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Victor Dubuisson: Bons baisers de Turquie !

Victor Dubuisson: Bons baisers de Turquie !

Il n’aura eu besoin que d’un tournoi pour transformer sa saison, et se relancer au plus haut de la Race To Dubai (désormais 7ème). Avouant avoir souffert de problèmes personnels et d’un manque de confiance tout au long de la saison, Dubuisson a profité du Turkish Airlines Open pour renouer avec la victoire sur le terrain de son précédent exploit de 2013, celui qui l’avait déjà propulsé au sommet du golf professionnel. Prospectives…Que peut espérer Dubush pour les mois à venir ?

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On a retrouvé le soldat Dubuisson !

Avec trois birdies sur les quatre derniers trous, Dubuisson a mené la charge pour venir à bout du sud-africain Jaco Van Zyl, un bon client qui s’était déjà illustré à l’Open de France, menant le troisième tour à Paris avant de craquer sur le dernier.

Le scénario n’a pas été tout à fait identique ce dimanche, car Van Zyl s’est accroché jusqu’au bout.

A deux trous du terme du tournoi, le sud-africain menait d’un coup devant un Dubuisson retrouvé sur un parcours qu’il affectionne, le Montgomerie Maxx Royal.

Un Dubuisson retrouvé car pour finalement s’imposer, il lui a fallu mettre en œuvre plusieurs ingrédients : tactique, technique, fraîcheur physique, mental, et un soupçon de chance.

C’est particulièrement sur l’aspect mental que nous avons envie d’insister au moment de décrire le finish du tricolore.

Quatre mois en arrière, Dubuisson avait déjà la technique, le physique et la tactique. Mais il lui manquait un peu de chance, et surtout un bon zeste de confiance, notamment sur le petit jeu.

Terminer 18 trous par deux birdies n’est pas quelque chose d’anodin pour aucun golfeur, amateur ou même professionnel.

Le fait que le français ait fondu en larmes à la fin de sa partie en dit long sur le chemin qu’il a emprunté depuis le début de l’année 2015.

En conflit ouvert avec le journal l’Equipe et ses journalistes, attaqué par certains proches qui n’ont pas hésité à se répandre sur les réseaux sociaux, tout juste auréolé d’une victoire en Ryder Cup, Dubuisson a mis du temps à digérer, et retrouver la capacité de bien jouer sur le circuit professionnel.

Et dans son cas, mieux vaut tard que jamais, car ce succès pourrait être bien plus important qu’une victoire dans un tournoi anodin.

Cela pourrait bien être un tournant dans sa carrière.

On ne vit que deux fois !

Souvenez-vous deux ans en arrière, Dubuisson gagnait son premier grand tournoi en Turquie après avoir réalisé une saison en progrès, mais sans grand coup d’éclats.

Sa première victoire sur le tour à l’occasion de cet Open de Turquie l’avait subitement propulsé en haut de l’affiche du sport français.

Du jour au lendemain, il était devenu le héros du golf français, le nouveau messie ou plutôt le Luke Skywalker qui allait ramener l’équilibre dans la force.

En quelques jours, il était partout.

Tous les médias qui ne s’intéressaient jamais au golf en profitaient pour placer un écran et quelques commentaires.

Jusqu’à Ruquier et son émission polémique du samedi soir se faisait un malin plaisir de « tailler » le jeune homme qui n’en demandait pas tant.

Dubuisson n’était sans doute pas prêt pour tout cela, surtout dans un pays développé où pourtant les clichés contre le golf prospèrent.

Deux ans que Dubuisson mène sa carrière entre admirations et critiques.

Adulé par les uns, il a été aussi beaucoup critiqué. Et lui n’a pas traité la France de pays de merde come un certain Zlatan…Le foot a des privilèges que le golf n’a pas.

Même Alexander Levy a expérimenté (dans une moindre mesure) les moqueries des médias français et des énarques versions « Cyril Hanouna ».

Critiqué pour son comportement et souvent pour son attitude supposée ! Car souvent, la plupart des choses qui ont été écrites sur lui tiennent plus de la supposition que de la vérité.

En étant silencieux face à la presse, et notamment l’Equipe, Dubuisson a alimenté malgré lui le fantasme. Il s’est créé consciemment ou inconsciemment des inimitiés.

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A l’Open de France, tout près de lui, en zone de presse, nous ne l’avions pas trouvé arrogant, distant ou insultant vis-à-vis de la presse. Au contraire, il a fait le job…et même vigilant à ne pas dire un mot plus haut que l’autre.

A ce moment, il ne lui manquait que la légèreté d’un jeune golfeur en « pleine bourre ».

Une chance de plus

Sa première ascension (2013-2015) vers le sommet du golf mondial aura donc surtout été marquée par la frustration.

Au départ, cela n’a pas du peser sur lui…mais à la longue, il a fini par être rattrapé par ce contexte négatif.

Et de contexte médiatique négatif à perte de confiance, il n’y a qu’un pas.

 « Cette victoire, c’est comme un rêve. Je n’ai pas beaucoup joué cette saison et je comptais vraiment sur les Final Series pour revenir. Finir pas deux birdies, c’est formidable. Je suis très fier de ce que j’ai fait mentalement. Sur le 18, les coups que j’ai tapés étaient exactement ceux que je voulais réaliser. C’est super de gagner comme cela. »

Non seulement, Dubuisson a réussi son pari…un pari osé, car il affrontait la crème du golf européen, et même Rory McIlroy, mais aussi une opportunité formidable, une seconde chance de reprendre son histoire, et de l’écrire totalement différemment.

Cette deuxième victoire ouvre de nouvelles perspectives.

En remportant une deuxième fois l’Open de Turquie, Dubuisson a définitivement démontré qu’il était de la race des champions. Il n’est pas un joueur qui a gagné un grand tournoi par surprise.

Dès Lundi, il sera sans doute…nous l’espérons…gérer cette situation pour construire son avenir sportif.

Et à 25 ans, Dubuisson a encore beaucoup de choses à accomplir.

Briller en majeur, dominer l’European Tour, participer à la Ryder Cup en France, et peut-être même gagner l’Alstom Open de France devant son public…mais surtout prendre du plaisir, être heureux de joueur au golf, et être aérien face à toutes critiques éventuelles et stériles.

Le retour du Jedi

« Pour des raisons personnelles, je n’ai pas beaucoup joué cette saison, et je savais que cela allait être une année difficile. Quand vous n’avez pas le temps de vous entraîner, vous perdez le putting, le jeu, les sensations sur les greens… Mon chipping et mon putting étaient vraiment affreux cette année. J’ai travaillé autant que je l’ai pu ces dernières semaines, et là, mon petit jeu était incroyable. J’étais très confiant sur le parcours. »

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17ème mondial fin 2014, il a effectivement lentement glissé hors du très important top-50 mondial.

67ème ce dimanche à l’Ordre du mérite mondial, il devrait remonter autour de la 35ème place mondiale, un rang qu’il n’aurait jamais dû quitter.

Un rang qui va à nouveau lui permettre de participer aux plus grands événements de golf organisés tout autour du monde.

Les majeurs, mais aussi les championnats du monde, et plusieurs tournois du PGA Tour, des événements incontournables quand on ambitionne de jouer avec les meilleurs.

La saison 2015 de l’ancien vice-champion du monde de Match-play à Dove Mountain a remis en question sa capacité à exister au plus haut niveau. En une épreuve, il a démontré qu’il n’était pas là par hasard.

Pas trop le temps de gamberger, dans quelques jours, Dubuisson disputera les dernières épreuves de la Race 2015, et en 2013, il s’était mêlé à la bagarre jusqu’au dernier tournoi.

Non seulement, il vient de remporter son premier tournoi en 24 mois, mais rien n’interdit de penser qu’il pourrait à nouveau s’imposer très prochainement.

Au meilleur de sa confiance, Dubush a tous les atouts (driving, petit jeu et putting) pour bien figurer au Masters d’Augusta ou aux championnats du monde dès le début de l’année 2016.

L’avantage de la situation, c’est que cette fois, il ne sera plus considéré comme le Messie ou le sauveur du golf français. Ce succès n’aura pas non plus le même écho dans les médias non spécialisés, et vis-à-vis des golfeurs, cela va renforcer sa stature de leader.

Personnellement, il tourne aussi une page sur son manque de confiance. Pour un sportif de haut niveau, dépasser ce type d’épreuve est souvent fondateur.

Fini les discussions ou les doutes quant à sa capacité de gagner un deuxième tournoi…

Désormais, le prochain objectif que pourrais vouloir atteindre le français serait d’intégrer le top-10 mondial et de signer un top-5 en majeur.

En 2014, l’année faisant suite à son premier succès en Turquie, il avait obtenu deux top-10 en majeur (7ème de l’US PGA et 9ème du British)…

En 2016...pourquoi ne pas faire encore mieux ?

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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