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US PGA Championship: Tiger Woods ravive la flamme du public

US PGA Championship: Tiger Woods ravive la flamme du public  - Crédit photo : Keith Gillett/Icon Sportswire

Sa quête d’un quinzième majeur en carrière est bel et bien du domaine du possible à Saint-Louis sur le parcours de Bellerive. Malgré des conditions de jeux considérées comme « soft », le tigre a profité de la journée de samedi pour enchaîner deux bonnes parties (66-66), et se rapprocher de la tête sur le US PGA Championship 2018, dernier majeur de la saison.

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Cette centième édition sera d’ailleurs la dernière en position de dernier majeur de la saison, puisque l’an prochain, le tournoi aura lieu en mai, et en deuxième position juste derrière le Masters.

Pour cette saison, c’est donc bien la dernière chance de victoire pour Tiger Woods, et peut-être l’occasion de prendre une place sur le terrain dans l’équipe américaine de Ryder Cup. C’est même sa dernière chance…

Pour se mettre dans le coup pour une éventuelle victoire, Woods avait besoin de réaliser une solide prestation sur 36 trous lors de la troisième journée du tournoi.

Lors du premier tour, Tiger avait pourtant commencé par un bogey et un double-bogey des plus inquiétants pour lancer sa quête d’un quinzième majeur devenue de plus en plus crédible après sa solide prestation Carnoustie.

Finalement, combattif, il parvint à refaire son retard pour effacer ce départ poussif, et joué dans le par. Considérant que ce majeur allait se jouer très bas, c’était nécessaire d’au moins assurer le PAR total pour la journée.

A contrario, Phil Mickelson, son rival de toujours ou le jeune Bryson DeChambeau pour lequel il ne tarit pas d’éloges, n’ont pas réussi à passer le cut du fait de scores justement trop moyens sur le parcours du Bellerive Country Club, un terrain dessiné par Robert Trent Jones Senior, et ouvert en 1960.

Son second tour joué sur deux jours (vendredi et samedi) allait lui donner beaucoup plus d’espoirs.

Dès le samedi matin, Woods a conclu son second tour par un solide 66 laissant entrevoir de belles choses avec son jeu de fers, et quelques occasions manquées avec un putting un peu erratique.

Cependant, les conditions du parcours ont favorisé des scores plutôt bas de la part de beaucoup d’autres joueurs, et notamment beaucoup de 63, ce qui a eu tendance à agacer un autre favori, Jordan Spieth.

Décidément, en-dehors du Masters, l’USGA et la PGA ont eu bien du mal à garantir des conditions idéales pendant les majeurs américains cette année.

Il convenait donc de relativiser cette bonne performance du tigre en attendant le déroulement du troisième tour.

Après deux tours, Gary Woodland était justement seul en tête avec six coups d’avances sur lui.

Il n’allait pas être le seul redoutable adversaire que Woods aurait éventuellement à déloger pour espérer une nouvelle victoire en majeur, une attente qui dure depuis 2008.

Brooks Koepka, justement auteur d’un score de 63 sur le second tour, a enchaîné avec trois coups sous le par en seulement 7 trous joués sur le troisième tour, prenant la tête du tournoi, un coup devant Woodland, et Fowler, l’autre principal animateur de cet US PGA Championship.

Koepka finira finalement son troisième tour avec un score de 66 pour prendre seul les commandes de ce majeur à -12 avec 2 coups d’avances.

Après son doublé sur l’US Open, Koepka continue de s’affirmer comme un sérieux candidat en majeur. Il semble bien déterminé à compléter son palmarès, surtout sur les longs parcours typiquement américains, et complètement adaptés à sa puissance.

Pendant l’après-midi, Woods a continué sa remontée avec cinq birdies et un bogey sur les neuf premiers trous.

Après 45 trous, le tigre n’avait plus que quatre coups de retards sur la tête. En rendant lui aussi une carte de 66 sur le troisième tour. Il ne rendra plus que des PARs sur les 9 derniers trous de sa journée, le tigre a donc maintenu cet écart avec Koepka à 4 coups.

Au passage, il aura gâché au putting deux occasions de birdie et une possibilité d'eagle. Avec un meilleur putting, il aurait pu rendre une carte de 63. 

Pendant l’après-midi, Woods a continué sa remontée avec cinq birdies et un bogey sur les neuf premiers trous.

« Sur les neuf derniers trous, j’ai eu tendance à être trop court sur mes putts. Les greens commençaient à sérieusement ralentir. Je n’ai tout simplement pas assez frappé mes putts. Quand j’ai voulu frapper vraiment plus fort, sur le 17, j’ai franchement dépassé de 4 pieds ! La vitesse des greens était un peu déconcertante. »

Sans le fait que son putting le laisse un peu tomber, Woods aurait pu scorer encore plus bas tant la qualité de son jeu de fers a été au rendez-vous de cette longue journée de près de 10 heures à être sur le parcours.

Ses chances de victoires sont donc intactes, et le public venu en masse ne s’y est pas trompé. De l’avis des journalistes américains, ce PGA Championship est largement le plus fréquenté de la saison.

C’est sans doute l’effet d’un Woods de plus en plus proche d’une grande victoire qui créé toute cette attention.

Stewart Cink, dans sa partie, a pu en attester. Il a eu l’impression d’être revenu quelques années en arrière quand le Tigre électrisait la foule.

Comme l’évoquait la semaine passée, Dustin Johnson, le plus important sur les trois premiers tours consiste à se placer dans le « mix », comprenez le paquet des joueurs encore capables de remonter et dépasser le leader.

Dimanche, Woods fera bel et bien partie d’un groupe de 11 joueurs capables de se battre pour la victoire.

La plupart du temps pour gagner un grand tournoi de golf, il faut au moins sortir trois grosses cartes avec des scores vraiment bas. Woods en a déjà rendu deux. A l’inverse, on peut considérer que le leader, Koepka en a déjà rendu trois (69,63,66).

Etre en mesure de sortir 4 cartes consécutives très basses sous le PAR est souvent du domaine de l’exploit, surtout à ce niveau, et sur un parcours long de 7316 yards (6689 mètres).

Pour Woods comme pour les autres poursuivants, pour reprendre 4 coups à Koepka, il faudra forcément compter sur une défaillance, un quatrième tour un peu moins bon, et plus proche du PAR.

Koepka n’est pas un novice à ce niveau. Ses deux victoires consécutives à l’US Open démontrent qu’il sait terminer un majeur, même quand un challenger pousse très fort à l’image de Fleetwood sur le dernier US Open à Shinnecock.

Pour Woods, c’est son 14eme départ de la saison, ce dimanche, ce sera raisonnablement sa sixième opportunité de victoire. Avec son swing actuel, et si le putting redevient plus consistant, il va finir par gagner.

Au Valspar, à Bay Hill, au Player’s, au Quicken Loans, et à Carnoustie, à chaque fois, un grain de sable est venu retarder l’échéance.

Soit un adversaire a joué le golf de sa vie (Webb Simpson, et Francesco Molinari par deux fois), soit lui a fait une petite faute (son double au 11 à Carnoustie ou son drive manqué au 16 à Bay Hill).

Dimanche, pour ajouter un 15eme majeur à sa collection, il faudra qu’il joue à la perfection. Il n’a pas toujours été le plus fort dans la position du chasseur, préférant de loin être le chassé.

Quel que soit le résultat final, Woods a réussi son retour et sa saison 2018. Il est tout proche d’une qualification pour la prochaine Ryder Cup à Paris.

Crédit photo : Keith Gillett/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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