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US Open 2014: Martin Kaymer explose le parcours et la concurrence

US Open 2014: Martin Kaymer explose le parcours et la concurrence

En rendant une deuxième carte avec un score de 65, sans aucun bogey, l’allemand Martin Kaymer a déjoué tous les pièges du parcours, et realisé une performance sans précédent. En 114 ans d’US Open de golf, aucun golfeur n’avait jamais réussi à être aussi bas en score après seulement deux tours.

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A mi-parcours de cet US Open disputé en Caroline du Nord sur le parcours de Pinehurst N°2, Kaymer a-t-il déjà mis fin à toute forme de suspense pour l’issu du deuxième majeur de la saison ?

Avec un jeu aussi parfait, Adam Scott, l’actuel numéro un mondial est le premier à l’admettre « Si Martin continue sur ce rythme pendant le week-end, nous allons tous jouer pour la deuxième place ! ».

En effet, jamais dans l’histoire de l’US Open, un golfeur avait réussi à créer une telle avance en si peu de temps.

Pour bien comprendre le contexte, il faut savoir que dans le monde du golf, les organisateurs font tout pour que ce tournoi en particulier soit le plus difficile pour les professionnels.

Pour Mike Davis, un des patrons de l’USGA, le principe est assez simple « Un bon coup doit être récompensé, et un mauvais coup pénalisé ».

Sachant qu’en réalité, le choix du parcours et sa préparation doivent surtout favoriser les mauvais coups.

Dernier exemple en date, l’US Open 2013 remporté par Justin Rose, un seul joueur a réussi à terminer sous le par, le vainqueur !

Cette année, en étant déjà à moins dix en deux tours, Kaymer contredit tous les pronostics, toute la préparation du parcours, et atomise la concurrence.

Comment expliquer un tel phénomène ?

La vérité, c’est que derrière l’exploit, il n’est pas forcément évident de donner des raisons.

Kaymer a toujours été un golfeur très talentueux. Il a déjà remporté un majeur aux Etats-Unis (US PGA Championship 2011).

Il a été un court moment numéro un mondial, et il a remporté le match décisif contre les Etats-Unis en Ryder Cup pour l’édition 2012 à Medinah.

Récemment après quelques mois de doutes, il a remporté le Players Championship.

Il pourrait donc être l’un des tous premiers à remporter la même année, le Players et l’US Open.

Seuls quelques golfeurs ont réussi à le faire en carrière : Tiger Woods, Jack Nicklaus, Lee Trevino et Raymond Floyd.

Comment expliquer un tel phénomène ?

Martin Kaymer est bien une pointure sur le circuit professionnel, mais admettons que personne ne l’attendait à un tel niveau, et surtout capable d’enchainer les performances pratiquement tous les week-ends depuis deux mois.

Certes, dans les explications, il a légèrement plu dans la nuit de jeudi à vendredi, ce qui a assoupli légèrement le parcours, le rendu moins difficile que lors du premier tour.

Un élément qui ne l’a pas favorisé plus que les autres !

Alors que le premier tour a été joué dans une moyenne de score de 73,23, le second a été joué en 72,89 confirmant cette légère impression d’amélioration des conditions.

Néanmoins, Kaymer a tout de même six coups d’avances sur le second, un record à ce stade d’un US Open.

L’avis unanime des organisateurs est que là, il n’y a rien à dire, Kaymer est tout simplement impressionnant. Son jeu a été si parfait, à la fois long et précis, qu’il a semblé survolé les pièges du parcours.

Dans le passé récent, Tiger Woods ou Rory McIlroy avaient déjà réussi de grosses dominations sur un US Open, mais pas un tel écart, et aussi rapide.

En 2011, McIlroy était à moins six à mi-distance, et avait terminé à moins quinze, démontrant que malgré la difficulté voulue par l’USGA, un golfeur au sommet de son art pouvait faire une véritable différence.

Moins dix en deux tours, c’est du jamais vu !

Et c’est confirmé par les rivaux de l’allemand, et en particulier, le zimbabwéen, Brendon De Jonge, « Je pensais que peut-être le vainqueur serait à la fin en moins dix, mais pas à mi-parcours ! »

Interrogé sur sa performance, Kaymer a semblé embêté, et presque gêné, de ne pas avoir d’explications particulières.

Par exemple, sur le quatrième trou, un par-4, à 193 mètres du trou, l’allemand  plante une approche au drapeau, alors qu’un bon coup consistait déjà à attraper le centre du green !

Pourtant avec son fer 6, il va poser sa balle à trois mètres cinquante du trou pour jouer le birdie.

Concernant le parcours de Pinehurst n°2, nous ne pouvons pas penser que cela vienne du terrain, car lors des derniers US Open, les scores à mi-parcours étaient plutôt autour de moins trois ou moins deux, mais certainement pas moins dix.

Que peut-il se passer sur la suite de cet US Open ?

Il est pratiquement impensable que l’allemand arrive à enchaîner quatre tours en 65. Le golf est un sport si difficile et si imprévisible, que jouer à la perfection pendant quatre jours confinerait du miracle divin.

Maintenant, il nous faut être prudent dans nos prédictions ! Kaymer a déjà réussi à déjouer tous les pronostics sur deux tours.

Même l’allemand l’admet, il risque bien d’y avoir une journée plus difficile que les autres.

C’est aussi valable pour ses rivaux, mais eux ne sont pas en moins dix.

Et c’est bien là la clé du scénario final.

Pour battre Kaymer dimanche, il faudra compter sur une défaillance, mais aussi sortir une carte du niveau de celle déjà rentrée par l’allemand.

Parmi les favoris du tournoi, les écarts commencent à être significatifs.

Le mieux placé, est sans doute le suédois Henrik Stenson, cinquième en moins deux.

Stenson : le principal rival de Kaymer ?

D’une certaine façon, il y a une similitude entre le Kaymer 2014 et le Stenson 2013 : des golfeurs très talentueux qui avaient un peu disparu des écrans radars, et qui reviennent du jour au lendemain avec une force quasi-surnaturelle…

Spieth, Kuchar et McIlroy sont aussi dans le coup en dixième position à moins un, mais au risque de se répéter à déjà neuf coups du leader !

Que dire de Scott (dans le par) ou Jason Day (en plus un) ou Graeme McDowell qui a finalement explosé au deuxième tour (74) et dégringolé de vingt-cinq places.

Enfin, Mickelson qui en a fait des caisses avec la perspective de remporter ce tournoi où il avait brillé en 1999, battu de justesse par Payne Stewart.

Bien qu’il ait passé le cut (33ème en +3), ses chances de victoires dimanche sont très réduites, au grand dam de son équipementier, Callaway qui promettait un très gros chèque en cas de victoire.

En réalité, seul Kaymer a la solution de ce qui va se passer pendant le week-end.

Et Dubuisson et Colsaerts dans tout ça ?

Hier, nous pensions que deux francophones pourraient passer le cut. Finalement, un seul y est parvenu. Colsaerts a encore connu un loupé sur le deuxième tour qui lui a été fatal.

En 72 lors du premier tour, le 75 de vendredi lui a fait perdre trente-neuf places en plus sept et à la quatre-vingt neuvième place du leaderboard.

La journée du belge a bien mal commencé et donné le ton de la suite. Un double dès le premier trou, mais qui finalement sera effacé au cinq après deux birdies.

Mais le pire était à venir avec un enchainement sans fin de bogeys du six au neuf ! La messe était dite.

Et dire qu’à un coup près, il pouvait passer le cut. Sur les neuf trous du retour, il fera tout pour y parvenir, mais un nouveau bogey au 17 à deux trous du terme du parcours allait achever ses chances.

Dans le même temps, Victor Dubuisson a continué son bonhomme de chemin avec un score un peu moins bon que la veille, mais toujours dans le bon rythme.

Son 72 du vendredi succédant au 70 du jeudi, toujours sans aucun double bogey, marqué par six birdies pour huit bogeys le place en vingt-septième position.

A l’inverse de Colsaerts, les choses ont plutôt bien commencé avec deux birdies en trois trous.

Il passe l’aller en 34 (moins un sous le par). Au retour, les choses se compliquent un peu puisqu’il ne rentre plus de birdies, et au contraire, concède trois bogeys.

Rien d’inquiétant, il passe son premier cut en majeur, et livre une bien meilleure prestation qu’à Augusta.

On aurait presque l’impression qu’il a joué des majeurs toute sa vie. Son calme et son assurance transpirent plus l’attitude d’un golfeur hyper expérimenté que celle d’un novice à ce niveau de la compétition.

Etant donné ce qu’il a démontré sur les deux premiers tours, il peut très bien viser un très beau finish pour dimanche.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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