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US Open 2014: Kaymer inspiré par la légende de Bagger Vance

US Open 2014: Kaymer inspiré par la légende de Bagger Vance

Indétrônable leader après trois tours du deuxième majeur de golf de la saison, l’allemand Martin Kaymer a confessé avoir été inspiré par le film « La légende de Bagger Vance »... En fin de compte, nous sommes tous en train de joueur à un jeu.

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Dominateur depuis jeudi, Kaymer va attaquer le dernier tour avec cinq coups d’avances sur le second, le miraculé Erik Compton, deux fois transplantés du cœur. Une avance qui n’a jamais été remontée par le passé dans un dernier tour d’un US Open de golf.

Le message de Kaymer concernant son retour au plus haut niveau du golf mondial, lui qui quelque peu disparu des écrans radars pendant trois ans, et la perte de son statut de numéro un mondial, pourrait donc trouver des similitudes avec l’histoire de Rannulph Junnuh et Bagger Vance, interprété par Matt Damon, et Will Smith dans le film de Robert Redford, sorti sur les écrans en 2001.

A savoir, tout est une affaire de contrôle ou plutôt de laisser-faire.

Philosophique, l’allemand qui a  beaucoup plus souffert sur le troisième tour déclara « On ne peut pas contrôler tout ce qui peut se passer sur le parcours. La seule chose qui est possible de faire, c’est de jouer. »

Derrière ces mots simples, il faut comprendre qu’à l’inverse, Kaymer a semblé admettre avoir fait fausse route pendant ces trois dernières années, en cherchant absolument à tout contrôler dans les moindres détails de son jeu.

Une leçon qui est intéressante à compter pour tous les golfeurs amateurs.

Le nouveau Kaymer, déj vainqueur du Players Championship un mois plus tôt, plaide coupable pour avoir trop cherché à contrôler son jeu, et désormais, accepte l’idée qu’au contraire, il ne peut pas tout maîtriser, ce qui explique l’étonnante décontraction et simplicité dont il a fait preuve au moins pendant les deux tours où il a survolé le parcours et la concurrence.

« En fait, tout est question de feeling et de touché.  Il faut jouer avec son cœur. Vous ne pouvez pas contrôler trop de choses, ce que j’essayais pourtant de faire ces dernières années. Maintenant, je cherche tout simplement à jouer. »

Alors qu’il reste 18 trous à compléter pour connaître l’issu du 114ème US Open de golf, le scénario semble avoir déjà été écrit par Kaymer qui après deux tours en 65, comme s’il avait marché sur l’eau, son troisième tour en 72 s’est avéré décisif dans sa probable future victoire.

Prématuré de parler de victoire, mais encore une fois, personne n’a jamais perdu une avance de cinq coups sur un dernier tour d’US open.

La veille, Kaymer tout juste auréolé d’un double 65 d’affilé, reconnaissait qu’il serait difficile de jouer à la perfection pendant quatre tours, et il s’attendait au type de journée qu’il a eu ce samedi.

Dans des conditions de jeu plus chaudes, avec un parcours plus ferme, et des greens plus rapides, Kaymer a lutté pour ramener une carte de score qui lui donne de grandes chances ce dimanche.

Auteur de trois bogeys sur les six premiers trous, Kaymer a tout de suite été dans le dur. Seul un eagle au cinq lui a permis de limiter la casse sur les neuf trous de l’aller, son premier du tournoi.

A l’inverse, au cours de cette journée, il allait commettre cinq bogeys sur les six qu’il a connu en trois jours.

Au départ du dix, son avance initiale avait fondu à quatre coups, et tout son mérite est de s’être accroché et battu jusqu’au 18, en signant sur le dernier trou, un dernier birdie sans doute décisif pour le scénario final.

Concernant le finish de cet US Open, Kaymer sait qu’il est le dénominateur clé

« Le challenge le plus difficile est de ne pas se mettre plus de pression, de continuer à jouer, et surtout de ne pas chercher à défendre quoi que ce soit. »

Poursuivant « Si vous essayez de défendre, c’est à ce moment que vous changez votre stratégie ou votre plan de jeu, et par conséquence, vous ne swinguez plus de manière aussi libérée que nécessaire. C’est ça qui va être mon plus gros défi demain. »

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Le 72 de Kaymer ne laisse qu’un mince espoir à ses rivaux.

Le troisième tour a été joué dans une moyenne de 73,82 par les 67 derniers concurrents encore engagés.

Il y a fort à parier que cette moyenne augmente encore sur le quatrième jour avec des drapeaux placés dans les pires zones des greens.

Avec des scores de 67, Erik Compton et Rickie Fowler ont en fait pris six coups à la moyenne du champ de joueurs. Pas étonnant de les retrouver à la deuxième place ex-aequo.

Derrière, Dustin Johnson et Henrik Stenson, tous deux en 70 ont eux aussi repris des points sur le leader. Optimiste, DJ estime que tout peut encore arriver alors qu’il lui faudra remonter un retard de six coups.

« J’ai le sentiment d’avoir très bien joué, et cette année, les dimanches se sont toujours bien passés. »

Pendant ce temps, Victor Dubuisson avance tranquillement ses pions en vue d’une énorme performance Pinehurst.

Quatorzième du leaderboard après avoir joué 70 et repris treize places, le français a connu une journée quasi parfaite avec un eagle au cinq contre deux bogeys au deux et au onze.

Trois coups au-dessous de la moyenne du champ de joueurs, et mieux que McIlroy parti à la faute samedi perdant six places avec un 74 ou Adam Scott, seizième en plus trois, et hors de portée du leader.

Que dire de Mickelson, trentième en plus cinq, et qui n’a jamais semblé complètement en mesure de faire un score depuis trois jours.

Lui y croit encore « Je peux encore terminer deuxième ! » Pour cela, il lui faudra tout de même remonter huit coups en seulement 18 trous.

Si Kaymer s’impose dimanche, l’histoire retiendra principalement sa domination sur quatre jours, ce qui est assez rare, et même exceptionnel en majeur.

Derrière les gros titres quelques golfeurs auront aussi tiré leurs épingles du jeu à l’image du jeune Brooks Koepka, encore récemment engagé sur le Challenge Tour, et qui pourtant pointe à la septième place.

Justin Rose, le tenant du titre défend chèrement son trophée, pointe à la dixième place en plus un, tout comme Jordan Spieth est une nouvelle fois bien placé comme au Masters.

La légende de Bagger Vance

Pour l’allemand Martin Kaymer qui marche sur les traces de Bagger Vance, le célèbre caddy du livre de Steven Pressfield, plus que la qualité de sa frappe de balle, c’est son attitude générale qui semble lui conférer une si bonne posture au classement.

Il a reconstruit son swing et sa confiance après avoir perdu les deux à la suite de sa chute du rang de numéro un mondial, trois ans auparavant.

Ce dimanche, il a les cartes en main pour mettre tout le monde d’accord.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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