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US Open 2015: Un air de déjà vu?

US Open 2015: Un air de déjà vu?

Chambers Bay est à plusieurs milliers de kilomètres d’Augusta, et n’a absolument rien à voir avec le parcours manucuré du Masters. Les greens sont poussiéreux, et les sons qui émanent du parcours n’ont rien à voir avec ceux qui sortent de la cathédrale du golf. Tout oppose Chambers Bay et Augusta, sauf une chose…le leader après deux tours, Jordan Spieth.

Du Masters à l'US Open...une histoire de majeurs 

Deux parcours complètement différents, deux régions différentes, deux publics différents, deux climats différents, et un joueur qui reste pourtant le favori : le fiancé de l’Amérique !

A 21 ans, Jordan Spieth est un phénomène.

Si à Augusta, au même stade du tournoi, il comptait déjà cinq coups d’avances pour finalement remporter la veste verte avec quatre coups de mieux que son plus proche poursuivant, il a déjà fait une bonne  partie du chemin après deux tours sur cet US Open.

Si au Masters, il faisait des favoris, mais personne ne s’attendait à ce qu’il écrase la concurrence.

Ici, à Chambers Bay, la pression est plus forte sur lui.

Conscient de la situation, il a commenté sa place de leader au soir du deuxième tour « Je sais que cela va devenir de plus en plus difficile. Je vais devoir faire preuve d’un haut niveau de patience.»

Co-leader avec son compatriote, Patrick Reed, un autre phénomène du golf américain, mais dans un autre genre, plus “bad boy”, Spieth, en cas de victoire, deviendrai le sixième golfeur de l’histoire à remporter la même année, le Masters et l’US Open.

Cependant, il sait déjà que pour y parvenir, il devra utiliser des recettes bien différentes de celles qu’il a employé à Augusta, un peu plus  tôt dans l’année.

Sur le parcours du Masters, il a coupé les fairways en deux, touché les drapeaux, et tenté tous les putts qu’il pouvait.

A Chambers Bay, ce sera une histoire tout à fait différente !

Chaque green est un Everest !

Les pentes sont incroyables et donnent des trajectoires de dingues.

A la télévision, on ne nous montre que les coups les plus spectaculaires. Mais si on met deux minutes dans la peau d’un golfeur amateur qui joue sur ce parcours, cela semblerait juste un enfer à putter.

Chambers Bay est un monstre avec ses énormes bunkers, et ses gigantesques greens aux multiples pentes. Mais comment font-ils pour jouer aussi bien dans de telles conditions ?

Pour Spieth qui semblait en difficulté au driving avant le début du tournoi, se forçant à réaliser des extras au practice, l’enjeu était bien de pouvoir se placer pour des coups plus courts avant d’attaquer les greens.

Il avait impérativement besoin de soigner ses mises en jeux.

« J’avais besoin d’être un peu plus méthodique. »

Et c’est tout à fait ce que le jeune américain a réalisé ce vendredi.

Un deuxième tour avec des hauts puis des bas

Démarrant par les neuf trous du retour, soit dit en passant les plus abordables, il a rentré des birdies au 10, 14, 15 et 17 pour prendre seul les commandes du tournoi à -6.

Au 18, un très long par 4 de 470 mètres qui a posé des problèmes à beaucoup de joueurs, Spieth a envoyé sa balle sur la gauche dans un bunker, ce qui lui coûta derrière un double.

Sa frustration a continué à grimper sur le premier par 5 après avoir envoyé son drive dans le rough de gauche. Et c’est justement à ce moment que son caddie, Michael Greller a senti que c’était le moment de calmer son patron.

« Calme-toi, tu es toujours très bien placé dans ce tournoi. Ne te laisses pas aller. »

Au bout de quelques instants, Spieth a retrouvé la bonne attitude, sorti du rough avec un fer 6 pour ensuite planter le drapeau avec un wedge, et sortir du trou avec un  birdie.

Les opportunités de birdies sur les neuf trous de l’aller ne sont pas légions. Spieth du s’en contenter.

Patience…souvenez-vous, il avait déclaré que la patience serait la clé sur ce terrain. Ainsi, il lui fallait accepter que -3 serait l’un des meilleurs scores possibles ce vendredi.

Sur le 18, (en fait le 9), Jordan assista impuissant à ce qui a constitué l’un des moments  les plus inquiétants du deuxième tour. Son partenaire, l’australien Jason Day fut victime de vertiges et tomba au sol avant d’arriver sur le green.

De longues minutes se sont passées avant que Jason Day ne puisse reprendre courageusement la partie, ce qui n’impacta pas le jeu du leader. Spieth terminera sa partie avec un birdie, bien qu’aillant été très inquiet pour Jason Day comme tout le monde autour de l’ancien champion du monde de match-play.

Pendant l’incident, Spieth a repoussé les caméras pour que les médecins s’affairent autour de l’australien. Interrogé après cette scène assez rare sur un tournoi de golf, Spieth commenta simplement l’incident comme une tentative de sa part, de garder de l’espace autour de Jason Day pour qu’il puisse récupérer tranquillement.

Au bout de dix minutes, Day a pu reprendre le jeu, réussir sa sortie de bunker, et finir par un bogey, avant d’être soutenu pour marcher jusqu’à la table de marques.

De son côté, Spieth a rentré son putt pour birdie, et admis qu’il s’agissait sans doute du meilleur birdie qu’il n’ait jamais rentré compte tenu des circonstances.

Le fait qu’il soit capable de rebondir après un événement commence à faire partie de sa marque de fabrique.

Interrogé sur cette capacité à rentrer les bons putts aux bons moments, Spieth lâcha seulement qu’il ne savait pas si c’était vraiment une marque de son jeu, mais que par le passé, il n’aurait pas réussi à finir aussi bien. C’est quelque chose qu’il a concédé avoir travaillé.

« J’ai réalisé que ce parcours va tester mes nerfs, et toute la question est de savoir comment je vais me sortir de situations délicates.  Le fait que j’ai déjà joué quelques majeurs un peu délicat m’a sans doute un peu aidé.»

A la différence du Masters, Jordan a déjà une petite expérience d’être dans une partie de leaders sur un majeur, la pression, les médias, les attentes, il devrait être encore plus redoutable dans cet exercice.

Le véritable challenge pour lui étant qu’à la différence d’Augusta, son jeu n’est pas aussi parfait et fluide. Il va donc falloir faire preuve d’une certaine solidité mentale dans les moments les plus délicats.

Ceci dit, est-ce une réelle inquiétude pour ce joueur qui fait de plus en plus penser au jeune Tiger…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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