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WGC Mexico Championship: Tiger Woods adapte son choix de club pour performer en altitude

WGC Mexico Championship: Tiger Woods adapte son choix de club pour performer en altitude

Le premier championnat du monde de golf de la saison 2019 tient toutes ses promesses après deux tours. Les meilleurs joueurs du monde sont au rendez-vous, et le suspense est de mise, avant le déroulement du moving day, sur le spectaculaire parcours du golf Club de Chapultepec, à plus de 2380 mètres d’altitude. L’altitude est justement une clé importante dans la stratégie des joueurs, et notamment le choix des clubs. Tiger Woods, en fin « metteur au point » se tient en huitième position à six coups du leader, Dustin Johnson, redevenu phénoménal.

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En sortant du green du 18eme trou de sa journée de vendredi, après avoir rendu une carte de 66, Tiger Woods pouvait légitimement avoir le sourire, et affirmer qu’il avait eu une plutôt belle journée.

Avec six birdies pour un seul bogey sur son avant-dernier trou du jour, Woods a effacé un début plutôt timide dans ce WGC, qui apporte 500 points à la Fedex Cup, et distribue plus de 10,25 millions de dollars aux joueurs, dont 1,745 millions au vainqueur.

L’an passé, Phil Mickelson avait surpris son monde en remportant enfin une victoire sur le PGA Tour, ce qui allait pratiquement le qualifier pour la Ryder Cup, en fin de saison, à Paris.

Après un début de saison volontairement assumé comme tranquille, Woods souhaite parfaire sa préparation en vue du Masters à Augusta, son véritable objectif cette saison.

Il avait néanmoins besoin d’un bon second tour pour se replacer vers le sommet du leaderboard.

Son premier birdie est arrivé au bout de seulement trois trous.

Il va ensuite enchaîner et réussir trois birdies sur quatre trous, validant au passage un choix stratégique judicieux, et notamment pour le réglage de son bois 3.

Quelques heures plus tôt, TaylorMade nous avait communiqué le fait que Woods avait modifié le réglage du loft de son bois 3, pour passer de 13 degrés, son réglage habituel, à 15 degrés, un réglage adapté à l’altitude, et la baisse de la pression atmosphérique incontestable à plus de 2380 mètres.

Il a déjà été largement démontré par le passé qu’en altitude, l’augmentation du loft d’un driver ou d’un bois de parcours, jouant sur l’augmentation de l’angle de lancement de la balle, pouvait générer une franche augmentation de la distance.

Bien que l’augmentation du loft doive s’accompagner logiquement d’une légère augmentation du taux de spin (quelques centaines de tour pour 2 degrés de loft), le gain de loft dynamique, et donc d’angle de lancement de la balle peut monter à plus de 10 mètres.

Pour l’édition 2018 du WGC-Mexico Championship, 48 des 64 joueurs engagés avaient dépassé la barre des 270 mètres de distance au départ des trous.

Le golf club de Chapultepec a même été classé second plus long parcours pour la distance depuis le tee avec 276 mètres de moyenne, juste derrière le parcours de Firestone, théâtre du championnat du monde Bridgestone.

Cependant, le choix du driver n’est pas sur ce parcours systématiquement le plus pertinent, étant donné l’étroitesse de certains trous, et le vent.

Pour les quatre jours de compétitions cette année, le PGA Tour rapporte que seule la journée de vendredi devrait être impactée par des vents en rafales pouvant souffler jusqu’à 32 km/h.

Il fallait donc être habile lors de ce second tour où même Woods a admis en conférence de presse que ce parcours pouvait permettre de jouer très bas (dans les 63,64 ou 65), mais aussi, très rapidement au-dessus de 70, et pour quelques mauvais choix.

Pendant les parties d’entraînements, il a été rapporté que Woods avait tapé quelques bois 3 à plus de 315 mètres, ce qui pourrait largement compenser le fait de ne pas risquer le driver sur tous les trous.

En 2018, Dustin Johnson n’avait perdu en moyenne que 14 mètres de moyenne entre son driver et son bois 3.

N’oublions pas que Woods découvre ce parcours pour la première fois de sa carrière. Jusqu’à présent, il n’avait encore jamais pu jouer ici. Le WGC était auparavant joué au Doral sur le Blue Monster de Donald Trump.

Au cours du second tour, Woods a drivé à une moyenne de 285 mètres et surtout touché 78% de fairways en régulation.

La veille, il avait tapé plus fort (293 mètres) mais seulement pris 71% de fairways en régulation. Plus court mais plus précis vendredi, Woods a bien mieux exploité ses mises en jeu d’un point de vue du score.

Ceci dit, il faut reconnaître que c’est surtout dans le domaine du putting que Woods a transformé son tournoi, peut-être le temps de s’adapter aux pentes et à la vitesse des greens réputés difficiles.

En effet, en se basant sur les statistiques de l’an passé, le parcours mexicain présente le plus faible pourcentage de putts rentrés à moins d’un mètre cinquante du trou de toute la saison du PGA Tour, soit moins de 95,3% !

Le putting sera donc la seconde clé décisive, après les bons choix depuis le tee de départ pour gagner ce tournoi.

Woods a reconnu que la patience n’était pas une de ses premières vertus, pourtant il allait en avoir besoin pour reprendre des coups de retards au leader, Dustin Johnson, enfin de retour au sommet d’un gros tournoi, et dont le jeu est parfaitement adapté à ce parcours.

Rappelons que Dustin Johnson s’était brillamment imposé en 2017.

S’il n’a pas gagné en 2018, il était tout de même le deuxième plus long frappeur de l’épreuve avec 320 mètres de moyenne depuis le tee, et plus long frappeur de fers avec une moyenne sidérante au-dessus de 255 mètres !

Solide leader après deux tours, il n’a pas encore véritablement forcé son talent pour dominer cette année. Au cours du second tour, son pourcentage de fairways en régulation à seulement 50% ne l’a pas empêché de toucher 94% de greens en régulations !

C’est l’autre particularité de ce parcours, si le putting est délicat, les approches depuis le rough de certains trous sont parmi les plus abordables de la saison, à l’image du 15, qui présente le troisième taux de birdie réussi depuis le rough de tous les trous joués sur le PGA Tour en 2018.

SI du second tour de Woods, on retiendra certainement une spectaculaire sortie de bunker au trou numéro 9 en fade, fermé au green par un arbre, pour finir sa course à quelques mètres du trou, au-delà des choix stratégiques, c’est vraiment son putting retrouvé qui a fait la différence.

Woods n’a manqué aucun putt à moins de 3 mètres ! Ce sera sans doute l’élément déterminant pour aller chercher Dustin Johnson en tête du tournoi.

Crédit photo : Alan Smith/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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