Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Golf féminin

Women’s British Open : Une victoire en famille pour Georgia Hall

Crédit photo : Alan Martin/Actionplus/Icon Sportswire

Garçons et filles avaient ce week-end deux beaux événements pour faire la promotion du golf dans le monde. Si on pouvait espérer un véritable match entre Justin Thomas et Rory McIlroy dans l’Ohio, c’est finalement du côté du Royal Lytham St.Annes qu’il fallait avoir les yeux rivés pour suivre un vrai duel, et une promotion du beau jeu. L’anglaise Georgia Hall a finalement pris le meilleur sur la thaïlandaise Pornanong Phatlum, et peut-être bien plus que cela…

Découvrez nos formules d'abonnements

Georgia Hall remporte le Ricoh Women’s British Open 2018 à Lytham.

Entourée de ses parents et son petit-ami, l’anglais Georgia Hall, 22 ans, originaire de Bournemouth peut soulever fièrement le trophée du Ricoh Women’s British Open, tournoi majeur du golf féminin professionnel.

Elle vient de gagner son plus grand titre en carrière, et qui plus est à domicile, devant un public tout acquis à sa cause.

L’Angleterre se rêvait une championne capable de prendre la suite de Karen Stupples, titrée en 2004, et dans les cordes sur la partie de Georgia Hall pour les besoins d’une télévision.

L’histoire de Georgia Hall pourra justement parler à beaucoup de familles qui épaulent et supportent des jeunes, et ce quel que soit le sport.

Son père Wayne lui a fait découvrir le golf à l’âge de 7 ans, et encore, pas nécessairement sur des links typiques comme celui de Lytham.

Plâtrier de formation, son père qui a caddeyé la jeune joueuse cette semaine a beaucoup sacrifié pour amener sa fille jusqu’au plus haut niveau.

L’histoire de cette famille est aux antipodes des clichés sur les golfeurs et golfeuses tous issus de familles de « riches ».

Au cours de sa carrière amateur, la jeune Georgia a été contrainte de refuser des invitations sur des grands tournois, faute de moyens pour financer les voyages.

Elle est pourtant la première joueuse anglaise de l’histoire à avoir remporté le British Girls, le British Ladies Amateur, et maintenant, le Women’s British Open !

Preuve que de temps en temps, ce n’est pas qu’une question d’argent, mais peut-être une histoire d’amour de parents envers leur fille.

Et de l’amour Georgia en a reçu beaucoup au moment de rentrer son ultime putt, et au moment de se rendre jusqu’à la tente des officiels.

Devant le « media center », des dizaines de juniors se sont amassés autour d’elle pour scander son nom…signe qu’elle a touché le cœur de la prochaine génération.

Pour une fois, l’émotion était bien plus forte autour d’une victoire sur le circuit féminin versus le circuit masculin.

La victoire de Justin Thomas sur le championnat du monde Bridgestone pourrait presque passer au second rang par rapport à l’événement d’une victoire anglaise, européenne, avec ou sans Brexit, dans un environnement tellement dominé par les Etats-Unis ou l’Asie.

Quelques jours avant le tournoi, Jessica Korda déplorait à juste titre le déséquilibre des forces en présences, entre Asie et Amérique. Elle ne parlait même pas du parent pauvre du golf féminin : l’Europe.

L’histoire voudra que cette même semaine où il ne fait plus mystère que l’Asie a un trop grand train d’avance, finalement une européenne désargentée a pu venir à bout de l’armada Sud-coréenne.

Georgia Hall dans les bras de son père Wayne, son cadet pour l'occasion

La victoire de Georgia Hall doit servir d’exemple, ou surtout d’inspiration à toute la vieille Europe, quelques mois déjà après la victoire de la suédoise Pernilla Lindberg sur le ANA Inspiration, le premier majeur de la saison.

Le golf féminin européen est en souffrance, mais il peut-être aussi en résistance. Les européennes ont encore leur mot à dire.

Loin des moyens des joueuses chinoises ou sud-coréennes, Georgia Hall a surtout toujours cru dans sa bonne étoile « Je me suis toujours dit que si mon golf était assez bon, il pourrait m’emmener n’importe où. C’est ce qui m’a poussé à avancer. ».

Hall vient à bout de sa rivale en toute fin de partie

Avant ce tournoi, l’anglaise était à la recherche de sa première victoire chez les professionnelles. Elle a suivi les conseils d’un illustre ancien vainqueur sur ce parcours de Lytham : Tom Lehman.

L’américain avait remporté le British Open en 1996, en se basant sur une stratégie vouée à éviter les bunkers de fairways, en restant court avec ses mises en jeux.

Conseil qu’a suivi Hall en emmenant un fer 3 dans son sac.

Sur le dernier tour, elle n’a trouvé le sable depuis le tee qu’à une seule reprise, et encore, elle s’en fit franchement le reproche.

Son match contre la thaïlandaise a été d’une bien meilleure intensité que le duel avorté entre McIlroy et Thomas de l’autre côté de l’Atlantique.

Avoir deux joueurs ou deux joueuses au meilleur niveau en même temps pour se livrer un vrai duel n’est pas si courant.

Les commentateurs n’ont pas hésité à comparer le match Hall-Phatlum à celui de Mickelson et Stenson à Troon, une référence de finish sur un dernier tour de British Open masculin.

Après six trous, les deux « finalistes » étaient déjà à -7 dans une sorte de match-play avant l’heure.

Autant le match des garçons à Akron a été quelque peu ennuyeux, car Thomas n’a jamais été réellement challengé par ses poursuivants, autant ce match entre filles a été haletant.

Le fait que les choses n’aient pas été si faciles pour Hall n’a fait que rendre l’intensité du moment encore plus grande.

Crédit photo : Alan Martin/Actionplus/Icon Sportswire

En terminant par un score de 67, Hall s’est imposée avec deux coups d’avances (-17) sur un parcours pourtant considéré comme l’un des plus difficiles pour un British Open.

Sa rivale a tenu le même rythme jusqu’au 17 où elle a concédé un double-bogey, synonyme de victoire pour l’anglaise. Elle a repris un coup de retard sur le 18, mais c’était trop tard.

« Je me suis juste dit de rester calme tout au long de la journée, et de ne pas trop penser à grand-chose. » déclara la jeune championne avant d’ajouter « Je pensais que j’allais pleurer, mais en fait non, sur l’instant, je me suis cru sur la lune.

Consciente du soutien qu’elle a reçu tout au long de la journée, elle ajouta « C’est incroyable. J’ai eu tellement de soutien tout au long de la journée. Je suis si reconnaissante. C’est difficile de mettre des mots sur mon émotion. »

Surtout, elle souligna le fait qu’elle avait inspiré beaucoup de jeunes filles autour de sa partie « Si je peux être une sorte de modèle pour elles, ce serait génial. Cela paraît trop bon pour être réel. C’était mon objectif depuis l’âge de 9 ans. Je suis tellement heureuse. ».

Plus qu’une victoire, une invitation à relancer le circuit de golf féminin européen

Typiquement le type de victoire et d’histoire qui pourrait aider le golf féminin à sortir de son ornière.

Crédit photo : Alan Martin/Actionplus/Icon Sportswire

En manque de moyens, le Ladies European Tour ne propose pas tant d’épreuves de haut niveau aux golfeuses, y compris les anglaises souvent contraintes de s’expatrier aux Etats-Unis.

Les meilleures joueuses sont contraintes de partir jouer sur le LPGA Tour quand elles le peuvent.

Le calendrier européen ne présente cette année que quatorze épreuves de 72 trous, et encore, tous les tournois ne présentent pas assez de dotations pour couvrir les dépenses, à l’exception du British Open, du Scottish Open, et du Evian Championship.

La suède qui a produit tant de grandes championnes de golf n’a même plus de tournoi sur le circuit depuis 2015.

En neuf ans, le LET est passé de 28 à 14 tournois. Les choses ont tellement empiré que l’an passé, la LPGA, l’European Tour et le Royal et Ancient ont donné 2 millions de dollars au LET pour qu’il reste sur ses pieds.

C’est pourquoi cette victoire de Georgia Hall est si importante.

Ce n’est pas juste la victoire d’une golfeuse parmi tant d’autres.

C’est le signal que le golf européen peut encore illuminer le monde. Que l’Europe n’est pas condamnée à jouer en deuxième division, et regarder les Sud-Coréennes tout rafler sans rien pouvoir y faire.

L’histoire de Georgia Hall et de sa famille peut servir d’exemple, faire des émules, et inspirer demain des annonceurs qui pourraient voir dans le golf féminin, un nouveau terrain de communication avec du beau jeu, des forces de caractères, et des valeurs à promouvoir.

La marque JABRA semble vouloir défendre cette idée avec Evian et un nouveau tournoi. D’autres pourraient suivre pour relancer le circuit dès l’année prochaine, et permettre à des championnes comme Georgia Hall de jouer plus souvent à domicile.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 362
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Golfeur depuis les années 90, j'ai eu la chance de faire un grand nombre de voyages golfiques en France, en Europe, ainsi qu'aux Caraïbes, pour jouer sur plus d'une centaine de parcours. J'ai partagé les parties de très bons golfeurs amateurs, et de pros. Au cours de mon expérience, j'ai été proche des professionnels du secteur, enseignants, dirigeants de golf, organisateurs de Pro-Am, architectes de golf, et sponsors.


Professionnel du monde de la communication, j'ai obtenu un premier prix pour la réalisation de sites internet de parcours de golf.
Aujourd'hui, je mets à profit mon expérience golfique sur le site jeudegolf.org en apportant ma vision sur l'évolution du golf sur près de trois décennies.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.