Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans European Golf Tour

Nedbank Golf Challenge : Quand Westwood retrouve son meilleur putting...

Nedbank Golf Challenge : Quand Westwood retrouve son putting...

Départ du dernier tour sur le parcours de Sun City dans le cadre du Nedbank Golf Challenge 2018 en Afrique du Sud, avant-dernière épreuve de la Race to Dubaï, l’anglais Lee Westwood, 45 ans, lâche son drive hors du fairway sur la droite. Après un tel coup, il était encore loin d’imaginer qu’il allait avoir seulement besoin de 64 coups pour terminer sa partie, et remporter son premier titre depuis 4 ans. Histoire d’un rebond pour l’ex-meilleur golfeur du monde à ne jamais avoir remporté de majeur, aujourd’hui en quête d’une cinquantième place mondiale pour participer au prochain Masters à Augusta.

Découvrez nos formules d'abonnements

Avril 2014, Lee Westwood, ancien numéro un mondial remporte son premier tournoi sur le circuit European Tour, à l’occasion du Maybank Malaysian Open.

Leader du tournoi Malaysien depuis le premier jour, il ne compte pourtant qu’un coup d’avance le dimanche matin. Il finira avec sept coups de mieux sur le second, le belge Nicolas Colsaerts.

Un 68 émaillé de 4 birdies et aucun bogey réussi sur un dernier tour et dans des conditions climatiques changeantes rappelait que ce joueur avait été un numéro un mondial solide à défaut d’être spectaculaire en 2010, n’ayant pas remporté de majeur.

Au cours des années 2000-2010, Lee Westwood est souvent affublé du titre de meilleur golfeur du monde à ne pas avoir encore remporté de majeur, le graal du golfeur professionnel, et surtout le marqueur d’une carrière pleinement réussie.

Passé pro en 1993, il ne lui avait pourtant fallu que 4 ans pour faire partie des 40 meilleurs golfeurs de la planète, symbole d’un début de carrière aussi fulgurant que prometteur.

Avant l’an 2000, à 25 ans à peine, il se retrouve dans les 10 meilleurs au monde, et surtout meilleur européen, notamment en 1998 quand il ne remporte pas moins de 7 tournois.

Il va connaître la consécration avec l’ordre du mérite européen à deux reprises en 2000 et 2009.

En 672 tournois et 24 ans de carrière professionnelle, Westwood a connu deux périodes fastes d’un point de vue des résultats, de 1998 à 2000, et donc de 2009 à 2012.

Sur une aussi longue carrière marquée par plus de 40 victoires internationales, le natif de Worksop a aussi connu des creux, et notamment depuis le virage de la quarantaine.

Il a connu le naufrage d’une wild-card à Hazeltine dans le cadre de la Ryder Cup avec l’équipe européenne emmenée par Darren Clarke. Pour l’édition 2018, au lieu d’être parmi les joueurs et pour une onzième participation, Westwood a dû se contenter d’un rôle de vice-capitaine.

Bien qu’une carrière de golfeur soit longue, on ne peut s’empêcher de penser que Westwood n’aura bientôt plus beaucoup d’occasions de remporter son premier majeur, lui qui a terminé second du Masters et du British Open en 2010.

C’est donc avec beaucoup d’émotions que l’anglais a enlacé sa petite-amie Helen Storey sur le dix-huitième green du parcours de Sun City, afin de fêter sa première victoire en quatre ans. Sa petite-amie ayant aussi fait office de caddie en remplacement de Billy Forster, son caddie de longue date.

Sa petite-amie ayant aussi fait office de caddie en remplacement de Billy Forster, son caddie de longue date.

Tout au long de la journée, et malgré un drive égaré sur le premier trou, Westwood a voulu s’en tenir à son plan. Il a affiché une sérénité à toute épreuve.

Il a tapé un coup de fer 7 magistral sur le trou numéro 17, pour s’en doute commencer à comprendre qu’il était en contrôle du tournoi au détriment de ses deux principaux adversaires, Sergio Garcia et le héros local Louis Oosthuizen, mais que dire de son coup de fer au 8 qui se posa à quelques centimètres du trou.

Son jeu de fers et son putting se sont parfaitement accommodés du parcours Sud-Africain. Westwood en est d’ailleurs à sa troisième victoire sur le Nedbank Golf Challenge.

Il a parfaitement étrenné le nouveau putter Ping Sigma 2 avec un trou au milieu de la tête en forme de maillet. Il s'est classé premier pour le nombre de putts sur les greens en régulations avec 1,64 putts de moyenne. 

De là, il a rendu le plus grand nombre de birdies du tournoi, soit 25.

Avec 61 parties jouées cette année, bien qu’il n’eût pas encore remporté de tournois et qu’il commençait à glisser au-delà de la 120eme place mondiale, un classement qu’il n’a plus connu depuis 2002, on ne pouvait pas dire qu’il jouait mal.

Il est d’ailleurs le troisième meilleur scoreur en moyenne sur l’European Tour depuis janvier 2018 avec une moyenne de 69,77 coups, seulement devancé par ses compatriotes Justin Rose et Tommy Fleetwood.

Il est devant Jon Rahm, Rory McIlroy ou encore Tyrell Hatton, des golfeurs qui ont joué la Ryder Cup à Paris.

Cette statistique ne suffit pourtant pas à illustrer la saison d’un golfeur.

Bien scorer en moyenne sur une saison, ce n’est pas nécessairement scorer le jour J.

Le fonctionnement du classement européen n’est pas une prime au golfeur le plus régulier de la saison, mais celui qui est en forme lors d’un dernier tour.

Le fonctionnement du classement européen n’est pas une prime au golfeur le plus régulier de la saison, mais celui qui est en forme lors d’un dernier tour.

Westwood a d’ailleurs repris dimanche trois coups à Sergio Garcia pourtant leader du tournoi sud-africain depuis son commencement.

Dans les 90 premiers pour la distance au drive, il fait partie des 22 meilleurs pour les coups gagnés depuis le tee de départ, signe que sa précision lui permet de compenser une légère perte de distance.

En Afrique du Sud, comme pour l’ensemble de la saison 2018, Westwood s’appuie toujours principalement sur la précision de son jeu de fers. Avec plus de 72% de greens en régulation, l’anglais arrive sans peine à se maintenir dans le top-15 européen.

Ce week-end, il a même monté cette moyenne au-dessus de 76%.

Malgré ses 45 ans, en réalité, ce n’est pas la distance qui le pénalise le plus et l’a fait progressivement reculer au classement mondial, et jusqu’à cette victoire qu’il chérit, sachant pertinemment qu’il lui est bien impossible d’imaginer quand la prochaine aura lieu.

C’est bien plus dans le domaine du putting que l’anglais ne réalise pas assez régulièrement ses meilleures performances, et sans doute pourquoi il a récemment changé de putter.

Seulement 70eme du circuit pour la moyenne de putts rentrés, juste derrière Alexander Levy, loin d’un Olesen ou d’un Cabrera-Bello, et à l’inverse d’un Mickelson, trois ans plus âgés et pourtant toujours aussi fort sur les greens, Westwood a besoin de frôler l’excellence avec les fers, à défaut de compter sur un putting sans failles.

C’est une histoire récurrente pour l’anglais depuis le début de sa carrière. Connu pour être excellent du tee au green, cette irrégularité sur les greens lui a sans doute coûté des victoires.

En 2016, il était au fond du classement de l’European Tour pour les putts sur les greens en régulations.

Westwood a alors changé la façon de s’aligner, et la façon de déplacer son putter de manière plus rectiligne à la cible.

« J’ai placé mes mains un peu plus hautes sur le grip pour y parvenir, tout en cherchant à viser un point précis sur ma ligne, et laisser faire la pente. »

Dimanche, il avait son meilleur jeu de fers, et un bon putting pour expliquer sa nouvelle victoire, et peut-être était-il détaché de ce qui aura marqué toute sa carrière, au point de l’empoisonner, l’obsession des majeurs.

Westwood a travaillé avec les meilleurs entraîneurs de la planète, changé de domicile, tout tenté pour essayer de remporter un majeur. Désormais, il n’hésite pas à prendre son fils ou sa petite-amie sur son sac, comme si le besoin de relativiser les événements lui avait apporté un second souffle, une respiration salutaire.

Sans son cadet historique, il remporte enfin une victoire alors que l’on pourrait se demander quelle valeur ajoutée de sa petite-amie sur son sac ?

Il répond alors qu’il a écrit les distances de tous ses coups au dos de ses clubs, à l’occasion d’une session de Trackman à Abu Dhabi.

Quand on l’interroge sur l’absence d’entraîneur, il répond « J’ai pris des cours pratiquement toute ma vie. Je sais tout ce qui peut être enseigné. Je suis très bon pour l’analyse, et je sais ce qui fonctionne pour moi. J’ai quelques réflexes de swings que je te tente de respecter. Si le premier ne fonctionne pas, je passe au suivant. Je continue jusqu’à ce que cela marche. »

westwood4-mini.jpg

Depuis ses débuts pros, Westwood a pris un peu de coffre, et des cheveux blancs, mais il a gardé le même visage un peu poupon.

Il n’a jamais été connu pour lâcher beaucoup d’émotions au moment d’une victoire. Celle de Sun City est sans doute particulière, car à un moment donné, il a dû croire qu’elle ne viendrait peut-être plus.

Pressenti pour être vice-capitaine de Padraig Harrington dans deux ans pour la prochaine Ryder Cup aux Etats-Unis, il pourrait être le candidat au poste de capitaine en 2022 à Rome.

D’ici là, il espère encore accrocher la victoire numéro 25 sur le circuit européen, et se maintenir le plus longtemps possible dans le top-50 mondial pour participer aux majeurs, afin de voir s’il peut finalement en remporter un…, comme quoi cette obsession n’est jamais vraiment très loin chez un golfeur professionnel.

Crédits photo : David Kissman/Action Plus/Icon Sportswire et JeudeGolf.org

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 167
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.