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US Open 2015: Dustin Johnson offre la victoire à Jordan Spieth

US Open 2015: Dustin Johnson offre la victoire à Jordan Spieth

Sur les quatre premiers trous du retour, Dustin Johnson a non seulement laissé filer trois bogeys, et une avance de deux coups, mais, sur le 18, alors qu’il avait un putt de quelques centimètres pour au moins aller en play-off contre Jordan Spieth, DJ a de nouveau flanché pour offrir la deuxième victoire de l’année en majeur à son jeune compatriote, déjà au club-house.

Sommaire de ce sujet consacré au dernier tour de l'US Open de golf 2015

  1. Une nouvelle page d’histoire qui s’écrit sous nos yeux
  2. Une belle bagarre en tête avec un DJ qui aura le dernier mot
  3. Oosthuizen, Scott, McIlroy…tous partis de trop loin pour espérer jouer les troubles fêtes 

Une nouvelle page d’histoire qui s’écrit sous nos yeux

En l’espace de deux mois, entre le Masters d’Augusta et l’US Open, Jordan Spieth est devenu le plus jeune double vainqueur de majeur depuis Gene Sarazen en 1922, et le plus jeune vainqueur de l’US Open depuis 1923 et Bobby Jones.

Plus personne n’avait réussi à remporter ces deux majeurs la même année depuis Tiger Woods en 2002.

Ces quelques dates pour comprendre que Jordan Spieth est plus qu’un vainqueur de tournois majeurs de golf.

Il est en train d’écrire une nouvelle page d’histoire, et de rejoindre quelques-unes des plus grandes légendes de ce sport.

Spieth n’est plus un espoir, et prédire sa future domination n’est pas une vue de l’esprit. Il est bel et bien le « Tigre » des années 2010.

Après le dernier putt manqué par Dustin Johnson, le dernier golfeur en mesure de l’empêcher de remporter ce majeur, et après avoir embrassé sa famille, Spieth a déclaré « C’est difficile de réaliser. Je suis toujours sous le choc, et l’émotion d’avoir gagné. J’ai du mal à réaliser que nous ne jouerons pas demain. J’ai une pensée pour Dustin. Mais j’ai encore du mal à mettre les choses en perspective. »

Un peu à l’image d’un gagnant du loto, Jordan n’était pas encore hier en mesure de réaliser toute la portée de ce doublé Masters-US Open, qui aux Etats-Unis, pays qui compte plus de 35 millions de golfeurs va définitivement le propulser au niveau des plus grandes stars du sport.

Dans un mois, ce jeune américain foulera les fairways de Saint-Andrews dans le cadre de The Open, troisième majeur de la saison avec la possibilité de faire un grand chelem. C’est dire si Spieth est aujourd’hui seul face au reste du monde dans les tournois majeurs.

Avant le tournoi, certains auraient pu penser que Phil Mickelson allait enfin boucler la boucle avec une première victoire sur cet tournoi, que Rory McIlroy allait ouvrir son compteur pour cette année, que Dustin Johnson allait enfin en remporter un, ou que Tiger Woods allait passer le cut.

Non, c’est bien Jordan Spieth qui est aujourd’hui, le seul à mettre tout le monde d’accord avec un jeu de fers parfait, et un putting au-dessus de la moyenne  ou plutôt en-dessous de celles de ses adversaires.

Une belle bagarre en tête avec un DJ qui aura le dernier mot

Si à Augusta, la victoire de Spieth ne devait rien à personne.

Ce dimanche à Chambers Bay, les choses ont été un peu différentes.

Au 17, il quitta le green avec un double-bogey qui l’obligeait à faire un truc sur le 18.

Un PAR 5 que Cameron Smith avait réussi à prendre en deux un peu avant lui, pour voir sa balle d’approche tapée au bois 3 rouler jusqu’au bord du trou, en empruntant différentes pentes, la caractéristique des greens de ce parcours type links.

A 250 mètres du trou, Jordan Spieth tapa pratiquement le même coup, et sa balle allait accrocher de justesse le bord droit du green, mais à la faveur des pentes, sa balle fût ramenée vers le centre du green.

Il eut donc un putt pour eagle qu’il allait finalement manquer de peu. Mais derrière, cela signifiait tout de même « birdie », et un score final de -5.

Deux heures plus tôt, au début des neuf trous du retour, il était pourtant mené de deux coups par celui qui aurait peut-être dû être l’homme du jour, le leader du premier tour, Dustin Johnson, sans aucun doute le meilleur « driver » de la semaine.

DJ avait passé l’aller en 33 contre 35 pour Spieth, et pris un avantage qu’il aurait pu, qu’il aurait dû faire fructifier.

Pourtant du 10 au 13, DJ va commettre trois bogeys en quatre trous, alors que dans le même temps, le futur vainqueur allait rentrer un birdie. La peur de gagner ?

Johnson a de nouveau flanché au plus mauvais moment.

Les rôles s’inversaient donc immédiatement entre le chasseur et le chassé.

Jusqu’au 17, les choses semblaient en rester là, et jusqu’à ce que Chambers Bay rebatte les cartes une toute dernière fois.

Avec trois coups d’avances sur DJ, Jordan concèda un improbable double bogey, alors que DJ rentrera le birdie quelques minutes plus tard sur cet ultime par-3.

De nouveau ex-aequo avec un trou à jouer, la différence allait donc devoir se faire sur le 18.

Dernier  rebondissement alors que Spieth semblait avoir fait le plus difficile.

Jouant successivement dans les deux dernières parties de la journée, les deux hommes allaient attraper le green en deux, mais c’est bien au putting que Johnson allait craquer, avec un trois-putt pratiquement inconcevable, notamment pour le dernier putt tout à fait abordable qui aurait à minima dû l’envoyer en play-off.

Un putt que dans d’autres circonstances, il n’aurait sans doute pas loupé.

Sur le 18 d’un US Open, devant des milliers de spectateurs, avec l’enjeu de peut-être gagner son premier US Open, DJ a encore flanché.

Oosthuizen, Scott, McIlroy…tous partis de trop loin pour espérer jouer les troubles fêtes

Ce dimanche, Johnson n’a pas été le seul à pouvoir empêcher ce doublé Masters-US Open de la part de Jordan Spieth.

Oosthuizen, Scott, McIlroy…tous partis de trop loin pour espérer jouer les troubles fêtes

Le sud-africain, Louis Oosthuizen a mené une charge incroyable sur les neuf trous du retour avec pas moins de six birdies.

Sans un départ manqué sur les trois premiers trous de la journée (bogeys sur les trois premiers trous), « Shrek » aurait pu repartir avec le hold-up le plus incroyable de l’histoire des majeurs.

En -4 au final, jusqu’au birdie de Spieth sur le 18, il était en course pour au moins accrocher un play-off.

Des quatre hommes parti en tête, au matin du dernier tour, si Spieth et Johnson ont tenu l’enjeu de jouer une dernière ou avant-dernière partie dans un majeur.

Jason Day et Branden Grace, au contraire, sont rapidement sortis du jeu.

Jason Day n’a pas réussi à reproduire son exploit de la veille, et sans doute accusé la fatigue de ce qui lui était arrivé au deuxième tour (crise de vertiges).

Avec un score de 74, il a reculé à la neuvième place tandis que Branden Grace a été de son côté plus combatif mais malheureux sur certains coups, comme son drive qui est sorti du terrain au 16, pour lui coûter un double, et sans doute la victoire.

Sans ce coup lâché à droite du fairway, il aurait peut-être pu partir en play-off contre Spieth.

Encore un joueur qui s’est éliminé tout seul.

Il termine finalement troisième à -3 juste devant le meilleur joueur de la journée, l’australien Adam Scott, qui avait peu de chances de pouvoir l’emporter initialement.

Parti 19ème du classement général à +3, il conclut son dernier tour à la quatrième place à -3 après avoir joué 64, -6 avec aucun bogey sur son ultime carte. Il sera le seul à pouvoir revendiquer une telle performance sur ce dernier tour.

Enfin, le numéro un mondial, Rory McIlroy a été bien discret tout au long de la semaine, jusqu’à tenter à l’image d’Adam Scott, une attaque désespérée sur le dernier tour.

Auteur d’un joli 66, sa meilleure carte des quatre tours, Rory a même pointé un temps à deux coups de la tête.

Au départ du trou numéro 13, il était à -6 pour la  journée, après n’avoir réalisé que des pars et des birdies.

Deux bogeys sur les quatre derniers trous d’un « RUN » démarré de trop loin, ont achevé sa tentative, alors que dans le même temps, les leaders ne lui ont pas donné l’impression de lâcher prise.

9ème de cet US Open, McIlroy n’a pas franchement raté son deuxième majeur, mais il ne l’a pas non plus franchement réussi.

Alors que Jordan Spieth compte deux succès cette année, McIlroy arrivera à Saint-Andrews en tant que tenant du titre, mais avec une position de numéro un mondial fragilisé.

Plus loin au leaderboard, mais la performance mérite d’être saluée, Alexander Levy, seul français à avoir passé le cut, termine à la 27ème place en +5, alors qu’il était issu des qualifications pour être présent à Chambers Bay.

Un temps dans le top-20 du tournoi, Levy a longtemps été dans le coup sur ce tournoi jugé difficile.

Une prestation qui pourra lui servir pour la suite, et démontre ses capacités de résistances dans un environnement totalement inhabituel pour lui.

Alors que Dubuisson continue de chuter au classement mondial (37ème cette semaine), Levy reste stable à la 62ème place mondiale, et pourrait bien se révéler être le favori français dans dix jours à Paris pour l’Alstom Open de France.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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