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WGC-DELL Match-Play 2017: Jon Rahm mène la charge pour l’Europe

WGC-DELL Match-Play 2017 : Jon Rahm mène la charge pour l’Europe

En l’espace de sept mois, le natif de Barrika en Espagne s’est fait plus qu’un nom au plus haut niveau. Déjà vainqueur d’un tournoi du PGA Tour, et pas sur n’importe lequel des parcours (Torrey Pines), Jon Rahm s’illustre à nouveau dans le cadre des championnats du monde de match-play disputé à Austin au Texas. Vainqueur de son groupe, aux dépens de son compatriote Sergio Garcia, il avance vers les huitièmes de finales en même temps que quatre autres européens.

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« J’aurai préféré ne pas jouer contre un compatriote espagnol. A l’évidence, j’aimerai représenter l’Espagne le plus loin possible dans ce tournoi. Battre Sergio aujourd’hui a été difficile. Nous sommes amis, et nous nous entendons très bien. Nous savions que ce serait un grand match, et que nous allions beaucoup nous amuser. C’est un drôle de sentiment que d’être amis, et de jouer un match de championnat du monde. Cela nous a motivé pour donner le meilleur de nous-même. »

Jon Rahm est bien le nouveau phénomène du golf mondial. Avec deux nettes victoires sur ses deux premiers affrontements, Rahm arrivait face à Sergio Garcia pour la finale de son groupe avec le plein de confiance.

Le duel 100% espagnol entre le prodige des années 2000 versus le prodige des années 2015 aura finalement tourné à l’avantage du moderne contre l’ancien.

Rahm a grandi en regardant son aîné briller sur les plus grands tournois. Woods a enfanté McIlroy. Rahm est la réponse à Garcia.

C’est ce qui a ému le jeune homme car battre son idole encore en pleine force de l’âge est un privilège assez rare que peu de sports peuvent réserver à leurs athlètes.

TaylorMade ne s’y est pas trompé en mettant la main sur l’espagnol de seulement 22 ans.

Après sa victoire à Torrey Pines, il est venu fêter l’événement dans les locaux de la marque à Carlsbad, entouré d’une majorité de collaborateurs.

TaylorMade a construit son image de marque sur des partenariats forts et durables. Bien avant Dustin Johnson et Jason Day, Sergio Garcia a été le visage de la marque dans le monde.

Rahm est assurément dévolu à reprendre le flambeau dans les années à venir, et même, à peut-être dépasser le modèle.

Garcia n’a encore jamais remporté de majeur, et peut-être a-t-il déjà laissé passer sa chance, notamment sur les éditions 2007 et 2014 du British Open.

A 37 ans, le natif de Borriol a encore une bonne dizaine d’années devant lui au plus haut niveau. Bien que le golf puisse se jouer longtemps à haut niveau, l’avenir appartient pourtant à la génération des Rahm, Langasque, Spieth et autre DeChambeau.

Les meilleures années pour un pro interviennent entre 26 et 38 ans. C’est statistiquement avéré, notamment par le nombre de victoires en tournoi.

Rahm est d’ailleurs de ce point de vue, plutôt en avance.

A 22 ans, déjà 7eme à la Fedex Cup 2017 avec une moyenne de score de seulement 69,46 sur le PGA Tour, on ne dit pas assez à quel point Jon Rahm joue un golf merveilleux, au moins depuis quelques mois.

Difficile de lui trouver des points faibles… Au contraire, il ne semble avoir que des points forts. Son classement mondial ou Fedex Cup n’est d’ailleurs pas encore réellement le reflet de son jeu.

2eme pour le nombre de coups gagnés du tee au green, 3eme pour le nombre de coups gagnés depuis le tee de départ, son jeu de fers, et son driving sont époustouflants.

Avec une moyenne de vitesse de club de 115 mph, ce qui n’est pas forcément la vitesse la plus élevée sur le tour (il va encore progresser), il arrive à se classer dans les 20 premiers pour la distance au drive, sans toutefois, en éparpiller de partout. Sa précision est tout de même de 59% s’agissant de trouver le fairway.

Surtout, derrière le coup de départ, il prend les greens des parcours les plus délicats au monde dans 71% des cas, ce qui le hisse à la 19eme place.

En conséquence d’un tel jeu du tee au green, il fait partie des joueurs qui rentrent le plus d’eagle et de birdies pour une carte de score moyenne de seulement 69 quel que soit le parcours.

Jon Rahm après sa victoire à Torrey Pines (Getty Images)

Sans se cacher derrière son petit doigt et sans jouer les devins, Rahm doit être considéré comme l’un des favoris pour la victoire finale dans ces championnats du monde.

Déjà quelques semaines plus tôt, il avait sérieusement challengé Dustin Johnson pour le premier championnat du monde disputé au Mexique.

La pression de l’événement ne semble pas avoir de prise sur lui.

Cette victoire contre Garcia en dit plus long qu’on peut le croire. Garcia était et est toujours talentueux, mais quelque part, il n’a jamais brisé son plafond de verre.

Rahm semble parti pour exploser le plafond sans même se poser la moindre question.

Son putting et ses sorties de bunkers sont les deux derniers secteurs de jeu où l’espagnol doit encore progresser pour se hisser dans le top-5 mondial.

A en juger par sa progression météorique en seulement 7 mois, il ne devrait pas tarder à y parvenir.

Comme il s’agit d’un championnat du monde, difficile de ne pas jeter un coup d’œil sur le rapport de force USA, Asie, Europe, et reste du monde.

Avec 5 qualifiés sur les 16 derniers, l’Europe pèse un quart de la force mondiale au plus haut niveau. Chez eux, les américains restent dominants.

Cependant, sur les 5 européens, 2 jouent à temps plein aux USA… ce qui relativise la force actuelle du circuit européen face aux USA, mais aussi face à la montée prévisible de l’Asie.

Le reste du monde (Australie et Japon) n’ont d’ailleurs qualifié que 2 joueurs (Leishman et Tanihara).

Rahm semble s’installer dans la peau du leader du continent européen, et en tout cas, il se pose comme la meilleure chance européenne devant Noren, Kjeldsen, Fisher et Casey, les quatre autres européens qualifiés pour la suite de l’épreuve.

Si Kjeldsen est la grosse cote du tournoi et la plus grosse surprise, Noren, dans le top-10 mondial ne peut pas être considéré comme un coup de chance bien qu’il ait profité d’un forfait dans son groupe pour assurer sa place.

Paul Casey qui joue à temps plein aux USA, a battu Charl Schwartzel dans la finale de son groupe sur le score net de 4&3.

Pour autant, est-il la meilleure chance européenne par rapport à Rahm ? La tendance actuelle est plus en faveur de l’espagnol.

Le dernier européen à s’être illustré n’est autre que l’anglais Ross Fisher qui est sorti d’un groupe plutôt délicat avec Matsuyama, Furyk et Oosthuizen. Des 4 golfeurs, il était pourtant le moins attendu !

Lui aussi, tout comme Rahm a déjà brillé au Mexique pour le dernier championnat du monde. A croire que ce type de tournois le galvanise.

Pour Rahm, le prochain match va l’opposé à Charles Howell III. En cas de succès, ce qui semble probable, il pourrait se retrouver opposé au vainqueur du match McGirt/Kjeldsen.

Autant dire que son tableau est dégagé au moins jusqu’à une éventuelle demi-finale contre pourquoi pas Phil Mickelson, la dernière grosse tête de série dans le tableau du bas.

Assurément, dans sa partie de tableau, Rahm peut être considéré comme le favori. Il est encore tôt, mais parier sur une finale Dustin Johnson-Jon Rahm ne serait pas nécessairement une vue de l’esprit…

Crédit photo : Getty Images

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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