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US Open 2017: Quel sera le facteur clé de succès dimanche ?

US Open 2017: Quel sera le facteur clé de succès dimanche ? - Crédit photo : Mark Newcombe

Depuis le début de ce 117eme US Open disputé à Erin Hills, on a beaucoup parlé des hautes herbes (Fescue) aux abords des fairways, de l’élimination prématuré de Dustin Johnson, Jason Day, et Rory McIlroy, trois des meilleurs golfeurs du monde ces 36 derniers mois. Après deux tours disputés et le troisième en cours, il semblerait bien qu’un élément ressorte comme déterminant s’agissant de la stratégie de jeu, et ce n’est pas nécessairement celui que l’on pourrait croire.

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Erin Hills, un parcours piégeux et trompeur

Pour beaucoup d’amateurs qui suivent régulièrement l’US Open, ce tournoi est souvent considéré comme l’un des plus difficiles à gagner, car très souvent, les organisateurs préparent les fairways (largeur réduite) et les roughs de sorte que le score peut rapidement devenir épouvantable.

L’USGA essaie de tout faire pour contrer les progrès techniques des joueurs en proposant un challenge mêlant longueur incroyable et précision chirurgicale.

Historiquement, le premier facteur clé de succès pour remporter un US Open tenait dans le fait de taper droit et long.

En 2010, Graeme McDowell est rentré dans l’histoire de l’US Open en l’emportant à Pebble Beach alors qu’il n’était pas un long frappeur, mais bien au contraire, l’un des golfeurs les plus réguliers et les plus précis pour le nombre de fairways pris en régulation.

En 2017, Erin Hills a beau avoir été brocardé pour ses roughs, ce n’est pas le besoin de fairways en régulation qui fait véritablement la différence, et devrait compter pour la victoire finale.

Pourtant, cela faisait longtemps qu’un rough n’avait été pas aussi pénalisant… Il faut dépasser l’impression visuelle de difficulté et comprendre qu’au contraire, les fairways sont relativement généreux et cléments envers les joueurs, par rapport au standard habituel de l’US Open.

Du coup, cela rend le driving moins déterminant par rapport à d’autres années.

Pas étonnant que Dustin Johnson, Rory McIlroy et Jason Day n’aient pas tiré leurs épingles du fairway sur un tel parcours. Les bombardiers dont Jon Rahm n’ont pas été avantagé… pour une fois !

Parmi les leaders, le driving n’a contribué que modérément à la qualité de leurs jeux, et beaucoup moins que le putting !

Même le petit jeu et la précision des approches ont été beaucoup plus déterminants dans le score par rapport au driving des leaders. Cela remet en perspective l’élimination de golfeurs tels que McIlroy ou Day.

Quand vous prenez le nombre de coups gagnés sur le reste du champ de joueurs, le driving a compté pour moins d’un coup, notamment pour ceux qui ont pourtant cinq coups de mieux que le PAR (12 golfeurs concernés après le second tour).

Les leaders ont en moyenne gagné 4,16 coups sur le reste de la meute pour seulement 0,87 coups gagnés au drive.

La qualité moyenne des meilleurs au leaderboard n’est que 35eme pour le driving.

A l’inverse, le putting a contribué pour 1,66 coups, soit 39% des points gagnés.

5 des 12 meilleurs joueurs (Snedeker, JB Holmes, Tommy Fleetwood, Brooks Koepka et Jamie Lovermark) sont classés dans le top-12 des meilleurs putters du tournoi.

Le petit jeu n’est pas en reste, et toujours devant le driving dans la construction des meilleurs scores.

Par rapport au nombre de coups gagnés, la qualité des approches pèse 1,11 coups, soit 26% du total. (Sachant que plus précisément tous les coups joués en dessous de 90 mètres ont pesé pour 0,61 coups gagnés).

Driver n'est pas jouer... Putter oui !

Alors qu’Alexander Levy avait déclaré se sentir en difficulté sur les greens d’Erin Hills, Brandt Snedeker s’est montré ravi « J’adore le roulement de ces greens. » surtout après son deuxième tour joué en 69.

Un autre joueur s’est particulièrement illustré sur les greens : Le japonais Hideki Matsuyama qui n’a eu besoin que de 25 putts pour terminer sa partie en 65 lors du second tour.

Aucun des 33 premiers au leaderboard n’a perdu de points au putting alors qu’ils ont perdu des coups dans d’autres domaines.

Six golfeurs dont Snedeker ont même perdu des points à cause du driving.

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A l’aide du tableau ci-dessus, on peut constater que Paul Casey est actuellement le plus fort pour les coups d’approches alors que Brandt Snedeker et JB Holmes sont les plus redoutables au putting.

Si vous deviez parier sur un vainqueur… Vous pouvez mettre un billet sur l’un de ces deux joueurs puisque le putting semble être le facteur clé de succès sur cet US Open.

Holmes étant le plus intéressant car de tous les leaders, il est le seul à obtenir deux top-10 dans deux catégories (putting et driving).

JB est souvent l’un des plus longs frappeurs sur le circuit américain.

Il considère que les fairways relativement larges aident les frappeurs les plus courts, prenant en exemple le trou 18 « Personne ne peut l’atteindre en deux, donc cela enlève cet avantage aux bombardiers. Tous les joueurs sont à égalité et doivent jouer de la même manière. »

Autre argument qui a contribué à réduire l’avantage des longs-frappeurs, la plupart des fairways sont en descentes, ce qui ajoute de la roule, même pour les moins longs frappeurs, et là-aussi cela annule l’avantage des bombardiers.

Brooks Koepka, un long frappeur, semble faire de belles différences au drive, mais ce qui explique vraiment sa place au sommet du leaderboard, c’est plus la qualité de son putting (2,23 coups gagnés sur 4,81 sur les greens).

Ces chiffres expliquent aussi pourquoi les plus longs frappeurs, et habituels meilleurs joueurs sur le tour ont explosé à Erin Hills.

Dans le cas de Dustin Johnson, le numéro un mondial, ne s’est classé que 144eme sur 155 pour les coups gagnés au putting, tandis que McIlroy a fait encore pire (seulement 149eme).

Jason Day a légèrement mieux putté, mais le reste de son jeu a été juste horrible aussi bien au driving qu’au petit jeu ou aux approches.

Un autre golfeur a livré son analyse du parcours et de la tactique : Jordan Spieth.

Connu pour être un meilleur putter que joueur du tee au green, Spieth a laissé entendre que l’autre raison qui explique pourquoi le putting a pris une telle importance à Erin Hills tiendrait dans la position des drapeaux.

Après tout, la principale défense d’un parcours, c’est bien la position des trous sur les greens.

Dans ce cas, la nature d’Erin Hills favorise les coups de fers chirurgicaux, et les golfeurs capables de rentrer de très longs putts.

Jordan Spieth est plutôt au milieu du classement pour la distance au drive sur le PGA Tour, pourtant, sur le premier tour, il a bien eu 15 occasions de birdies et transformé seulement une seule !

« Tous ces putts paraissaient accessibles et pourtant je n’en ai rentré qu’un. » Pour l’un des meilleurs putters du monde, c’est presque une aberration.

Au cours du deuxième tour, Jordan Spieth a quelque peu revu sa copie avec seulement 27 putts pour se mettre dans le par au début du troisième tour.

On pourrait penser que ce tournoi était parfaitement taillé pour son jeu. Il lui faudra un superbe week-end pour revenir sur les leaders à -5.

« Les bons putters peuvent aller sur le parcours et rentrer un maximum de birdies, même avec des positions de drapeaux difficiles tant qu’ils mettent la balle dans les bonnes pentes. »

Attention à Tommy Fleetwood, un des meilleurs putters à Erin Hills

Jusqu’à présent, les meilleurs golfeurs sur cet US Open ont excellé dans le fait d’éviter les roughs.

Pour les 12 premiers au leaderboard, seulement 5% de leurs drives ont été pris par le rough contre 10% pour le reste des autres joueurs. Un avantage plutôt décisif quand on sait ce que coûte ces roughs.

Brian Harman qui est l’un des quatre leaders après le deuxième tour n’a encore jamais mis la moindre balle dans les « fescues ».

Des meilleurs joueurs, c’est Paul Casey qui en a visité le plus (soit 3).

En conclusion, la combinaison de la victoire à Erin Hills sera un mélange entre éviter les roughs, taper des approches relativement proches des drapeaux et rentrer plus de putts.

Les conditions météos pourraient avoir un rôle à jouer, surtout en cas d’orage dans la nuit de samedi à dimanche. Dans ce cas, le putting serait rendu encore plus déterminant.

Pour Snedeker « Si le parcours est humide et souple, les fairways seront bien larges. Vous pourrez être agressif, et faire beaucoup de birdies. »

Pour dimanche, si vous voulez vous amuser à prédire le futur vainqueur, regardez du côté du putting…

Crédit photo : Mark Newcombe à Erin Hills pour Jeudegolf.org

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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