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US OPEN 2017 : Pourquoi l’USGA ne doit plus se rater ?

US OPEN 2017 : Pourquoi l’USGA ne doit plus se rater ? - Crédit photo : Mark Newcombe

On se souviendra de l’édition précédente du majeur américain pour au moins trois raisons : la belle performance de Gregory Bourdy au sommet du leaderboard après 2 tours, la première victoire en majeur de Dustin Johnson, et la pénalité rocambolesque de ce même Dustin Johnson. Sincèrement, de ces trois faits, c’est bien la sanction infligée tardivement à DJ qui a fait couler le plus d’encre. En 2017, sur le parcours d’Erin Hills, l’USGA dirigé par Mike Davis ne pourra pas se permettre un nouvel accroc. L’US Open doit redevenir un sanctuaire ! Photo : Mark Newcombe à Erin Hills pour JeudeGolf.org

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Le troisième majeur ?

Il fut un temps où l’US Open de golf était le plus grand championnat de golf, et même le plus grand majeur. Aujourd’hui, nous pouvons admettre que le Masters est vraiment l’événement golfique numéro 1, tandis que The Open est probablement le deuxième plus grand majeur de l’année.

Si Augusta contribue largement au fait que le Masters soit devenu un sanctuaire.

The Open bénéficie d’une rotation sur relativement peu de golfs différents, et finalement toujours mythiques : Saint-Andrews, Troon, Lytham, Birkdale… autant de parcours qui ont été les témoins de grands moments historiques.

Pour l’US Open, et c’est encore plus parlant avec le PGA Championship, la forte rotation du nombre de parcours éligibles présente un avantage et un inconvénient.

L’avantage qui correspond autant à une sorte de tradition qu’à un besoin de développer le golf et la marque US Open à travers tous les Etats-Unis, et toutes les fédérations.

L’inconvénient étant que l’US Open se joue rarement sur les mêmes parcours, tant et si bien que les golfeurs ne marchent pas souvent sur les traces des héros mythiques du passé, en tout cas dans les mêmes pas.

Cette année, Erin Hills rentrera pour la première fois dans le giron US Open.

Il y a encore quelques saisons le vainqueur de l’US Open peinait à jouer sous le par ou dans le par.

L’US Open présentait les conditions de jeux les plus délicates au monde.

C’était la manière choisie par les organisateurs, pour à la fois nous expliquer qu’une victoire à l’US Open devait rester le graal de la difficulté golfique, et d’autre part, compenser ce manque de sanctuarisation.

En tout cas, il y a une chose que l’USGA ne peut plus se permettre… C’est la mauvaise publicité liée à l’incident de l’an passé Oakmont avec le vainqueur, Dustin Johnson.

Oakmont est resté en travers de toutes les gorges !

Woods, McIlroy, Spieth ou encore Rickie Fowler s’étaient émus du traitement réservé au nouveau numéro un mondial. L’USGA avait été sévèrement rappelé à l’ordre ! Un comble que ce soient les joueurs qui sermonnent l’organisateur du tournoi.

Cela a pris de telles proportions que selon certains confrères américains, si Johnson avait finalement perdu l’US Open, plusieurs grands noms auraient tout simplement boycotté l’US Open de cette année en signe de protestation.

Une telle décision aurait considérablement affaibli l’aura de l’US Open. Cependant, cela révèle tout de même que le majeur américain a laissé des plumes de prestiges dans cette histoire.

Ce mercredi, le directeur de l’USGA, le gouvernement du golf outre-Atlantique, Mike Davis s’est senti obligé de présenter une sorte de mea culpa pour préserver les apparences, et apporter des garanties sur la 117eme édition de l’Open.

« Vous pourriez penser que quelque chose comme ce qui s’est passé l’an passé pourrait affecter l’organisation du majeur, et même le département en charge des règles. En réalité, cela a ébranlé toute la maison golf aux Etats-Unis. » poursuivant « En disant cela, j’affirme qu’à chaque fois que vos compétences sont remises en question, cela affecte les gens qui travaillent pour l’organisation, ceux qui font les tests, ceux qui travaillent sur les greens, ou ceux qui s’intéressent à l’histoire du jeu pour aider à le développer. Nous voulons vraiment éviter une telle remise en question. »

Mike Davis parle de compétence ! C’est effectivement le cœur du sujet.

En réponse concrète aux événements de l’an passé, l’USGA a décidé d’ajuster son organisation. Les officiels vont accompagner toutes les parties en compétition, et devront être capables de répondre à n’importe quelle question des joueurs.

Une nouvelle organisation au garde à vous

L’organisation de cette année devra prévenir le tournoi d’un incident qui pourrait arriver au cinquième trou pour être finalement sanctionné d’un coup sur le 18 !

A la place d’officiels qui marchent sur le parcours, l’USGA va placer ces officiels tous les trois trous avec un accès directe à Thomas Pagel, l’arbitre en chef qui aura tout pouvoir pour agir sur le terrain.

Des stations vidéo seront disposés à plusieurs endroits stratégiques pour permettre aux officiels de revoir les situations litigieuses.

Autre changement, sous une règle locale, les joueurs ne seront plus pénalisés si la balle ou un marque balle est déplacé accidentellement sur un green.

Pour Davis, il ne s’agit pas seulement d’entériner les errements de l’an passé, il convient d’agir immédiatement pour éviter par tous les moyens de nouveaux incidents.

Cela correspond aussi à une nouvelle tendance de fond qui touche aussi bien l’USGA et le R&A cette année.

On l’a d’ailleurs vu avec la tentative de modernisation des règles proposée le mois dernier concernant l’usage de l’arbitrage vidéo.

Au lieu de réagir à retardement, l’USGA et le R&A veulent épouser plus rapidement notre époque !

De ce point de vue, il était temps ! La mésaventure de Dustin Johnson aura eu au moins le mérite de faire bouger les lignes.

L’US Open de golf à la croisée des chemins

Refaire de l’US Open une épreuve mythique, tel est l’enjeu posé devant nous ! C’est pour l’instant la mission de Mike Davis.

Erin Hills sera la première étape de ce défi golfique.

L’ADN de ce majeur est la difficulté ! C’est aussi surement pour cela que la controverse de l’an passé a eu lieu sur ce tournoi. Revers de la médaille d’un tournoi fortement médiatisé avec beaucoup de situations de jeux complexes…ou en tout cas plus complexe qu’ailleurs.

Le test ultime de golf à Erin Hills… ce sera des fairways à peine plus larges que 50 mètres et des bunkers vraiment pénalisants.

Toutefois, faire de l’US Open un tournoi ultime est aussi rendu plus difficile du fait des progrès de l’équipement, et en particulier de la balle.

Erin Hills pourrait être un tournant dans l’histoire des majeurs.

Soit, ce parcours et l’organisation du tournoi arrivent à proposer un scénario d’anthologie, et pour cela il faudrait aussi des acteurs du top-10 mondial au top niveau en même temps, et au top du suspense jusqu’au dernier trou.

Soit, cela enterre l’idée que l’US Open doit changer de terrain tous les ans, et au contraire, comme le Masters, chercher à se sanctuariser dans un lieu mythique et chargé d’histoires, pour à défaut de viser d’être le premier majeur et détrôner le Masters, au moins s’associer à un parcours et une organisation parfaitement rôdée.

Comme le soulignait, Nicolas Destrumelle lors de son expérience au Masters, à Augusta, même les brindilles sous les arbres donnent l’impression d’avoir été posée à la main !

L’US Open a besoin de ce type d’exemples pour être à nouveau mystifié.

La difficulté ne se voit pas forcément facilement à la télévision. Elle ne se lit souvent qu’au travers de la carte de score !

Dans le domaine du tennis, que serait les Internationaux de France sans Roland-Garros ? Ou l’US Open de Tennis sans Flushing-Meadows ?

A ce titre, le Player’s Championship disputé tous les ans à Sawgrass se rapproche plus de la popularité du Masters, notamment en termes d’audiences TV ou d’ambiances autour des greens. Ce serait un comble qu’un tel tournoi finisse par dépasser l’US Open de golf…

Crédit photo : Mark Newcombe

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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