Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Adams Golf

Trois ans après le rachat par TaylorMade, et quelques semaines après la fermeture du siège social, que peut-il advenir de cette célèbre marque de matériel de golf, sponsor de golfeurs de renoms tel qu’Ernie Els, Bernhard Langer ou encore Tom Watson ?

Sommaire de ce sujet consacré à la marque Adams Golf

Beaucoup de questions se posent autour de l’avenir de la marque Adams Golf

Rapatrié Carlsbad, le siège de TaylorMade, la marque va-t’elle être ingérée par sa maison mère pour finir par disparaître. C’est en fait la question qui domine depuis trois ans.

D’autres pourraient penser que si Adams perdure, ce sera seulement pour être réservée aux golfeurs séniors comme semble en attester la stratégie déjà déployée sur le tour*.

*Adams Golf est l’une des marques les plus jouées sur le Champions Tour, circuit des plus de 50 ans aux Etats-Unis.

Ces thèses ne semblent pas partie pour se vérifier.

Bien qu’Adams Golf ait fortement influencé les ingénieurs de TaylorMade depuis trois saisons, notamment avec la speed pocket, largement reprise au compte de la grande marque, Adams Golf pourrait bien trouver un nouveau destin dans les plans du nouveau patron de TaylorMade, Ben Sharpe, successeur du génial Mark King, figure emblématique du développement de TM ces dix dernières années.

Comme souvent dans l’histoire des marques de matériel de golf, le destin est souvient lié à la vision d’un homme.

On pense à Karsten Solheim pour Ping, Ely Callaway pour Callaway, Mark King pour TaylorMade, ou encore Roger Cleveland…

Dans le cas de TaylorMade, la promotion de Mark King chez Adidas Etats-Unis a laissé une drôle de place à occuper en tant que patron du numéro un des équipements de matériel de golf !

A la fois, la place de leader incontesté, et à la fois, une position fragilisée avec des résultats catastrophiques en 2014, comme si le génie de Mark King allait enfin trouver de sérieuses limites après plus de dix ans d’expansion à outrance.

Pour Ben Sharpe, la place de président de TaylorMade et Adams Golf était aussi bien une superbe opportunité qu’un cadeau empoisonné

Faire mieux que Mark King parait pratiquement impossible !

Il s’est imposé dans l’industrie comme le Steve Jobs du club de golf, et donc comme le gourou de l’industrie.

Ces résultats de ventes ont été exceptionnels mis à part 2014. Et justement, Sharpe semble arriver au moment où il faut payer l’addition.

Les surstocks des principaux distributeurs forcés à changer les gammes tous les six mois ont achevé de scier la branche sur laquelle toute l’industrie reposait, et Sharpe est aujourd’hui confronté à la fin du modèle King.

Alors, finalement, le cadeau empoisonné, est une belle opportunité d’immédiatement se distinguer, et trouver de nouvelles voies de développement.

C’est là où le destin d’Adams Golf pourrait bien être lié à la vision de son nouveau patron

Si depuis trois ans, la plupart des observateurs n’ont cessé de prédire la fin de cette marque, ce n’est pas encore arrivé, et cela ne pourrait jamais arriver, au contraire…

Pour autant, cela ne veut pas dire que les employés ex-Adams Golf aient été tout à fait sereins sur cette période, car, il faut bien dire que l’avenir de la marque a tardé à se dessiner.

King a probablement acheté Adams, flairant le bon coup, en ayant une esquisse de projet. Restait à ce que le dessin soit abouti, et pleinement mis en œuvre.

Dans les premiers temps, on a bien vu un changement dans l’offre de fers d’Adams Golf, sans aucun doute inspiré par TaylorMade, s’éloignant du vieil adage de la marque rachetée : « Quelque chose pour tout le monde. »

Et justement, dans les premiers temps, on a pensé que TaylorMade pourrait se servir d’Adams pour cranter différemment son offre de clubs.

TM aurait ainsi pu monter en gamme, se concentrant uniquement sur les meilleurs golfeurs, tandis qu’Adams Golf aurait été positionné sur les golfeurs moyens, et les seniors.

Cette stratégie a un énorme défaut !

Le marché des meilleurs golfeurs n’existe pas ou alors à la marge !

La part des golfeurs classés entre 0 et 5 d’index est tout à fait minoritaire, et presqu’inexistante.

Dans la pyramide des golfeurs, c’est pratiquement la pointe extrême, et ce n’est donc pas un segment dit Money Maker.

Dans l’industrie du golf, ce qui fait le succès mesurable en dollars, et qui a toujours été la cible numéro un de TaylorMade, c’est bien le segment global des amateurs ayant assez d’argent à dépenser dans l’achat de clubs de golf, la grande majorité des golfeurs amateurs, et c’est bien pourquoi, autant Adams que TaylorMade ont toujours été directement en concurrence, et donc pas complémentaire.

Bien que l’année 2014 ait été mauvaise d’un point de vue des ventes, TM peut toujours se vanter de vendre un bois de parcours sur deux, et une série de fers sur trois, ce qui lui confère la plus grosse part de marché.

Pour le nouveau patron des deux marques, Ben Sharpe, le problème qui se pose est donc le manque de différenciation, et la confusion que cela peut engendrer dans l’esprit du consommateur.

Il convient donc de redéfinir chaque marque, et d’expliquer la différence

Bien que la fermeture du siège d’Adams Golf ait été perçu comme un signe négatif, 2014 aura été une étape clé dans l’histoire à venir de la marque.

Car pour la première fois depuis son rachat, une stratégie claire se dessine, et surtout, une stratégie qui ne soit pas dévalorisante pour la petite marque, mais au contraire, génératrice de valeur ajoutée.

Ben Sharpe ne s’est jamais caché du fait qu’il trouvait pertinent le fait que les équipes R&D des deux entités se rapprochent pour mieux communiquer, et échanger de bonnes idées au bénéfice des deux marques.

Ainsi, il a déclaré « Si les ingénieurs d’Adams parlent avec ceux de TaylorMade, alors nous sommes sûrs que nous nous inscrivons dans une position de complémentarité plutôt que dans une position conflictuelle. »

Pendant ses 100 premiers jours comme patron de TaylorMade-Adidas Golf, Ben Sharpe a posé beaucoup de questions, et notamment « Pourquoi aimez-vous le golf ? »

Comme vous pouvez l’imaginer, l’étendue des réponses a été très large.

Certains ont parlé de frappé le coup parfait, d’autres ont parlé de passer du temps avec la famille et des amis…et finalement, pour Sharpe, ce qu’il a compris comme étant essentiel, c’est que justement, les deux étaient possibles.

De ce fait, il lui a paru raisonnable de diviser les golfeurs en deux groupes homogènes.

« Vous avez des golfeurs qui veulent faire de la compétition, et d’autres qui veulent juste jouer. »

On comprend très vite où Sharpe veut emmener son entreprise multi-enseignes.

TaylorMade pourrait donc se tourner vers les golfeurs-compétiteurs, tandis qu’Adams Golf se concentrerait sur les joueurs qui veulent jouer.

TM continuerait à innover pour se battre contre Callaway, Titleist, PING et les autres.

Alors que la prochaine génération de clubs, bois et hybrides Adams pourrait exclusivement être destiné aux golfeurs du dimanche. Ceux qui jouent occasionnellement, sans toujours noter leurs scores sur une carte, et qui cherchent surtout à taper quelques bons coups sans trop chercher ce fameux coup parfait.

Simplement passer du bon temps sur le parcours…

Est-ce que cette stratégie industrielle et commerciale peut fonctionner ?

Compte tenu de l’importance du fait que des clubs soient joués sur le PGA Tour sur les ventes au détail, cette hypothèse demande à être vérifiée.

Difficile d’imaginer que des clubs qui ne seraient pas jouer par les pros puissent séduire les amateurs, bien qu’en soi, cet argument est complètement insensé.

Est-ce que Monsieur tout le monde pourrait conduire la formule un de Lewis Hamilton ou Sebastian Vettel ?

De plus, la gamme d’hybride d’Adams Golf est à ce jour, celle qui est la plus jouée sur le tour, PGA comme European Tour.

Cependant, le fait de concevoir des produits pour le golfeur du dimanche, n’implique pas forcément qu’aucun pro n’utilise des clubs Adams à l’avenir.

Pour l’instant, Ernie Els, Tom Watson, Bernard Langer ou encore Kenny Perry sont les principales têtes d’affiches de la marque bien qu’ils soient plus ou moins tous dans la catégorie des seniors…Els n’a pas encore 50 ans, et on pourrait considérer qu’à 44 ans qu’il fait partie des jeunots dans ce team…

Adams Golf : un nouveau relais de croissance

Au début de cet article, nous avons souligné à quel point la tâche qui attend Ben Sharpe allait être difficile, et les opportunités de développement minces.

Pourtant, ce dernier est bien convaincu du contraire.

Justement parce qu’une partie du lègue de son prédécesseur peut l’y aider.

Avec le projet Hack Golf lancé par Mark King qui consistait à répertorier toutes les idées pour développer le jeu, et enlever les freins, Ben Sharpe sait exactement ce qu’il faut faire pour aller dans le bon sens.

Aujourd’hui, les principaux reproches qui sont fait au golf sont :

  • Le golf est trop cher.
  • Le golf est trop difficile (besoin d’agrandir les trous)
  • Le golf est trop long (besoin de parcours plus court et plus rapide à jouer ou de moins de trous).

Autant de reproches qui ont apporté des réponses auxquelles Ben Sharpe ne croit pas forcément, mais au contraire, qui lui ont permis de se forger d’autres convictions.

Pour développer le golf, il croit beaucoup plus dans le fait qu’il faut capitaliser sur ce qui est positif plutôt que sur ce qui est négatif.

Il a ainsi commenté sa vision « Adams Golf peut être bien plus qu’une marque de matériel de golf de plus ! Cela peut être un mouvement essayant d’amener de l’amusement, et du fun dans ce jeu. Cela peut être bien plus que simplement des clubs de golf. »

La fin d’Adams Golf, vive le nouvel Adams Golf !

Pour la marque lancée en 1991 par Barney Adams à Dallas au Texas, initiateur des hybrides Adams Tight Lies, succès commerciaux indéniables, les temps changent, et ce qu’a été la marque par le passé, ne sera sans doute pas ce qu’elle sera dans le futur.

Si aux USA, la marque compte des fanatiques qui pourront s’offusquer de ce changement de cap, en France, la marque est soit inconnue, soit assimilé à une marque bas de gamme, ce changement de stratégie pourrait bien être une opportunité de positiver l’image.

Et comme souvent avec les « big heads » de TaylorMade, il ne s’agit pas simplement de vendre des clubs de golf, mais bien plus que cela…

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.