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Victor Riu, la bonne surprise de l’Alstom Open de France 2014

Victor Riu peut-il remporter l’Alstom Open de France 2014 ? Crédit : ASO/Presse Sports/R.Perrocheau

Ce week-end, le public attendait un autre Victor ! Dubuisson en fait, et c’est Victor Riu qui est sorti du « bois » pour réaliser un magnifique Open de France depuis 3 tours, et même se donner une chance de pouvoir l’emporter dimanche. Retour sur son parcours, son début d’Open, et le résumé du 3ème tour.

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Qui est Victor Riu ?

Joueur du golf de Saint-Nom-La-Bretesche, Victor a démarré le golf à la l’âge de onze ans (en 1996) pour devenir pro dix ans plus tard.

Bien des golfeurs commencent plus tôt, et passe pro autour de 20/23 ans, Victor Riu n’est donc pas précoce à ce niveau.

En revanche, sa progression à haut niveau est solide et régulière.

Après trois saisons passées sur l’Alps Tour (3ème division), il termine à la deuxième place de l’ordre du mérite pour monter dans la division du dessus, le Challenge tour.

Encore trois ans d’apprentissage de son métier de golfeur professionnel, et il réalise de solides prestations qui lui ouvre une première fois les portes des Q-School 2011, et l’European Tour en 2012.

Comme beaucoup de néo-pro dans son cas, la découverte de la première division s’avère difficile, et il lui faut redescendre sur le Challenge Tour en 2013.

Il réalise alors sa saison la plus aboutie avec sa première victoire sur un tournoi professionnel lors du Swiss Challenge, il y a tout juste un an, et le voilà prêt à prendre la mesure du grand bain.

Son début de saison 2014 n’avait pas encore jusqu’à présent défrayé la chronique, et d’une certaine manière, une bonne performance à Paris serait la bienvenue pour lui permettre d’assurer sa carte, et ne pas refaire l’ascenseur.

156ème sur l’European tour avec 54 000 euros de gains en 15 tournois, cet objectif n’était de toute façon pas inatteignable, même sans faire un top-10 à l’Open de France.

Maintenant, si Riu venait à s’imposer, cela changerait considérablement sa saison.

Entre sa première tentative sur le grand tour européen en 2012, et cette année 2014, Victor Riu a essentiellement progressé dans deux domaines : la précision au driving, passant de 60% à 62% de fairways pris en régulation, et la précision du jeu de fers, passant de 68% à 71% de greens pris en régulation.

Grand d’1M83, et pesant 76 kilos, Victor n’a pas le profil d’un cogneur. Joueur fin et affuté, son jeu est plutôt dans la recherche de la précision.

Il ne boxe pas dans la catégorie d’un Nicolas Colsaerts, plus long frappeur du tour avec une moyenne de 286 mètres au drive puisque sa moyenne est de 259 mètres (27 mètres de moins), et n’est pas encore un des meilleurs putters du tour, sans doute l’aspect de son jeu qui devra le plus progresser à l’avenir.

En moyenne sur le tour, il joue 31 putts par tour quand les meilleurs comme Darren Fichardt ou Colin Montgomerie sont à 28.

La clé de la victoire à Paris : le putting ? Crédit : ASO/Presse Sports/R.Perrocheau

Trois coups, cela ne parait pas insurmontable, pourtant, cela situe Victor à la 190ème place du classement des meilleurs putters sur le circuit.

Sa prestation à Paris est donc pour beaucoup une surprise.

Depuis le début 2014, en 15 tournois disputés, il n’a pas passé le cut à 10 reprises.

Pourtant, nous parlons bien d’un garçon qui tient la dragée haute au leader depuis trois tours, l’américain Kevin Stadler en -9, alors qu’il est lui-même second en -5 sur un des parcours les plus difficiles de la saison.

De 2009 à 2013, Victor Riu est passé progressivement de la place de 963ème mondial à 372ème, et aujourd’hui, il lutte avec le 62ème pour éventuellement remporter son premier succès sur l’European Tour.

Cela illustre le chemin pour en arriver là, et la portée de l’exploit du jeune français.

Avec deux premières cartes nettement sous le par en 68 et 67, Riu s’est donc très rapidement mis en avant sur cet Open francilien. Son troisième tour a été plus difficile mais comme la plupart des autres joueurs.

Le « moving day » est ainsi fait que très peu de joueurs ont réussi à aller sous le par. Son 73 n’avait alors rien d’éliminatoire, ne perdant qu’un coup sur Stadler, lui aussi plus en difficulté.

Ce dimanche, à lui d’écrire la suite de l’histoire devant ses amis et sa famille…

Le résumé du troisième tour de l’Alstom Open de France 

Malgré une journée moins flamboyante que les deux précédentes, Kevin Stadler a fait preuve de solidité pour rendre une carte de 72 (+1) et conserver seul la tête de l'Alstom Open de France.

 Kevin Stadler a fait preuve de solidité pour rendre une carte de 72 (+1) et conserver seul la tête de l'Alstom Open de France. Crédit : ASO/Presse Sports/R.Perrocheau

À l'issue du 3e tour, l'Américain devance de quatre coups le Français Victor Riu, auteur d'un 73 (+2), et le Thaïlandais Thongchai Jaidee (69).

Ce dernier s'élancera en compagnie de Stadler dans la dernière partie, tandis que Riu jouera avec l'Allemand Martin Kaymer (70), 4e à -3 total. 

La possibilité de voir enfin un Américain triompher à Paris se fait de plus en plus réaliste au soir du 3e tour de l'Alstom Open de France.

Quarante-deux ans après la dernière victoire « made in USA », Kevin Stadler aura ce dimanche l'opportunité de devenir le 4e joueur d'outre-Atlantique à soulever la coupe Edward George Stoïber. « Ce serait phénoménal, mais je préfère ne pas me projeter. J'espère juste pouvoir y penser demain en arrivant au green du 18. »

Dans sa quête pour succéder à ses compatriotes Barry Jaeckel (sacré en 1972 à Biarritz), Byron Nelson (1955 à La Boulie) et Walter Hagen (1920 à La Boulie), le 62e joueur mondial a rendu une carte très propre de 72, un coup au-dessus du par, ponctuée de deux bogeys et un birdie.

Moins en réussite au putting et légèrement gêné par une douleur au dos, Stadler porte même son avance à quatre coups à la veille du dernier tour. « J'espère jouer de la même façon demain : assurer un maximum de pars et, je l'espère, rentre quelques birdies, » a déclaré l'affable fils du vainqueur du Masters 1982, lui-même sacré pour la première fois sur le PGA Tour au Phoenix Open en février. 

Victor Riu, qui l'accompagnait ce samedi, a flanché sur la fin pour rétrograder à -5 total.

Victor Riu, qui l'accompagnait ce samedi, a flanché sur la fin pour rétrograder à -5 total. Crédit : ASO/Presse Sports/R.Perrocheau

Impeccable à l'aller (deux birdies, sept pars), le Parisien, qui s'entraîne pourtant régulièrement au Golf National, a été victime des pièges de l'Albatros au retour.

Avec six bogeys contre deux birdies et un par, il a dû se contenter d'une carte de 73 (+2). Toujours 2e à -5 total, il ne jouera pas en revanche en dernière partie dimanche, cet honneur revenant à Thongchai Jaidee, auteur d'un très bon 69 (-2).

Pas de quoi gâcher la satisfaction du Français, dont le meilleur résultat en carrière dans un tournoi de l'European Tour est une 7e place à l'Open d'Afrique du Sud en 2010 :

« Je suis dans l'ensemble plutôt satisfait de ce troisième tour. Le fait d'être dans la dernière partie aux côtés d'un joueur de la stature de Kevin Stadler, ce n'était pas évident à gérer. Je n’ai pas l'habitude de ce genre de situation et j’avais les mains moites au départ du 1. Mais j'ai le sentiment d'avoir bien tenu le coup malgré une deuxième partie de parcours difficile. Mon putting notamment n'a pas été aussi performant que lors des tours précédents. » 

Peu habitué à jouer les premier rôles sur le circuit européen, Victor Riu assure qu'il ne pensera pas au ticket pour le British Open promis au trois premiers joueurs dans le top 10 non qualifiés pour le troisième Majeur de la saison dans quinze jours.

« Le but, pour le dernier tour, est de faire du mieux possible. Si je pouvais jouer le British Open, ce serait fantastique, mais l'objectif premier est de bien jouer ici demain. Je dois d'abord penser à engranger un maximum de points afin de pouvoir conserver à la fin de la saison ma carte du circuit européen. »

Deuxième ex aequo avec Jaidee, Riu sera aligné dimanche en compagnie de Martin Kaymer. L'Allemand a signé une carte solide de 70 (-1) pour prendre seul la 4e place à -3 total.

Même s'il compte six coups de retard sur Stadler, le vainqueur du récent US Open veut croire en ses chances de renverser la situation : « Si le temps reste le même, il faudra scorer très, très bas demain. Si je peux me rapprocher à deux ou trois coups de lui, ça pourrait lui mettre un peu de pression sur les quatre derniers trous qui sont particulièrement difficiles. » 

Julien Quesne, le meilleur scoreur du jour Crédit : ASO/Presse Sports/S.Thomas

Du côté des neuf autres Français qui ont passé le cut, Julien Quesne (68, meilleure carte du jour) et Alexander Levy (72) sont aux portes du top 10, en 12e position dans le par total.

Thomas Linard (73) est 23e, David Bobrowski (73) et Gary Stal (74) sont 31es, Grégory Bourdy (72) 39e, et enfin l'amateur Julien Brun (75), Alexandre Kaleka (75) et Victor Dubuisson (76) sont 59es.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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