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US Open 2014: Le premier tour pour les cogneurs !

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Comme nous le pressentions, les premiers pas des golfeurs sur le parcours de Pinehurst confirment que cet US Open de golf ne va pas échapper à la règle : Si Dimanche, le vainqueur est sous le par, ce sera une performance ! Pour l'instant, avantage aux cogneurs, mais pour combien de temps?

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Les conditions de jeu du premier tour ont été comme prévues rapides, avec un sol sec, et les golfeurs professionnels ont eu fort à faire avec la bonne série de bunkers proposés par l’architecte.

Kaymer, Dubuisson, Colsaerts… chaud devant !

Quelques heures avant le début du premier tour, Graeme McDowell, vainqueur en 2010 déclarait à propos de la 114ème édition du tournoi que la victoire pourrait se jouer autour d’une dizaine de birdies, soit sous le par sur seulement 13% du parcours.

Avait-il bien pris en compte la difficulté des roughs de Pinehurst n°2 et la longueur du parcours ?

Ne vous y trompez pas, le leader, Martin Kaymer en a déjà réussi six en seulement 18 trous, soit 33%, mais nous ne sommes pas encore dimanche, et d’ici le dernier tour, les drapeaux auront pris places dans les zones les plus tortueuses des greens.

Pire, la préparation du parcours additionné au temps sec va accentuer la rapidité des greens.

Cependant, mieux vaut être dans la position  de l’allemand, déjà vainqueur du Players quelques semaines plus tôt, et en pleine confiance, que celles de Luke Donald (77) ou Bubba Watson (76) qui peuvent déjà penser à rentrer à la maison, sauf exploit ce vendredi !

Pour l’instant, le parcours a donné l’avantage aux bombardiers, et comme on pouvait s’y attendre par rapport à la distance totale de Pinehurst n°2 savoir 6729 mètres.

Martin Kaymer (65)

Kaymer, ex-numéro un mondial, déjà vainqueur d’un majeur (US PGA Championship) a trouvé six fois la clé des greens pour un seul bogey.

Martin Kaymer bien inspiré sur le premier tour

47ème du tour pour la distance au drive (268 mètres de moyenne), Kaymer a pris la tête des bombardiers, un peu comme les sprinters se réservent les étapes de plats sur le Tour de France.

Victor Dubuisson (70) et Nicolas Colsaerts (72)

Derrière lui, et cela va faire plaisir aux francophones, le français Victor Dubuisson et le belge Nicolas Colsaerts sont très bien placés.

Dubuisson est rentré au club-house dans une excellente 16ème position, tandis que le belge est 50ème, en passe de passer le cut, ce qui ne lui est plus arrivé depuis trop longtemps par rapport à son talent.

Tombé à la 130ème place mondiale, le bruxellois est pourtant troisième plus long frappeur du PGA Tour en 2014 avec une moyenne de 281 mètres au drive !

Pourtant, il n’a pas passé un cut depuis le 16 mars enchaînant cinq contre-performances en cinq tournois joués aux USA.

Dans cet horizon bouché, une petite 19ème place au Farmers Insurance Open a fait figure d’éclaircie.

Avec une moyenne de 283 mètres au drive sur l’European Tour, Victor Dubuisson n’a beau driver que deux mètres de plus par rapport à Colsaerts, soit un écart infime, et malgré une pause pour blessure, le français confirme à chaque grand rendez-vous, qu’il est un novice décomplexé.

Pourtant, son début de journée aurait pu le déstabiliser après avoir commencé par deux bogeys sur les deux premiers trous, finalement effacés par deux birdies au cinq et au neuf.

Au retour, un birdie pour un bogey lui permettent de rentrer dans le par.

Sur n’importe quel autre tournoi, cela aurait pu être juste, mais pas sur un US Open joué dans une moyenne de trois coups au-dessus du par.

Pour le belge, comme pour le français, les jeux sont très ouverts.

Sans faire de chauvinisme, Dubuisson a même un petit avantage : le grain de folie qu’il est capable de mettre dans les approches de nulle part.

Et il en aura probablement besoin dans les jours à venir.

Sauf accident au deuxième tour, les deux hommes peuvent passer le cut sans encombres, et se mettre en bonne position pour le dernier tour, confirmant que les cogneurs ont l’avantage à Pinehurst.

A condition d’être sur la piste ! Le témoignage de Keegan Bradley à ce sujet est très révélateur « Les architectes et les greenkeepers ont fait un boulot remarquable. C’est même la meilleure préparation de parcours que j’ai jamais joué. Si vous mettez votre balle sur le fairway, vous pouvez attaquer et faire des birdies dans la foulée. Mais si au contraire, vous tapez à côté dans les zones sablonneuses avec un mauvais lie, c’est carrément difficile de taper juste un bon coup de golf. »

La victoire finale n’appartient pas encore aux longs frappeurs !

Toutefois, d’autres routes peuvent mener à Rome comme l’a démontré McDowell, un joueur plus précis que puissant.

Troisième en 68, lui qui est seulement 178ème pour la distance au drive avec 252 mètres de moyenne a démontré d’autres qualités pour passer à travers les pièges de Pinehurst, comme notamment celle d’éviter un maximum les roughs au bord des fairways.

Généralement très à l’aise sur l’US Open, ce dernier l’a expliqué par le fait que plus que sur n’importe quel autre tournoi, ce majeur se joue sur la précision !

Vainqueur à Pebble Beach en 2010, d’un coup derrière Webb Simpson en 2012, McDowell a passé une bonne première journée, mettant la balle du bon côté des drapeaux sur les greens « J’ai très bien placé mes balles au départ des trous, et derrière j’ai justement pu bien me placer sur les greens, pour avoir de bons putts. Il faut que je continue à jouer ainsi pendant tout le week-end. »

Un premier tour qui dessine les contours du scénario final

Bien que le tournoi n’en soit qu’au quart de sa distance, le premier tour a déjà donné de grosses tendances, avec un premier groupe de challengers en 69 (-1) composés d’Henrik Stenson, Jordan Spieth, Matt Kuchar, Dustin Johnson, Keegan Bradley et Brandt Snedeker, des hommes plutôt en forme (sauf Snedeker qui revient de blessure), des américains (sauf le suédois Stenson), et tous des potentiels favoris.

Puis un deuxième groupe de vainqueurs potentiels qui ont su rester dans le peloton pour réserver leurs attaques au moment propice avec Phil Mickelson (70), Rory McIlroy (71), Justin Rose (le tenant du titre) en 72, et le numéro un mondial, Adam Scott en 73.

Mickelson reste dans le peloton attendant son heure

A savoir, seulement quinze joueurs sur 155 (10%) ont réussi à être sous le par sur ce tour joué dans une moyenne de 73,23, soit trois coups au-dessus du par.

C’est pourquoi, nous avons commencé cet article en omettant des doutes sur le score final de dimanche…même si ce score est le plus bas en fait depuis l’US Open 2003, trahissant une fausse facilité !

D’ailleurs, dans un troisième groupe, vous retrouvez des pointures qui sont déjà très à la peine, comme Bubba Watson et Luke Donald, mais aussi Lee Westwood (75), Nick Watney (76), Hunter Mahan (74), et Ernie Els (74).

Sur un majeur, le premier tour n’est jamais décisif pour la victoire finale, en revanche, il peut être éliminatoire ou accentuer la pression sur ceux  qui craignent pour le cutt.

Kaymer a pris une belle avance, pourra-t-il tenir trois tours de plus ? C’est très rare, et les prétendants très nombreux.

Chaque chose en son temps, cependant, plus le tournoi va avancer, et plus le parcours va être difficile, ce qui pourrait bien compliquer la tâche de ceux qui partent de derrière.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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