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US Open 2015: Woods rate le cut mais veut continuer à se battre

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Cela commence à devenir sérieusement inquiétant. Après avoir démarré son US Open par le pire score possible pour lui (80), il était déjà acquis qu’il ne pourrait pas passer le cut, ce qui s’est confirmé ce vendredi avec un score de 76 pour finir son parcours à Chambers Bay à +16 au fin fond du classement.

Tiger enchaîne les contre-performances majeures

Tiger est bien loin de retrouver son niveau de jeu, et bien plus loin que lui-même ne semble le penser.

Pour la deuxième fois consécutivement en tournoi, Woods a rendu une carte de 80, ce qui ne valide pas du tout le travail qu’il effectue actuellement avec son swing coach, Chris Como.

Quoi que nous puissions penser des compétences de ce dernier, cela fait désormais près de six sorties que le tandem effectue ensemble, et les résultats ne sont clairement pas au rendez-vous.

Et de cette semaine Chambers Bay, aucun signe de progrès n’est réellement apparu.

Certes, son deuxième tour a été moins catastrophique que le premier, mais dans bien des domaines, il a été loin du compte.

« Parfois, vous avez besoin de faire des changements, et c’est ce que j’ai fait. Il faut savoir souffrir à court-terme pour de plus grands gains à long-terme. »

Tant mieux, si cela peut fonctionner dans un avenir relativement proche.

Woods a beau se vouloir rassurant. Pour l’instant, c’est le scepticisme qui l’emporte.

« J’ai déjà fait cela par le passé. Et quand j’ai effectué des changements sur mon swing, cela a d’abord été difficile, puis je suis passé du bon côté de la barrière. »

Si, effectivement dans la longue carrière de Woods, il est vrai qu’il a déjà réussi à passer ce genre de situations, jamais, cela n’avait été dans de telles circonstances.

En mars 2004, quand il a commencé à travailler avec Hank Haney après sa rupture avec Butch Harmon, Woods a joué 16 tournois avant de renouer avec la victoire, et seulement quatre majeurs avant de gagner le Masters 2005.

En août 2010, quand il a commencé sa collaboration avec Sean Foley, il ne lui a fallu que 18 départs pour remporter sa première victoire, mais il est resté à zéro succès sur treize départs en majeur.

De notre point de vue, aucune de ses transitions n’a été réalisées dans une telle situation d’inconfort.

Avec Haney et Foley, il n’a manqué qu’un seul cut !

Aujourd’hui, il a déjà doublé ce record en une seule saison, et son meilleur résultat est une 17ème place au Masters, qui à l’époque faisait office de performance encourageante.

En comparaison avec ce que Woods a changé avec ses précédents coachs, le chemin parait immense aujourd’hui.

Woods n’a jamais aussi mal joué de sa vie !

Vers un long chemin de croix...

Bien sûr qu’il n’est pas aidé par le fait de jouer aussi rapidement dans son programme de reprise des parcours aussi difficiles que Chambers Bay, surtout que ce genre de 18 trous ne fait pas de cadeaux à ceux qui changent de swing.

« Sur ce type de parcours, vous êtes très exposés, et devez être extrêmement précis. A l’évidence, je n’y suis pas parvenu, et je vais devoir espérer être un peu mieux au British. Objectif pour lequel je vais continuer de travailler. »

Jamais par le passé, le jeu de Woods n’a été autant scruté et critiqué.

Situation renforcée par le fait que la plupart des observateurs l’appellent à renouer avec son coach historique, Butch Harmon, considéré par beaucoup comme le seul à pouvoir le remettre à l’endroit. 

D’autant qu’Harmon n’y est pas du tout opposé, et que ses références actuelles plaident toujours en sa faveur. Il a monté au plus haut niveau des garçons comme Jimmy Walker, et plus encore, Rickie Fowler, un autre très grand perdant de cet US Open d'ailleurs.

D’autres appellent Woods à renouer avec son ancien caddie, Steve Williams, qui a l’avantage d’être libre depuis qu’il a pris sa retraite.

Cependant, il y a peu de chances que cela se produise. Woods ne verse pas dans la nostalgie, sans doute par un excès d’ego.

Très critiqué, Chris Como a pourtant un de ses protégés qui a réussi un bon tour ce vendredi à Chambers Bay. Jamie Lovermark a rendu une carte de 68, soit -2 sous le par, beaucoup mieux que ce que Woods est aujourd’hui en mesure de produire.

Que ce soit l’esprit ou le corps, il y a quelque chose qui ne fonctionne plus chez Woods, et ce n’est peut-être pas une question de coach.

Si Woods se montre optimiste, nous sommes de plus en plus sceptiques.

« J’ai un peu mieux joué vendredi, mais encore une fois, je n’ai pas rentré les putts. »

Woods n’est sans doute pas fini, mais il est loin d’avoir trouvé la solution pour redevenir un golfeur compétitif, et pendant ce temps,  les années défilent.

Le tigre a révolutionné le jeu de golf. Aujourd’hui, tous les jeunes joueurs du tour sont des « tigres » en puissance. Jamais, il n’a joué face à une concurrence aussi forte.

Ceci dit, ce n’est pas Jordan Spieth ou Rory McIlroy qui ont fait mal jouer Woods.

Prochaine échéance, le British Open dans un mois. Il faut arrêter de place Tiger en position de prétendants, mais au contraire, constater ses progrès.

Passe le cut à The Open serait donc déjà un progrès encourageant en attendant mieux…Woods parle lui-même d’un processus à long terme.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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