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WMPO 2014: Jouer au golf dans un stade plein - une histoire américaine

TPC Scottsdale (trou 16) : le plus grand stade de golf au monde

Le Waste Management Open de Phoenix en Arizona n’est pas un tournoi de la PGA Tour de golf comme les autres ! En plein cœur de l’hiver, cette compétition réunit plusieurs milliers de fans dans un stade géant entièrement dédié au golf, et comparable à l’ambiance d’un superbowl ou d’un match de base-ball. Voyage au pays du gigantisme et de la passion du golf.

Premier pays au monde pour le nombre de golfeurs (25 millions), les Etats-Unis sont la véritable locomotive de ce sport.

Si le golf a été inventé aux Pays-Bas au 13ème siècle, et codifié en Ecosse au 18ème siècle, désormais, le golf est surtout un sport nord-américain (Le Canada est le deuxième pays golf au monde avec 4 millions de pratiquants) qui pèse un joueur sur deux dans le monde.

A l'origine du plus grand stade de golf au monde !

Loin de certains clichés qui ne survivent qu’en France, le golf est une activité populaire, aussi bien dans sa pratique pour un américain sur dix, contre un français sur cent, que dans le fait d’attirer des milliers de fans dans des stades gigantesques pour entourer, et admirer les exploits des plus grands champions comme Tiger Woods, qui a bien sûr fortement contribué à la popularisation du golf auprès d’une nouvelle catégorie d’amateurs.

Le golf aux USA a connu plusieurs phases d’évolutions, et à chaque fois, elles ont été liées à de fortes personnalités médiatiques.

Avec l’avènement du poste de télévision dans les années 60, les américains ont d’abord découvert le charisme magnétique d’Arnold Palmer, la véritable légende du golf aux pays de Tom Sawyer.

En seulement quelques saisons, la rivalité entre Arnold Palmer (l’ancien) et Jack Nicklaus (le moderne) va passionner les américains, bien au-delà des seuls initiés du golf.

Ce duel va réellement creuser les premières fondations de la popularité du golf outre-Atlantique.

Un phénomène qui va avoir des conséquences qui vont dépasser le simple cadre du golf avec par exemple, la fondation de la première compagnie de marketing sportif au monde IMG-McCormack dont le premier objet a été géré de la popularité du duo puis trio Palmer, Nicklaus rejoint par le sud-Africain, Gary Player.

Pendant près de deux décennies, les trois hommes vont être élevés au rang de « rock star » au même titre que les Beatles ou les Rolling Stones.

Derrière cette première génération de stars du golf, les années 80 ont été marquées par l’internationalisation !

L’australien Greg Norman, l’espagnol Severiano Ballesteros, le sud-africain Nick Price, et l’anglais Nick Faldo ont pris la suite contre les américains Fred Couples, Corey Pavin, Payne Stewart et Paul Azinger.

Cependant, cette deuxième étape ronronnait gentiment et dut attendre l’arrivée au milieu des années 90 d’un tremblement de terre : Tiger Woods !

Le premier noir américain a s’être invité sur le fairway du très fermé Augusta Masters.

Pour les non-golfeurs, il n’est pas forcément aisé de saisir à quel point, Woods a changé la société américaine.

En 2014, il est le sportif le plus photographié au monde ! Depuis près de vingt ans, ses contrats de sponsoring ont fait de lui un multi-milliardaire en plus d’être l’icône de la plus grande marque de sport du monde : Nike.

Il a littéralement pris la place du vénéré Michael Jordan dans le cœur des américains, qui en son temps avait propulsé le basket-ball au rang de sport planétaire.

C’est aussi ce qu’à fait Woods pour le golf avant d’être rattrapé par les turpitudes de sa vie personnelle, et de passer du rang de gendre idéal de l’Amérique à héros antipathique.

En 2013, Tiger Woods était classé troisième sportif américain le moins aimé derrière Lance Amstrong, premier de ce classement un peu particulier.

Fort heureusement, après tant d’années de succès de Woods sur le tour, l’image du golf n’a pas souffert des écarts de son prodige, et au contraire, depuis le golf n’a plus besoin de figures légendaires pour s’imposer comme l’un des principaux sports pratiqués, et suivis par les américains.

Le golf : un sport populaire aux US

D’une part, il y a d’autres stars et mêmes des  hommes bien plus aimés que Woods, comme Phil Mickelson, Bubba Watson et Rickie Fowler qui ont chacun leurs fans clubs.

D’autre part, le golf s’est définitivement installé dans la culture américaine.

Non pas comme un sport qui positionne socialement comme c’est encore le cas en France, mais comme un sport qui permet de défier son voisin, ses copains, ses collègues, son docteur, et même son patron.

Le golf est un truc de dingue à Phoenix

Alors pas étonnant que le golf est plusieurs temples aux USA, dont celui de Phoenix en Arizona.

Toute l’année, chaque semaine, le PGA Tour propose différents tournois de golf qui voyagent d’Est en Ouest, du Nord au Sud, et même à Hawaii ou Porto Rico.

Pourtant, un tournoi qui à la base n’a rien d’un Majeur comme le Masters d’Augusta ou l’US Open, s’est imposé comme un rendez-vous à part : le Waste Management Open de Phoenix en Arizona, un état situé entre la Californie et le Nouveau-Mexique, en plein cœur de la Sun Belt.

Connu pour ses paysages désertiques et ses cactus, c’est un état les plus chauds avec des hivers particulièrement doux, ce qui nous permet d’écrire ces quelques lignes, et d’illustrer avec des photos qui ne laissent pas transpirer le fait que nous sommes pourtant le 1er février au cœur de l’hiver en France.

Le Phoenix Open a démarré son histoire en 1932, mais après plusieurs saisons à tâtonner, nous pouvons réellement considérer qu’il a commencé en 1939 sous l’impulsion de Bob Goldwater, un passionné de golf.

L’origine du tournoi doit beaucoup à cet homme mais aussi à la chambre de commerce de Phoenix qui cherchait un moyen de promouvoir la ville à travers l’organisation d’un événement retentissant, d’où l’idée d’organiser un tournoi de golf.

Depuis, l’Arizona et Phoenix ont fait du chemin pour devenir l’un des états qui attirent chaque année le plus de nouveaux migrants intra-américains.

Le climat et le développement économique de la région jouant un grand rôle dans ce phénomène.

Au cours du tournoi de 1939, un certain Byron Nelson a remporté le premier prix, un chèque de 700 dollars…devant Ben Hogan derrière de douze coups.

Au fil des années, les plus grands noms du golf américains sont passés par Phoenix : Byron Nelson, Ben Hogan mais aussi Arnold Palmer, Jack Nicklaus, Johnny Miller, Phil Mickelson, Kenny Perry et Mark Calcavecchia.

Le tournoi de Phoenix a eu plusieurs appellations à mesure du changement de sponsors titres.

Aujourd’hui appelé Waste Management Open joué sur le mythique parcours du TPC de Scottsdale depuis 1987, ce qui d’ailleurs en fait le terrain qui a la plus longue longévité en tant que parcours accueillant une épreuve du PGA Tour.

Le stadium course de Scottsdale (Phoenix)

Ce qui fait la particularité de ce golf est le Stadium Course qui a notamment accueilli plus de 180 000 spectateurs en 1986, et battu un record d’audience en 2008 avec 540 000 spectateurs, un comble pour un tournoi de golf qui n’est pas un majeur !

En 2013, le troisième tour disputé le samedi a battu un nouveau record d’affluence avec 180 000 fans présents pour cette seule journée.

Si l’affluence n’a cessé de croître, il en a été de même pour la dotation.

De 700 dollars en 1939, elle a désormais atteint 6 millions de dollars à répartir entre les 130 golfeurs professionnels qui tentent de passer le cut.

Point sur l'édition 2014 après deux tours

En 2014, après deux tours, Bubba Watson et l’australien Matt Jones sont en tête à déjà -12 sous le par sur seulement 36 trous joués.

Sur ce tournoi, rien de surprenant de trouver huit américains en tête du leaderboard.

D’une part, les meilleurs européens sont engagés sur le même week-end sur le Omega Dubai Desert Classic, et d’autre part, le tournoi de Phoenix est vraiment la fête du golf américain pour les américains.

Quelques européens s’aventurent à Scottsdale comme le belge Nicolas Colsaets, qui d’ailleurs cette année est en très bonne posture, quinzième en -5, le golfeur de Schaerbeek aime l’ambiance style football américain qui règne dans les gigantesques tribunes, qui jouxtent le trou numéro16, le plus célèbre trou du parcours, totalement entouré de tribunes, un concept unique au monde.

Curieusement, Tiger Woods est le seul grand absent de ce tournoi, préférant justement le calme et les pétrodollars de Dubai à l’ambiance festive et bon enfant de Phoenix.

Sans doute, une explication de la distance qui s’est installé entre lui et le public américain, alors qu’à contrario, toute la semaine a été rythmé par l’inquiétude de savoir si Mickelson, vainqueur en 2013 allait pouvoir être présent pour défendre son titre, malgré une vilaine blessure au dos.

Mickelson : un héros américain

Et ouf, soulagement, le héros américain, bon père de famille a pu répondre présent in-extremis.

En 2013, Lefty avait manqué d’un cheveu une carte historique de 59, ce qui avait fait rêvé tous les fans de golf.

Cette année, après un premier tour timide, sa deuxième journée l’a rapproché de l’autre héros américain, leader du premier tour, Bubba Watson pour ce qui s’annonce être le match du week-end devant des tribunes bondées pour le plus beau spectacle de golf au monde.

Crédits photos : Waste Management Open Phoenix

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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