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WGC-Cadillac Championship 2016: Scott peut viser le Masters d’Augusta

WGC-Cadillac Championship 2016: Scott peut viser le Masters d’Augusta Crédit photo : Mark Newcombe

Adam Scott n’aura pas de quoi regretter son déplacement en Floride pour le Florida Swing, période marquée par deux tournois du PGA Tour disputés en deux semaines, le Honda Classic, et le championnat du monde Cadillac, première levée de l’année 2016. Deux tournois que l’australien a remporté pour se repositionner au sixième rang mondial. Le vainqueur du Masters 2013 peut-il redevenir le numéro un de l’ordre du mérite et reprendre une nouvelle veste verte ?

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« J’ai eu beaucoup de chances cette semaine de rester en-dehors de la ligne des obstacles. Quand vous avez une telle chance, il faut en profiter. »

Depuis le doublé réalisé par Billy Horschel sur les deux derniers tournois de la saison 2014, plus aucun autre golfeur professionnel n’avait réussi à remporter deux tournois du PGA Tour en deux semaines.

Cela n’a rien d’anodin. Surtout quand c’est un ancien numéro un mondial, et probablement l’un des golfeurs les plus marquants de ces quinze dernières années.

Des golfeurs de moins de quarante ans, Adam Scott est le plus titré avec treize victoires, soit deux de plus que Rory McIlroy.

Et pourtant, il ne s’est pas rendu la chose facile.

Sur son début de dernier tour, dimanche, Scott a commis deux double-bogeys sur les trous trois et cinq, et alors que Rory McIlroy avait pris trois coups d’avances la veille, et pensait-on, un avantage déterminant.

En matière de golf, tant que la balle n’est pas au fond du dernier trou, tout est reste souvent possible.

D’une part, McIlroy va terminer ce tournoi par un bien triste et frustrant dernier tour, et d’autre part, Adam Scott a réalisé un final parfait, devenant le seulement quatrième joueur en trente ans a remporté un tournoi après avoir conclu plus d’un double-bogey lors d’une partie de dimanche.

Effectivement, après un démarrage que l’on pourra qualifier de « slow », Adam Scott va jouer les treize derniers trous en moins six sous le par.

Le nouveau numéro six mondial a construit son succès sur un jeu phénoménal du tee au green.

A savoir, deuxième pour les points gagnés du tee au green et troisième pour le nombre de greens pris en régulation.

Autre statistique phénoménale, Scott a rentré 18 putts sur 18 à moins de trois mètres lors de ce dernier tour pour finalement scorer 69 pour un total de douze coups sous le par, et un seul d’avance sur Bubba Watson, qui a d’ailleurs terminé deuxième du WGC-Cadillac Championship chaque fois avant de remporter le Masters, et deux coups d’avances sur Rory McIlroy, à qui la victoire a trop vite été promise.

Scott a joué aux montagnes russes sur ce dernier tour.

Mis à part les deux doubles en début de partie qui l’ont mis hors course après cinq trous, l’australien a fait preuve de sang-froid pour enquiller quatre birdies d’affilés du dix au quatorze, survivre à une sortie de bunker topé au 16, et manqué de peu de mettre son approche dans l’eau au 18 pour au final rentrer le par indispensable pour gagner.

Une victoire n’efface pas toujours une défaite ! Pourtant, ce succès en championnat du monde acquis dans la dernière ligne droite rappelle la défaite de l’australien au British Open 2012 où le scénario fut exactement inverse, et au profit d’Ernie Els.

A propos de Majeur, nous sommes à moins de trente jours du premier d’entre eux, le Masters d’Augusta.

Le compte à rebours a déjà commencé, et la liste des favoris n’a peut-être jamais été aussi longue.

Huit mois après le dernier majeur de 2015, les appétits s’affichent : Spieth, McIlroy, Day, Fowler, Watson, Mickelson, et donc Adam Scott peuvent l’emporter.

Il y a encore plusieurs tournois à disputer d’ici le retour à Magnolia Lane. Ceci étant, les sept mercenaires font office de grands favoris.

Trente ans après le plus grand Masters de tous les temps, marqué par la victoire de l’ours blond, Jack Nicklaus, jamais un Masters à venir n’avait mis en jeu autant de prétendants d’un niveau de forme aussi proche, et en même temps.

Avec son double succès, Scott se considère-t’il pour autant favori du Masters. « Non. Par contre, je pense que Bubba l’est. » rejetant ainsi habilement la pression sur son plus proche rival.

Watson est effectivement dans un niveau de forme comparable à celui de l’australien avec une victoire (Northern Trust Open), et une deuxième place (WGC-Cadillac), et surtout, il présente un long jeu créatif idéal pour le parcours d’Augusta. Il sera sans doute le rival le plus coriace pour Scott, à moins que Jordan Spieth ne cache son jeu en prévision du premier majeur de l’année.

« Même si je devais gagner tous les tournois jusqu’au Masters, il suffirait que Bubba termine à chaque fois deuxième pour que je le considère toujours comme le favori. Son jeu semble si parfaitement adapté à Augusta qu’il peut se sentir parfaitement à l’aise là-bas. »

Watson, Spieth, mais aussi Mickelson qui semble bien revenir au top depuis quelques semaines.

Le triple vainqueur du Masters a rarement aussi bien drivé. A 45 ans, Lefty présente une moyenne de score de 69 coups pour cumuler quatre top onze en quelques semaines.

Sans passer en revue le niveau de jeu de tous les favoris, il est avéré que le prochain Masters sera donc très relevé.

Si Scott semble en pole-position, il le doit à plusieurs choses, et en particulier, son changement de putter.

Après avoir connu une année 2015 plutôt difficile, l’ancien numéro un mondial de juin à juillet 2014 admet qu’il a trouvé un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, et retrouvé un pic de forme au meilleur moment.

En cas de victoire au Masters, Scott pourrait effectivement bien reprendre la place de numéro un mondial, et remettre à plus tard les envies de domination de la jeune garde, Spieth, Day et McIlroy peut-être trop vite programmé pour dominer le golf mondial.

Scott a peut-être encore une carte à jouer : son expérience des montagnes russes !

Il l'a démontré dimanche dernier en démontrant une belle dose de ténacité, écornant au passage son image de trop propre sur lui pour sortir vraiment les griffes quand il faut.

Pour mémoire, au Honda, Scott avait commis un quadruple lors du troisième tour. 

Un des éléments qui contribue à ce regain de forme est peut-être son caddy, David Clark. En sortant du trou cinq, et après le deuxième double-bogey du jour, ce dernier a déclaré "On leu avait déjà donné quatre coups la semaine passée, mais cela ne nous a pas empêché de gagner. Allez, on peut le refaire !"

Ajoutant "On savait que les neuf derniers trous allaient être difficile."

Ce qui s'est avéré exact.

Pour redevenir numéro un mondial et remporter le Masters, il faudra justement cette dose de résistance à l'adversité...

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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