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US Open 2018 : Tiger Woods manque son retour

US Open 2018 : Tiger Woods manque son retour - crédit photo : USGA

Trois ans que Tiger Woods n’avait plus disputé l’US Open. Tiger aura fait deux petits tours puis s’en va. Le parcours de Shinnecock Hills aura eu raison de son jeu. Dès le premier trou, le ton était donné. Un triple bogey qui allait se révéler prémonitoire de la suite des événements sur un véritable test de golf. Pour autant, faut-il s’inquiéter pour le tigre ? Pas si sûr, il est loin d’être le seul favori à avoir explosé. D’ici le British Open, il ne disputera qu’un seul tournoi. A mi-saison, certes, il n’a pas gagné, mais il joue toujours, et visiblement sans douleurs.

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78, 72, Tiger n’a pas rendu cette fameuse carte dans les 60 qui aurait pu lui permettre de sauver les meubles, et passer le cut.

Parmi ceux qui ont pris une claque sur le premier tour, ils sont près de 29 à n’avoir pas pu passer la barre des 80 dès jeudi, que ce soit McIlroy, Spieth, Scott, Garcia, Watson, Els, Day, très peu et même quasiment aucun n’a pas se sauver sur le second tour.

Ils sont seulement deux à avoir passé le cut après avoir rendu une première carte de 79 : Gary Woodland et Haotong Li. Effectivement, ils ont dû jouer 10 coups de moins vendredi pour se sauver.

A deux coups près, Woods aurait pu accrocher un strapontin pour le week-end.

C’est dire si ce premier départ en triple bogey a pesé dans le résultat final, ce qui rappelle qu’au golf, il faut une sacrée dose de réussite.

Depuis le Masters, Woods avait comme objectif de bien figurer à Shinnecock Hills, et quelque part, démontrer une progression. C’était sans doute trop tôt.

L’US Open ne dément pas sa réputation de test de golf. En 2018, le contexte est trop loin de 2000, 2002 ou même 2008, années des victoires d’un Tiger surnaturel, marchant sur les difficultés, et ses adversaires dans le même temps.

Aujourd’hui, il est un golfeur sur le retour, et même peut-être un miraculé pour le golf.

Lors de son dernier US Open à Chambers Bay en 2015, son deuxième tour en 80 faisait craindre le pire. C’était pratiquement le début d’une longue descente aux enfers.

Son 78 à Shinnecock Hills n’a pas la même signification. Il n’y a que deux coups d’écarts. Il a visité les mêmes roughs, et tapé les mêmes coups hors de contrôle du fait d’une tête de club qui se referme trop vite dans les longs fétuques.

Woods est pourtant bien en progression.

Sur cette première partie de saison, son jeu est bien là. Il peut concourir. Cependant, l’US Open était une marche encore trop haute pour un golfeur en rémission.

Parce qu’il s’appelle Tiger Woods, on a tendance à fantasmer sur ce qu’il est capable de faire. Pas plus ou pas moins que Sergio Garcia, Adam Scott, Ernie Els, ses contemporains, il n’a pu trouver les solutions. Au contraire, il a commis beaucoup d’erreurs.

Sur le premier tour, il a touché 9 fairways sur 14 (64%) alors que depuis le début de la saison, il en touchait à peine 7 de moyenne.

Même pour la distance au drive, le tigre est redevenu impressionnant avec la sixième moyenne du champ total des joueurs présents à Long Island. Il a drivé à 324 yards de moyenne jeudi et 293 yards vendredi.

Sur l’argument de la puissance, il est incontestablement redevenu Tiger.

En revanche, sur le nombre de greens en régulation, sa moyenne est tombée à 39% sur le premier tour, et 50% sur le second. C’était bien trop insuffisant pour sauver sa peau. C’est aussi le reflet de la difficulté de ce parcours de Shinnecock Hills.

Avec 30 et 28 putts en deux tours, difficile de dire que c’est dans le domaine du putting qu’il a commis ses plus grosses erreurs.

Avec 30 et 28 putts en deux tours, difficile de dire que c’est dans le domaine du putting qu’il a commis ses plus grosses erreurs.

A titre de comparaison, Dustin Johnson, leader après deux tours, a rendu 26 et 27 putts. Il y a pourtant 14 coups d’écarts entre l’actuel numéro un mondial, et l’ancien.

Johnson a surtout pris 50 et 67% de greens en régulation.

Certes, on a vu Woods manquer pas mal de putts, et notamment en prendre 4 sur le trou numéro 13 lors du premier tour.

En réalité, et c’est tout le sens de cet article, la différence entre la réussite ou l’échec est minime à ce niveau de jeu. Oui, Woods a pris 14 coups de la part de Dustin Johnson, le meilleur golfeur du monde actuellement, et cela peut sembler beaucoup en seulement deux tours.

Au-delà des chiffres, sur l’ensemble de son jeu, on a plutôt l’impression qu’il a besoin de régler des détails, faire de la mise au point comme en formule 1.

La machine est là. Elle ne peut pas tout simplement s’aligner sur la course après trois ans d’absences, et avoir toutes les réponses pour dominer ceux qui ont en fait de l’avance.

Bien entendu, au sortir de son deuxième tour, se sachant éliminé, Woods ne pouvait pas afficher un large sourire d’autosatisfaction.

Il était légitimement plutôt mécontent de sortir par la petite porte avec 10 coups au-dessus du par. « Je ne suis pas très content de la façon dont j’ai joué. »

Dans deux semaines, Woods fera son retour à la compétition à l’occasion du Quicken Loans National, et se sera son seul départ avant le British Open à Carnoustie fin juillet.

Il n’a pas réussi à batailler avec les meilleurs, mais ce n’est pas pour autant qu’il se déclare vaincu ou proche d’abandonner.

Quand on lui demande s’il peut encore gagner des majeurs cette raison (Il en reste deux). Sa réponse est limpide : Absolument !

« En majeur, vous ne pouvez pas faire semblant. J’en ai gagné quelques-uns. Je sais qu’il s’agit de véritables tests. Vous devez être sûr de vous. Vous ne pouvez pas gagner ici en prenant quelques gifles, et en manquant des putts. »

Le meilleur témoin du jeu de Woods est encore certainement son partenaire pendant deux tours, Justin Thomas, qui lui est passé en +4.

Pour le numéro deux mondial, le score de Woods n’est pas le reflet de son véritable niveau de jeu sur le terrain « Il n’a pas été pas si loin ».

Sur le premier tour, son putting hésitant, déjà entre aperçu quelques semaines plus tôt, notamment au Memorial, et la difficulté à dompter un vent violent ont causé un résultat brutal.

Sur le second tour, alors qu’il savait qu’il devait jouer à la perfection pour se sauver, il a craqué d’entrée, hypothéquant le reste de sa journée.

Sur le second tour, alors qu’il savait qu’il devait jouer à la perfection pour se sauver, il a craqué d’entrée, hypothéquant le reste de sa journée. Il faut dire que sous la pluie et dans le froid, on aurait pu rêver de meilleures conditions pour qu’il s’échauffe.

Ce qu’il a fini par faire avec l’apparition des premiers rayons de soleil en fin de partie, et deux birdies consécutifs au huit et au neuf dont un long putt pour arracher un dernier rugissement juste devant le club-house.

L’US Open a fait beaucoup de victimes, et quelque part, cela nous rappelle que le golf, cela peut être très difficile, même pour les meilleurs joueurs de la planète.

Ce n’était pas la semaine de Woods. Ce résultat n’a pas plus de significations vis-à-vis du reste de sa saison. Woods peut toujours gagner. Le potentiel est là. Il travaille toujours sur sa mise au point.

Crédit photo : USGA

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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