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Posté par le dans Insolites sur le golf

Woods – Garcia : Une affaire de poulet mal digérée !

Sergio Garcia au centre d'une polémique

De cette semaine de golf, on ne retiendra probablement qu’un seul évènement : l’affaire du poulet frit ! Pourtant, on jouait le BMW PGA Championship à Wentworth, le plus gros tournoi de la saison de l’European Tour,  le Crowne Invitational aux USA, et plus proche de chez nous, le Samsung Open de Paris.

Cependant, de tous ces évènements prestigieux, le monde du golf a surtout été marqué par la sortie de route de l’espagnol Sergio Garcia, lors d’une soirée de gala de l’European Tour, mardi dernier.

Au cours de cet évènement mondain, les animateurs de la soirée ont cru bon de jouer sur le différend qui anime l’espagnol Sergio Garcia et l’américain Tiger Woods.

Et l’espagnol n’a pas eu besoin de beaucoup se faire prier pour se laisser aller à un commentaire teinté d’humour et de rancœur, à l’endroit de son rival américain.

Depuis, le commentaire a été jugé regrettable, regretté par son auteur et le joueur visé, et derrière, on a eu le droit à une litanie de commentaires plus ou moins inutiles dans une affaire montée en épingle pour accoucher d’une souris.

“We will have him round every night. We will serve fried chicken.”

Textuellement, le commentaire de Garcia est plus bête que réellement offensant ou extraordinairement raciste !

D’abord, il est utile de préciser que si le joueur est responsable de ses propos, et qu’il se serait économisé beaucoup d’émotions négatives pour rien, en tournant deux fois sa langue dans sa bouche avant de sortir cette grosse cagade, on ne devrait pas oublier d’incriminer les organisateurs de la soirée de gala.

En effet, tout le monde connait le peu d’estime que se portent les deux golfeurs, surtout depuis l’incident du Players.

Le fait d’interroger Garcia sur Woods était clairement une perche tendue pour que l’espagnol dégoupille, et on connait la suite…

Très rapidement, l’espagnol va se rendre compte de l’émoi que va susciter sa mauvaise blague, et se confondre en excuse.

Le poulet : principal évènement de la saison golfique

Cependant, cette affaire stupide reflète un point intéressant à relater et commenter : l’infidélité des marques !

Les marques dans l’œil du cyclone

De cette affaire qui n’en est pas réellement une, dans quelques semaines, on verra que ce non-évènement ne marquera pas les esprits, et ce sera vite oublié au vue des exploits des golfeurs sur les fairways et greens des prochains tournois professionnels dont l’US Open.

Non-évènement, car il n’y avait pas intention de la part de Garcia de faire preuve de racisme envers Tiger Woods.

Non évènement, car quelque part, on s’en moque un peu…Une mauvaise blague qui finalement se retourne contre son auteur, cela arrive tous les jours dans tous les bistrots de l’hexagone.

Il est plus frappant de voir l’attitude des uns et des autres, surtout ceux qui sont autour des joueurs, et qui auraient eu plutôt intérêt à laisser glisser sans se faire remarquer, et en particulier les sponsors.

Mercredi, le lendemain de l’incident, on a beaucoup parlé de la perte des sponsors de Sergio Garcia.

Bien que cela paraisse extrême et très improbable, le fait est que c’est possible, et les propos équivoques de TaylorMade sur cet incident ajoutent de l’eau à ce moulin.

La majorité des joueurs professionnels sont tombés d’accord pour admettre qu’il s’agissait d’un commentaire plus malheureux que réellement portant à conséquence.

Excusé par ses pairs, et notamment ceux qui le connaissent bien, et qui savent qu’il n’est en rien négatif concernant les athlètes de couleurs, Garcia est pourtant sous le menace de ruptures de contrats.

Et il y a déjà eu un préalable avec justement Tiger Woods, qui la semaine de la révélation de ses infidélités répétées avait perdu la quasi-totalité de ses sponsors dont Gillette.

Sur ce débat, vous aurez des pros et des antis

Les pros affirmeront qu’il est normal que les marques se protègent des agissements de leurs « collaborateurs », et ne soient pas mêlées à des affaires nuisibles à leurs images.

C’est bien connu que les frasques de Woods ou les petits mots de Garcia peuvent être « nuisibles », quand on constate qu’à l’autre bout du monde,  certaines sociétés américaines ou européennes sont concernées par le drame de l’effondrement d’une usine de confection au Rana Plaza au Bangladesh ou d’autres dans des scandales sanitaires ou écologiques.

Pour revenir au golf, ne soyons pas plus moralistes que les moralisateurs !

De l’autre côté, les antis pourraient affirmer que les marques sont promptes à lâcher leurs « porte-manteaux », et finalement, on retient plus le message négatif que cela envoie que le fait même qu’elles puissent être associées aux fautifs.

Comme dans un accident de voiture, la vitesse est souvent un facteur aggravant. Dans cette affaire, Garcia a allumé la mèche, et ses sponsors ont soufflé sur le feu pour l’attiser.

En réalité, on peut se demander s’il ne s’agit pas plutôt de prétexte pour rompre promptement des contrats parfois très onéreux.

Dans le cas de Garcia avec Adidas, on parle de 6 millions de dollars annuel pour l’icône de la marque depuis dix ans.

D’autant qu’à la différence de la stratégie de Nike qui ne repose que sur quelques joueurs, et en particulier les meilleurs (Woods, McIlroy, Watney…), TaylorMade/Adidas mise sur la quantité des joueurs professionnels pour représenter la marque.

La perte de Garcia serait compensée par de nombreux autres joueurs.

Pour Woods, cette nouvelle affaire est surtout révélatrice de l’inimitié qu’il suscite dans les vestiaires

2013 sera certainement l’année du renouveau pour Tiger !

De nouveau numéro un mondial, de nouveau dominateur sur le PGA Tour, vainqueur de plusieurs tournois importants, le tigre pourrait même remporter un majeur dans les prochaines semaines.

Si le public (surtout les américains) est heureux de ce retour au sommet, il n’en est pas de même du côté des partenaires du tigre.

Et les premiers indices sont venus du côté d’Augusta où Woods a bénéficié de la règle « Tiger » au Masters dans l’affaire du DropGate.

Alors que le tigre a réalisé un drop illégal –erreur qu’un amateur de golf n’aurait pas commise – il a signé une carte contenant une irrégularité, ce qui lui aurait valu une exclusion dans n’importe quel autre tournoi de golf.

Les premiers à s’être montrés indignés par cette décision unique furent les joueurs professionnels eux-mêmes !

Les critiques et les commentaires acerbes ont commencé à pleuvoir contre Tiger Woods, non pas sans une certaine forme d’excès.

Derrière, Woods s’est encore illustré en jouant un coup de golf, alors que ce n’était pas son tour de jouer au Players Championship, créant la confusion sur le parcours au détriment de son partenaire du jour, un certain Sergio Garcia.

Pire, alors que la polémique enflait et que l’espagnol enrageait contre l’américain, le tigre allait créer une nouvelle polémique « Marshall Gate » en déclarant avoir demandé aux commissaires du parcours s’il pouvait jouer, et avoir reçu l’autorisation.

Or, quelques jours plus tard, les commissaires ont tenu à contredire Woods, et ont déclaré n’avoir jamais parlé avec Woods.

Cette série d’incidents presque invisible pour le public, démontre que Woods n’a pas une attitude convenable sur le tour, et particulièrement vis-à-vis de ses collègues.

Woods est tellement populaire auprès du public golfeur que peu de pros s’aventureraient à critiquer ouvertement le tigre (mis à part Garcia qui justement n’est pas américain…)

Mais pour les « insiders », Woods est particulièrement peu apprécié par ses pairs, et le nouvel incident de cette semaine n’est en fait que la suite logique des mauvais rapports entretenus par le numéro un mondial avec ses collègues.

Si l’affaire du poulet va peu à peu s’éteindre, l’inimitié que suscite Woods n’est pas prête de trouver son épilogue.

Laurent Agostini, fondateur de jeudegolf.orgA propos de l'auteur :

Laurent Agostini, édite le site jeudegolf.org depuis juin 2010, site entièrement dédié à l'univers du golf (matériel, conseils, actualités, séjours).

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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