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Xander Schauffele : Vainqueur du TOC 2019 dans la peau d’un outsider

Xander Schauffele : Vainqueur du TOC 2019 dans la peau d’un outsider

Quel début de saison 2019 en fanfare sur le PGA Tour ! Au cours du dernier tour du Tournoi des Champions (TOC) disputé sur le parcours de Plantation Course à Kapalua (Hawaii), l’américain Xander Schauffele a remonté un déficit de cinq coups, avec une carte incroyable en 62 marquée par deux eagles. Désormais numéro 6 mondial, Schauffele n’en finit plus de monter méthodiquement à l’ordre du mérite. Sacré meilleur rookie en 2017, pourquoi pas le futur meilleur joueur de l’année ?

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Sur les tournois de golf, on a coutume de dire qu’il vaut mieux démarrer la dernière partie du dimanche en tête. Gary Woodland devait penser qu’il avait fait une grande partie du chemin sur ce tournoi réunissant les vainqueurs des précédents tournois de la saison écoulée.

C’était sans compter avec la météo. Le parcours de Plantation n’a rien d’exceptionnel quand le vent tombe, et c’est ce qui s’est passé dimanche, transformant le dernier tour dans une fête aux birdies.

Certains observateurs se rêvaient à voir McIlroy, en dernière partie, remporter sa première victoire de la saison pour sanctionner positivement son choix de disputer plus d’épreuves du PGA tour en 2019, et réaliser une grosse préparation hivernale dans ce but.

Woodland, McIlroy, les mieux placés n’ont pourtant pas gagné. La faute à un « underdog », Xander Schauffele, affamé de victoires, et qui n’imaginait peut-être pas sortir la carte de sa vie après un premier et unique bogey sur le premier trou.

La moyenne de score des joueurs engagés a chuté de 71 en moyenne sur les trois premiers tours à 69,7 dimanche.

Seul Molinari a joué au-dessus du par, sans doute en rodage avec son nouveau matériel.

Sans vouloir être trop critique au sujet du PGA Tour et des parcours américains, Plantation Course est tout de même un peu trop à l’image d’autres parcours du reste de la saison, et même Justin Thomas en convient « C’est juste trop facile. Les fairways sont larges, les greens sont souples, et vous avez des fers pour tenter de toucher tous les par-5 en deux. Vous avez au moins quatre occasions de birdies sur ces trous. »

L’américain a justement terminé son tournoi avec un beau 65 pour accrocher la troisième place.

Depuis la totale contre-performance des américains au Golf National en septembre dernier, on ne peut forcément que relativiser leurs performances exceptionnelles sur des parcours avec des larges fairways et des distances relatives, sans parler de l’absence de rough impressionnant.

Bref, que valent des scores de 62 ou 65 sur des autoroutes ?

Quel intérêt de voir Schauffele et les autres taper des drives pour manquer le green de par-4, et derrière taper des chips pour se laisser un putt pour birdie…

Si au National, ils avaient démontré la même aisance, ce serait à prendre plus au sérieux.

Les organisateurs ne pouvaient peut-être pas prévoir une semaine plutôt calme d’un point de vue du vent, élément qui peut à lui-seul changer la face de ce parcours.

Ceci étant, quelle que soit la difficulté pour des golfeurs qui tapent tous au-dessus des 300 yards de moyenne au drive, il faut bien un vainqueur qui se distingue par une meilleure maîtrise du tee au green ou sur les greens.

Alors qu'il étrennait un nouveau driver censé donner plus de vitesse de balle, un Epic Flash Sub Zero de 9 degrés, il a tapé son drive le plus long à 405 yards, sans doute en pente descendante et vent avec. Sa moyenne a été de 313 yards sur le dernier tour pour 60% de fairways en régulation.

Mais en réalité, ce n'est pas son driver qui l'a fait gagner, mais son jeu de fers pour accrocher 89% de greens en régulations, et plutôt avec des putts pour birdies.

Schauffele s’est fait une spécialité des victoires en venant de derrière. C’est sa quatrième.

Durant cette semaine, il n’a cessé de progresser au fur et à mesure des tours, démarrant par un timide 72, puis trouvant le bon rythme avec des cartes de 67 et 68.  Cela ne présageait pas encore de son 62 final pour gagner d’un coup devant un Woodland qui devait bien se demander d’où sortait l’extraterrestre Schauffele.

D’autant qu’il en est désormais à zéro victoires après sept tournois où il occupait la tête après 54 trous.

« Une journée comme aujourd’hui, après le bogey sur le un, vous regardez autour de vous, et vous réalisez que vous n’avez rien à perdre. »

Sacré affirmation pour un golfeur qui allait jouer les 13 derniers trous en 10 sous le par.

Personne n’a pu suivre ce niveau de réussite, et notamment Woodland sur les 9 trous du retour. Il a tout de même manqué un putt pour birdie sur le 18 qui lui aurait permis d’arracher un playoff.

A l’inverse d’un Schauffele qui a provoqué la chance sur tous les trous, Woodland admet avoir joué de manière conservatrice. « Je suis resté patient aujourd’hui. Je n’ai pas eu beaucoup de putts en début de partie, mais je ne me suis pas découragé. C’est quelque chose que j’ai appris d’une partie jouée un dernier tour avec Tiger. »

Les statistiques de scores sur un dernier tour ne sont pas toujours significatives, sauf peut-être dans le cas de Woodland qui est 107eme sur le PGA Tour pour cette partie en particulier. Difficile de gagner quand on ne brille pas le dimanche.

Woodland savait ce que Schauffele était en train de faire. Il n’a juste pas trouvé la solution.

Que dire de McIlroy encore plus inexistant, et une nouvelle fois sur un dernier tour alors qu’on l’attend aux avant-postes ?

Il avait beau jeu d’expliquer qu’il ne fallait pas pousser trop fort sur le dernier tour, comme il avait tenté de le faire à East Lake, pour le Tour Championship et alors qu’il avait trois coups de retards sur Woods.

Pour l’instant, attentisme ou offensive, McIlroy ne trouve pas la bonne formule.

« Mon attitude était meilleure aujourd’hui. Je n’ai pas mis la pression du tout. Je suis resté patient. C’est juste quelque chose sur lequel je dois persister, et me créer un maximum d’occasions d’être en position de gagner. »

McIlroy ne pensait tout simplement qu’un Schauffele allait tout réussir sur ce tour.

Ce dernier, désormais passé maître pour gagner depuis l’arrière, le parfait outsider, sait que la prochaine étape pour être considéré comme un crack, sera justement de gagner un gros tournoi, en faisant cette fois parti des favoris.

Ce sera alors une autre question de gestion de ses nerfs, pour ce golfeur à ranger pour l’instant, dans le camp des attaquants.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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