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US PGA Championship 2015: Dubuisson réussit un superbe week-end

US PGA Championship 2015: Dubuisson réussit un superbe week-end

Quelques heures avant le début du dernier majeur de golf de la saison 2015, le doute était permis pour le clan Dubuisson. Inquiet de conserver sa place dans le top-50 mondial, classement qui ouvre les portes de tous les grands tournois de golf dans le monde, Dubuisson a serré le jeu, et passé le cut pour finalement réaliser une performance exceptionnelle, samedi et dimanche, au niveau des 20 meilleurs golfeurs de la planète. Comme quoi, Dubuisson sait se sublimer.

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18ème du PGA Championship, Victor rassure !

Après une année 2014 faste, Dubuisson a-t-il eu besoin de souffler en 2015 ? Sans doute…il est le mieux placé pour savoir se gérer.

Il n’a pas forcément mal joué cette année…Il n’a pas assez joué, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

Alors qu’il a manqué le cut à trois reprises en majeur cette année, cette fois-ci, bien que passé de justesse, le français a démontré à tout le monde qu’il pouvait toujours être au niveau des meilleurs.

A 25 ans, toute la question est de savoir quel est son véritable objectif sportif. Devenir numéro un mondial ? Intégrer le top-10 ? Gagner un majeur ? Gagner le Masters ? Remporter son open national ?

25 ans, c’est jeune, mais comme le démontre le nouveau numéro un mondial, Jordan Spieth, 21 ans, ce n’est plus forcément l’âge de la maturité pour un golfeur.

Si statistiquement, les golfeurs remportent le plus grand nombre de victoire entre 30 et 39 ans, la nouvelle génération est peut-être en train de changer ce standard.

Autrement dit, quel que soit l’objectif de Victor Dubuisson, le temps lui est de toute façon compté !

Dans quelques semaines, Tiger Woods va passer la barre symbolique des 40 ans, et il n’a plus remporté de majeur depuis sept ans…

Justement, sept ans en arrière, Woods n’aurait sans doute jamais imaginé manquer de temps pour réaliser son objectif : gagner 18 majeurs, alors que son compteur était déjà à 14.

Pour Dubuisson, il faut bien entendu gérer les inévitables hauts et bas d’une carrière, mais à l’image de Jason Day, son bourreau en finale des championnats du monde de match-play à Dove Mountain (2014), et vainqueur de l’US PGA Championship 2015, il ne faudra pas trop espacer les succès.

Ce week-end, plus que sa victoire en Ryder Cup ou son bon Open de France 2015, « Dubush » a démontré un sacré niveau de jeu, et de confiance en lui.

Le peu de coup qu’il a manqué ont suffi à illustrer toute sa rage de vaincre.

Assurément, un membre du top-50 mondial

18ème, certes ce n’est pas une victoire, mais cette performance peut lui servir de repère en plus de lui donner de l’air au classement mondial.

Alors que Spieth a détrôné McIrloy à la faveur de sa deuxième place finale sanctionnant une année exceptionnelle en majeur (Vainqueur du Masters et de l’US Open, 4ème au British, et donc 2ème au PGA), dans le même temps, Dubuisson a repris deux places au classement mondial, alors qu’il pouvait craindre de sortir du top-50.

Position qu’il ne devrait jamais quitter quand il démontre un tel niveau de jeu, surtout sur un parcours aussi délicat, et face à une opposition aussi relevée.

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Comme l’un des meilleurs joueurs du monde du tee au green, Dubuisson a planté les drapeaux de Whistling Straits avec régularité sur le dernier tour.

Seize greens pris en régulations, le français n’a pas eu trop à forcer son talent au putting pour enquiller sept birdies tout au long de la journée, et susciter la curiosité du public américain qui se souvient très bien de son exploit à Dove Mountain.

« Cactus Man » avait marqué les esprits pour son petit jeu diabolique. Sur cet US PGA, c’est le jeu long de « Dubush » qui a fait des merveilles.

Plus qu’un compartiment de son jeu, c’est sans doute son changement d’attitude entre les deux premiers tours, et les deux derniers qu’il faut remarquer pour analyser sa performance d’ensemble.

Le français est un attaquant à réaction….

Samedi, les choses ont très bien commencé pour le mousquetaire, puisqu’il a réalisé un départ en fanfare avec un eagle et deux birdies sur les cinq premiers trous.

La veille alors qu’Alex Levy avait offert son sac à un jeune fan en sortant du 18 et un cut manqué, Dubuisson avait lui réussit à passer d’extrême justesse.

Frustré par ses deux premières journées en demi-teinte, le français avait réagi violemment au micro de Thomas Levet, s’en prenant aux golfeurs de salons, qui du fond de leurs canapés, le critiquent pour ses performances.

Quelques heures plus tard, il prenait à nouveau l’initiative de tempérer ses propos sur sa page Facebook, explicitant qui il visait dans son propos.

Bien ou pas bien, critiquable ou pas, cela a eu le mérite de lui mettre le couteau entre les dents, et d’attaquer le parcours.

Et c’est peut-être cette attitude agressive dont il a besoin pour se surpasser.

Dubuisson est un talent à la française comme nous en avons déjà vu dans d’autres disciplines ! Il est facile, et a peut-être besoin d’être dos au mur ou piqué au vif pour se dépasser.

Alors que les américains et les sud-coréens sont obsédés par le professionnalisme à l’extrême pour toujours gagner, nos sportifs sont plus souvent des bons-vivants, pour qui le plaisir de jouer doit primer.

Le golf n’est qu’un travail…

Cependant, pour ne pas le perdre, il faut pouvoir sortir des performances de champion, et même si Dubuisson n’a pas gagné ou même été en mesure de le faire ce week-end de majeur, de notre point de vue, ses deux parties de samedi et dimanche, jouées sous pression valent beaucoup.

Ceux qui jouent au golf, savent très bien que la régularité dans la performance au golf est une quête très difficile.

Une réponse facile pourrait consister à se demander pourquoi Dubuisson n’arrive pas à jouer de la même manière quatre jours durant.

Lors du premier tour, il n’a trouvé que 9 fairways, alors que le dimanche rien ne semblait pouvoir le perturber, et il en prenait 16, presque le double !

Pour l’avoir vue de très près à Saint-Quentin-En-Yvelines, Dubuisson est un attaquant ! Et comme tous les attaquants qui prennent des risques sur tous les coups, la marge d’erreur est plus importante.

Vous pourriez penser « Ne faut-il pas prendre moins de risque et parfois se tempérer ? »

Aux USA, le moindre joueur amateur vous répondrait « C’est comme ça qu’il faut jouer pour gagner. »

Et sur le tour, vous n’êtes jamais à l’abri d’un joueur qui va battre le record du parcours même dans les pires conditions.

La preuve en a été faite le vendredi par le japonais Iwata, auteur d’une carte de 63 égalant le record du parcours.

Si vous avez suivi la prestation du japonais, vous avez peut-être été frappé à quel point, les choses se jouent à des micro-détails.

Sur le 18, il tape une approche à 50 mètres du green, sa balle tombe à deux centimètres derrière la lèvre du bunker de green qui se trouvait entre lui et le green, pour finalement rouler jusqu’à quelques centimètres du drapeau.

D’un possible bogey, les dieux du golf ont finalement décidé que ce se serait un par…et vous ne nous ferez pas croire, qu’il n’y a pas un facteur chance qui joue, même au plus haut niveau.

Attaquer est bien la seule solution quand le vainqueur du tournoi, Jason Day, termine finalement en -20, un nouveau record en majeur.

Des stats au niveau des meilleurs sur le PGA Tour

Dubuisson est sans aucun doute le plus américain des frenchies ! Son jeu est taillé pour le PGA tour, peut-être devrait-il jouer définitivement et à temps plein de ce côté de l’Atlantique ?

Sur ce PGA Championship, il a drivé à une moyenne de 304 yards (270 mètres), quand le vainqueur a drivé à 307 yards de moyenne, un écart ridicule…

La différence, c’est uniquement faite sur la régularité. Day a pris 73% de fairways en régulation contre 62% pour le français, or cet écart n’a pas existé sur le dernier tour du français.

Concernant les greens en régulation, Dubuisson a atteint la moyenne de 69% alors que la moyenne du PGA Tour est de 61% (Jason Day a atteint le score exceptionnel de 76% pendant l’US PGA).

En France, son statut lui créé autant d’admirateurs transis que d’opposants, car justement, si c’est un très bon golfeur, ce n’est pas encore un habile communiquant qui renvoie la pression et les critiques avec un habile trait d’humour.

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Le fait qu’il est encore besoin de se justifier sur les réseaux sociaux dénote que l’avis du public ou des médias peuvent le toucher, et le faire réagir.

Si cette réaction est aussi bonne que celle de ce week-end, peut-être est-ce nécessaire ?

Comme tous les golfeurs professionnels, Dubuisson est un chercheur…Assurément, il va continuer à chercher sa formule magique pour connaître très prochainement, à l’image de Jason Day, son grand soir….

Toute la question est de savoir quel objectif, il cherche réellement à atteindre.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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