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L’US Open à Oakmont, pour gagner, ils devront vaincre « le monstre »

Oakmont, des fairways très étroits et de nombreux bunkers / Crédit photo : Mark Newcombe - Visioningolf

Oakmont accueille l’US Open 2016, le spectacle promet d’être au rendez-vous tant ce parcours est réputé comme étant difficile, sans doute le plus difficile des États Unis.

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Après les deux derniers US Open qui se sont joués en 2014 à Pinehurst et Chambers Bay en 2015, Oakmont est un parcours plus traditionnel, avec des fairways étroits imposant une extrême précision, des roughs bien épais, et des greens très rapides.

Vitrine du plus mémorable tournoi de golf du 20e siècle, quand Johnny Miller y réalisa un dernier tour en 63, Oakmont est classé 5e des 100 meilleurs parcours américains.

Cette année nous aurons tous les yeux rivés sur ceux qui semblent être les trois favoris, Jason Day, Jordan Spieth et Rory McIlroy, cependant n’oublions pas la particularité de ce parcours d’ Oakmont, et les surprises qu’il a amenées lors des précédentes éditions.
En 2007, Tiger Woods et Phil Mickelson dominaient le championnat, et c’est Angel Cabrera qui a fini par l’emporter.

D’ores et déjà, les premiers commentaires des joueurs qui ont fait cette année le voyage à Pittsburgh pour reconnaître Oakmont, confirment que ce parcours de l’US Open 2016 sera le plus exigeant de cette saison. Il sera vraisemblablement tout aussi difficile que la dernière fois qu’il a accueilli le championnat US en 2007, quand Angel Cabrera l’a remporté avec 5 au-dessus du par.

Ainsi Daniel Berger qui à joué Oakmont lundi a déclaré : « Vous devez absolument toucher le fairway, et les greens sont très rapides. C’est un test majeur de ce championnat. Vous manquez le fairway et vous êtes foutu… ».

Pour Brooks Koepka, qui sera un des favoris et qui a fait sa reconnaissance fin mai, ses commentaires font écho à ceux de Daniel Berger : « Vous pouvez ne pas trouver votre balle, même si vous vous trouvez juste à côté d’elle ».

Jordan Spieth pense lui que c’est l’épreuve la plus dure du monde. Quand à Tiger Woods, il considère qu’aucun joueur amateur avec un handicap de 10, ne peut jouer en dessous de 100 à Oakmont, soit 30 au-dessus du par…

Comprendre pourquoi le parcours d’Oakmont est aussi difficile

Pour comprendre pourquoi le parcours du Oakmont Country Club est aussi difficile, il faut se pencher sur son histoire inégalée dans le golf américain. Et son histoire, c’est aussi celle de Henry Caly Fownes et de son fils William Clark Fownes.

Fils d’immigrants Anglais, Henry Caly Fownes a dû quitter l’école à 15 ans pour travailler dans l’entreprise de métallurgie de sa famille, à Pittsburgh. À 39 ans, un jour de 1898, Henry se brûle avec une torche à souder, et perd en partie la vision.
Comme on ne lui donnait que quelques années à vivre, il a décidé de profiter de ce temps qu’il lui restait pour voyager et prendre du bon temps.

Il découvre ainsi le golf par hasard, et devient un des meilleurs golfeurs de la région de Pittsburgh, puis président de l’Association des golfs des Etats-Unis. Contrairement à d’autres notables de son époque, au moment d’entreprendre la création d’Oakmont il ne cherchait pas à en faire un club pour la haute société, mais simplement un ring de combat de golf…

Commencés en 1903, les travaux se sont achevés à l’été 1904. Quand on demandait à Henry Caly Fownes, pourquoi il avait implanté autant de bunkers sur le parcours, l’homme exigeant avec lui même et intransigeant avec les golfeurs, répondait : « un coup mal joué doit irrévocablement être un coup perdu… ».

Avec les années, Oakmont a continué à terroriser les golfeurs, même les plus titrés.
À l’US Open 2007, Ernie Els a commenté la vitesse et les pentes des greens : « Ce sont les greens les plus difficiles que nous n’avons jamais joués dans toute l’histoire de l’US Open ou de tout autre tournoi que nous jouons ». 
Il faisait lui aussi écho aux propos de Sam Snead qui disait des années plus tôt : « j’ai mis une pièce pour marquer ma balle, et la pièce a glissée plus bas… ».

Pour Sergio Garcia : « Ce parcours est un assez court par 70, mais un cela ferait un très bon par 78, et je ne plaisante pas… ».

William Clark Fownes constatait que ses choix « ultra-sportifs », laissant peu de place aux aménagements pouvant satisfaire les golfeurs de la bourgoisie locale, faisaient déserter un trop grand nombre de membres. À contre cœur il finit pas accepter que son golf s’embourgeoise, notamment avec le projet de construction d’une piscine. Par contre, il refusa de faire parti de cette nouvelle évolution, et démissionna de sa place de président en 1946. Mort en 1950, il ne verra jamais cette nouvelle tournure que pris son club, la piscine ne fut terminée qu’en 1954.

Ensuite, plusieurs architectes de renoms ont participé à la restauration et à l’évolution du parcours, c’est le cas de Robert Trent Jones Sr, Arnold Palmer, Ed Seay et Arthur Hills.
Cependant, l’esprit d’origine du parcours et ces principales caractéristiques ont été conservées.

Les changements majeurs sont plutôt esthétiques, le parcours était ouvert aux vents, aussi de nombreux arbres ont été plantés le long des trous dans les années 60. Cette décision a tellement été controversée par les membres du club, que l’on est revenu au fur et à mesure à l’esprit original, en enlevant un grand nombre de ces arbres à l’intérieur du parcours.

Oakmont a vu se dérouler 8 US Open, 5 championnats amateurs américains, 3 championnats de la PGA, 1 US Open féminin, et 17 majeurs, soit plus que tout autre parcours de golf en Amérique.

Pour gagner cet US Open, il faudra vaincre le monstre, un combat titanesque…

Il n’y pas d’eau sur le Oakmont Country Club, mais près de 200 bunkers ! Et nombre d’entre eux sont très profonds. Le plus célèbre de ces bunkers, le bunker Eglise Pews, est également un des plus célèbres dangers de ce parcours. Il se trouve entre le troisième et le quatrième fairway, est il est donc en jeu sur les deux trous. Il tire son nom « bancs d’église » des buttes de rough qui s’alignent les unes après les autres sur toute sa longueur.

Sergio Garcia dans le bunker Eglise Pews (Bancs d'église)

Pour commencer cet US Open, les joueurs devront vaincre « le monstre » qui commence à se dérouler dès le trou N°1. Un par 4 de 440 mètres avec un fairway plus étroit que sur un de nos golfs compacts continentaux. Une des mises en jeu la plus difficile du circuit Américain.

La suite est à l’avenant, quand sur le trou N° 2, également un par 4, le birdie envisagé se transforme en bogey le temps d’un clin d’œil. Le trou N°3, lui aussi un Par 4, se termine par un green de la taille d’un confetti.

Cet enchaînement des trois premiers trous est assez bien résumé par Curt Coulter, multiple champion du Club de Oakmont : « si vous parvenez au bout des trois premiers trous à rester dans le Par, vous vous sentez alors comme un roi… ».

Quel que soit le prochain vainqueur de l’US Open 2016, il devra commencer par dominer ces trois premiers trous, car il va bien s’agire d’un combat entre les joueurs et le parcours, et continuer sur les trous suivants bien entendu.

Oakmont est un parcours qui favorise les surprises, alors après Danny Willet au Masters, bien malin celui qui peut prédire aujourd’hui qui va vaincre « le monstre »…

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Auteur

Golfeur depuis les années 90, j'ai eu la chance de faire un grand nombre de voyages golfiques en France, en Europe, ainsi qu'aux Caraïbes, pour jouer sur plus d'une centaine de parcours. J'ai partagé les parties de très bons golfeurs amateurs, et de pros. Au cours de mon expérience, j'ai été proche des professionnels du secteur, enseignants, dirigeants de golf, organisateurs de Pro-Am, architectes de golf, et sponsors.


Professionnel du monde de la communication, j'ai obtenu un premier prix pour la réalisation de sites internet de parcours de golf.
Aujourd'hui, je mets à profit mon expérience golfique sur le site jeudegolf.org en apportant ma vision sur l'évolution du golf sur près de trois décennies.

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