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Victor Dubuisson se déclare en forme prêt à reprendre la compétition

Victor Dubuisson se déclare en forme prêt à reprendre la compétition

Victor Dubuisson, ambassadeur du Old-Course Golf de Cannes-Mandelieu a réservé l’information au Journal Nice-Matin. Après de longs mois d’absences et de silences sur la suite de sa carrière de golfeur de haut niveau, l’ex-numéro un français a indiqué se préparer pour une reprise des tournois à Hong-Kong, fin novembre. Ce pourrait être une très bonne nouvelle pour le golf français, surtout après une saison plutôt délicate d’un point de vue des résultats sur l’European Tour, pour l’ensemble du clan tricolore. Avec 20 kilos de moins, Victor Dubuisson veut retrouver plus de constance sur une saison. Pour avoir souvent joué avec la presse, ce retour sera-t-il le bon ? A-t-il réellement envie de jouer ? La réponse à venir d’ici la fin de l’année…

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Dans les colonnes du Journal Nice-Matin, sous la plume du journaliste Fabien Pigalle qui a su créer un lien de confiance avec le golfeur star de la Riviera française, ce dernier a semblé à la fois humble, et frais.

Frais après sept mois sans jouer, une première grande coupure pour un golfeur qui avant cette interruption semblait surtout ne pas avoir le moral, et l’envie de faire partie du grand barnum du golf européen, avec certes ces avantages liés à la rémunération des meilleurs joueurs, mais aussi ces contraintes, comme par exemple le devoir de représentation.

La dernière fois que nous avons croisé Victor Dubuisson, c’était à l’Open de France 2017, il paraissait alors un peu déconnecté dans la grande tente dédiée à la Fédération Française de golf et ses invités.

Ce n’est pas un sujet nouveau ou un scoop à son propos. Si Victor Dubuisson pouvait seulement jouer au golf, et ne pas gérer les à-côtés d’une carrière de numéro un national, il serait sans doute beaucoup plus heureux.

Depuis ses débuts professionnels en 2010, c’est peu dire que le cannois a suscité beaucoup d’attentes de la part de nombreux observateurs, et en premier lieu, la FFG, qui s’était imaginée qu’il pourrait à lui seul, résoudre tous ses problèmes, et notamment la sous-médiatisation du golf en France.

C’était sans doute trop pour un seul jeune homme.

Cette pause forcée pour un tympan à soigner lui a visiblement permis de s’extraire du tourbillon médiatique lié à l’arrivée de la Ryder Cup en France.

De son rang de numéro un mondial amateur en 2009, à ses premières belles performances sur le circuit européen en 2012, Victor Dubuisson a mérité toute cette attention, et en particulier après le championnat du monde de match-play en 2014 en Arizona, où il livrera l’un des moments de golf les plus mémorables de ces dix dernières années, ne s’inclinant qu’en finale contre le futur numéro un mondial, Jason Day.

Auteur de performances spectaculaires, le point d’orgue de sa jeune carrière interviendra à la Ryder Cup de cette même année, à Gleneagles où il se fera définitivement reconnaître par la presse anglo-saxonne, comme l’un des plus grands talents en activité.

Au lieu de voir sa carrière décoller vers le top-10 mondial auquel il pouvait légitimement prétendre, les travers de sa personnalité, et une forme d’usure ont engendré une lente descente vers les profondeurs du classement mondial.

Le leader naturel du golf français amené à succéder aux Van de Velde et Levet n’occupe aujourd’hui que le 259eme rang mondial.

Alexander Levy, son dauphin s’est retrouvé bien seul en cette année 2018 pour faire face à la pression du golfeur français qualifié pour la Ryder Cup en France.

Une pression écrasante qui n’était pas forcément mise par la presse française, mais plutôt par les joueurs eux-mêmes et certainement la fédération.

Oui, pas la presse française, car il ne faut pas exagérer. Le golf n’est pas le football. Les golfeurs ne sont pas harcelés par des hordes de journalistes de golf français qui se comptent de toute façon sur les doigts de la main.

Il n’y a pas en France, mis à part quelques tribunes de Pierre Michel Bonnot ou Philippe Chassepeau, une critique virulente des non-performances des golfeurs français dans un environnement, justement de plus en plus compétitif, parfaitement incarné par des bêtes de travail comme le suédois Alex Noren.

Quoi qu’il en soit, sans Dubuisson, et mise à part une victoire au Maroc pour Levy, les golfeurs français ont traversé 2018 sur une mauvaise note.

Peut-être aurait-il été nécessaire que la presse soit justement plus virulente pour les piquer au vif ?

Le retour d’un Dubuisson qui se déclare plus en forme, avec surtout 20 kilos de moins ne peut être autre chose qu’une bonne nouvelle, pour lui d’abord, pour ses fans, et enfin pour le spectacle.

Le retour d’un Dubuisson qui se déclare plus en forme, avec surtout 20 kilos de moins ne peut être autre chose qu’une bonne nouvelle, pour lui d’abord, pour ses fans, et enfin pour le spectacle.

Dubuisson a ses qualités, ses défauts, mais on ne pourra pas lui enlever d’être une véritable personnalité qui ne lasse pas, et qui attaque sur le parcours.

Toute la question va être de savoir si une nouvelle fois, il ne manipule pas la presse avec l’annonce d’un retour motivé, et sera bien constant dans l’effort sur un circuit qui ne l’a pas attendu pour être encore plus exigeant.

Au plus haut niveau, le talent ne suffit plus toujours. Le travail fait toute la différence à l’image de Jon Rahm, Bryson DeChambeau ou Brooks Koepka.

Cette longue pause de sept mois aura sans doute été utile pour recharger les batteries, et retrouver l’envie d’avoir envie.

Pour nos confrères britanniques, Dubuisson est le plus souvent un mystère.

Il est en même temps le seul golfeur tricolore qui leur inspire des articles, mais ils relèvent aussi une question : A-t-il envie de jouer ?

Pour certains éditorialistes anglais du Telegraph ou de la BBC, cette blessure au tympan semblait plus un prétexte pour se mettre à l’écart.

Ils prennent aussi en exemple le fait que régulièrement Dubuisson pouvait se montrer tête en l’air, en oubliant ses clubs de golf à l’hôtel ou n’attendant tout simplement pas qu’ils arrivent sur le tapis de déchargement d’un aéroport.

Bref, ils ont relevé beaucoup de signes d’une forme de désinvolture, des signes qui ont d’ailleurs coûté son contrat avec Titleist au mousquetaire français.

Des signes comme le fait de préférer des parties de pêches à une participation au Player’s Championship… il est loin le temps où le français espérait jouer à plein temps sur le PGA Tour, ce qui pourtant aurait pu être la meilleure solution pour lui : Être Tintin aux Amériques, au lieu de tenir le rôle du prophète dans son pays, un statut qu’il exècre.

Victor Dubuisson admet que son surpoids est derrière lui, et qu’il peut désormais swinguer plus librement, et même taper plus fort.

Il indique surtout que cette nouvelle forme va lui permettre d’éviter plus facilement les trous d’airs et les méformes passagères sur une saison longue.

En réalité, tout cela est très positif, mais la seule question qui nous intéresse, est quel est son plan pour la suite ?

Quels sont ses objectifs à court, moyen et long terme ? Envisage-t‘il de tout donner pour se hisser au niveau des 20 meilleurs golfeurs du monde ?

Pas pour être le porte-drapeau de la FFG, mais d’abord pour lui, et éventuellement ne plus jouer qu’aux USA…

Cet entretien dans Nice-Matin est une première pierre. C’est très bien, mais on en train de parler du numéro un français, capable de passer des cuts en majeurs, de jouer et gagner une Ryder Cup.

Revenir pour revenir ? Revenir pour jouer ? Revenir pour gagner ? Revenir pour être le meilleur ?

A lui d’écrire la suite de son histoire, et surtout qu’il y prenne du plaisir, pas pour n’importe qui d’autre que lui-même.

A son habitude, il se montre décontracté, sans pression, relativement heureux. On lui souhaite surtout de l’être et de le rester, et si possible de ne pas se mettre à lui la pression, en abandonnant un tournoi après quelques mauvais coups, mais au contraire de s’accrocher et de tout donner.

L’exemple du come-back réussi de Tiger Woods, son modèle pourrait bien l’inspirer.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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