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A quoi sert la FFGolf, quel est vraiment son rôle ?

A quoi sert la FFGolf, quel est vraiment son rôle ?

Pour le développement de toute activité sportive ou de loisir, une fédération est incontournable et porte plusieurs missions pratiquement assimilables à un travail de service public, ce qui explique pourquoi elle est la plupart du temps affiliée au ministère de la jeunesse et des sports. Dans le cadre d’un dossier spécial, nous avons voulu nous poser des questions sur les missions de la FFG, son rôle et ses actions en faveur du développement du golf amateur, et ce dans la perspective de la prochaine Ryder Cup, et de l’émergence d’un futur grand champion.

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Préambule

Avec près de 400 000 licenciés, la FFG a plutôt bien réussi à contenir la forte baisse de la pratique golfique constatée partout dans le monde à la suite des crises économiques et financières successives de ces dernières années.

Depuis au moins dix ans, la fédération française de golf a infléchi sa politique de développement pour la tourner vers le sport de haut niveau.

Les leaders d’opinion de la FFG ont considéré que pour changer l’image du golf souvent jugée « sport de riche », « sport de vieux », « sport élitiste » ou encore « sport fermé », il fallait en passer par l’élite.

C’est ce qui a conduit Pascal Grizot à porter le projet de la Ryder Cup en France en 2018.

Après une âpre campagne de conviction auprès des instances européennes du golf, la France a fini par décrocher le précieux sésame.

La reconnaissance ultime de la France comme terre de golf dans un environnement pourtant très anglo-saxon.

Pour la FFG, c’est en fait la première pierre d’une stratégie à très long terme.

Dans ce même laps de temps, elle a consenti d’importants efforts financiers pour développer une véritable filière de performance pour amener plus de jeunes garçons et de jeunes filles vers l’élite mondiale.

En exemple, le pôle espoir de Terre-Blanche qui accueille une grande partie de l’année, les Romain Langasque et autres grands golfeurs en devenir.

Le rêve ultime étant une victoire d’un français en majeur.

Le golf souffre d’une forme de sous-médiatisation

Le dimanche soir dans le célèbre magazine Sport 6, il y a toujours un petit message concernant le vainqueur du tournoi de tennis du week-end, quel que soit le vainqueur et le lieu.

Et il faut bien admettre qu’il est très rarement français, et de plus, le tournoi se passe à des milliers de kilomètres de l’hexagone.

Dans les faits, le golf n’a rien à envier au tennis. Pourtant, aucune image sur le golf dans les mêmes circonstances.

Et sans faire offense à M6, ce n’est pas le seul média national et généraliste qui fasse totalement l’impasse sur le golf.

Alors, le pari, c’est d’imaginer qu’organiser la coupe du monde du golf, et parallèlement de générer un « Yannick Noah du golf », pourraient changer la donne.

Est-ce pourtant le véritable enjeu du développement du golf en France ?

Au moment d’imaginer cette stratégie, la fédération a lancé un chiffre que tout le monde a en tête : 700 000 licenciés à horizon 2018, et conjointement avec l’objectif de la Ryder Cup à Paris.

Ce chiffre a encore été confirmé par les instances fédérales en juillet 2015.

Cependant, il a été révisé à 700 000 à horizon 2022…

Aujourd’hui en 2016, cet objectif paraît beaucoup plus flou, et surtout ne pas être en passe d’être atteint, ni en 2018, ni en 2022, ni peut-être jamais.

Certes, la France a moins souffert que l’Espagne ou l’Italie, pays où le nombre de golfeurs a été divisé par deux ! Il est bon de le rappeler.

Pourtant depuis trois ans, au lieu d’être dans une constante progression, la population golfique française recule de 2% par an ou au mieux est stagnante. La dynamique n’est donc pas enclenchée.

Des facteurs extérieurs comme la crise peuvent l’expliquer mais pas seulement…

En 2016, la France compte toujours seulement 0.7% de sa population qui joue au golf.

Un chiffre dérisoire pour un pays développé en comparaison des 10% de golfeurs aux USA, certes une autre extrémité.

Mais entre moins de 1% et 10%, imaginons qu’il y a peut-être un autre juste milieu, et que le chiffre actuel révèle d’autres difficultés que les simples « clichés » habituellement attachés au golf.

La FFG par la voie de son président, Jean-Lou Charon, nommé en 2013, et donc à la direction depuis déjà trois ans, constate que le golf gagne chaque année 50 000 golfeurs mais en perd dans le même temps 70 000 !

Notons toujours selon les chiffres publiés par la FFG concernant les licences que la part qui baisse le plus significativement, et c’est inquiétant correspond aux indépendants directement licenciés auprès de la FFG et au golf scolaire !

Cela tend à démontrer deux choses :

Les golfeurs qui abandonnent le plus sont ceux qui sont le moins encadrés par les clubs, et la fédération.

L’action en faveur du développement du golf scolaire est en « crise », alors que cela devrait être « LA priorité » pour renouveler et rajeunir constamment la population de golfeur.

Explication de la baisse des licences Source : FFG

Sur le premier point, de nombreux directeurs de golf critiquent en « off », le fait que la FFG ait ouverte la possibilité de prendre des licences sans appartenir à un club, et pour eux, la baisse des licences serait le résultat direct de cette politique.

Le fait de ne pas être intégré dans la vie d’un club fait qu’un golfeur se sente facilement isolé, et ne bénéficie pas pleinement de la convivialité d’un club de membres pour tisser des liens durables.

Il y a donc un problème, et peut-être même plusieurs

Au-delà des actions d’envergures, et notamment de la Ryder Cup, au quotidien, et plus proche des préoccupations des golfeurs de tous les jours, la FFG a décidé de renforcer son dispositif « Tous au golf » par un nouveau système appelée « Pass Go For Golf »

Cette semaine, la FFG dans sa newsletter hebdomadaire n’a pas hésité à communiquer son satisfecit sur cette opération, la qualifiant de succès.

Nous avons voulu en avoir le cœur net car quand nous interrogeons les directeurs de golf, au moins de la région Rhône-Alpes, deuxième plus grosse région de France pour le golf après l’Ile-de-France, le résultat n’est pas aussi enthousiasmant.

Il s’agit là de l’avis de professionnels au contact du public. Leur avis a de ce point de vue plus de pertinence que n’importe quel autre.

Puisque les directeurs des golfs estiment que cette opération génère un résultat limité. Nous avons creusé encore la question.

La FFG a édité un spot de publicité réalisé par l’auteur à succès et passionné de golf, Arnaud Gidoin.

Nous avons été immédiatement arrêté par un chiffre frappant !

Mis en ligne le 9 mars 2016 sur la plate-forme de partage de vidéos en ligne aux millions d’utilisateurs dans le monde, Youtube, la vidéo tournée l’an dernier a été vue par….978 personnes dont nous a trois reprises !

Chiffres vérifiables par tout un chacun sur https://www.youtube.com/embed/gH_lL6oRgDs

Ce qui explique peut-être pourquoi les directeurs de golf que nous avons interrogé n’en sentent pas l’effet.

Est-ce que serait une nouvelle histoire de répartition du budget entre tourner la vidéo et la diffuser ? La première action ayant siphonné la seconde ?

Est-ce que la fédération française de golf comptait sur la diffusion virale ?

Pour ce faire, elle aurait pu se tourner vers les acteurs de la presse digitale, en partant du principe que ce n’est pas la presse papier qui peut relayer une vidéo en ligne facilement pour une raison technologique que tout le monde comprendra.

Passons la question sur le Pass Go For Golf, principale action pour le développement et la création de nouveaux golfeurs en France.

Alors si la FFG ne crée pas directement des golfeurs, qui créé les 50 000 nouveaux golfeurs ?

A première vue, les golfs eux-mêmes, et en soi, près de 700 structures privées et publiques en France dont en tête de proue on trouve avec plus de moyens, NGF, Blue Green et Golfy qui pèsent 16% du secteur (chiffres FFG).

Dans le cadre de ce dossier, nous avons voulu interroger les trois acteurs.

Pour Monsieur Chevalier, NGF à travers ses différentes opérations tournées vers les débutants revendique la création chaque année d’au moins 3000 nouveaux golfeurs.

Pour parvenir à ce résultat, la chaîne se démène avec des formules all-inclusive et des tarifs très avantageux, allant jusqu’à offrir la première demi-série de clubs dans une de ses formules.

Blue Green n’est certainement pas en reste. Elle a d’ailleurs missionné tout un pan de sa structure pour l’accueil des nouveaux golfeurs.

Selon Madame Anne-Sophie Bisson, directrice de la communication, Blue Green initie entre 6000 et 7000 nouveaux golfeurs chaque année.

Les initiatives en faveur de la création de nouveaux golfeurs ne s’arrêtent pas aux seules chaînes.

Nous n’allons pas lister ici toutes les actions individuelles, mais prenons par exemple, le cas du golf de l’Ile Fleurie, en région parisienne.

Le Golf de l’île Fleurie organise du 26 mars au 3 avril, la deuxième édition de la semaine du golf, une initiative privée !

Soit 9 jours de découverte gratuite du golf pour initier près de 350 personnes !

Finalement, deux questions se posent…

Qui créé concrètement les nouveaux golfeurs que revendique la FFG ?

Les clubs ? Les actions terrains dédiées aux débutants, ou la tenue dans deux ans de la Ryder Cup qui n’est d’ailleurs pas souvent évoquée dans la presse grand public depuis le jour de son attribution à la France ?

Les contreparties de la Ryder Cup

Revenons-en un instant à l’attribution de la Ryder Cup et des engagements à tenir en contrepartie, avec en particulier la création de 100 nouvelles structures péri-urbaines pour encourager les citadins à découvrir l’activité.

Le plan 100 petites structures initié en 2013 reprenait à son compte tous les projets de créations de terrains ou de practices d’initiatives privées ou pas.

Depuis 2014 et l’annonce de ce grand projet pour la France, il est difficile de trouver trace d’un état d’avancement, et pas même sur le site de la FFG.

Que s’est-il passé depuis deux ans ?

Exemple concret : Annoncé pour ouvrir en 2014 puis en 2015, la structure de Tassin La Demi-Lune en périphérie de Lyon est à ce jour le seul projet qui a abouti près de la troisième plus grande ville de France, et non sans retard par rapport au calendrier initial.

Dissipons un malentendu !

Le projet 100 structures ne signifie pas en fait que la FFG ou les pouvoirs publics vont créer 100 nouvelles structures d’ici 2020.

En réalité, un certain nombre de projets d’initiatives privées déjà lancés en amont de la Ryder Cup ont été comptabilisées dans ce chiffre, selon Stéphane Serra de l’agence 7EME green, auteur d’une étude sur le coût réel du golf en France, étude que nous avions publié sur le site en 2015

Etant donné les aléas économiques d’une activité finalement fragile, il n’est pas garanti que toutes les structures privées arrivent à terme dans ce laps de temps.

La France compte 30 000 communes.

100 structures ne signifient pas que chaque français va se retrouver avec un golf à moins de 10 kilomètres de son domicile !

Ce n’est même pas le sujet à une époque où sur les 600 structures déjà existantes, certaines ont fermé ou sont proches de déposer le bilan, faute d’équilibrer les comptes entre dépenses d’entretiens considérables et annualisés, et chiffre d’affaires météo-dépendant dans un environnement récessif.

La plupart des directeurs de golf que nous interviewons toute l’année, font plutôt état d’un objectif d’équilibre des comptes au mieux !

Creusons encore un peu le sujet des 100 structures avec ce qui avait été imaginé au départ.

Rappelons ce que la FFG et le CNDS ont signé.

Afin de contribuer à l’aménagement du territoire dans le domaine sportif, le CNDS (Centre National pour le Développement du Sport) subventionne prioritairement la construction et la rénovation d’équipements sportifs publics et associatifs.

Les attributions de subventions des équipements sportifs sont idéalement fondées sur les schémas directeurs fédéraux.

Une convention triennale 2010-2013 a été signée le 1er juillet 2010 entre le CNDS et la ffgolf, après consultation de l’Etat, du ministère chargé des sports, du Comité National olympique Sportif Français (CNOSF), de l’Association Nationale des Elus en charge du Sport (ANDES) et des principales associations nationales représentatives des collectivités territoriales (AMF, ADF, ARF).

Cette convention ffgolf & CNDS permet de soutenir le plan de déploiement des petites structures à maîtrise d’ouvrage publique ou associative, en aidant prioritairement, par un mode de subventionnement spécifique, la création de petites structures golfs compacts et golfs pitch & putt, conformes au schéma directeur ffgolf.

D’accord, mais à ce stade aucun objectif chiffré, ni aucune approche budgétaire !

Dans quelle entreprise ne chiffre-t-on pas les projets, et ne fixe-t-on pas de dates d’échéances ou d’objectifs précis à atteindre ?

Creusons encore le sujet…

Nous avons téléchargé tout à fait librement la convention signée par les deux présidents, Jean-Lou Charon d’une part, et Jean-François Guillot d’autre part.

Là-aussi, pas trace d’aucun objectif quantifié.

Simplement un élément intéressant, la convention prend effet le 1ER janvier 2014, et se termine le 31 décembre 2018.

Elle peut cependant être renouvelée et évaluée selon des critères qui ne sont d’ailleurs pas fixés dans la convention.

Premier élément de réflexion, à mi-parcours de cette convention, combien de projets publics ont réellement été financés ou démarrés ?

Deuxième élément de réflexion, que se passe-t’il au 31 décembre 2018 si l’objectif n’est pas atteint ?

Comment affirmer qu’il y aura 100 nouvelles structures en France d’ici à 2020 ou 2022 si la convention ne couvre que la période 2014-2018 ?

Question finale : Est-ce que le plan 100 nouvelles structures va bel et bien aboutir, et quel est l’apport réel de la FFG mis à part comptabiliser les structures dans un rapport powerpoint ?

Abordons maintenant le sujet plus au cœur de la FFG.

Qui sont les membres du comité de direction, quelles sont leurs origines, et quel est leur regard sur le développement du golf en France ?

Le comité directeur de notre fédération française de golf est composé de 32 membres élus au scrutin secret par l’Assemblée Générale de la Fédération française de golf, pour une durée de 4 ans.

La dernière Assemblée Générale élective, constituée de tous les clubs affiliés qui disposent d’un nombre de voix proportionnel au nombre de leurs licenciés, a eu lieu le 29 mars 2013.

Proportionnel aux nombres de licenciés ? Quels sont les clubs qui apportent le plus de voix ?

Au vue de la répartition des golfeurs en France, il y a déjà de grandes chances que les plus grands golfs par nombre de licenciés ou de membres se trouvent en région Parisienne.

97 sur 713 sont concentrés en Ile-de-France toujours selon les chiffres de la FFG.

Paris étant séparé de l’Ile-de-France dans le comptage des licenciés, soit 48 000 d’un côté, et 38 000 de l’autre pour un total réel de 86 000 golfeurs répartis sur au moins 97 golfs, soit une moyenne théorique de 900 joueurs par terrain.

Difficile d’aller plus loin dans le raisonnement, il n’existe aucune base de données accessible au public pour comptabiliser le nombre de membres par golf, et surtout les classer par taille.

On peut simplement imaginer que les golf du Racing, de Saint-Cloud, de Saint-Germain, du Prieuré, de Saint-Nom-la Bretesche, du Stade Français Courson, de Bussy ou de Fourqueux ont les plus gros contingents de licenciés, ne serait-ce que par la taille des structures, allant parfois jusqu’à compter 36 trous, soit deux parcours.

Pour contourner la problématique du rapport de force entre les golfs en France, intéressons-nous à la provenance des membres du « board ».

Il se trouve qu’en majorité, ils sont issus des clubs de golf les plus prestigieux, les plus emblématiques, et les plus anciens de notre paysage golfique.

Ce n’est pas leur faire injure. C’est simplement le reflet de l’exercice du pouvoir des clubs les plus « historiques » sur l’ensemble de la fédération.

Cependant, dans ces clubs, se trouvent aussi ceux qui sont encore assez « réservés » à des membres exclusifs.

Question : Quand il s’agit de parler de démocratisation du golf et d’ouverture vers une population plus large, est-ce que ces personnes, tout à fait respectables, sont les plus au fait de ce qui compose les opportunités et les menaces/contraintes d’un golf qui accueille du public, et se veut le plus ouvert possible ?

Toujours au titre d’une question, est-ce que la représentativité du comité directeur élu par les plus grands golfs en nombre de licenciés garantit une représentation équitable des petits golfs, et des golfs qui travaillent sur le développement du golf hors de ses frontières ?

Nous n’apportons pas ici la réponse.

Au cours de nos recherches, nous sommes tombés sur un courrier publié en ligne et émis par John Hudson en 2013 Président de la Fédération des Pitch & Putt à l’endroit de Gérard Nadot, président de la sous-comission Pitch & Putt de la FFGolf, et secrétaire général de la FFGolf, sorte de numéro 5 de notre gouvernement golfique.

Dans ce courrier, Monsieur Hudson, qui souhaite quitter ses fonctions et a animé jusqu’à présent bénévolement son association, s’inquiète du manque de dynamisme apporté à son segment.

Allant jusqu’à parler de secteur « négligé » concernant les pitch and putt, le segment qui est pourtant censé être le fer de lance de notre nouvelle politique de développement et d’ouverture vers plus de nouveaux golfeurs d’ici à 2020.

A-t-il été entendu ?

Nous n’apportons pas ici la réponse…

Autre volet de notre enquête consacré aux missions de la FFG, son budget de fonctionnement

Finalement, 408 000 licenciés qui paient 52 euros ont le droit de savoir ce qu’il advient de leur argent, soit un budget théorique avoisinant les 21 millions d’euros en 2016.

Deux choses à savoir :

A l’époque, le budget faisait état d’un chiffre de 27 millions d’euros selon la FFG.

Selon Céline Prévost en charge des partenariats et du marketing au sein de la Fédération Française de Golf, 80% du budget de la fédération est majoritairement issue des licences.

29% du budget de la ffgolf est affecté à l’organisation du sport en France, première des missions régaliennes de la ffgolf.

Les Ligues régionales, cellules décentralisées de la ffgolf, perçoivent également une manne financière non négligeable pour décliner la stratégie sportive sur leur territoire (15% du budget de la ffgolf) et faire la promotion de la discipline auprès du plus grand nombre (10% du budget de la ffgolf).

Par contre, pas de détail sur l’utilisation de cette somme d’argent avec des exemples concrets de projets financés…

16% du budget est quant à lui affecté à la gestion du Golf National, propriété de la ffgolf et outil au service du développement du golf.

Enfin, 12% du budget de la fédération est affecté aux actions de communication et de développement.

Donc 12% de 27 millions, cela donne un budget de 3.2 millions d’euros par an pour la communication.

De quoi se payer une fois par an un spot de publicité à la télévision sur une grande chaîne d’audience nationale pour vanter la pratique du golf, et à l’image de ce que réalise la fédération française d’équitation chaque année à la rentrée ?

Tout du moins jusqu’en 2014 avant que le secteur de l’équitation ne soit touché par le problème de la TVA sur les clubs d’équitations.

Autrement dit, vous avez deux fédérations qui oeuvrent pour le même objectif : Augmenter le nombre de pratiquants.

L’une fait l’impasse sur les médias généralistes, et recule ou au mieux stagne.

L’autre joue à fond la carte de la jeunesse avec un spot dédié aux enfants et diffusé à la rentrée pour recruter massivement de jeunes enfants, et en particulier des filles.

Avec pour résultat, s’imposer comme le troisième sport le plus pratiqué en France, et ce, en seulement quelques années.

En matière de spot publicitaire, il y en a pour tous les budgets.

Si par exemple, les trente seconde de pub sur France 5 en semaine à 7 heures du matin coûtent 60 euros, le prix des trente secondes de pub lors de la diffusion du film Intouchables le dimanche soir en prime-time sur TF1 peut grimper juqu'à 156.000 euros.

Forcément, s'offrir un spot de publicité dépend aussi du montant que l'annonceur veut (peut) mettre et de la cible qu'il veut (peut) toucher.

Mathématiquement, plus les téléspectateurs seront susceptibles d'être devant le poste, plus le prix des trente secondes de publicité sera élevé.

Pourtant, il semble que jamais la FFG n’ait tenté une communication grand public comparable à celle de l’équitation, sport individuel qui a rattrapé, puis dépassé le golf en France à la faveur d’une initiative d’ampleur et télévisuelle.

Pourquoi la FFG ne s’engage-t-elle pas dans un tel programme ?

Pourquoi n’a-t-elle pas débloqué un budget pour faire la promotion de son Pass Go For Golf ? Surtout après avoir pris le soin de faire réaliser le spot par un professionnel des médias ?

La question du prix de la licence et de l’assurance

Concernant les licences, une rumeur circule sur le fait que la FFG envisagerait à l’avenir de séparer la licence en deux entités : Loisir et sport.

Pour la licence loisir, le prix pourrait ne pas dépasser les 5€, soit le prix de l’assurance.

Pour la licence sport, le prix pourrait soit rester à 52€, soit augmenter avec par exemple l’incorporation du badge fédéral de 35 qui depuis le 26 février 2015 a été mis en place auprès des joueurs qui jouent des grands prix, non sans provoquer une certaine colère des clubs, des ligues, et des joueurs concernés, allant jusqu’à parler de « Golfotaxe ».

Intéressons-nous particulièrement à la question de l’assurance golf qui est souscrite depuis des années auprès de Generali, le partenaire de la fédération française de golf.

Sur 5 euros par licence, et soit 408,000 licenciés, cela représente un budget de 2 millions d’euros.

Sachant que le golf est une activité qui engendre assez peu d’accidents.

Qu’advient-il de ce budget de 2 millions d’euros par an ? Quelle part est réellement redistribué aux assurés ? Cette part du budget peut-elle être revue à la baisse ?

Nous n’apportons pas ici la réponse.

La question des frais généraux et des effectifs

Autre question, est-il nécessaire que le budget des frais généraux de la FFG soit de 9%, à savoir 2,4 millions d’euros, et pratiquement autant que le budget dédié au développement du golf ?

Dans le compte d’une entreprise, les frais généraux s’apparentent la plupart du temps, et la liste n’est pas exhaustive, à l’achat de ramettes de papier, de stylos billes, de location de photocopieurs…

Sixième fédération sportive par la taille, la FFG déclare un effectif compris entre 101 et 300 personnes salariés (source page Viadeo de la FFG faute d’avoir trouvé aucune information sur le site de la fédération ni ailleurs), tout en étant une organisation à but non lucratif.

A titre de comparaison, la FFT, fédération française de tennis qui gère plus d’un million de licenciés, deuxième sport le plus pratiqué en France déclare un effectif de 320 salariés permanents pour trois fois plus de licenciés que le golf. (1,120,000 en 2012 selon la FFT).

Question : Est-il nécessaire que le budget de fonctionnement de la FFGolf soit aussi élevé en comparaison de celui de la FFT pour trois fois moins de licenciés ?

Nous n’apportons pas ici la réponse.

D’autre part, dans le budget de la FFG, nulle part n’apparaît dans les dépenses, la notion de masse salariale, noyée dans une répartition des dépenses par postes.

Finalement, quelle est la rémunération des décideurs de la FFG dans un pays où même le président de la république est obligé de dévoiler son salaire mensuel brut ?

Rappelons que pour jouer au golf, la licence est obligatoire. Elle donne des droits et des devoirs, notamment celui de respecter l’étiquette de la pratique du golf.

Elle doit aussi donner le devoir de la transparence à ceux qui perçoivent les revenus de cette même licence.

Avant-dernier volet de notre enquête consacré au rôle de la fédération française de golf, son action en tant que média.

La FFG a mis en ligne un site Internet, et celui-ci ne se contente pas de vous informer sur l’actualité fédérale, mais agit comme un média golf au même titre que le Journal du Golf ou Golf Magazine.

A ce titre, la FFG agit comme un média et finance cette activité.

Sur son propre site, elle fair état de quelques chiffres : 180 000 visiteurs et 3,5 millions de pages vues par mois.

Une audience qu’elle qualifie elle-même de « audience CSP+, technophile et urbaine. »

Pour rentabiliser cette audience, la FFG publie un kit média que tout le monde peut télécharger.

La newsletter de la fédération censée vous apporter des informations sur votre pratique du golf est en fait envoyé deux fois par mois, à raison d’un taux d’ouverture qualifié d’unique (25%) avec la présence d’un seul annonceur qui a la possibilité de segmenter son envoi par population : sexe, âge, index et lieu de résidence.

Question : Quelle est la mission de la FFG ?

Vous informer sur l’actualité fédérale ou fournir à des annonceurs commerciaux vos données numériques et personnelles ?

Jusqu’où la fédération va dans la commercialisation de vos données personnelles ?

Est-ce éthique ? Est-ce loyal vis-à-vis des golfeurs amateurs ?

Nous n’apportons pas ici la réponse.

Dans cet état d’esprit, nous posons encore une question sur l’impact de la FFGolf sur l’enseignement

Courant mars, la FFG a annoncé vouloir mettre en ligne un nouveau magazine de vidéos de cours de golf réalisé par Patrice Amadieu, le patron technique de la fédération, et diffusé gratuitement.

Question : Quel en sera l’impact sur le chiffre d’affaires réalisé par les enseignants de golf ?

Trouve-t-on que le segment n’est pas déjà assez en crise du fait d’un nombre d’enseignants qui ont été diplômés en masse sous l’effet d’une dérégulation du système, créant un déséquilibre entre l’offre et la demande de cours de golf, et avec pour effet un appauvrissement des professeurs de golf français ?

Il serait intéressant d’avoir l’avis des enseignants de la PGA française à ce sujet.

Pour conclure ce très long dossier qui se garde de donner des réponses, et des affirmations, mais se contente de poser des questions auxquelles nous aimerions comme vous avoir des réponses, nous vous incitons à compléter cet article de vos commentaires, questions ou avis, et nous ne fermons pas l’accès à un droit de réponse des intéressés, et bien entendu, la fédération française de golf.

Ainsi, nous concluons notre article avec une dernière question qui est en fait aussi la première posée en titre.

A quoi sert la FFG ? Sert-elle au développement du golf en France ou au développement de la fédération française de golf ?

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Commentaires   

Avec
 
antoine
0 #3 La réponse est dans la questionantoine 27-03-2016 18:02
Cela va faire un demi siècle que le problème est le même dans nombre de fédérations sportives. Par ex : Fédération de moto avec des présidents qui n'on jamais posés leurs fesses sur une moto, etc.
Alors pourquoi en serait t'il autrement pour le golf ?
Qu'en est-il des dirigeant de la FFG, quel est leur parcours sportif ?
Les fédés sportives sont éminemment politiques, mais avec encore moins de démocratie que dans la politique des états.
Après les républiques bananières : les fédérations sportives bananières...
Bravo pour cet article qui ose soulever ce problème.
 
 
BAZIN
0 #2 Bravo pour cet articleBAZIN 26-03-2016 18:20
Je me retrouve totalement dans votre questionnement et j'ai la même impression d'opacité sur l'utilisation des sommes collectées. Cette opacité donne l'impression que les dirigeants de la FFGolf en sont les principaux bénéficiaires.
D'autre part, je ne crois que ce soit en favorisant l'élitisme que l'on démocratise une activité.
 
 
CENTI
+1 #1 a quoi set la ffgolfCENTI 25-03-2016 16:00
très bon article et bien documenté. La FFGolf est très loin des réalités terrain et malheureusement les instances sont tenues par des personnes qui sont plus aptes à gérer leur égo que résoudre les problèmes du golf.
 

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