Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Golf en France

Début de saison 2018 alarmant pour la vente d’équipements de golf en France

Début de saison 2018 alarmant pour la vente d’équipements de golf en France

Depuis novembre 2017, la vente d’équipements pour le golf en France est en net repli. Le début d’année 2018 marquée par de fortes intempéries, et par conséquent, un faible taux d’ensoleillement sur l’ensemble de l’hexagone est en grande partie responsable d’une baisse des ventes en magasins et sur Internet. Les golfeurs français n’ont pour l’instant pas la tête à s’équiper. Le début de saison se fait attendre.  En cette année de Ryder Cup, c’est la douche froide pour l’ensemble de la filière française qui pourrait connaître sa plus mauvaise année depuis 2005.

Découvrez nos formules d'abonnements

Quel terrible paradoxe ! En septembre 2018, le monde entier ou tout du moins le monde du golf aura les yeux rivés sur Paris pour suivre la Ryder Cup.

Depuis l’attribution de l’événement, la France du golf s'était prise à rêver à un soudain boom des licences, et du nombre de pratiquants.

Jusqu’en 2014, on tablait sur 700 000 licenciés d’ici à 2022. Dans ce même laps de temps, le nombre de licenciés n’a pas décollé d’un iota, restant plus ou moins bloqué à 400 000.

Scénario plus inquiétant, la moyenne d’âge des licenciés est repassée au-dessus de 52 ans, alors qu’elle avait été un temps à 49 ans.

Le constat est simple. Le golf en France stagne ou se maintient grâce aux mêmes passionnés, qui malheureusement ne peuvent arrêter le temps. Nous vieillissons tous !

Sans rebond, à horizon dix ans, le golf français pourrait non plus s’enfoncer dans la crise, mais perdre entre 15 et 20% des joueurs actuels non renouvelés.

Ce ne sera plus une crise, mais un effondrement qui pourrait faire peser une menace forte sur un secteur qui emploie près de 13 000 personnes en France.

Sur 700 parcours, il faudra être réaliste. Cela pourrait signifier des fermetures massives, et dans une proportion supérieure à 10%. Beaucoup de clubs n’auront plus le nombre minimum d’abonnés pour maintenir un club à flot.

Aujourd’hui, près de 20% des parcours français peinent à équilibrer les comptes. A horizon dix ans, ce ne sera plus une question d’équilibre.

Ryder Cup ou pas, si le nombre de licenciés stagne, on peut imaginer que le nombre de pratiquants stagne.

Le nombre de débutants est toujours insuffisant pour doper la consommation des équipements, et y compris des accessoires, comme les balles, les gants, ou les tees, révélateurs principaux de la baisse de consommation sur janvier-février et mars de cette année.

Les golfeurs expérimentés, peut-être de mieux en mieux fittés, tardent à renouveler leurs équipements.

Si vous ajoutez à cela une météo tout bonnement catastrophique jusqu’à peu, vous avez tous les ingrédients pour un recul des ventes en magasin, pouvant aller jusqu’à -20% dans certaines enseignes.

Il s’agit de baisses fortes dans les magasins spécialisés, sachant que concernant les pro-shops, cette baisse est plus antérieure, et liée à la difficulté de trouver du personnel qualifié, capable de conseiller justement les clients, et ce, toute la semaine du lundi au dimanche, pour de l'équipement comme pour accueillir les golfeurs, des tâches qui demandent beaucoup de compétences différentes.

La part des ventes des pro-shops est vouée à se réduire encore, et devenir marginale pour de l’achat d’impulsion ou de dépannage.

Chez Golf Plus comme US Golf, deux acteurs de la distribution interrogés sur ce début de saison, le constat est le même : Le nombre de passage en magasin a tendance à baisser, compensé par un ticket moyen plus élevé.

Autrement dit, l’analyse est toujours la même. La vente de chariots électriques compense les ventes de gants, balles et accessoires qui ne se font plus.

Les journées démo semblent toujours faire plus ou moins le plein selon les marques. C’est bien majoritairement un problème de volume de consommateurs avant un problème de valeur d'achats.

Les seniors ou les français en situation économique la moins défavorable arrivent à maintenir leurs achats.

En revanche, les plus jeunes, les classes moyennes et modérées ont visiblement nettement restreints leurs achats, passages en magasins, et surtout fréquences de jeux, sans doute le principal facteur explicatif.

Les paramètres extérieurs comme la hausse de la CSG, les perturbations dans les transports, et les différents conflits sociaux ont sans doute un impact, mais c'est difficile à réellement quantifier de manière objective.

D'autre part, la croissance française continue à être bien orientée, signe qui pourrait contredire cette hypothèse. En février, Bruxelles revoyait à la hausse sa prévision pour la France (+2% en 2018).

Comme souvent, la baisse de fréquentation est ressenti de manière inégale dans les golfs, entre ceux qui vivent majoritairement des membres ou ceux qui fonctionnent plus souvent aux green-fees.

La météo a dissuadé une grande partie des golfeurs de commencer la saison.

Deux scénarios possibles : Soit ces golfeurs vont attaquer la saison avec plus d’un mois de retard, et alors pour les enseignes et les fabricants, ce ne sera qu’un problème de trésorerie.

Soit ces golfeurs n’attaqueront pas du tout la saison, celle-ci ayant été amputée de plus d’un mois et demi par rapport à l’habitude, et là, le constat sera catastrophique d’un point de vue économique.

Ce scénario n’est pas complètement à écarter ou occulter. Tenant compte de la météo en France, la saison 2018 pourrait seulement s’étaler sur mai à octobre, soit seulement 6 mois au lieu de 9 en « temps » normal (mars à novembre).

Il semble, toujours selon nos informations que les magasins ont passé des commandes d’approvisionnements classiques en début d’année, sans anticiper une baisse aussi forte des ventes.

Les distributeurs se trouvent donc avec un niveau de stock important, et peu de sorties en magasins.

Pour les fabricants, les conséquences ne se font pas encore sentir, mais l’inquiétude grandit sur les délais de paiements et la perspectives de commandes de réassorts.

Le secteur est dans l’ensemble sous tension, et dans l’attente d’un démarrage qui reste encore timide à mi-avril.

L’hypothèse de golfeurs et golfeuses désenchantés par le matériel de golf ne semble pas la première cause de cette brutale baisse des ventes.

L’intérêt pour le matériel de golf semble constant à en juger par le taux de lecture de nos guides de choix, et les questions des lecteurs sur les nouveautés.

La thèse de la météo semble pour l’instant la plus crédible. Plus que jamais, l’adage qui veut que le golf soit une activité météo-dépendante se vérifie cette année.

Ceci étant, certains commerces tirent un peu mieux leur épingle du jeu que d’autres, et notamment, les indépendants ou les clubfitters qui s’adressent à des clientèles plus restreintes, mais aussi plus fidèles. Cependant, même les « artisans » sentent une légère baisse des appels pour des prises de rendez-vous à venir.

L’exemple du récent échec du salon du golf de Paris tend à confirmer cette mauvaise passe actuelle.

Toutefois, l’édition lyonnaise a mieux fonctionné, confirmant qu’il faut aussi avoir une analyse régionale du problème.

La filière golf française semble désemparée.

Aucun leader de l’industrie ne semble avoir la solution pour relancer l’activité golf en France, que ce soit pour une question de météo, ou pour une question de manque d’attractivité du golf.

La FFGolf semble s’étonner par la voix de son président Jean-Lou Charon, dans les colonnes du journal Ouest-France, d’un manque d’enthousiasme pour la Ryder Cup à 5 mois de l’événement.

Sans critiquer outre-mesure, la fédération ne semble pas non plus à la hauteur du problème, et quelque peu dépassée par l’enjeu économique à relever pour une majorité d’entreprises privées.

Est-ce le rôle de la fédération de nature publique de doper l’activité d’entreprises privées ?

La réponse se trouve sans doute dans la question.

Les acteurs de la filière, parcours, distributeurs, enseignants, fabricants devraient songer à se rassembler dans un organisme pour mettre immédiatement en chantier un programme de développement économique du golf, indépendamment de la fédération.

Trop de temps a passé, et trop de promesses non tenues devraient inciter ces acteurs à lancer non pas des réflexions, mais bien des actions pour tenter de sauver l’industrie à horizon dix ans.

Les idées sont connues. Maintenant, il faut agir et arrêter de tourner en rond sur les mêmes constats déjà maintes fois entendus (le golf, c’est trop cher ! les golf, cela prend trop de temps ! Le golf n’est pas populaire !)

Quand on la chance de connaître les points faibles d’une offre, il n’y a plus qu’à travailler sur les solutions à mettre en face.

En revanche, la problématique majeure que pourrait rencontrer immédiatement distributeurs, fabricants, parcours, c’est un manque cruel de capacité d’investissement pour moderniser l’activité.

Peut-être aurait-il fallu que la FFGolf augmente les licences pour financer la capacité d’investissement de la filière, afin de répondre aux réels besoins des golfeurs et futurs golfeurs, au lieu de ou en parallèle d’organiser la Ryder Cup ?

Il est encore trop tôt pour faire le bilan économique d’un événement qui n’a pas encore eu lieu, même si l’exemple gallois de 2010 a déjà démontré que la Ryder Cup n’a pas d’effet sur l’augmentation du nombre de licences dans un pays, à posteriori.

La capacité de financement sera bien le problème numéro un d’une filière qui a trop longtemps attendu d’être dans le mur pour enclencher la mise en place d’une politique forte et courageuse de renouvellement.

Nous, golfeurs ne pouvons pas non plus nous réjouir ou simplement regarder le corbillard passer, car d’une manière ou d’une autre, nous serons directement touchés par l’effondrement de la filière, la fermeture de parcours, la fermeture de magasins…

A l’heure où tout est « intégration » au niveau des produits et services, la filière golf devrait réfléchir son avenir dans une solution d’intégration des loisirs et services en faveur des familles, et des individus.

Il faudra peut-être en passer par une baisse du prix de vente des abonnements et des green-fees, pour à côté développer un chiffre d’affaire de pressing-teinturerie, lavage de voiture, garde d’enfants, et plus largement imaginer le golf de demain comme un véritable « club-house multisports ».

Idée ayant pour but d’attirer indirectement des non-golfeurs à travers leurs autres centres d’intérêts, comme la natation, le tennis, le fitness, etc… afin de favoriser une découverte tout en douceur du golf ou presque par hasard…

La Belgique, les pays du nord de l’Europe démontrent que le golf peut être dynamique. Il n’y a pas de fatalité. Il manque seulement à la France, un pilote dans l’avion, et un peu de chance au niveau météo.

La baisse actuelle des ventes d’équipements pour le golf est un signal d’alarme très fort pour une activité qui ne s’est pas encore adaptée à la nouvelle réalité de la consommation des loisirs.

Ceci étant, le problème de la stagnation du nombre de pratiquants, et le manque de débutants ne dédouane pas les fabricants comme les distributeurs.

L'augmentation des prix de ventes imposés par le marché américain (les fabricants sont majoritairement américains), la faillite de distributeurs toujours américains pèsent sur l'Europe dans l'élaboration des stratégies commerciales mondiales, d'où un risque d'inadéquation par rapport à des marchés locaux.

Le prix, mais aussi des évolutions technologiques finalement trop timides, et des renouvellements produits trop rapides sans réelles avancées significatives finissent par alimenter un climat de défiance du consommateur, qui ne sait plus à quel saint se vouer.

L'argument du toujours plus loin semble aussi avoir vécu, bien que le cas présent, c'est surtout le facteur météo qui explique cette baisse soudaine et violente des ventes.

La vente d'équipements pour le golf sera tirée par plus de débutants, alors que pour le renouvellement du matériel, il faudra être plus créatif sur les formules de paiements en plusieurs fois, sur une offre de produits plus diversifiés, des conseils plus personnalisés et plus adaptés.

Par exemple, l'idée de vendre à tout le monde le même driver à 500 euros a aussi probablement vécu.

Des golfeurs ont besoin d'un driver à 200 euros quand d'autres sont sans doute déjà aujourd'hui prêts à monter à 1000 euros pour avoir la configuration optimum, tête et manche.

Cela ne veut pas dire payer plus cher comme acte de positionnement social, mais payer plus pour un produit vraiment supérieur, et complètement adapté.

Le manche peut être au centre de la valeur globale du produit, alors qu'il a été trop longtemps minoré par les marques américaines, préférant investir sur la tête, et pressurer des fabricants chinois ou coréens pour un prix de revient du shaft à 15 dollars.

La forte baisse des ventes doit inviter les acteurs de l'offre à se demander s'ils répondent toujours en face de la demande.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 647
  • 2 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Commentaires   

Avec
 
mdcenti@orange.fr
+1 #2 tres tres bon articlemdcenti@orange.fr 19-04-2018 10:54
Bonjour faisant suite a votre article : quelques commentaires dans le golf ou je suis abonné depuis 25 ans : hausse de la cotisation couple 13 pour cent du seaude balle 33 pour cent du droit de jeu 33 pour cent , possibilité de jeu convenable 6 mois dans l'année, pensez vous qu'ils peuvent encore recuperer de nouveaux membres ? et pas mieux ailleurs, si ça c'est être a l'écoute du client ... Au fait on nous traite de golfeur et non de client, cherchez l'erreur
Amicalement D. Centi
 
 
buyersale01@free.fr
+1 #1 vente d'équipements en baissebuyersale01@free.fr 19-04-2018 09:23
Pour ce qui me concerne et mes amis golfeurs retraités, il est clair que la hausse de la CSG à un impact direct sur les loisirs. je souhaitais renouveler ma série de fers, j'y ai renoncé pour préserver mon abonnement annuel. Voilà , c'est tout simple ! Le restaurant c'est pareil.
Bon golf !
 

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.