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US Open 2014: Kaymer domine de bout en bout. Pourquoi lui?

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Au terme du dernier tour du 114ème US Open de golf à Pinehurst, l’allemand Martin Kaymer n’a pas craqué, et au contraire, signé l’une des plus nettes dominations sur un majeur de golf, terminant avec huit coups d’avances sur le second Erik Compton.

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Depuis le 65 du jeudi jusqu’au 69 de dimanche, Martin Kaymer n’a laissé aucune place au suspense sur ce deuxième majeur de golf de la saison 2014.

Plus que le récit de sa victoire, nous vous proposons une analyse fine de sa performance. Comment a-t’il fait ? Dans quel secteur de jeu a-t-il créé une véritable différence ?

Le meilleur pendant quatre tours !

Avant le tournoi, toutes les prédictions tablaient sur un vainqueur potentiel dans le par, ou au-dessus, comme l’an passé à Merion, quand Justin Rose a remporté le majeur américain en +1 devant Mickelson en +3.

Cette année, étant donné que le parcours de Pinehurst n°2 était un par-70, le score du vainqueur était donc attendu autour de 280.

Mais certainement pas 271, le score final de Kaymer, soit neuf coups sous le par.

Le parcours était-il moins difficile que prévu ? 

Comparaison entre l'US Open 2013 et 2014

Selon l’USGA, le parcours de Pinehurst était bel et bien un monstre de difficulté.

Tout d’abord pour la longueur avec 6914 mètres à parcourir contre 6397 mètres à Merion pour l’US Open 2013, soit 28 mètres de distance supplémentaire par trou en moyenne.

Ensuite, pour le dessin de l’architecte Donald Ross avec d’innombrables bunkers, mais pire des roughs sablonneux qui devaient réellement pénalisés toutes balles égarées à quelques mètres du centre du fairway.

Pourtant dans les faits, les scores de l’US Open 2014 démontrent que les professionnels ont mieux négocié le parcours de Pinehurst que celui  de Merion pour une moyenne de dix coups !

En 2013, le score moyen du champ de joueurs était de 298 coups pour quatre tours, alors que cette année, la même statistique révèle que le score moyen a été plus proche de 288 coups.

Pour cette année, sans révéler de scoop, clairement les deux premiers tours de Martin Kaymer joué en 65 ont joué un rôle déterminant dans sa victoire finale.

L’issu du tournoi dimanche était en fait déterminé dès vendredi soir

En prenant huit coups d’avances sur les dix meilleurs scores du tournoi, Kaymer a créé un écart difficilement rattrapable.

A l’inverse, Justin Rose a remporté l’US Open 2013 en faisant une très légère différence sur le dernier tour joué en 70, contre une moyenne de 72 pour ses principaux rivaux.

Seul moment où le tournoi a semblé hésiter à se choisir un vainqueur, quand Erik Compton a repris près de cinq coups de retards, soit la moitié de son déficit sur le troisième tour.

Mise en relief des scores de Martin Kaymer

Le leader savait alors qu’il lui faudrait serrer les boulons sur le dernier tour, mais il conservait tout de même une confortable avance.

Et comme curieusement, les scores moyens du dernier tour n’ont pas été franchement plus relevés que lors des tours précédents, il était plus difficile de créer d’autres écarts, surtout que Kaymer a fait « le job » en jouant 69 coups contre 71 en moyenne pour ses concurrents directs.

Pour gagner un US Open à Pinehurst, il faut rentrer plus de birdies !

Finalement, c’est assez simple à théoriser, et sans doute plus difficile à faire, mais le vainqueur de l’US Open 2014 est d’abord celui qui au global a rentré le plus de birdies sur quatre tour.

Tableau des birdies 

Simplement, vous noterez que l’allemand est certes le seul à avoir complété 16 birdies sur 4 tours,  dont 11 sur les deux premiers tours, mais en revanche, il n’a finalement dans ce domaine qu’une avance relative par rapport Danny Willett auteur de 15 birdies, finalement classé 45ème en +10, soit à 19 coups du vainqueur !

Il faut faire plus de birdies à condition de ne pas équilibrer la carte avec autant de bogeys ou plus.

Dans le détail des trous en par 3, par 4, par 5,  Kaymer n’a pas particulièrement brillé sur les par-3.

Leaders pour les birdies sur les par 3

En réalité, l’allemand a été décisif sur les par-4, là où les birdies sont les plus difficiles à réaliser en grand nombre. 

Leaders pour les birdies sur les par 4

Concernant les par-5 qui sont en fait des trous à birdies, Pinehurst a réservé un faible nombre d’occasions.

Leaders pour les birdies sur les par-5

Les très gros frappeurs comme Dustin Johnson et Sergio Garcia en ont profité, mais cela n’a pas suffi pour faire un net avantage.  Jusqu’à présent, rien d’extraordinaire à déclarer que Kaymer a gagné parce qu’il a rentré plus de birdies, et plutôt sur des par-4.

Le véritable secret de sa victoire : transformer les opportunités !

Avec le tableau suivant, vous allez comprendre réellement comment il a fait la différence, et pourquoi, il est vraiment vainqueur. 

Greens pris en régulation par les leaders

Contrairement à ce que l’on aurait pu croire Martin Kaymer n’a pas dominé l’US open sur son jeu du tee au green.

Avec 45 greens pris sur 72, il termine à un pourcentage convenable de 62,50 % très loin du meilleur joueur dans ce domaine, le suédois Henrik Stenson qui a terminé son tournoi  à un impressionnant 75% avec cinq trous de mieux (54) que le second Daniel Berger en 68% (49).

En vérité, Kaymer a remporté l’US Open, car il a converti plus d’occasions de birdies que n’importe quel autre joueur engagé cette semaine ! 

Ratio birdies sur opportunités de birdies

Sur 45 occasions, il a rentré 16 birdies, soit un impressionnant ratio de 36% de réussite, soit 1 putt sur 3 qui rentre !

A contrario, le meilleur joueur du tee au green, le suédois Henrik Stenson n’a converti que 20% de ses occasions. Au final, il termine quatrième à huit coups du vainqueur !

Le putting, et le fait de se trouver près des drapeaux a une nouvelle fois été l’élément clé pour la victoire. 

Driving du dernier tour : Le stress du leader qui sait qu’il va gagner

La victoire de Kaymer s’est aussi dessinée au bout de deux jours, car il a été particulièrement précis au drive, frôlant la perfection lors du premier tour (14 fairways pris sur 14).

Performance au driving sur cet US Open

Comme on peut le voir sur le tableau ci-dessus, ses statistiques de précision au drive ont flanché sur le dernier tour tombant à 57% contre une moyenne de 83% sur les trois premiers tours, ce qui l’aurait placé en deuxième position pour ce compartiment du jeu.

Cette baisse de régime est clairement imputable à la situation du dernier  tour, où même si le joueur s’en défend, il a été moins libéré que sur les premiers trous.

Meilleur au putting pour transformer les occasions au putting, dans les meilleurs au driving, tout du moins sur les premiers tours, efficace sur les par-4, Kaymer a aussi été adroit dans les bunkers, ce qui achève d’expliquer une victoire aussi nette, car complète dans tous les compartiments du jeu.

 Scrambling

Avec 80% de sauvetage depuis le bunker, Kaymer a fait le travail dans le sable, n’étant d’ailleurs battu dans cette catégorie que par le sud-africain, Retief Goosen, mais qui lui a dû prendre sa pelle et son seau à 11 reprises, contre seulement  5 pour le vainqueur de l’US Open.

Vous noterez que les meilleurs au classement final sont aussi ceux qui ont visité le moins souvent les bunkers.

Kaymer et Compton y ont été à seulement cinq reprises sur 72 trous, alors qu’un Justin Leonard a dû s’employer pour sortir 17 balles du sable, avec pour conséquence une 59ème place en +15.

A l’aide des statistiques, vous pouvez mieux comprendre comment Martin Kaymer a dominé aussi nettement cet US open, et aussi comprendre pourquoi il était aussi soulagé après son dernier putt sur le 72ème trou.

De ces quatre jours de golf, bien qu’il ait joué 69, la dernière journée fut la plus difficile.

Se refusant de jouer la défense, sur les neuf derniers trous, l’allemand était même le seul golfeur sous le par parmi les huit dernières parties encore sur le parcours.

Kaymer a relativement peu visité les greens à Pinehurst

Concentré, expérimenté, appliqué, l’allemand a remporté sa sixième victoire sur sept tournois joués en tête après 54 trous, confirmant qu’il sait contrôler ses nerfs dans un dernier tour pour la gagne.

Avec ce deuxième majeur dans sa poche, il rejoint Rory McIlroy dans la catégorie des golfeurs de moins de 35 ans à compter deux majeurs en carrière forçant au passage l’admiration de ses principaux rivaux comme Henrik Stenson « Il a tué toute forme de suspense au bout de deux jours. Il nous a tous laissé loin derrière à mordre la poussière. »

Après le Players, et maintenant l’US Open, Kaymer est en route pour devenir le meilleur golfeur de la saison 2014, et peut-être redevenir numéro un mondial…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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