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Les défis qui attendent le PGA Tour et son nouveau commissaire Jay Monahan

Tim Finchem en 1996 aux côtés de Greg Norman.Le commissaire du PGA Tour a laissé une maison bien rangée...

Tim Finchem aura été le patron (commissaire) du PGA Tour pendant 22 ans. Cette semaine, il a officiellement cédé son fauteuil (à 69 ans) au profit de Jay Monahan et avec, le leadership du PGA Tour, le plus grand circuit professionnel de golf au monde. Avec ce changement de commissaire, le PGA Tour s’apprête à relever d’immenses défis. Quels sont-ils, et quelles sont les positions du nouveau commissaire ?

Monahan, le digne successeur de Finchem ?

Jay Monhanan s’est imposé très naturellement comme le successeur désigné et héritier de Finchem.

Déjà son collaborateur principal depuis deux ans et demi, Monahan connaissait bien la maison PGA Tour avant d’en prendre seul la direction.

Son bureau n’était d’ailleurs pas très loin de celui de son gourou, ce qui a facilité l’apprentissage du job pendant ces derniers mois.

Désormais, Monahan installé dans le fauteuil et le bureau du patron va devoir assumer les responsabilités, la pression, et le fait d’être en permanence en première ligne.

Quelque part, il devient le visage du golf professionnel dans le monde.

Les deux dernières années passées aux côtés de Finchem ont réellement servi de formations, et de préparations pour relever ce challenge.

A 46 ans (un an plus jeune que Finchem quand ce dernier avait pris les commandes), Monahan devra apporter bien plus que sa jeunesse et son enthousiasme.

Il arrive dans un contexte d’opportunités et de menaces.

Au chapitre des opportunités, le golf a connu une très belle année 2016 avec notamment le retour aux jeux olympiques après 112 ans d’absences.

McIlroy a brillamment remporté la Fedex Cup. Jim Furyk a battu un nouveau record de score le plus bas sur le tour (carte de 58). Le duel entre McIlroy et Patrick Reed lors de la dernière Ryder Cup a marqué les esprits.

Le golf de haut niveau a démontré qu’il pouvait délivrer de grands moments de sports.

Toujours au niveau des opportunités, le PGA Tour a continué son expansion à l’international avec notamment l’ouverture d’un bureau à Tokyo, et le développement d’un PGA Tour China.

En 2017, le circuit verra un championnat du monde (WGC) avoir lieu au Mexique pour la toute première fois, ce qui devrait aider au développement du PGA Tour Latinoamerica.

Enfin, cerise sur le gâteau, Tiger Woods a fait son retour à la compétition.

Mais il y aussi des menaces, et c’est ce qui est vraiment intéressant à relater ici. Des menaces déjà bien identifiées par le nouveau commissaire du Tour…

Un circuit global mais toujours pas international

Si Tim Finchem n’a qu’un regret au sujet de sa longue expérience de patron du PGA Tour, c’est de ne pas avoir réussi à créer les conditions d’un tour mondial et unifié.

Des progrès ont certes été accomplis, mais il manque toujours un circuit unique qui chapeauterait tous les circuits organisés sur les différents continents.

Ce sera le plus grand défi à relever par le nouveau commissaire, car ce sujet est toujours un pré-requis pour toucher une audience plus large avec une meilleure lisibilité du classement mondial.

Réaliste mais pas défaitiste Monahan admet « Il y a une grande logique derrière ce concept. Mais c’est plutôt complexe à réaliser. La plupart des circuits existent depuis déjà très longtemps. Ils ont leur propre business-model, calendrier…au même titre que le PGA Tour. Tenter de tout regrouper sous un même chapeau, notre chapeau s’annonce très compliqué. »

Pour l’instant, Monahan préfère insister sur le fait que le PGA Tour est un circuit global. 85 joueurs depuis 22 pays sont engagés régulièrement sur le circuit avec la meilleure couverture audiovisuelle dans le monde entier.

Monahan ajoute qu’il est plus important qu’un circuit touche l’ensemble du monde avec des joueurs en provenance de tous les pays, plutôt que de penser à la localisation des tournois dans un seul pays.

Sur ce point, il nous semble qu’il se trompe et qu’il sous-estime la portée d’un agenda de tournois disputés dans le monde entier, et pas seulement aux Etats-Unis, même si effectivement quelques tournois ont lieu au Canada ou au Mexique.

Le golf souffre de ne pas être un sport international, au même titre que le tennis avec un seul circuit et un seul joueur numéro un.

La vision de Monahan est en fait un contournement du problème plutôt qu’une résolution.

Son ambition est donc plus proche de favoriser l’émergence de stars internationales, à l’image du japonais Hideki Matsuyama, qui pourraient installer la marque PGA Tour au Japon, plutôt que d’essayer de fusionner avec le Japan Tour.

Ce qui revient à mener une sorte d’OPA hostile !

Le fond du problème étant que le PGA Tour ne se sent pas les reins suffisamment solides pour racheter au prix fort les autres circuits, et ainsi les unifier sous sa seule bannière.

De même que l’hypothèse d’une co-gestion n’est visiblement toujours pas envisagée. Le PGA Tour n’a certainement pas envie de partager ses ressources avec les autres acteurs du marché.

Le facteur Tiger !

Tim Finchem est devenu le patron du tour en 1994. Trois ans plus tard, le monde découvrait Tiger Woods vainqueur du Masters avec 12 coups d’avances…

Dans la décennie suivante, Woods a porté sur ses épaules le développement du golf à un autre niveau.

Avec lui, le niveau des dotations, et des audiences TV a grimpé comme jamais, allant jusqu’à parler de Tiger Dépendance.

Il a amené de nouveaux fans, et supporté le développement du tour.

Aujourd’hui, à 41 ans, personne ne peut réellement prédire ce que Woods va pouvoir encore apporter à ce business. Il n’a plus remporté de majeurs depuis 2008.

Monahan aura pourtant bien besoin d’un nouvel « effet Tiger » pour soutenir le prochain développement du golf.

Il se félicite d’ailleurs de l’émergence de nouvelles stars dont Rory McIlroy, Jordan Spieth, Jason Day ou Rickie Fowler, voulant clairement les associer au développement du business-model du PGA Tour.

Ceci dit, Monahan n’a pas réellement d’effet de levier sur lequel jouer pour fabriquer une nouvelle star interplanétaire.

Comme le disait Gary Player, le golf aurait bien besoin d’une nouvelle star noir ou asiatique pour justement soulever l’intérêt de nouvelles populations.

De ce point de vue, Jason Day semble être le plus à même d’avoir le profil. Encore faut-il qu’il dégage un charisme encore plus important, et qu’il remporte de nombreuses autres victoires…

L’ajustement du calendrier

Depuis 2013, le calendrier du PGA Tour a évolué pour mieux accueillir les finales de la Fedex Cup, et en particulier les tournois de fin de saison pour les golfeurs à la recherche de points dans la perspective de sauver leurs cartes.

Pour les américains, il reste néanmoins un dilemme. Les play-offs de la Fedex Cup arrivent frontalement avec le début de la saison de football américain.

Pour nous européens, le plus gros problème réside dans la confrontation de certains de nos gros tournois avec des équivalents du PGA Tour. Par exemple, cette année, l’Open de France a été joué la même semaine qu’un championnat WGC !

Monahan devra aussi s’attaquer à ce chantier. Sans doute, un sujet délicat pour trouver les meilleurs équilibres.

A ce jour, le calendrier compte 47 tournois, et Monahan compte bien préserver cette densité. Ne serait-ce que pour respecter les partenaires et grands argentiers qui financent ces compétitions.

Là-encore, Monahan semble assumer une certaine forme de conservatisme, et laisse peu de places à des velléités révolutionnaires.

Changer de format pour plus de spectacle ?

En février dernier, le PGA Tour avait annoncé un changement important s’agissant de l’organisation d’un tournoi de golf : Le Zurich Classic de la Nouvelle-Orléans allait désormais se dérouler sous la forme d’un match par équipes de deux. 80 équipes allant se retrouver sur des matchs en foursomes et en fourballs pendant quatre jours.

Le golf a repris à sa sauce le double emprunté au tennis !

L’objectif initial était d’apporter quelque chose de différent au spectateur, tout en capitalisant sur la popularité d’un jeu d’équipe.

Toutefois, la formule du strokeplay joué sur 72 trous promet de rester la référence pour l’organisation de tournois de golf.

Si on veut conquérir un nouveau public, il faudra bien en passer par des changements, et quelque chose de plus spectaculaire ou plus lisible.

Le golf devra tester sa capacité à quitter ses habits les plus traditionnels pour tenter des choses qui sortent des habitudes.

L’expérience TopGolf a certainement montré que c’était possible, et favorisé le développement du golf. C’est une expérience à méditer.

De notre point de vue, sans chercher midi à quatorze heures, le format du match-play devrait être développé.

Monahan ne conteste d’ailleurs pas le fait que différents formats de compétitions pourraient aider à diversifier et développer l’audience du PGA Tour.

Développer l’intérêt du golf auprès d’une plus large audience est une véritable mission du tour, conscient que pour développer son propre business, le golf a besoin d’une base de fans plus large.

De ce point de vue, aux USA comme ailleurs, il existe un véritable vivier de joueurs potentiels, d’autant que peu de sports peuvent se vanter de pouvoir attirer de 7 à 77 ans…

Sur ce point précis du format, Monahan semble être déjà plus près à expérimenter de nouvelles solutions.

Le temps de jeu

Depuis quelques années, c’est un problème qui prend de l’ampleur. Sur ce sujet, l’USGA a déjà tenté de mener trois grands tours de tables pour imaginer de nouvelles solutions.

L’an passé, il est ressorti que les 25-44 ans exprimaient le désir de réduire le temps de jeu de 60 à 90 minutes par parties.

Il y a donc un marché pour une offre plus courte, des parcours de trois à six trous par exemple.

Concernant les pros sur le tour, Monahan constate qu’ils jouent en moyenne en 4 heures 45 minutes sur les deux premiers tours.

Le tour ne veut pas réformer le temps disponible pour taper un coup (38 secondes), mais réfléchit à tous les autres paramètres qui peuvent influencer le temps passé sur le parcours, et ainsi, montrer l’exemple.

« Nous devons considérer qu’aujourd’hui, tout le monde essaie de faire ce qu’il faisait hier plus vite. Le golf n’échappe pas à cette règle. Nous devons y être sensible, mais il n’y a pas de solutions toutes faites. »

En effet, les amateurs ont trop souvent tendance à vouloir copier les mauvaises habitudes des pros qu’ils voient à la télévision. Le temps de jeu chez les pros est donc un enjeu qui transcende pro et amateur.

Sur ce sujet, le circuit ne peut pas faire comme si le problème n’existait pas, mais ce n’est pas nécessairement sa première préoccupation.

Conclusion

Sur tous ces sujets, il est bien entendu trop tôt pour juger les intentions du nouveau commissaire.

Par rapport à Finchem, ce fils spirituel ne semble pas marquer de différences majeures. Au contraire, il se veut le garant d’une forme de continuité sur tous les chantiers entamés par son prédécesseur.

Si nous espérions un « révolutionnaire » capable de dynamiser les contraintes du golf professionnel pour en faire un sport encore plus ouvert sur le reste du monde, plus accessible, et avec un développement plus rapide, il faudra encore attendre.

Monahan va d’abord protéger les acquis du PGA Tour, et chercher à renforcer ce qui pourra l’être à défaut de renverser la table.

La maison PGA Tour ne se porte pas si mal, et les perspectives ne sont pas assez négatives pour justifier un grand changement d’orientation.

En 22 ans, Finchem n’a pas réussi à unifier tous les circuits, mais s’en est souvent rapproché. Au cours des 20 prochaines années, peut-on imaginer que Monahan ne parviendra pas à réaliser ce que le tennis professionnel a déjà réussi depuis plus de 30 ans ?

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