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US PGA Championship : Koepka en chasse d’une 3eme victoire en majeur

US PGA Championship : Koepka en chasse d’une 3eme victoire en majeur

Brooks Koepka, 28 ans, 1m83, 84 kilos et déjà deux majeurs à son palmarès, les US Open 2017  et 2018  pourrait bien profiter de la centième édition de l’US PGA Championship disputé à Saint-Louis dans le Missouri, pour remporter son troisième majeur, en seulement 14 mois. Dans ce même laps de temps, il a été blessé 4 mois. Koepka est-il le golfeur qui sort de sa boîte que pour les majeurs ?

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Dimanche sur le parcours du Bellerive Country Club, il aura dans sa partie un revenant à ce niveau de performance, le vainqueur du Masters 2013, Adam Scott.

En -12 après trois tours, le double tenant du titre à l’US Open sera dans la position du « chassé » avec déjà deux coups d’avances sur le reste de la meute, dont Tiger Woods, bien dans le coup pour ce dernier tour de majeur en 2018.

Difficile de croire que Koepka  pourrait craquer sous une forme de pression dimanche. Il a l’expérience des derniers tours dans les majeurs, et déjà démontré qu’il pouvait être l’homme de la situation quand d’autres avaient tendance à flancher.

Surpuissant au drive et avec les fers, la longueur du parcours n’est pas un problème pour lui.

Pendant les trois premiers tours, il s’est baladé entre 315 et 335 yards de distance moyenne au drive, et on pourrait faussement croire qu’en contrepartie, sa précision en pâtirait.

Pas le moins du monde ! Sur trois tours, il a touché entre 65 et 85% de fairways en régulation.

De là, son jeu de fers a fait le reste pour lui assurer entre 61 et 83% de greens en régulation.

Paradoxe, sur le premier tour, où il a justement pris 83% de greens en régulation, il a perdu des coups sur le reste du champ des joueurs au putting.

Cependant, les deux tours suivants, la machine s’est mise en route, et c’est justement du fait de son putting que l’américain a pris deux coups d’avances sur tout le monde, avant le départ du dernier tour.

En somme, driving, jeu de fers, putting, Koepka cumule toutes les compétences pour être logiquement le meilleur sur 54 trous.

Curieusement, Koepka reste un quasi-inconnu dans son propre pays.

Après son premier tour en 69 jeudi, Koepka n’a reçu aucune demande d’interview de la part de la presse américaine.

Il est resté quelques minutes dans la zone de presse, mais aucun journaliste n’est venu.

Agacé, il est parti indiquant à son coach Claude Harmon « demain, je vais poster une carte encore plus basse, et tu verras, ils viendront tous ! »

Il ne faut donc pas chercher très loin la source de sa motivation.

Surpuissant au drive et avec les fers, la longueur du parcours n’est pas un problème pour lui.

Quatre ans plus tôt, toujours pour le PGA Championship à Valhalla, Koepka jouait une partie d’entraînement. Tom Watson, alors capitaine de l’équipe de Ryder Cup, censé connaître tous les joueurs sélectionnables, lui demanda s’il pouvait jouer avec lui.

Au bout de quelques minutes, sur le parcours, Watson lui demande « Tu es pro dans quel club ? ». En effet, le championnat de la PGA permet aux meilleurs enseignants de participer aux côtés des professionnels.

Koepka sidéré lui répondit alors « Je viens de terminer quatrième du dernier US Open, et je suis classé 70eme mondial ».

Depuis, Koepka a fait du chemin, et pourtant, il reste loin des stars du PGA Tour comme Dustin Johnson, Jordan Spieth, Justin Thomas, Phil Mickelson, Rickie Fowler, Bubba Watson et Tiger Woods, notamment pour la notoriété.

Etre le meilleur copain de Dustin Johnson… c’est encore un de ses titres de célébrités.

Pourtant, dieu sait qu’il joue bien en majeur !

Koepka n’a pas peur de sortir le driver sur ces longs parcours, parfois assez étroits.

Pour résumer sa domination actuelle, il faut comprendre qu’il n’hésite pas à sortir le driver sur des trous où même Woods choisi la prudence avec un fer. Derrière, il a plus souvent un wedge à jouer, et plus de chances de birdies.

Sur les trois premiers tours, il en a déjà rentré 16 !

« Je ne vois rien d’autre que le driver. Je ne comprends pas pourquoi les autres ne prennent pas cette option. Vous voyez des gars qui démarrent avec des fers, et derrière, ils ont des coups de 160 mètres pour le green. En prenant le driver, il ne vous reste que 80 mètres ! »

Il ajoute que sur ce parcours, dans des conditions plutôt « soft », la balle ne roule pas tant que ça. Les fairways du Bellerive Country Club sont trop humides.

Pas un problème pour Koepka qui chaque matin avant de partir sur le parcours va à la salle de gym, et au passage, il lève des barres de 100 kilos. Il le fait d’ailleurs à 14 reprises, sans que l’on sache vraiment pourquoi 14…

Quoi qu’il en soit, il n’est pas difficile de deviner d’où vient sa puissance phénoménale au drive.

Souvent associé à Dustin Johnson (ils s’entraînent ensembles), pour l’instant, les fans ou les médias n’ont d’yeux que pour le numéro un mondial. Koepka semble invisible.

Si jamais, il venait à gagner son troisième majeur en six départs, Koepka pourrait finir par devenir visible, et surtout le numéro un du classement aux points des joueurs américains pour la Ryder Cup.

Koepka ne capture pas pour l’instant l’objectif de l’appareil photo, peut-être parce que le public ne s’intéresse pas tant que ça à un golgoth de puissance, préférant des profils à la Justin Thomas ou Jordan Spieth, tirant de la puissance par la technique.

Autre explication possible : Il gagne 2 ou 3 majeurs en 14 mois sans être vraiment aussi consistant le reste du temps, tant et si bien, qu’il donne l’impression de braquer la banque au bon moment.

Toujours est-il que dimanche soir, il faudra compter avec lui…après qu'il ait égalé un record de score bas après 54 tours sur cet US PGA Championship.

« Vous avez toujours l’impression d’avoir quelque chose à prouver, que ce soit pour vous ou quelqu’un d’autre. A cet instant, je peux penser à plein de gens qui n’ont pas cru en moi. La plupart du temps, vous vous dites juste qu’il faut leur prouver qu’ils ont tort. Parfois, vos plus gros opposants sont aussi votre plus grande motivation. Je ne le prends pas personnellement. J’essaie juste de m’en servir comme d’une motivation supplémentaire. »

Crédit photo : Tim Spyers/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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