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Victor Dubuisson s’attaque au Blue Monster

Victor Dubuisson s’attaque au Blue Monster ! Peut-il battre les meilleurs ? Crédit photo : Mark Newcombe

Le parcours du Doral, le Blue Monster, qui accueille cette semaine le championnat du monde de golf Cadillac n’est pas vraiment la tasse de thé du français. Héros d’un autre championnat du monde, l’Accenture Match-play en 2014 qui lui avait valu le titre de « Cactus Man », Victor Dubuisson, seul français engagé, compte néanmoins sur ce tournoi pour lancer sa saison. Habitué des coups d’éclats, « Dubush » peut-il créer la surprise dimanche ? Nous avons comparé son jeu à celui de ses rivaux.

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Un premier tour passé sans trop d’encombres au WGC-Cadillac Championship 2016

Au sortir du premier tour, on pourrait faussement croire qu’il n’a pas été dans le coup avec son score de 73, soit un coup sous le par.

Sur beaucoup d’autres parcours, cela aurait pu être effectif. Cependant, le Blue Monster ne permet pas souvent des scores spectaculaires.

Scores pas forcément spectaculaires ! Ce qui ne veut pas dire que les joueurs ne sont pas en mesure de sortir des coups spectaculaires.

Et d’ailleurs, Victor Dubuisson a livré l’un des plus beaux coups du premier tour, ce qui lui a valu d’être dans le résumé vidéo de la journée produit par le PGA Tour.

Une performance tant le réalisateur s’intéresse plus souvent aux américains, ou aux têtes d’affiches, surtout que cette année, se trouvent dans la même partie, le trio McIlroy, Spieth et Day.

Au départ du 9, un par 3 de plus de 170 mètres, Victor va décocher une flèche d’une très grande précision pour se poser à huit/neuf mètres du trou. Sa balle va ensuite rouler jusqu’au trou, en épousant parfaitement la pente. Easy birdie comme disent nos amis anglais !

Dubuisson ne semble pas souffrir de son changement de clubs puisqu’il a profité de l’intersaison pour quitter Titleist, et rejoindre le staff TaylorMade.

Attention, son contrat ne vaut que pour 12 mois…et côté matériel, le français s’est parfois fait la réputation d’être imprévisible.

Concernant son premier tour, le français a admis, lucide, qu’il n’était pas très à l’aise sur ce parcours, et que taper des bons coups ne suffisaient pas à se mettre à l’abri d’un bogey.

D’ailleurs, sa précédente sortie ne lui avait pas laissé un très bon souvenir (+13 lors du dernier tour de l’édition 2015).

Un score qui lui rappelle que sur ce parcours, rien n’est jamais acquis. Ceci dit, la difficulté est la même pour tous, et classé en milieu de peloton à sept coups des leaders, il conserve toutes ses chances pour la suite, surtout si la météo s’en mêle.

Jordan Spieth (-3), Rory McIlroy (-1) et Jason Day (par) n’ont d’ailleurs pas encore cassé la baraque.

Sans compter que la difficulté du parcours peut aussi faire péter les plombs. Souvenez-vous de McIlroy lançant son club dans le lac ! C’était il y a tout juste un an !

Dubuisson versus le big-four

La grande question qui devrait animer les passionnés français de golf, et les fans de Dubuisson, devrait être : A 25 ans, peut-il se hisser au niveau du top-5 mondial ? Des McIlroy, Spieth, Day et autre Fowler, la nouvelle génération ? Au moins sur un tournoi, et en particulier sur un WGC ?

A en juger par son premier tour, disputé loin de chez lui, sur un parcours typiquement américain, le numéro un en difficulté sur le PGA Tour, Dubuisson a des atouts mais aussi des faiblesses.

Sa carte de 73 a été émaillée de trois bogeys pour deux birdies. Pour parvenir à ce résultat, Dubuisson a pu compter sur son driving. Il a affiché une moyenne de 298 yards (272 mètres) qui peut sembler tout simplement énorme.

Pour s’en rendre compte, nous avons passé au crible le jeu du français en comparaison avec celui des quatre stars du moment, Jordan Spieth, Jason Day, Rory McIlroy, et Rickie Fowler, des golfeurs de la génération du français.

Comparaison du jeu de Dubuisson par rapport aux autres membres du big-four 

Sur ce premier tour disputé par les cinq joueurs, et donc tous sur le même parcours, et dans les mêmes conditions atmosphériques, il ressort que Dubuisson a été en retrait dans pratiquement toutes les catégories statistiques importantes, sauf une : le putting.

Bien qu’il soit en fait le moins long des cinq, ce n’est pas la distance au drive qui pénalise réellement le français.

Deux catégories sont éloquentes : la précision au drive, et ce qui en découle très souvent, les greens pris en régulation.

Dans ces deux domaines, Dubuisson n’a pas rivalisé avec les meilleurs mondiaux.

Si Jason Day semble en petite forme pour son retour à la compétition, il est au-dessus du français pour la précision au drive, et touche pratiquement deux fois plus de fairways avec une moyenne de distance pourtant supérieure.

Pour Jordan Spieth qui ne se distingue pas par son driving (seulement 301 yards de moyenne), et donc assez proche de Dubuisson pour cet aspect du jeu. Le numéro un mondial a aussi été plus précis (50% de fairways touchés) contre seulement 35% pour le français.

L’américain s’illustre davantage dans le jeu de fers (il est au top pour le nombre de greens pris en régulation), et surtout pour le putting où il est clairement le meilleur des cinq, et celui qui gagne le plus de coups, alors que McIlroy ou Fowler en perdent.

Sans avoir un putting du niveau de Jordan Spieth ou Jason Day, Dubuisson arrive à reprendre des points à McIlroy et Fowler sur les greens, mais ces derniers ne construisent pas leurs victoires sur ce point spécifique.

En réalité, même si ces statistiques ne valent que pour un jour, le french flair de Dubuisson risque de ne pas suffire, et l’écart est encore assez important avec le top niveau mondial.

Ceci étant, le talent du français est ailleurs…Si son aura médiatique a baissé aux Etats-Unis depuis février 2014 et son épopée en finale des championnats du monde de match-play, Dubuisson reste un excellent joueur pour sauver des pars depuis à peu près toutes les positions, et parfois, les pires.

Malgré l’écart qui semble très important entre lui et les meilleurs du monde sur les principales statistiques de jeu, comptablement, au niveau de la carte de score, l’écart est beaucoup plus réduit.

Justement, car même quand il n’est pas sur le fairway ou sur le green en régulation, le français dispose d’un petit jeu exceptionnel pour récupérer des coups.

Plus les conditions de jeu pourraient se durcir d’ici à dimanche (conditions météos, vents, hauteur du rough), et plus, lui pourrait paradoxalement trouver son chemin pour rendre une meilleure carte de score.

Cela reste théorique et à démontrer concrètement, tout en ne minorant pas l’aspect mental d’une compétition de golf, en particulier, un championnat du monde, mais Dubuisson n’a besoin que de 35% de fairways en régulation pour ramener une carte de 73 quand McIlroy est à 71% pour une carte de score de 71 !

En revanche, il faut être conscient que le jeu du français, moins précis, demande aussi plus d’un point de vue mental, et présente plus de risque d’exploser…Une sorte de quitte ou double !

Dubuisson : un golfeur typiquement au panache !

En conclusion, à la régulière, Dubuisson a encore beaucoup de travail devant lui pour rattraper les tous meilleurs. Au niveau physique pour gagner en puissance, et aller chercher les huit à dix mètres qui lui manquent pour rivaliser avec les golfeurs les plus longs, et en précision sur son jeu du tee au green pour se mettre moins en difficulté.

Victor Dubuisson sous l'oeil de son coach Benoit Ducoulombier 

Avec sa qualité de putting, le français pourrait très certainement descendre son score moyen, et peut-être s’imposer durablement sur le circuit américain.

Assez logiquement, pour l’instant, Dubuisson a un jeu de golf parfaitement taillé pour les parcours du circuit européen, qui comme le confiait son entraîneur, Benoit Ducoulombier, à l’occasion de la dernière victoire de son protégé en Turquie, sont moins aseptisés, et moins « propres » pour être plus propice à un jeu plus instinctif.

Aux USA, les parcours sont tellement larges, manucurés, et longs, que cela ressemble plus à un concours de puissance (sauf pour les majeurs), ce qui n’est pas pour l’instant, le cadre le plus idéal pour le jeu parfois étriqué de Dubush.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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