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Callaway met au point le premier driver de golf à l’aide de l’intelligence artificielle

2019 marque le grand retour du driver Callaway Epic, mais cette fois dans sa version Flash. A l’occasion d’un déplacement en décembre, en Californie, au siège de la marque, j’ai pu découvrir en avant-première ce nouveau driver censée promouvoir une plus grande vitesse de balle. Alors que le contexte législatif sur les drivers n’a pas foncièrement changé, comment Callaway peut-elle produire plus de vitesse de balle ? La marque semble avoir franchi un nouveau palier dans le domaine de la recherche et du développement.

Visiblement, les grands fabricants de drivers se sont donnés le mot : En 2019, ce sera surtout une question de vitesse de balle !

Certes, le taux de spin, et les conditions de lancements restent d’excellents moyens d’optimiser la distance. Pour autant, la vitesse de balle, c’est véritablement le nerf de la guerre.

Alors que TaylorMade mise sur la Speed Injection pour se rapprocher du maximum possible de coefficient de restitution, Callaway a fait un choix sans précédent, et qui, s’il s’avère payant pourrait bien bouleverser la conception future des clubs de golf.

L’intelligence artificielle fait ainsi sa grande entrée dans le domaine des clubs de golf.

C’est un tout nouveau champ d’investigation qui s’ouvre pour l’industrie.

Alan Hocknell, le grand patron de la recherche et développement chez Callaway l’a admis bien volontiers, même lui, ne serait pas réaliser, avec sa seule intelligence une face dite Flash !

Callaway aurait investi 5 millions de dollars pour l’acquisition d’un super ordinateur capable de réaliser en quelques semaines, ce qui prendrait 34 ans à ordinateur portable récent !

Ce super calculateur a été alimenté en données récoltées depuis des années par les ingénieurs Callaway, pour produire la solution ultime de driving.

Cette solution n’allait pas être une question de couronne, une question de shaft, une question de semelle, mais principalement une question de face.

Bien entendu, Alan Hocknell a rapidement pris soin de nous préciser que cette face Flash ne pourrait pas aller sur n’importe quel driver, et qu’en fait, chaque élément du nouvel Epic Flash se combinerait dans une recette unique.

Soit une façon de se prémunir du raccourci que pourrait constituer le fait de prendre une face Callaway, et une tête dans une autre marque, pour en faire un autre driver.

Une bonne façon aussi de se prémunir des contrefaçons…

C’est d’ailleurs valable entre des produits de la même marque. Une face conçue pour un driver EPIC Flash montée sur une tête de Rogue ne performerait pas…

Pour chaque driver, et ce sera le cas pour le prochain Subzero, il y aura de légères différences dans la conception de la face.

Le supercalculateur a essentiellement permis de dessiner une toute nouvelle face, sans oublier de rendre son destin complètement lié au corps qui l’entoure.

Au cours de cette procédure, Callaway a capturé sur chaque côté de la face de son futur driver, plus de 5 millions de données, justement pour enrichir sa connaissance du driver parfait.

Alors concrètement qu’est-ce qu’une face Flash ? A part le fait qu’elle ait été entièrement dessinée par un super ordinateur ?

Sur sa surface extérieure, vous ne distinguerez pas forcément un changement notable.

C’est d’ailleurs une petite entorse au principe édicté par le Big Boss, Chip Brewer, qui voulait vendre de la technologie visible !

La face Flash, qui notons-le, répond quelque part à la Twist Face de la maison d’en face, se caractérise par une sorte de monticule bizarroïde ou série de vagues situées derrière la face, dans la partie habituellement cachée à l’intérieur de la tête.

Jamais Alan Hocknell n’aurait eu l’idée de faire varier à ce point l’épaisseur de la face, en différents points sur, et autour du sweetspot.

Au départ, il s’était tourné vers l’intelligence artificielle en demandant quelle pourrait être la meilleure solution pour produire un maximum de vitesse de balle, tout en sachant que le niveau de COR est limité à 0.83 en son point de performance maximum.

La réponse du Super Calculateur a été cette face bizarre.

D’ailleurs Hocknell a déclaré à son sujet « Quand vous travaillez dans le domaine des clubs de golf, vous êtes censé savoir comment les choses fonctionnent, pourtant, je ne pourrais pas en être certain à propos de cette face. »

Il a voulu souligner, avec sa modestie bien connue, la supériorité de l’intelligence artificielle. En même temps, c’est lui qui a passé la commande. Il reste le boss du département Recherche et Développement !

A ce propos, quand il a présenté ce projet à son patron, Chip Brewer, ce dernier lui a répondu « Pourquoi ne pas en acheter deux ? » dans une forme de « Si c’est la bonne idée, pourquoi ne pas foncer encore plus vite ? »

Hocknell serait bien embarrassé s’il devait modifier la Face Flash pour l’améliorer !

Dans les faits, il admet avoir recommencé le processus de calcul à quatre reprises pour 15 000 itérations, en modifiant les règles de l’équation sur la base des apprentissages précédents..

Ils n’en sont clairement qu’au début de l’expérience, et de l’usage plus répandu de l’intelligence artificielle, dans la conception des clubs de golf.

La chose la plus importante à comprendre concernant la Flash Face tient donc dans la répartition des zones à fortes épaisseurs, et faibles épaisseurs sur une face de driver.

Inversement à ce qui se faisait chez Callaway jusqu’à présent, la partie la plus fine est désormais au centre, très rapidement encerclée par une première zone beaucoup plus large, comme une vague circulaire.

C’est ce principe qui permettrait de non seulement générer de la vitesse de balle depuis le centre, mais aussi en périphérie.

Callaway essaie bien de produire de la vitesse depuis n’importe quel point d’impact.

Pour renforcer l’idée que leur produit était bel et bien unique, Hocknell a précisé que quand un nouveau driver sort, chaque marque s’en procure quelques exemplaires pour les couper, et regarder à l’intérieur.

En fait, chaque driver laisse une marque indélébile de ce que les concepteurs ont réellement voulu faire. Comment ils ont placé le centre de gravité ? Pourquoi ils ont déplacé des masses, et à quels endroits ?

Par exemple, quand vous coupez un driver avec le Jailbreak, ce serait à priori assez évident de comprendre que les deux barres en titane ont pour objet de renforcer la structure sur sa verticalité.

Avec le nouvel Epic Flash, ceux qui auraient dans l’idée de le couper pour regarder à l’intérieur, pourraient en être pour leurs frais.

Ce n’était sans doute pas le principal objectif au départ. Surtout que cette nouvelle face a profondément modifié le processus de fabrication, et le processus de mesure.

Concernant la fabrication, Callaway a été obligé de modifier sa façon d’intégrer la face au reste de la tête. Jusqu’à présent, la marque « castait » sa face avec le reste de la tête. Avec la Flash Face, ils ont intégré un insert avec un titane forgé qui répondait aux nouvelles exigences du dessin.

Dessin qui a nécessité des machines très spéciales.

Seulement deux au monde étaient capable de réaliser cet ouvrage, et notamment pour répondre au besoin de précision extrême de chaque vague derrière la face.

Cette dernière est ensuite chauffée à une température extrême, qui contribue encore à la renforcer, et enfin, elle est soudée au laser sur le reste de la tête.

Il faut environ 20 minutes pour réaliser une seule face pendant l’étape de production, sachant qu’il faut en produire des milliers…

J’en viens à l’essentiel ! Pour quels résultats ?

A ce stade, et bien que j’aie tapé le driver au Ely Callaway Performance Center, mais sans radars, comme un mécanicien sans ses outils, je ne pourrai pas vous donner un avis fondé ou définitif sur la performance d’un driver muni d’une telle face.

Les sensations étaient bonnes. Un fitter m’a passé le driver idéal pour moi, aussi bien pour le loft, le réglage du poids à l’arrière de la tête, et le manche.

Pour l’instant, je suis contraint de seulement vous rapporter les éléments déclaratifs de la marque.

Et bien évidemment, elle déclare qu’elle aura le driver le plus rapide sur le PGA Tour cette année. Comparativement au Rogue, le bénéfice de cette nouvelle face serait un gain de 1.5 mph en vitesse de balle, et donc 6 yards supplémentaires en moyenne.

Des chiffres qui auraient été déjà améliorés par des fittings avec des joueurs professionnels.

A ce propos, Callaway nous a montré des images de golfeurs professionnels atteignant jusqu’à 1.52 de smash factor, avec des vitesses de balles de 181 mph versus une vitesse de swing de 119 mph, pour en fin de compte une distance au carry de 335 yards (données que j’ai reconnu provenir d’un Trackman).

Il me semblait que le maximum possible était de 1.51, toujours compte tenu du COR limité à 0.83. C’est pourquoi, je prendrais des pincettes avec ces chiffres jusqu’à un test « maison ».

En conclusion, et j’en suis un peu désolé, je ne peux que vous rapporter ce que j’ai vu. A ce stade, je ferai plusieurs remarques.

La première, je n’ai pas eu l’idée de demander à voir ce super calculateur.

Dans le timing serré, je me suis fait prendre par les événements. En quelque sorte, je n’ai pas complètement vérifié « ma source ». C'est une erreur de ma part.

La seconde, je ne suis pas sûr de comprendre si la face Epic Flash reste bien dans la limite du coefficient de restitution, et comment.

Si je comprends que l’intelligence artificielle produit quelque chose que l’homme ne pouvait même pas imaginer, si je peux admettre que ce sera plus performant, comment est-ce que cela peut être plus rapide sans sortir de la limite ?

Normalement, la face n’agit pas sur la vitesse de swing, mais seulement sur la vitesse de balle, donc la limitation du COR reste une contrainte.

Si le driver EPIC Flash est commercialisé à cette heure, et il l’est, c’est qu’il correspond aux standards de l’USGA.

Il faut alors considérer que l’amélioration de la vitesse de balle n’est qu’une question sur les coups décentrés…

Comme précisé plus haut, je crois bien que Callaway a réussi son coup. Si les concurrents ne pourront pas comprendre le secret de la recette en ouvrant ce driver, pour l’instant, je n’ai pas non plus, et pour le moment, complètement percé le mystère de sa performance supérieure.

En 2019, pour tester les nouveaux drivers de golf, il va me falloir devenir un excellent mathématicien ou demander la participation de Cédric Vilani…

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