. Toute l’intelligence est concentrée dans ce headquarter, le CNC Lab, des salles remplies de machines à plusieurs millions de dollars permettant de concevoir des centaines de modèles de clubs chaque année, pour aider les ingénieurs à tester et développer de nouvelles idées.

On parle peut-être de plus de 400 modèles ou échantillons réalisés chaque année, pour seulement une quinzaine de produits finalement concrétisés.

En revanche, nous n’avons pas vu le travail CAO, ni l’outil de test acoustique qui permet aux ingénieurs de tester en temps réel chaque changement apporté à un produit. Un des thèmes qui a été récurrent pendant la journée a justement été cette notion de simulation du son, directement lié au feeling avec un club de golf.

Le CNC Lab se divise en deux parties, une consacrée aux clubs, et une consacrée aux balles.

Sanjay Kuttappa nous a d’ailleurs fait visiter les installations, et expliqué tous les processus de conception des balles, depuis la matière « rubber », jusqu’au test de résistance d’une balle achevée, et particulièrement l’empilement complexe de cinq couches de matériaux, pour la nouvelle fierté de la marque, la TP5.

Balle premium sur laquelle Ben Raymond, et Michael Fox n’ont pas tari d’éloges, n’hésitant pas à nous présenter un film interne retraçant l’expérience de l’espagnol Jon Rahm quand il a testé pour la première fois cette balle.

Le récent primo vainqueur sur le PGA Tour est d’ailleurs sur toutes les lèvres ici. Son exploit à Torrey Pines semble avoir dopé le moral des collaborateurs, tout comme la dernière victoire de Sergio Garcia.

Les ingénieurs imputent clairement ces succès à l’usage des nouvelles balles TP5, plus performantes dans le vent, plus longues, et plus droites selon eux. Des balles qui prennent moins de spin, back ou side, sur les coups de fers, et de drivers, tout en conservant ces caractéristiques à 100 mètres.

Rahm se disait prêt à tout jouer chez TaylorMade, sauf la balle, voulant rester fidèle à ce qu’il jouait depuis l’âge de dix ans (une pro V1). Surpris par la TP5, vous connaissez la suite de l’histoire…

Enfin, Paul Demkowski et Giancarlo Bruschi, ingénieurs putters et wedges nous ont présenté les nouvelles créations de la marque, principalement les wedges Milled Grind, et les nouveaux putters répliques exactes des modèles de Jason Day et Dustin Johnson, réclamés par les consommateurs américains. Le look y étant sans doute pour beaucoup…

Toujours à propos de Jon Rahm, sans doute la nouvelle star de la marque pour les années à venir « the next big thing », nous avons pu prendre en photo ces wedges stampés en exclusivité, ce qui n’a pas été possible pour les autres stars du tour.

Tous ces entretiens vont faire l’objet d’un article unique à chaque fois, et à suivre. Simplement, si nous avons pu tout visiter, certaines parties des laboratoires et des équipements n’ont pas été pris en photos pour des raisons de confidentialité.

Pour l’anecdote, Bret Wahl et ses ingénieurs ont pris le soin de nous montrer la machine à détruire les échantillons. En effet, ici plus qu’ailleurs, on fait attention à ce que l’on met dans les poubelles.

Un endroit a aussi particulièrement retenu notre attention : The Vault ! Une pièce fermée par une porte en forme de coffre de banque géant, où Bret nous a pourtant permis d’entrer, mais sans prendre de photos.

Il ne s’agit ni plus ni moins du lieu où travaillent les ingénieurs qui dessinent les clubs du futur, et les prochaines innovations. Au mur, visiblement accrochés, des croquis des futurs clubs… difficile d’en dire plus.

La visite du Kingdom

La journée s’est achevée par une initiation au « Kingdom », le practice privé de TaylorMade, situé juste en face des locaux de recherche.

Le club-house très « old fashion » et à la fois ultra moderne, accueille un vestiaire avec les sacs de grandes stars dont le regretté Jim Flick, un des meilleurs enseignants du pays, disparu en 2012.

Jason nous a accueilli pour enfin tester tous les clubs et balles présentés tout au long de la journée.

Grand moment de solitude sur les premières balles tapées avec le décalage horaire, plus la fatigue du voyage, mais finalement, passée l’appréhension du lieu, quel plaisir de taper driver, bois de parcours, hybrides, fers et wedges.

De supers sensations en particulier avec la gamme M2, et difficile de distinguer les nouveaux fers M1 des nouveaux fers M2 !

Le fitting s’est terminé par le test comparatif de la nouvelle TP5 versus Titleist Pro V1 version 2015/2016.

Test mené au trackman 3 avec un fer 7 M2, un fer 4, et avec un driver M2 statuant sur un gain net de vitesse de balle de près de 4 mph en faveur de la TP5, à priori un truc de dingue ! De quoi faire sauter de sa chaise Michael Fox, le category director pour les balles.

De tous les produits vus aujourd’hui, et franchement que du très bon, les balles seront sans doute en 2017 le plus gros événement pour TaylorMade.

S’agissant de ce premier test, étant donné que c’est TaylorMade qui nous a fourni les Titleist, la prudence nous invitera à refaire le test en France avec nos outils de mesures, avant de donner un avis et un engagement aussi précis. Nous devons à TaylorMade comme à Titleist, le même souci de transparence, et d’honnêteté intellectuelle.

D’autant que nous irons chez Titleist jeudi, et il y a fort à parier que la nouvelle balle Pro V1 sera aussi au centre des débats.

Au final, une superbe expérience globale chez TaylorMade, des équipes et des personnes passionnantes, une expression d’un très grand professionnalisme, beaucoup de qualité mis dans les produits, une belle démonstration d’image de marque sans le marketing, et la perception d’avoir été chez un leader du business du golf.

Un leader qui malgré le contexte actuel avec Adidas, veut toujours affirmer son leitmotiv : « Sortir des produits au niveau d’exigence du tour, pour des joueurs amateurs ».

Sur la question « Comment pouvez-vous aider les amateurs à mieux jouer ? » (alors que le niveau d’index moyen dans le monde est stable à 28 depuis plusieurs années), la réponse la plus unanime a été « More enjoyment »… Plus de plaisir. Et c’est tout à fait ce que nous avons ressenti en frappant des balles avec les derniers clubs TaylorMade.

Prochain meeting, mercredi au Ely Callaway Performance Center puis au headquarter de la marque Callaway, pour certainement le même type d’expérience avec la marque historique de Carlsbad.

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