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Visite du camion Titleist dédié aux golfeurs sur le tour européen

Visite du camion Titleist dédié aux golfeurs sur le tour européen

Sur le chemin du retour des cartes européennes disputées en Espagne, le « Tour Truck » Titleist a fait une brève escale au Golf de Chantilly où nous avons pu le visiter, et rencontrer le staff embarqué qui travaille au quotidien auprès des meilleurs golfeurs de la planète,  dont les français Victor Dubuisson, Alexander Levy et Gregory Bourdy, usagers de ce centre de fitting mobile. Au-delà de vous proposer une visite guidée ou un photo-reportage, nous en avons profité pour poser nos questions à Karl Arthur, « club technician » à bord.

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Pour la visite du camion Titleist, nous avons été accueillis par Ian Martin et Karl Arthur, deux des membres d’équipages du tour truck qui peut compter jusqu'à une dizaine de personnes sur des tournois importants comme le British Open.

A l’image des grands prix de formule 1 où ils sont populaires depuis des décennies, les camions des marques de matériel de golf se sont imposés assez récemment sur les paddocks des tournois de golf du PGA, et de l’European Tour.

Suscitant la fascination des fans, et avant d’être des paquebots des routes véritable outils de promotions pour les marques, ils répondent à une nécessité, celle d’être au plus près des meilleurs joueurs, pour leur proposer un maximum de services en un seul lieu.

Encore dix ans en arrière, il s’agissait plus de vans que de camions gigantesques, et une seule personne suffisait à le conduire, et l’utiliser pendant une semaine de tournoi, comme nous le confiait récemment notre consultant Loïc Monchalin.

Lui-même a commencé son expérience de clubmaker sur le tour européen en conduisant justement un camion du temps où ce n'était pas un poids-lourd.

A mesure que le tour professionnel a progressé, et s’est structuré, le besoin pour un équipement mobile d’envergure s’est fait sentir.

D’un simple van, et à l’image de ce qui se passe aux Etats-Unis, pays du gigantisme, le tour truck est devenu un camion de plus de 15 tonnes, et de plus de quinze mètres de longs, embarquant tous les outils nécessaires à un clubmaker, et même des commodités pour permettre aux joueurs de s’y retrouver dans le calme.

Par la même occasion, le staff embarqué a augmenté.

En Europe, les tournois s’enchaînent d’avril à octobre, il est plus réaliste et économique de déplacer un centre de fitting  du Portugal à l’Allemagne, en passant par la France, l’Italie, l’Espagne, et le Royaume-Uni sans avoir justement à y laisser un point fixe.

Malgré la logistique et le coût important de cette structure mobile, c’est sans comparaison avec les coûts qu’il faudrait maintenir sur place pour proposer le même service sur tous les tournois européens.

En moyenne, pour une saison du circuit européen, le camion parcoure 32 000 kilomètres sur une période de huit mois, et c’est un chauffeur professionnel (Ian Martin pour Titleist) permis poids-lourds qui le manœuvre.

Généralement, les marques en utilisent au moins trois : un camion pour les USA, un pour l’Europe, et un pour l’Asie.

Tant et si bien que le camion européen ne quitte pas le vieux-continent et le Royaume-Uni, ce qui implique qu’il travaille essentiellement d’Avril à Octobre.

Il ne se déplace pas sur les épreuves en Afrique du Sud ou en Asie.

« Ouf » pour les staffs qui officient sur ces camions, car il travaille plusieurs semaines d’affilées, et parfois sans rentrer chez eux pendant parfois cinq à six semaines, notamment le chauffeur.

Mercedes Truck s’est fait une spécialité de ce type de camions.

Wilson, Titleist, Callaway et bien d’autres marques ont adopté cette marque pour des camions allant de 15 à 30 tonnes. Le camion TaylorMade atteignant même les 33 tonnes. 

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Une société (JS Fraser) s’est spécialisée dans l’aménagement et la transformation de ce type de camions en véritables ateliers mobiles, avec des compartiments qui glissent sur des vérins pour accroître l’espace intérieur, une fois à l’arrêt et au parking.

Extrêmement modulables, ces camions permettent à des équipes de 2 à 10 personnes de travailler sur les équipements des golfeurs professionnels, soit dans l’atelier internalisé à l’arrière du camion, soit en connexion avec le camion au plus près des joueurs, à savoir sur le practice.

En général, deux ou trois techniciens travaillent dans l’atelier, deux ou trois à la réception des joueurs pour les balles, les chaussures, et les casquettes dans la partie amont du camion, et deux ou trois staffs Titleist sont auprès des joueurs au practice.

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Dans le cas d’un fitting, les techniciens peuvent utiliser un trackman au practice avec le joueur qui tape ses balles, puis revenir dans le petit salon du camion pour se poser et analyser les données, avant d’intervenir sur les clubs dans l’atelier.

Et pendant ces semaines sur le tour, les journées sont plutôt intenses comme en témoigne Karl Arthur.

Sur une semaine type, les journées peuvent commencer à 8 heures du matin pour se finir bien au-delà de 17 heures, en particulier le mardi, la journée la plus chargée de la semaine, quand les golfeurs arrivent sur le tournoi, et se préparent à disputer un pro-am ou des parties de reconnaissances.

Il faut souvent grinder les wedges en fonction de la typologie du terrain, changer les wedges trop usés après quatre tournois précédents, changer des grips et des shafts…

Les demandes des golfeurs s’enchaînent, surtout que le nombre de pros Titleist sur le tour européen est très conséquent, et souvent autour d’une soixantaine de joueurs par semaine.

Et l’un des plus assidus, et les plus intéressés par les machines, est assurément Thomas Levet.

Le français aime marquer lui-même ses wedges avec la « stamp machine », changer ses grips, et en fait agir lui-même sur ses fers.

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A l’occasion de cette visite, le technicien n’a pas manqué de nous présenter en exclusivité une tête de wedge marquée d’un cactus, l’emblème de Victor Dubuisson depuis son exploit au championnat du monde de match-play de Dove Mountain, joué dans le désert d’Arizona en février 2013.

Pour information, il y a 150 points de marquages pour réaliser le cactus sur le wedge de Victor.

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Le besoin pour des camions aussi imposant est lié au fait que les marques embarquent de plus en plus de matériel pour servir les pros.

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Pour le camion Titleist, c’est plusieurs milliers de têtes de clubs, de shafts, de grips, une centaine de paires de chaussures, et de casquettes à classer dans des tiroirs coulissants de près d’un mètre cinquante de large.

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Ce type d’armoire technique pouvant coûter près de 3000 euros pièce ! Il ne s’agit pas de simples armoires puisque les tiroirs doivent coulisser malgré la charge, et disposer d’une butée anti-basculement, y compris si en roulant, le technicien a oublié de les verrouiller à clés. 

La valeur du stock contenu peut se chiffrer en centaine de milliers d’euros.

En dehors du stock de tête qui est impressionnant, le stock de shafts l’est encore plus. Certains shafts pouvant approcher le millier d’euros pièce !

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Les pros comme Victor Dubuisson, Alexander Levy, Gary Stal ou Gregory Bourdy peuvent y trouver toutes sortes de configurations en fonction du type de parcours qu'ils rencontrent, links ou parkland. 

A ce titre, le staff Titleist dispose de toutes les machines nécessaires au travail sur les clubs que ce soit pour usiner/grinder les semelles des wedges, checker les lies et les lofts, ou monter les grips.

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Sans oublier l’outil le plus emblématique du camion de fitting, la machine à graver qui permet de personnaliser les wedges.

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Non sans malice, Karl Arthur a pris plaisir à nous partager quelques anecdotes.

Sur la photo, vous pouvez lire une des personnalisations « Voke is the man »….Une private joke qui rappelle que Voke est le surnom du fondateur de la gamme de wedges Titleist « Vokey Design Spin Milled ».

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Avant de quitter le staff du camion, nous lui avons demandé qu’elle était la partie la plus difficile de son métier.

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Heureux de pratiquer un superbe métier au plus près de leur passion, il a néanmoins admis que la partie la plus difficile était en fait le temps passé sur les routes, et le fait de rester loin de chez soi pendant de longues périodes.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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