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WGC-Dell Match-Play: La bonne formule pour voir les meilleurs golfeurs en découdre

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Le match-play est certainement l’essence même du golf. Dans une saison de golf professionnel, beaucoup de tournois ne laissent pas un souvenir impérissable, la faute à un manque de tension sportive, et par conséquent d’engouement des spectateurs. Peu d’événements arrivent réellement à retenir notre attention, mis à part les majeurs, surtout les cinq ou six derniers trous du dimanche ou des tournois un peu particulier, comme le tournoi de Phoenix, qui a la particularité d’être disputé dans un stade. Par le passé, le match-play était pourtant une formule bien plus répandue, et le Mano à Mano entre deux stars du jeu, comme Walter Hagen et Bobby Jones suffisait à attirer du public autour des fairways. Le championnat du monde de Match-play disputé à Austin cette semaine nous rappelle que cette formule serait bien la meilleure pour populariser le golf à la TV, surtout avec des affiches tel que le duel Woods-McIlroy qui se profile.

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La problématique des tournois organisés avec des éliminations directes, et notamment le match-play est le risque de voir disparaître prématurément les meilleurs golfeurs, dès les premiers tours.

C’est d’ailleurs une réalité.

Phil Mickelson vient d’en faire les frais, à l’occasion des matchs de poules, du championnat du monde de match-play, disputé au Texas.

A moins de deux semaines du Masters à Augusta, Phil peut se consoler en affirmant qu’il va avoir plus de temps pour préparer le rendez-vous le plus important de la saison.

Pour les organisateurs et les sponsors, c’est une moins bonne nouvelle que de le voir rentrer plus tôt à la maison.

L’autre inconvénient posé par le principe du match-play est de progressivement réduire le champ de joueurs à seulement deux derniers concurrents le dimanche, alors qu’un tournoi classique permet de maintenir, en théorie un plus grand suspense, avec plus de parties à suivre.

Enfin, le dernier argument des anti match-play concerne le doute de voir toujours triompher le meilleur golfeur à la fin.

En effet, en match-play, un joueur peut très bien gagner son match sur une série de bogeys !

A l’inverse, dans le match contre le parcours, le golfeur sacré dimanche est plus souvent celui qui aligne trois ou quatre birdies sur les neuf derniers trous, autrement dit, celui qui dompte le mieux le parcours.

C’est pourtant une erreur de raisonnement quand on se met à la place du public.

La victoire d’un joueur sur le parcours est certes un beau challenge, et un dépassement de soi, mais le parcours ne ressent, et surtout n’exprime aucune émotion.

Un trou qui se gagne bogey contre double-bogey peut au moins laisser transpirer des émotions, de la tension, et même de la rivalité entre deux sportifs.

A en juger par le palmarès du championnat du monde de match-play, l’argument qui consisterait à penser que c’est un outsider qui gagne le plus souvent ne tient pas.

Depuis 1999, date de la première édition de ce WGC, il n’a quasiment jamais échappé à un favori !

Tiger Woods s’est même imposé à trois reprises en qualité de numéro un mondial (2004, 2005 et 2008).

Au tableau d’honneur, on retrouve les noms d’Henrik Stenson, David Toms, Geoff Ogilvy, Steve Stricker, Luke Donald, Ian Poulter, Matt Kuchar, Jason Day, Rory McIlroy, Dustin Johnson, et encore Bubba Watson, actuel tenant du titre.

Aucun de ces noms n’est un inconnu ou un golfeur au talent éphémère.

Bien au contraire, il s’agit de la fine fleur du golf mondial.

A la limite, une victoire de Victor Dubuisson, en 2014, au Ritz-Carlton Golf Club de Dove Mountain, à Marana, en Arizona, aurait pu paraître une grosse surprise, mais finalement, Jason Day ne lui en avait pas laissé l’occasion, malgré un match mémorable.

Sur les 64 meilleurs golfeurs engagés, effectivement, des grands noms sont amenés à repartir bredouilles, et assez rapidement.

Dans le groupe de Tiger Woods, et malgré sa victoire contre le Tigre lors du deuxième match de poule, c’est Brandt Snedeker qui en a fait les frais.

Dans un autre groupe, Jim Furyk a vu sa cote pour le Masters sérieusement baissé après une défaite cuisante contre le suédois Stenson, sur le score de 5 à 4.

Parmi les 64 meilleurs joueurs du monde, la formule en laisse à quai au moins 48 en seulement deux jours, si on veut regarder le verre à moitié vide.

McIlroy : « Je suis sûr que ce sera excitant pour nous deux. Je me sens bien avec mon jeu. J’ai très bien joué depuis le début de l’année. J’espère continuer tout au long de cette semaine. »

D’un autre côté, les 16 qui restent peuvent suffire à créer de l’attention, et notamment la superbe affiche à venir en huitième de finale, entre Tiger Woods et Rory McIlroy, tous deux sortis de leurs groupes, et donc deux anciens vainqueurs du tournoi.

Si la plupart des tournois de golf revenaient à la formule du match-play, il n’est pas dit que l’échiquier mondial s’en trouverait bouleversé.

Certes, vous pouvez gagner un match-play sans très bien jouer, ou à l’inverse, perdre un match-play après la partie de votre vie. Cependant, par le passé, les grands tournois disputés dans cette formule consacraient bien la plus grande légende du moment.

Walter Hagen a ainsi remporté cinq PGA Championship dans cette formule de jeu.

Dans les années 20, Bobby Jones a remporté cinq US Amateur en match-play, et sans doute de cette manière forgé sa légende.

De même que Tiger Woods a lui-même remporté trois US Junior et trois US Amateur, toujours dans cette formule à élimination directe, qui demande des nerfs d’aciers, et donc des compétences portées à leur paroxysme.

Cependant, ces dernières années, nous avons effectivement assisté à un resserrement du niveau des joueurs sur le PGA Tour, de sorte que les golfeurs censés être les favoris sont beaucoup plus qu’avant challengés.

Au cours des premières éditions du championnat du monde de match-play, les favoris prenaient souvent l’ascendant sur les outsiders.

En 2018, au cours du premier jour du WGC-Dell Match Play, sur 32 matchs à disputer, 23 ont été remportés par le golfeur le moins bien classé à l’ordre du mérite.

Ce n’est pas autre chose qu’un signe de notre époque, quand pour le titre de numéro un mondial, pas moins de cinq golfeurs sont susceptibles de s’installer dans la fauteuil à chaque tournoi, entre Dustin Johnson, Justin Rose, Brooks Koepka, Justin Thomas et Rory McIlroy.

On notera que trois des quatre derniers vainqueurs du championnat du monde de match-play étaient ou avaient été numéro un mondial. Bubba Watson a quant à lui remporté deux vestes vertes à Augusta !

Match-play ou pas, l’élite du golf est de toute façon à un niveau très proche.

Justement, la formule du match permettrait d’exacerber ces rivalités resserrés.

Le match-play a le mérite de mettre en exergue les qualités d’un golfeur qui ne domine pas seulement son environnement, le parcours, mais aussi les autres joueurs.

Ce qui distingue un champion des autres est tout de même le fait de réussir les coups cruciaux au bon moment.

Au tennis, Roger Federer est certainement le meilleur pour convertir les balles de break quand cela compte le plus.

Tous les coups ne se valent pas. C’est encore plus évident en match-play. Il y a des coups qui font plus mal à votre rival.

En Europe, et plus précisément en Belgique, Thomas Pieters a poussé pour que la formule du match-play s’impose pour son nouveau tournoi, le Belgian Knock-Out, ce qui pourrait préfigurer de la formule à généraliser pour ramener du public, et des sponsors.

Pour l’instant, on n’imagine pas l’Open de France dans ce format, pourtant, ce serait à tenter alors que le tournoi est au plus bas.

Quitte à suivre une partie de golf pendant quatre heures, autant en suivre une seule, celle qui décide de l’issue du tournoi, et concentrer tout le public sur cette seule partie.

D’un point de vue visuel, ce serait tout de même plus valorisant plutôt que de voir le public se diviser sur plusieurs parties.

A l’heure actuelle, et au moins sur le PGA Tour, on voit mal comment les choses pourraient évoluer pour plus de match-play. Avec le retour du tigre, les audiences sont en hausse. Ce n’est pas le moment pour une remise en cause.

En revanche, sur l’European Tour, orphelin de ses meilleurs joueurs tous plus ou moins sur le circuit américain à l’image de McIlroy, Molinari, Rose ou Stenson, ce serait peut-être un bon moyen de relancer de l’intérêt sportif…

En attendant cette perspective, les fans de golf vont pouvoir profiter ce week-end d’un superbe affrontement entre Tiger Woods et Rory McIlroy. 

Pour Tiger, ce sera selon ses propres termes, un match « fun » puisque les deux hommes ne se sont jamais rencontrés dans cette formule auparavant, mais ont déjà eu l’occasion de rivaliser pour des victoires dans une même partie.

Pour McIlroy, il espère que ce match sera pour lui de meilleure qualité que leur dernière partie associée à Atlanta « Je suis sûr que ce sera excitant pour nous deux. Je me sens bien avec mon jeu. J’ai très bien joué depuis le début de l’année. J’espère continuer tout au long de cette semaine. »

A l’occasion du dernier jour du Tour Championship, leur dernier face à face, McIlroy qui avait trois coups de retards sur Woods n’avait pas su trouver les coups pour faire douter le tigre. Il avait finalement rendu trois coups supplémentaires pour une victoire mémorable de Woods, et une défaite de plus à son actif.

Crédit photo : Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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